Derniers articles

Saint Siege :Le jésuite Jacquineau Azétsop s’en est allé. Suivre sa messe de requiem en direct de Rome

0

Le premier Camerounais Doyen de la prestigieuse Faculté des sciences sociales de l’Université grégorienne est décédé le mercredi 13 octobre 2021

Pâques du Père Jacquineau Azétsop, S.J.

Jacquineau Azétsop S.J., doyen et professeur de la faculté des sciences sociales, est retourné à la maison du Père le 13 octobre 2021 à Rome. Ses obsèques seront célébrées,le samedi 16 octobre, à 10 heures, en l’église Saint Ignace de Rome.

Service Français-Afrique

En septembre dernier, avec l’apparition de symptômes de graves problèmes de santé, le Père Père Jacquineau Azétsop a été admis à l’hôpital de Rome où il a subi une délicate opération d’urgence. «Nous avons tous été témoins de la générosité avec laquelle le Père Azétsop a dirigé la Faculté des Sciences Sociales, sans mesurer son énergie et son temps dans cette mission qu’il a vécue avec un profond engagement et un grand sens des responsabilités», a écrit le Recteur de l’Université Pontificale Grégorienne de Rome dans sa Lettre à la Communauté Universitaire. «En ce triste moment, j’adresse mes sincères condoléances aux professeurs, maîtres de conférences et étudiants de la Faculté des sciences sociales et à sa famille, ainsi qu’à tous ceux qui l’ont connu et en gardent un souvenir vivant. Nous confions le Père Azétsop au Seigneur, comme une manifestation de notre gratitude pour son service créatif à l’Eglise et pour son enseignement dans notre Université et dans diverses institutions à travers le monde».

Biographie

P. Azétsop est né à Douala (Cameroun) le 2 mars 1972. Il est entré dans la Compagnie de Jésus le 22 septembre 1993 et a été ordonné le 21 juin 2003. En 1997, il a obtenu une licence en philosophie à la Faculté de Philosophie Saint Pierre Canisius, Kinshasa (RD Congo), en 2002 une licence en théologie au Hekima University College à Nairobi (Kenya), puis une licence en théologie à la Weston Jesuit School of Theology à Cambridge (USA). En 2007, il a obtenu son doctorat en éthique sociale et religieuse de la Boston College School of Arts and Sciences (États-Unis) avec une thèse intitulée «Structural violence, population health and health equity in Africa», publiée intégralement en 2010.

A la Grégorienne

Arrivé à l’Université pontificale grégorienne en septembre 2014, où il a commencé son premier cours sur la violence structurelle et le VIH et le sida, il avait été nommé l’année suivante professeur extraordinaire à la faculté des sciences sociales. Déjà membre de la Commission mise en place pour reformuler les objectifs de la Faculté, il a été nommé doyen le 18 mai 2016 et reconduit à ce poste pour les trois années suivantes. Avec le P. Fernando de la Iglesia Viguiristi, il avait été le promoteur de l’initiative visant à développer une proposition de programme académique pour l’obtention de la Licence en Leadership et Management, parcours académique inauguré le 7 octobre dernier.

Source: Vatican News

Appel à candidatures: Bourses-stages du journal Le Chemin

0

Le journal Le Chemin porte à l’attention des étudiantes et étudiants en fin de premier cycle universitaire l’ouverture d’un appel à candidature pour l’octroi de quatre (04) bourses de stages professionnels pour l’année académique 2021-2022.

Bourse-stage Mongo Béti en journalisme numérique

Condition d’admissibilité

  • Être étudiante/étudiant en 3ième Licence ou en 1ière année Master dans les filières suivantes : journalisme, communication, édition ou filière connexes.
  • Être âgé de 29 ans au plus au 01 octobre 2021 ;
  • Être domicilié dans la ville de Yaoundé pendant la durée du stage ;
  • Avoir un projet professionnel ou un thème de stage sur le journalisme numérique, les TIC ou le numérique, devant conduire à la rédaction d’un rapport de stage.

Compétences requises

  • Avoir des aptitudes de communication avancée ;
  • Avoir une très bonne maitrise des logiciels Word et Power point ;
  • Etre familier de word press;
  • Avoir de très bonnes capacités d’écriture;
  • Avoir de bonnes capacités de synthèse et de commentaires de textes;
  • Avoir une très bonne expression orale;
  • Avoir une bonne maitrise de l’éthique et la rédaction journalistique
  • Avoir une bonne maitrise des techniques de rédaction en langue française;
  • Être bilingue est un atout;

Votre mandat

  • Travailler 15h/semaine du Lundi au Vendredi en raison de 3h/jour;
  • Être disponible pour les heures de travail suivant au choix : 9h00-12h00 / 12h00-15h00 /15h00-18h00.
  • Produire les mini-reportages pour nos réseaux sociaux au quotidien ;
  • Produire une revue de presse quotidienne ;
  • Faire une revue des sorties en librairies une fois par semaine avec le partenariat de la librairie des peuples noires ;
  • Produire 01 article d’actualité tous les deux jours d’au moins 600 mots;
  • Participer à la production des reportages sur les évènements couverts par le journal;
  • Animer une rubrique de notre site ou tenir un blog d’actualité dans notre site;
  • Être présent lors des réunions de la Rédaction ;

Votre Bourse-stage

  • Il vous sera versé la somme de 70.000 FCFA en deux versements de 35.000 FCFA au début et à la fin de votre période de stage ;
  • Il vous sera remis une attestation de stage professionnel de 04 mois à la fin de votre stage;
  • Si votre expérience est satisfaisante, le journal Le Chemin vous proposera un contrat d’embauche selon les possibilités.

Composition du dossier

  • Une photocopie de votre carte nationale d’identité (CNI);
  • Un certificat de scolarité ou une autre preuve similaire;
  • Un relevé de note de deuxième année (pour ceux qui sont en licence) et de troisième année licence (pour ceux qui sont en 1ière année Master);
  • Un CV mis à jour;
  • Une lettre de motivation adressée au Directeur de Le Chemin Media;
  • Un texte de 600 – 800 mots traitant un sujet d’actualité de votre choix.

Délais et adresse d’envoi des dossiers de candidatures

Les dossiers de candidature doivent être envoyés à l’adresse : lecheminraccu@gmail.com avant le 31 octobre 2021 à 23h59 délais de rigueur.

Bourse-stage Éric de Rosny en communication digitale

Condition d’admissibilité

  • Être étudiante/étudiant en 3ième Licence ou en 1ière année Master dans les filières suivantes : communication, marketing, relations publiques, édition, publicité ou filière connexes.
  • Être âgé de 29 ans au plus au 01 octobre 2021 ;
  • Être domicilié dans la ville de Yaoundé pendant la durée du stage ;
  • Avoir un projet professionnel ou un thème de stage sur la communication digitale, les TIC ou le numérique, devant conduire à la rédaction d’un rapport de stage.

Compétences requises

  • Avoir des aptitudes de communication avancée ;
  • Avoir une très bonne maitrise des logiciels Word et Power point ;
  • Etre familier de word press;
  • Avoir de très bonne capacité d’écriture;
  • Avoir de bonnes capacités de synthèse et de commentaires de textes;
  • Avoir une très bonne expression orale;
  • Avoir une bonne maitrise des techniques de rédaction en langue française;
  • Être bilingue est un atout;

Votre mandat

  • Travailler 15h/semaine du Lundi au Vendredi en raison de 3h/jour;
  • Être disponible pour les heures de travail suivant au choix : 9h00-12h00 / 12h00-15h00 /15h00-18h00.
  • Produire les publications et animations pour nos réseaux sociaux au quotidien ;
  • Monter des pitchs d’actualité pour nos réseaux sociaux;
  • Produire trois chroniques thématiques par semaine entre 600 – 800 mots;
  • Animer et gérer nos espaces publicitaires avec les partenaires;
  • Gérer nos fils d’actualités sur les réseaux sociaux (Facebook, Twitter, Instagram, LinkedIn)
  • Être présent lors des réunions de la Rédaction ;

Votre Bourse-stage

  • Il vous sera versé la somme de 70.000 FCFA en deux versements de 35.000 FCFA au début et à la fin de votre période de stage ;
  • Il vous sera remis une attestation de stage professionnel de 04 mois à la fin de votre stage;
  • Si votre expérience est satisfaisante, le journal Le Chemin vous proposera un contrat d’embauche selon les possibilités.

Composition du dossier

  • Une photocopie de votre carte nationale d’identité (CNI);
  • Un certificat de scolarité ou une autre preuve similaire;
  • Un relevé de note de deuxième année (pour ceux qui sont en licence) et de troisième année licence (pour ceux qui sont en 1ière année Master);
  • Un CV mis à jour;
  • Une lettre de motivation adressée au Directeur de Le Chemin Media;
  • Un texte de 600 – 800 mots traitant un sujet d’actualité de votre choix.

Délais et adresse d’envoi des dossiers de candidatures

Les dossiers de candidature doivent être envoyés à l’adresse : lecheminraccu@gmail.com avant le 31 octobre 2021 à 23h59 délais de rigueur.

Bourse-stage Engelbert Mveng en design web et marketing digital

Condition d’admissibilité

  • Être étudiante/étudiant en 3ième Licence ou en 1ière année Master dans les filières suivantes : communication, marketing, relations publiques, édition, publicité ou filière connexes, ou encore disposer de certifications pertinentes.
  • Être âgé de 29 ans au plus au 01 octobre 2021 ;
  • Être domicilié dans la ville de Yaoundé pendant la durée du stage ;
  • Avoir un projet professionnel ou un thème de stage sur la communication digitale, les TIC ou le numérique, devant conduire à la rédaction d’un rapport de stage.

Compétences requises

  • Avoir de bonnes aptitudes de communication ;
  • Avoir une très bonne maitrise des logiciels Word et Power point ;
  • Avoir une excellente maitrise de Word Press;
  • Avoir de très bonnes capacités de design graphique ;
  • Avoir de bonnes capacités de montage d’images et photo-création;
  • Avoir une très bonne expression orale;
  • Avoir une bonne maitrise de Photoshop ;
  • Être bilingue est un atout;

Votre mandat

  • Travailler 15h/semaine du Lundi au Vendredi en raison de 3h/jour;
  • Être disponible pour les heures de travail suivant au choix : 9h00-12h00 / 12h00-15h00 /15h00-18h00.
  • Produire des photomontages pour nos publications et animations pour nos réseaux sociaux au quotidien ;
  • Faire des montages images et audiovisuel des pitchs d’actualité pour nos réseaux sociaux;
  • Assurer les mises à jour ergonomiques de nos réseaux sociaux (Facebook, Twitter, Instagram, LinkedIn);
  • Faire les mises à jour ergonomiques de notre site web ;
  • Gérer nos politiques de cookies et de référencements avec notre webmaster ;
  • Créer nos spots publicitaires et évènementiels ;
  • Aider à la production de nos produits marketing ;
  • Être présent lors des réunions de la Rédaction ;

Votre Bourse-stage

  • Il vous sera versé la somme de 80.000 FCFA en deux versements de 40.000 FCFA au début et à la fin de votre période de stage ;
  • Il vous sera remis une attestation de stage professionnel de 04 mois à la fin de votre stage;
  • Si votre expérience est satisfaisante, le journal Le Chemin vous proposera un contrat d’embauche selon les possibilités.

Composition du dossier

  • Une photocopie de votre carte nationale d’identité (CNI);
  • Un certificat de scolarité ou une autre preuve similaire;
  • Un relevé de note de deuxième année (pour ceux qui sont en licence) et de troisième année licence (pour ceux qui sont en 1ière année Master);
  • Un CV mis à jour;
  • Une lettre de motivation adressée au Directeur de Le Chemin Media;
  • Des références de travaux ou réalisations antérieurs

Délais et adresse d’envoi des dossiers de candidatures

Les dossiers de candidature doivent être envoyés à l’adresse : lecheminraccu@gmail.com avant le 31 octobre 2021 à 23h59 délais de rigueur.

Bourse-stage Meinrad Hebga en développement Web


Condition d’admissibilité
–       Être étudiante/étudiant en 3ième Licence ou en 1ière année Master, ou disposer de certifications pertinentes dans les filières suivantes : développement web, génie logiciel, webmaster, développement d’application ou filières connexes.
–       Être âgé de 29 ans au plus au 01 octobre 2021 ;
–       Être domicilié dans la ville de Yaoundé pendant la durée du stage ;
–       Avoir un projet professionnel ou un thème de stage sur le développement web, le développement d’applications, les TIC ou le numérique, devant conduire à la rédaction d’un rapport de stage.
Compétences requises
–       Avoir des aptitudes de communication avancée ;
–       Avoir une très bonne maitrise du développement d’applications ;
–       Avoir une très bonne maitrise de Word Press et autres CMS ;
–       Avoir de très bonnes capacités de coding ;
–       Avoir de bonnes capacités de gestion de site web ;
–       Avoir une très bonne expression orale;
–       Avoir de bonnes capacités de montage de vidéos;
–       Être bilingue est un atout;
Votre mandat
–       Travailler 15h/semaine du Lundi au Vendredi en raison de 3h/jour;
–       Être disponible pour les heures de travail suivant au choix : 9h00-12h00 / 12h00-15h00 /15h00-18h00.
–       Assurer la gestion technique et la mise à jour de notre site web ;
–       Prévenir et gérer les incidents techniques;
–       Distribuer et gérer notre infolettre (newsletters);
–       Assurer l’édition et la gestion graphique de notre site;
–       Assurer la gestion de nos pages de réseaux sociaux;
–       Assurer la capacitation des rédacteurs dans l’utilisation des interfaces Word Press ;
–       Gérer et optimiser le référencement de notre site web ;
–       Optimiser nos espaces publicitaires;
–       Gestion de notre application;
–       Faire le suivi du site et produire son rapport Google Analytics chaque fin de semaine;
–       Être présent lors des réunions de la Rédaction ;
 
Votre Bourse-stage
–       Il vous sera versé la somme de 100.000 FCFA en deux versements de 50.000 FCFA au début et à la fin de votre période de stage ;
–       Il vous sera remis une attestation de stage professionnel de 04 mois à la fin de votre stage;
–       Si votre expérience est satisfaisante, le journal Le Chemin vous proposera un contrat d’embauche selon les possibilités.
Composition du dossier
–       Une photocopie de votre carte nationale d’identité (CNI);
–       Une photocopie de certificat de scolarité, de certifications ou une autre preuve similaire;
–       Une photocopie de relevé de note de deuxième année (pour ceux qui sont en licence) et de troisième année licence (pour ceux qui sont en 1ière année Master);
–       Un CV mis à jour;
–       Une lettre de motivation adressée au Directeur de Le Chemin Media;
–       Des références de travaux ou réalisations antérieurs.
Délais et adresse d’envoi des dossiers de candidatures
Les dossiers de candidature doivent être envoyés à l’adresse : lecheminraccu@gmail.com avant le 31 octobre 2021 à 23h59 délais de rigueur.

La Direction Générale de Le Chemin Media

La Revue Le Chemin Vol 1, N°1, Juillet 2021

0
Revue Le Chemin Vol 1, N°1, Juillet 2021/
Cliquez sur l’image ci-dessus ou sous le lien ci-dessous pour y accéder gratuitement
https://madmagz.com/fr/magazine/1931764

Fondée le 15 août 2020, la Revue Le Chemin aborde les défis actuels des sociétés africaines dans un monde traversé par diverses mutations.

Consultez votre revue en cliquant sur l’image ci-dessus

Mali: Projet de création d’une école de guerre. L’épine de Bamako dans la chaussure de Paris?

0
S.E Choguel Kokalla Maïga, Premier Ministre malien

Alors que la polémique sur la possible arrivée au Mali du groupe Wagner n’est pas dissipée, ce projet adopté par le Conseil National de Transition le jeudi 23 septembre dernier, n’est pas du goût de Paris qui procède à un repositionnement stratégique de sa présence militaire au Mali.

Pour une autonomie sécuritaire

Le Mali va se doter d’une école de guerre pour renforcer son autonomie sécuritaire, annonçait ainsi le Colonel Assimi Goïta, Président du Conseil National de Transition, dans son message à la nation, à l’occasion du 61e anniversaire de l’indépendance de son pays. Les autorités maliennes s’engagent à donner plus de pouvoir et de liberté d’action à leur armée. Par l’acquisition de la capacité de fournir lui-même une formation de haut niveau aux officiers supérieurs de la chaîne de commandement, par le biais de cette école. Le Mali disposera désormais d’un outil efficace de réflexion, de recherche et d’analyse des questions stratégiques. C’est donc une expertise indispensable pour faire face aux enjeux liés à la planification et à la « conduite des opérations sur le terrain ».

Un projet d’action ambivalente

Il est important de noter que jusqu’ici les soldats de la chaine de commandement malienne qui luttent aux côtés des français dans l’opération Barkhane sont formés à l’étranger chez leurs partenaires de l’Union Européenne, notamment la France, l’Allemagne, l’Espagne, etc. Une coopération militaire multilatérale, bien qu’utile, mais qui ne permet pas toujours d’éradiquer le terrorisme contre lequel le pays lutte depuis plus d’une décennie. Depuis 2013, le Mali a multiplié des partenariats pour endiguer ce phénomène qui, non seulement déstabilise le pays, mais s’impose aussi comme la base arrière du terrorisme islamique en Europe. Pour répondre à cette menace régionale, la France a mis sur pied l’opération Serval en janvier 2013 avec pour mission affichée d’enrayer la progression du djihadisme islamique. Face à la faiblesse de Serval, l’opération barkhane à elle est mise sur pieds en août 2014, pour des opérations menées conjointement entre les français et ses alliés dans le sahel et le sahara contre les groupes armés salafistes. Aujourd’hui, la task force multinationale Takuba sensée conseiller, assister et accompagner les forces maliennes en coordination avec les partenaires du G5 Sahel et d’autres acteurs internationaux sur le terrain, à l’instar de l’Estonie, la République tchèque, la Suède et sans doute bientôt l’Italie, prend encore son envol. Ce projet de création de l’école de guerre au Mali permettra ainsi aux autorités maliennes de maitriser leur dépenses sur la formation des soldats à l’étranger. Bien plus, elle leur permettra d’acquérir une autonomie dans l’initiation et l’implémentation des stratégies sur le terrain de l’emploi.

Un argument diplomatique

Ce projet d’école de guerre s’impose, par ailleurs, comme argument diplomatique en faveur de Bamako à la lecture des rapports pas très sains entre les deux pays. En mai dernier, à la suite du deuxième coup d’Etat effectué par le Colonel Goïta et qui met hors des manettes du pouvoir de transition le président Bah N’daw, Emmanuel Macron menaçait deja de retirer les troupes de l’opération barkhane du sol malien si le pays « allait dans le sens d’un islamisme radical ». Bien qu’étant revenu sur la décision « à la demande des pays du G5 sahel », Emmanuel Macron entendait contraindre la junte au pouvoir à revenir à l’ordre démocratique et laisser le pouvoir aux civils. Ce désamour entre Bamako et Paris est encore exprimé par le Premier Ministre de la Transition malienne Choguel Kokalla Maïga à la tribune de l’ONU. « La nouvelle situation née de la fin de l’opération Barkhane, plaçant le Mali devant le fait accompli et l’exposant à une espèce d’abandon en plein vol, nous conduit à explorer les voies et moyens pour mieux assurer la sécurité de manière autonome ou avec d’autres partenaires, de manière à combler le vide que ne manquera pas de créer la fermeture de certaines emprises de Barkhane dans le nord de notre pays », martelait avec véhémence le premier ministre.

Mme. Florence Parly, Ministre française des Armées

Tensions autour du groupe Wagner

La France n’a cessé, ces derniers jours, de mettre en garde Bamako contre les conséquences de cette possible réorientation sécuritaire. Le 20 septembre dernier, la ministre des armées, Florence Parly, s’est rendu à Bamako à la rencontre de son homologue malien, Sadio Camara, pour signifier la « grave incompatibilité » entre le recours à ces mercenaires et le soutien occidental. « Mon objectif est de parvenir à clarifier la position des autorités maliennes et de réitérer des messages », a expliqué la ministre. Eludant soigneusement la position de son pays, Choguel Maïga s’offusquait devant la presse du fait pour la France de s’immiscer dans les orientations que le Mali fait, comme Etat souverain, sur les choix de ses partenaires. Choguel justifie ainsi la position de Bamako par le retrait amorcé, depuis l’été, des forces françaises au Mali. Les emprises de la force Barkhane créeront des vides que Bamako se trouve contraint de combler en faisant appel à d’autres partenaires.

Ayant dejà perdu leur présence en République Centrafricaine au profit des troupes russes, Paris n’entend pas se faire ravir la vedette une fois de plus. Paris craint se voir reproduire sur le sol malien le scénario Centrafricain. Il convient de rappeler que la présence des forces russes en République Centrafricaine, sur l’appel du président Touadera, a permis de réduire significativement la menace terroriste, de reprendre entièrement le contrôle de Bangui ainsi que d’autres villes stratégiques. Il faut aussi dire que c’est cette même force qui assure la garde du président. Paris fait ainsi obstacle aux russes dont l’arrivée à Bamako augurerait une assise durable dans le pays.

Ibrahim Mbombo Njoya, parcours d’un homme d’Etat

0

Durant la mi-journée du lundi 27 septembre 2021, une nouvelle triste envahit la toile au Cameroun : le décès du Sultan Roi des Bamoums de suite de Covid-19. Ce qui s’apparentait aux yeux de certains à un canular sera confirmé dans la soirée par des images venus du palais royal de Foumban où l’on découvre des notables entrain d’exécuter les rites traditionnelles de l’annonce du décès du roi. Ibrahim Mbombo Njoya est donc décédé. Nous vous proposons un regard rétrospectif sur le parcours du haut comis d’État qu’il a été.  

Ibrahim Mbombo Njoya était le 19ème roi des Bamoums (peuple installé dans la région des grassfields à l’ouest du Cameroun). Fils de Seidou Njimouluh Njoya, il est né le 27 octobre 1937 à Foumban et a été intronisé Roi le 09 août 1992 ; il avait alors 55ans.  Au terme d’études primaires à Foumban, il ira poursuivre ses études secondaires en métropole Française, puis reviendra les parachever au Lycée Général Leclerc de Yaoundé. Après son Baccalauréat, il poursuivra ses études supérieures au Sénégal, à l’Institut d’Etudes Administratives Africain de Dakar. Il y obtiendra un diplôme du deuxième degré. Autorité traditionnelle depuis son intronisation, Ibrahim Mbombo Njoya a eu un parcours professionnel et une très riche carrière politico-administrative. Elle débute en 1957 au poste d’Attaché au Cabinet du Haut-commissaire Français de la République du Cameroun. Après l’indépendance du Cameroun français (de 1960 à 1962), il est nommé Directeur du Cabinet du Secrétaire d’Etat chargé de l’information puis Directeur du Cabinet du Ministre des Forces Armées. Ibrahim Mbombo Njoya a ainsi fleurté avec les couloirs du pouvoir et du milieu sportif au Cameoun dépuis sa jeunesse, il a ainsi été succéssivement: Commissaire Général à la Jeunesse, au Sport et à l’Education populaire puis Vice-ministre de l’Education nationale, de la Culture, de la Jeunesse, et des Sports et président de la FECAFOOT.

Diplomate chevronné, le Sultatnt Roi des Bamouns a été Ambassadeur du Cameroun en Guinée-Equatoriale (juillet 1970), puis Ambassadeur du Cameroun en Egypte (jusqu’en 1981). Une carrière diplomatique couronnée le 4 décembre 1981, par sa nomination au poste de Vice-ministre des Affaires Etrangères du Cameroun par le président Ahidjo. Le Roi Njoya a ainsi occupé d’importants postes régaliens dans l’architecture administrative et gouvernante du pays de Paul Biya. Deux ans après la crise politique de 1990 marquée par les villes mortes, Ibrahim Mbombo Njoya intègre l’équipe gouvernementale de Paul Biya et ceci pendant 10 ans. Il sera sucessivement Ministre des Postes et Télécommunications, Ministre de la Jeunesse et des Sports à deux reprises, Ministre de l’Information et de la Culture, Ministre de l’Administration Territoriale et Ministre délégué à la Présidence de la République chargé des Relations avec les Assemblées. Le 10 août 1992, huit mois après son entrée au gouvernement, Ibrahim Mbombo Njoya est intronisé Sultan, Roi des Bamouns. Il démissionne alors du Gouvernement pour se consacrer à ses nouvelles fonctions traditionnelles. Membre du Comité central et du Bureau politique de l’UNC l’ex-parti unique depuis mai 1984, il deviendra Membre du Comité Central et du Bureau politique du RDPC à sa création en 1985. Il a ainsi occupé la fonction de chef de la délégation du comité central du RDPC pour la région de l’ouest. Depuis 2013 jusqu’à son décès, ile Sultant Roi de Bamouns siégeait au Sénat camerounais.

Père de nombreux enfants dont l’actuel Président par intérim de la Fédération Camerounaise de football, Seidou Mbombo Njoya et de l’entraîneur de l’équipe nationale féminine de Basket-ball, Ahmed Mbombo Njoya. Il est décédé dans la nuit du 26 au 27 septembre 2021 à l’hôpital américain de Paris. Avec son décès c’est un véritable monument de l’histoire politique du Cameroun qui s’effondre. Le Roi est mort, vive le roi !

Lionel KANA

BundesRepublik: retour sur les 16 ans de politique Merkel en Europe et dans le monde.

0
Angela Merkel, Chancelière Allemande 2005-2021

Arrivée au pouvoir le 30 septembre 2005, Angela Merkel garde la réputation d’un leadership de rigueur. Après 16 ans à la tête de l’exécutif de son pays, la désormais ex-chancelière allemande tire sa révérence à l’issu d’une élection fédérale à laquelle elle n’a pas pris part. Flash-back sur les quatre mandats successifs d’Angela Merkel.

En 16 ans, la chancelière Angela Merkel a marqué l’opinion publique avec des décisions sur des questions épineuses, aussi bien en Allemagne qu’à l’international. C’était le 26 septembre 2005 au Bundestag à Berlin que la nouvelle chancelière prêtait serment devant le peuple. Un serment qui augurait alors un long voyage aux manettes de l’exécutif du pays de Von Bismarck. A cette occasion, Merkel déclarait: « nous voulons créer des conditions pour que l’Allemagne soit dans le top 3 en Europe et 10 dans le monde. Pari réussi ? A en croire les sites web de classement tels que le journaldunet.com ou planificateur.a-contresens.net l’Allemagne occupe le 1er et le 4ième rang respectivement en Europe et dans le monde des pays les plus économiquement avancés en 2020. Familière à son uniforme habituel: pantalon noir et toujours le même blazer décliné de différentes couleurs; son calme, sa rigueur, ses mains en losange…Angela Merkel, la femme la plus puissante au monde selon le magazine Forbes, a sans doute laissé un important héritage politique au monde et singulièrement à ses concitoyens.

Merkel victorieuse du nucléaire

Le 11 mars 2011, survint la malheureuse catastrophe nucléaire de Fukushima au Japon. Cet accident majeur avait alors contraint la Chancelière à revenir sur ses positions en matière d’atome. Un an avant ce triste événement, Angela Merkel semblait « laisser les industriels lui dicter sa politique » en matière de nucléaire. Elle avait ainsi conclu un accord nucléaire avec trois géants industriels du secteur : E. ON, RWE, Vattenfall et EnBW. Cette accord à huis-clos consistait à rallonger la durée de vie des centrales nucléaires en fonction et par ricochet renvoyer à plus tard le passage aux énergies renouvelables contrairement à la décision de Gerhard schröder en 2002 qui préconisaient l’arrêt de ces centrales à l’horizon 2022. L’avènement de la catastrophe de Fukushima permit donc à Merkel d’opérer ce rétropédalage en faveur des 80 % des écologistes en manifestation dans les rues de Berlin. Désormais opposé au lobby nucléaire, Merkel réitèrera cette position à Paris en 2015 lors de la conférence Internationale sur le Climat. Cette expérience lui a permis de gagner en popularité.

La crise financière de 2008: Merkel de l’intransigeance au compromis

La politique budgétaire d’Angela Merkel aurait pu se résumer en un seul mot: la rigueur, la rigueur et encore la rigueur. C’est par cette doctrine de la rigueur budgétaire que la chancelière allemande a, à son temps, sanctionné les mauvais élèves de la zone économique européenne (zone euro). La Grèce a ainsi fait les frais de la politique budgétaire rigoureuse de Merkel en 2012. Pendant ces années de crise grecque, alors que le Premier Ministre Alexi Tsipras proposait pour son pays une restructuration de la dette, la chancelière lui opposait une fin de non recevoir. En fait, Athènes n’avait plus qu’une alternative: soit de se conformer à cette brèche que lui ouvrait Berlin, soit se préparer à un Grexit. Même le contrepoids franco-italien n’avait rien pu faire pour faire plier cette puissance berlinoise. Toutefois, la pandémie du coronavirus aura eu raison de cette doctrine de la rigueur budgétaire. Angela Merkel a finalement été contrainte de revoir sa position pour soutenir l’idée d’une dette commune portée par Paris. « C’est vraiment un revirement de la part de l’Allemagne, certes sous pression française et européenne et avec la médiation de Von der Leyen. Merkel l’accepte par pragmatisme » affirmait Paul Maurice, spécialiste de l’Allemagne.

Dans un premier temps, la chancelière allemande s’était opposée à l’idée de la mutualisation des créances européennes. Se rapprochant ainsi de la position des « frugaux » (Autriche, Danemark, Finlande et Pays-bas). C’est au mois de mai 2020 qu’elle propose, aux côtés d’Emmanuel Macron, la création d’un fonds de solidarité européen de 500 milliards d’euros. Cette proposition sera approuvée par tous les États membres de l’Union en Juillet 2020.

Merkel humaniste sur la gestion de la crise migratoire en Europe

L’Europe des années 2010 connait un enchainement de crises. Dès 2015, le vieux continent est assiégé par un afflux de réfugiés syriens fuyant le pays alors ravagé par la guerre civile, débouchant ainsi sur une crise migratoire d’une ampleur inédite. Ces demandeurs d’asile ont été repoussés dans plusieurs États membres de l’Union Européenne. Ils ont manifestement fait l’expérience de l’hostilité de certains pays réfractaires à l’idée de leur ouvrir les portes, à l’instar de la Hongrie, la Pologne, la République tchèque et la Slovaquie. La Hongrie de Viktor Orban ira jusqu’à construire une barrière à sa frontière avec la Serbie en Juillet 2015.

Angela Merkel, avait vivement critiquée cette attitude car elle y voyait un déni des valeurs humanistes dont l’Europe se revendique. Elle va ainsi, annoncer, à la surprise générale, l’accueil massif des réfugiés syriens dans son pays. « Wir schaffen das! » (On y arrivera) affirmait-elle alors. Plus d’un million d’entre eux regagneront la terre d’asile entre 2015 et 2016. Si la décision de la chancelière est de compétence nationale, elle aura en fait une portée européenne et mondiale car ces demandeurs d’asile ont choisi en majorité l’Allemagne où ils s’y sont installés de façon durable.

A côté de cet élan d’humanisme, il importe tout autant de noter que les motivation de Merkel furent également stratégiques du point de vue économique. La population européenne en générale et allemande singulièrement est vieillissante. La main-d’œuvre, moyen important de production s’affaiblie. La forte demande d’asile en Europe par les migrants syriens est donc une aubaine pour Merkel, lui permettant de rajeunir sa main-d’œuvre.

Cette politique migratoire de Merkel reste tout de même contestée sur le fait qu’elle est temporaire. De plus, sa place centrale dans les négociations du pacte migratoire entre l’UE et la Turquie n’ont pas échappé aux cribles de la critique. Ce pacte signé le 18 mars 2016 stipule que Ankara s’engage à empêcher, du moins drastiquement diminuer, les arrivées de migrants en Europe à partir du sol turc et à accepter le renvoi en Turquie de ceux ayant franchi la frontière avec la Grèce après la conclusion du pacte migratoire. En échange, l’UE prévoit une libéralisation des visas pour les Turcs additionné à une aide de six milliards d’euros.

Un bilan riche mais mitigé

Après 16 ans passés aux manettes de la République Fédérale d’Allemagne, Angela Merkel peut se réjouir de laisser un pays en bonne santé économique avec des avancées avérées sur les questions sociales et sociétales. Son bilan n’est cependant pas sans tâche et pêche en occurrence sur les questions environnementales. Dans la « stratégie Europe 2020 » le cap de réduction des gaz à effet de serre pour l’Allemagne est fixé à 40% en 2010. A l’horizon l’Allemagne n’avait atteint que 30%. Il est donc reproché à Merkel de n’avoir pas pris des mesures à impact fort pour atteindre l’objectif recherché. Sa préoccupation était plus centrée sur la protection d’une industrie automobile déjà mis en difficulté par la crise économique des années 2010.

Pape François: « une homélie (…) ne doit pas dépasser les dix minutes »

0

Le pape est actuellement en visite en terre Slovaque. Durant rencontre qu’il a eu le lundi 13 septembre 202, au sein de la cathédrale Saint-Martin de Bratislava, avec les évêques, les prêtres, les religieux et les religieuses, les séminaristes et les catéchistes slovaques, le Saint Père a saisi l’occasion pour faire une catéchèse sur la célébration eucharistique. Parlant de l’homélie, le Souverain pontife a plaidé pour qu’elle soit brève. Un enseignement qu’il avait déjà donné en terre vaticane tout d’abord dans son exhortation Evangelii gaudium, ensuite lors de l’audience générale du Mercredi 07 Février 2018. La rédaction du Média Catholique LeChemin vous propose de revivre l’intégralité de cet enseignement via le lien: Pape François, catéchèse sur la messe. ou encore en cliquant sur Evangelii gaudium, ou sur Audience Générale du Mercredi 07 Février 2018

Samuel Eto’o Fils candidat à la présidence de la Fecafoot : « je m’engage à ne percevoir aucun salaire… »

0

Le goaleador camerounais a enfin annoncé sa candidature à la prochaine élection à la présidence de la Fédération Camerounaise de Football (FECAFOOT). Au-delà de la polémique que suscite la candidature du fait de sa nationalité espagnole (Ndlr. le Cameroun ne reconnaissant pas la double nationalité), il n’en demeure pas moins que le communiqué officiel de l’annonce de candidature de Samuel Eto’o contient des engagements forts qui ne peuvent laisser indifférent tout observateur du football camerounais. Notre rédaction vous propose l’intégralité de la « profession de foi » du candidat Samuel Eto’o.

Anthroponymie gémellaire rifass et perception de l’univers religieux chez les Bafia du Mbam central (1800-1924)

0

Léopold Sédar EDONG , PhD en science du patrimoine culturel acoustique négro-africain  

Enseignant-chercheur en Histoire, Université de Dschang

E-mail : edongleopoldsedar@yahoo.fr

Résumé

Le mot rifass (pl. mefass) désigne les naissances multiples chez les Bafia. Il renvoie en même temps aux forces dont disposent les gémellaires. Au vu de cela, les anciens bafia leur ont attribué des anthroponymes qui expriment à la fois leur caractère sacré et le sentiment religieux du peuple. Parmi les noms attribués aux mefass, les jumeaux figurent : Assen (celle qui est descendue des cieux) ; Gondio (la fille des cieux) ; Rim (l’insaisissable) ; Bidias (celui qui est sorti du trou) etc. En effet, ces anthroponymes gémellaires révèlent le religare que les Bafia entretenaient avec les forces célestes et les énergies chtoniennes. Le but de cet essai historique est d’étudier le caractère sacré des anthroponymes gémellaires mefass dans l’ancienne société bafia. Autrement dit, Comment est-ce que les noms attribués aux jumeaux constituent-ils une source d’expression de la pensée religieuse endogène des Bafia ? Pour répondre à cette question, plusieurs descentes ont été effectuées dans les communautés bafia pour inventorier les noms gémellaires chez les Bafia. Ensuite, nous avons mené des entretiens auprès des patriarches, des prêtres traditionnels en charge des rituels gémellaires rifass et des géniteurs des mefass, les jumeaux pour s’imprégner de la signification des noms gémellaires bafia. Au sortir de cet exercice, nous avons procédé à la transcription, à l’analyse socio-anthropologique et historique des mi-mèfass, les noms gémellaires chez les Bafia.

Mots clés : Bafia, anthroponymie, mi-mèfass, mefass, beyali-mefass, sacré.

Introduction

L’avènement des mefass, les jumeaux était suivi avec beaucoup d’attention dans la société traditionnelle bafia. Ainsi, les ancêtres éponymes bafia s’étaient évertués à attribuer des anthroponymes sacrés à la fois aux mefass, les jumeaux et aux beyali mefass, les géniteurs. En réalité, après la naissance des gémellaires, le père portait le nom Mbassa et la mère Guébédiang. Ces anthroponymes font des géniteurs des jumeaux, les réceptacles des forces célestes et chtoniennes[1]. Par ailleurs, ceux attribués aux mefass véhiculent les énergies supérieures qu’apportent les jumeaux à la concession, à la lignée et la communauté. Les noms sacrés attribués à ces êtres sont : Assen (celle qui est descendue des cieux) ; Gondio (la fille des cieux) ; Baran (femme de grande concession, la reine) ; Bidias (celui qui est sorti du trou) ; Moudio (l’homme des cieux) et Rim (la profondeur, l’insaisissable)[2]. En clair, le répertoire des anthroponymes gémellaires constitue un support d’analyse de la perception du divin chez les anciens bafia. En quoi est-ce que les noms attribués aux mefass et aux beyali mefass reflètent les liens sacrés que les Bafia entretenaient avec les règnes célestes et chtoniens ? Nous allons d’abord présenter les origines des Bafia (1), ensuite étudier le caractère sacré des noms attribués aux géniteurs des jumeaux (2.1) et celui des êtres gémellaires (2.2)

  1. Généralités sur les origines des Bafia

Les Bafia sont situés sur la rive droite du Mbam, entre les 11015’ et 11008’ de longitude Est, et, les 4038’ et 4045’ de longitude Nord[3]. Ils partagent leurs frontières avec les Bapé à l’Ouest, les Yambassa au Nord, les Lémandé au Sud, les Deuk, les Ngoro, les Mbangassina et les Bouraka à l’Est[4]. Ce peuple est constitué des proto-et des néo-bafia.

        1.1. Les proto-Bafia (les Beké)

Les proto-bafia désignent la descendance de Mbono, un émigrant tikar qui, fuyant les raids bamoun s’était réfugié dans le Mbam-central[5]. Il eut six enfants avec sa première épouse Nké, parmi lesquels, Nyipinye et Nwaga. Ces derniers sont les ascendants des lignages mouko et kiiki. La seconde épouse de Mbono, la nommée Beleuh donna naissance à cinq enfants. Parmi ceux-ci, l’on peut citer Bitang, le fondateur du lignage qui porte son nom[6]. Les lignées nyipinye, nwaga et bitang localisées dans la partie méridionale de la plaine bafia cohabitent avec les néo-Bafia.

1.2. Les néo-Bafia (les Bekpak)

Les Bekpak désignent la descendance de Nkpak un émigrant tikar qui, fuyant les raids du roi bamoun, Nsharé avait atteint le Mbam-central. A son arrivée, Nkpak épousa une Lémandé avec qui, ils donnèrent naissance à trois fils (Zingone, Messè et Gouifé) et une fille (Ribèm). Cette dernière alla en mariage chez Lémandé à Boro. De leur union naquit un fils : Ouahia[7]. Celui-ci épousa Binkira avec qui, ils eurent cinq enfants : Seuh, Yakan, Nkam, Koro et Bessaba. En dehors du dernier (Bessaba) qui n’a pas pu enfanter, les fils de Seuh ont fondé les lignages Biamo et Dang[8]. La progéniture de Yakan a créé les communautés de Biada et Gbaram. La descendance de Nkam a donné lieu aux villages Biabezock, Rimis, Biabegoura, Biabetom et Biabegon. Les enfants de Koro ont développé les grandes familles de Goufan, Tchékani, Isséri, Lablé, Nyamsong, Dagno et Bigna.

Les fils de Zingone ont fondé les villages de Roum : Kadan, Biabeti, Boure et Bebou. Ceux de Messè ont bâti la communauté de Biamessè[9]. Les enfants de Gouifé ont créé les villages de Bep, Kek, Don, Mapwa, Kpwo et Yakamena. En vérité, les néo-Bekpak sont regroupés en cinq patriclans : les Ngam, les Yakan, Gouifé, les Koro, les Roum. Les proto et les néo-Bafia ont accordé une attention particulière à l’anthroponymie. Les noms attribués aux nouveau-nés véhiculent des messages qui peuvent exprimer les sentiments religieux. Dès lors, l’analyse porte ipso facto sur la symbolique des mi-mèfass, les anthroponymes gémellaires. Pour une bonne organisation. Nous allons étudier les anthroponymes gémellaires attribués aux beyali-mefass, les géniteurs des jumeaux et ceux des mefass, les êtres gémellaires. 

  1. La symbolique des anthroponymes des beyali-mefass [10]

Après la naissance des mefass, les jumeaux, les anciens bafia attribuaient les titres sacrés à leurs géniteurs. Le père portait le nom Mbassa et la mère Guébédiang. Nous allons nous appesantir à l’analyse du caractère sacré de ces noms attribués aux géniteurs des jumeaux.

2.1. La symbolique de l’anthroponyme Mbassa

Pour étudier la sémantique du nom Mbassa, il est important de se référer aux expressions : bassà (double) et à bassi (a doublé)[11]. Conformément à ce qui précède, Mbassa désigne ce qui est double ou doublé. Par conséquent, cet anthroponyme désigne des personnes qui incarnent des pouvoirs gémellaires capables de relier le monde terrestre à l’au-delà[12]. Dans la société traditionnelle bafia, ce nom était singulièrement attribué aux pères des jumeaux.

En effet, les Bafia conçoivent le ventre de la femme comme un espace vital dans lequel est logé un sac bàng, l’utérus[13]. Cependant, dèm, le sperme est pour les Bafia, la substance qui engendre la vie par le principe d’ovulation. Contrairement au corps de la femme qui est souvent perturbé par les souillures ibône, les menstrues, celui de l’homme est stable. En cas de fécondation, le sperme apparait être la substance qui purifie le corps de la femme en l’épargnant du saignement menstruel[14].

Sur le plan théologique, le sperme viril introduit dans l’utérus est toujours en parfaite communion avec la sphère ancestrale. Rappelons-le, chez les Bafia, les naissances gémellaires sont héréditaires et transmise d’ascendances à descendances[15]. Dès lors, l’homme à travers la qualité de son dèm, le sperme abrite en son sein plusieurs forces ancestrales susceptibles de se régénérer. Lorsqu’elles prennent possession du corps de la femme, elles se métamorphosent en gémellité pour parvenir à une nouvelle vie chez les humains[16]. À l’image des tréfonds du canari qui protègent les graines de semence, bàmbui, les testicules à travers le sperme qu’ils conservent, constituent l’habitacle des forces cosmiques.

Le double caractère sacré de l’anthroponyme Mbassa découle du fait que le géniteur abrite les forces surnaturelles qui font de lui, le relais des humains auprès des divinités[17]. Ceci étant, les Mbassa participent à la communication et à la régénération des mondes visibles et invisibles à travers la sécrétion du sperme vital. Cependant, ce dialogue ne peut avoir lieu en l’absence de l’utérus. Ainsi, les génitrices des mefass, les jumeaux, portaient l’anthroponyme Guébédiang.

2.2.  La symbolique de l’anthroponyme Guébédiang

Le terme Guébédiang attribué à la génitrice des mefass est composé du radical guéb, le nombril et du suffixe diang, le rameau du palmier à huile[18]. En effet, guéb symbolise le cordon ombilical et gôk, le placenta, les organes vitaux qui lient le fœtus et à sa mère. Ils participent à l’alimentation du fœtus, facilitent la communication entre la femme et sa progéniture. Le plus souvent, après l’accouchement, les sages-femmes coupent le cordon ombilical, les aînés de la lignée paternelle l’enterrent sous les racines de l’arbre fruitier. Ce rituel permet de rattacher le nouveau-né à la glèbe et aux forces ancestrales chtoniennes[19]. Au vus de ces éclaircissements, l’anthroponyme Guébédiang fait des génitrices des mefass des personnes qui facilitent la réincarnation et la croissance des forces gémellaires chez les Bafia. En outre, les Guébédiang peuvent être considérées comme des êtres rattachés à la glèbe. Elles peuvent communiquer avec les forces chtoniennes en toute circonstance. Le séjour des forces gémellaires chez la femme contribue à son élévation théologique[20]. Cette ascendance est symbolisée par diang di retène, le rameau du palmier à huile.

Chez les Bafia, diang, le rameau du palmier à huile est le symbole des forces sacrées ancestrales irumé[21]. En réalité, lorsque diang est attaché sur un arbre fruitier ou posé sur le chemin, les profanes ne peuvent s’y approcher, de peur d’être frappés par les sorts irumé[22]. La présence de vocable dans l’anthroponyme Guébé [diang] n’est pas anodine. Elle vient renforcer le caractère sacré des génitrices des mefass dans la société traditionnelle bafia. Nous allons procéder à l’étude de l’aspect sacré des anthroponymes mefass, les êtres gémellaires chez les Bafia.

3. La dimension sacrée des anthroponymes mefass

Lorsqu’un ménage accouchait les mefass, les jumeaux, les aînés de la concession leur attribuaient les noms en fonction de leur sexe. Les filles portaient les anthroponymes Assen (celle qui est descendue des cieux), Gondio (la fille des cieux) ou Baran (la femme de grande concession, la reine). Les garçons étaient appelés Bidias (celui qui est sorti du trou) ; Moudio (l’homme des cieux) ou Rim (la profondeur, l’insaisissable)[23].  A première vue, les noms attribués aux mefass, étaient assimilés au dio, les cieux (Gon [dio] ; Mou [dio]), aux forces chtoniennes (Bidias ; Rim) et au pouvoir royal, à la richesse (Baran). Cette étude porte sur l’analyse du caractère sacré des anthroponymes gémellaires célestes et celui des anthroponymes gémellaires chtoniens et royaux chez les Bafia.

3.1. Le caractère sacré des anthroponymes gémellaires célestes dio

Les anthroponymes gémellaires Gon [dio] et Mou [dio] symbolisent dio, l’univers céleste chez les Bafia. Ceci dit, le terme Gondio est composé de la racine gône qui signifie : jeune fille et du suffixe dio qui renvoie au ciel, à l’au-delà[24]. Toutefois, le nom Moudio est composé du radical moum, l’homme et du suffixe dio[25]. En vérité, l’attribution des noms aux enfants était un acte sacré chez les descendants tikar[26]. Au fond, les anthroponymes désignent la force intérieure qu’incarne l’être régénéré : le nouveau-né. Cette énergie vitale est rattachée aux lignées maternelles et paternelles qui soutiennent le dynamisme et l’équilibre de la descendance[27]. En ce sens, les Bafia ont attribué les noms célestes aux gémellaires pour exprimer leur caractère sacré. Ce peuple conçoit dio, les cieux comme l’univers peuplé des forces qui surpassent l’entendement des humains[28]

Ainsi, les Gondio et les Moudio sont perçus comme les envoyés de Nloé, l’Immortel[29]. Autrement dit, ce sont les ancêtres éponymes qui, par le principe de régénération conditionné par les forces transcendantales reviennent participer à la vie sous une nouvelle forme[30]. Conformément à cette philosophie religieuse, les gémellaires Gondio et Moudio sont les intercesseurs des humains auprès des ordres de dio, l’univers célestes. Pour cette raison, les êtres gémellaires étaient vénérés, il était proscrit de les offenser, de peur d’être victime des représailles du mauvais sort[31]. Le rituel rifass leur était accordé pour bénéficier de leur clémence susceptible d’apporter la prospérité à la communauté.

L’anthroponomie gémellaire montre que les anciens bafia entretenaient des liens théologiques avec dio, l’univers céleste. En effet, le ciel était diamétralement opposé à moum, l’homme. Au temps jadis, ce lieu était considéré comme la demeure de Nloé, l’Immortel et des héros sociaux : les défunts patriarches sacralisés[32]. Comme le disait Hubert Deschamp, les civilisations africaines connaissaient la notion du Dieu Créateur[33]. Il était éternel, infini et vivait « dans un ciel invisible », trop lointain pour être accessible. Il était associé aux « dieux secondaires », les ancêtres chargés de s’occuper des affaires terrestres[34]. Ces derniers pouvaient se transformer en êtres gémellaires pour accomplir leur mission auprès des humains.

Après avoir exposé le caractère sacré des anthroponymes gémellaires dio, nous allons étudier celui des anthroponymes associés au règne terrestre.

3.2. Les anthroponymes gémellaires associés aux énergies chtoniennes

Les noms relevant du règne terrestre que les aînés attribuaient aux mefass, les jumeaux sont : Bidias, Rim et Baran. De prime abord, le terme Bidias est composé du radical dias, le trou et du préfixe bi qui indique le lieu, la provenance[35]. Ainsi, Bidias signifie ce qui provient du trou d’un arbre, d’un rocher ou de la couche terrestre. Cette terminologie est proche de celle de Rim qui renvoie à la profondeur du trou. En outre, ce terme désigne ce qui est caché, difficilement visible, voire insaisissable dans un trou profond[36]. La juxtaposition de ces anthroponymes laisse penser que les gémellaires Bidias et Rim sont des règnes chtoniens, difficilement saisissables.

Cependant, le nom Baran est proche de l’adjectif râne-râne employé pour désigner les hommes de grandes concessions qui disposaient de plusieurs épouses, des enfants et des biens matériels[37]. En ce sens, les Baran désignent les femmes de la cour qui possèdent la richesse et la gloire. Dès lors, les jumelles qui portaient cet anthroponyme étaient liées à la glèbe, elles étaient fécondes, leurs productions étaient abondantes[38]. En tout état de cause, l’anthroponymie gémellaire associée aux forces chtoniennes montre que les jumeaux sont liés au règne terrestre. Par ricochet, les mefass sont investis des pouvoirs chtoniens utiles à la survie des populations locales.

Conclusion

L’anthroponymie rifass a permis de catégoriser le registre des noms attribués aux gémellaires chez les Bafia du Mbam central. Le répertoire des noms gémellaires des géniteurs comporte les anthroponymes Mbassa et Guébédiang. Ces noms découlent du principe de régénération des forces transcendantales ancestrales et font des géniteurs des mefass (les jumeaux) les centripètes des énergies célestes et chtoniennes. Le répertoire des noms attribués aux êtres gémellaires est constitué des anthroponymes célestes dio et celui des anthroponymes chtoniens. Ces registres anthroponymiques font des mefass, les intercesseurs des humains auprès des forces supérieures cosmiques. Cependant, il faut préciser que l’avènement de l’européo-christianisme à Bafia (1924) a assimilé les anthroponymes endogènes bafia.

Sources et références bibliographiques

Sources orales

– Entretien avec Alain Bessong, thérapeute et patriarche, 70 ans, le 20 juillet à Bigna(Bafia).

– Entretien avec Alfred Bessong à Beleck, 78 ans, devin et thérapeute, le 12 décembre 2018 à Miogo(Bafia)

– Entretien avec Amadou Mbassa à Zock, 85 ans, patriarche, le 30 décembre 2017, au quartier résidentiel (Bafia). 

– Entretien avec Belfeka à Diback, 66 ans, mère des jumeaux, le 02 janvier 2019 à Wandala (Bafia).

– Entretien avec Bong à Djock, 70 ans, matriarche, le 1er janvier 2019 à Bigna (Bafia).

– Entretien avec Dagobert Besseng à Mbassa, 63 ans, père des jumeaux et patriarche, le décembre 2017 à Mereng(Bafia).

– Entretien avec Gidéon Mpon à Yakan, 80 ans, patriarche, le10 juin 2017 à Gouifé(Bafia).

– Entretien avec Justin Maboué à Lambé, 69 ans, devin et thérapeute, le 28 février 2017 à Nyamsong(Bafia).

– Entretien avec Kpolom à Borock, 101 ans, purificatrice et matriarche, le 27 décembre 2018 à Bigna(Bafia).

–  Entretien avec Moïse Itohong, 63 ans, sacrificateur, le 13 mai 2018 à Tchekani(Bafia).

– Entretien avec Roger Zom, 61 ans, sacrificateur, le 12 mai 2018 à Tchekani(Bafia).

Bibliographie

Ouvrages

Hubert Deschamp, Les religions de l’Afrique Noire, Que sais-je ? P.U.F., Paris, 1965.

Placide Tempels, La philosophie bantoue, Présence africaine, Paris, 1949.

Mémoires et Thèses

Aunel Malaury Afaga, « La chefferie traditionnelle yambassa (1889-1958) : Essai d’analyse historique », mémoire de Master en Histoire, Université de Yaoundé I, 2013.

Gabriel Maxime Dong Mougnol, « Le pays bafia précolonial », mémoire de Maîtrise en Histoire, Université de Yaoundé I, 1998.

Léopold Sédar Edong, « Symboliques et fonctions des chants et danses bafia (1800-1944) », Thèse de Doctorat Ph.D en Histoire, Université de Dschang, 2020.

Paul Emog, « Les pays Banen et Bafia de 1901 à 1945 : Le poids de la colonisation (essai d’étude historique) », Thèse de Doctorat 3è cycle en Histoire, Université de Yaoundé, 1987.

Articles

Léopold Sédar Edong, « Caractère sacré de l’initiation traditionnelle des garçons à l’âge adulte chez les Ngambé-Tikar du Centre-Cameroun », in Fouéllefak Kana Célestine Colette et Nzessé Ladislas (S/Dir.), Patrimoine culturel africain : Matériau pour l’histoire, outil de développement, Harmattan, Paris, 2017, pp. 161-179.

Léopold Sédar Edong, « La perception du temps chez les Bafia du Centre (Cameroun) », in Rhumsiki : Des savoirs locaux en Afrique, Revue scientifique de la Faculté des Arts, Lettres et Sciences Humaines de l’Université de Maroua, Hors-Série n0 01, novembre 2018, pp. 65-77.

Archives

Archives Départementales de Bafia, « Note sur l’origine de la tribu bafia », in Rapport du Chef de la Circonscription de Bafia à Monsieur le Commissaire de la République, le 02 mars 1993.

Les notes de bas de page

[1]Ph.D en Histoire des Civilisations et Religions, Enseignant-Chercheur au Département d’Histoire et Archéologie de l’Université de Dschang, auteur de plusieurs articles scientifiques sur les pratiques religieuses africaines.

Entretien avec Mbassa à Zock, Amadou, 85 ans, patriarche, le 30 décembre 2017, au quartier résidentiel (Bafia).

Entretien avec Bong à Djock, 70 ans, matriarche, le 1er janvier 2019 à Bigna (Bafia).

Emog Paul, « Les pays Banen et Bafia de 1901 à 1945 : Le poids de la colonisation (essai d’étude historique) », Thèse de Doctorat 3è cycle en Histoire, Université de Yaoundé, 1987, p. 03.

-Edong Léopold Sédar, « La perception du temps chez les Bafia du Centre (Cameroun) », in Rhumsiki : Des savoirs locaux en Afrique, Revue scientifique de la Faculté des Arts, Lettres et Sciences Humaines de l’Université de Maroua, Hors-Série n0 01, novembre 2018, p.66.

-Dong Mougnol Gabriel Maxime, « Le pays bafia précolonial », mémoire de Maîtrise en Histoire, Université de Yaoundé I, 1998, p. 08.

-Afaga Aunel Malaury, « La chefferie traditionnelle yambassa (1889-1958) : Essai d’analyse historique », mémoire de Master en Histoire, Université de Yaoundé I, 2013, p. 32.

-Archives Départementales de Bafia, « Note sur l’origine de la tribu bafia », in Rapport du Chef de la Circonscription de Bafia à Monsieur le Commissaire de la République, le 02 mars 1993.

-Edong Léopold Sédar, « Symboliques et fonctions des chants et danses bafia (1800-1944) », Thèse de Doctorat Ph.D en Histoire, Université de Dschang, 2020, pp. 13-14.

-Archives Départementales de Bafia, « Note sur l’origine de la tribu bafia »…

-Les beyali-mefass sont les géniteurs des jumeaux.

-Entretien avec Maboué à Lambé, Justin, 69 ans, devin et thérapeute, le 28 février 2017 à Nyamsong(Bafia).

-Entretien avec Besseng à Mbassa, Dagobert, 63 ans, père des jumeaux et patriarche, le décembre 2017 à Mereng(Bafia).

-Entretien avec Bedièh à Goura, Sylvie 80 ans, matriarche…

-Ibidem.

-Ibidem.

-Entretien avec Bessong, Alain, thérapeute et patriarche, 70 ans, le 20 juillet à Bigna(Bafia).

-Entretien avec Kpolom à Borock, 101 ans, purificatrice et matriarche, le 27 décembre 2018 à Bigna(Bafia).

-Entretien avec Belfeka à Diback, 66 ans, mère des jumeaux, le 02 janvier 2019 à Wandala (Bafia).

-Edong Léopold Sédar, « Caractère sacré de l’initiation traditionnelle des garçons à l’âge adulte chez les Ngambé-Tikar du Centre-Cameroun », in Fouéllefak Kana Célestine Colette et Nzessé Ladislas (S/Dir.), Patrimoine culturel africain : Matériau pour l’histoire, outil de développement, Paris, Harmattan, 2017, p. 168.

-Entretien avec Bessong à Beleck, Alfred, 78 ans, devin et thérapeute, le 12 décembre 2018 à Miogo(Bafia).

-Edong Léopold Sédar, « Symboliques et fonctions des chants et danses… », pp. 114-146.

-Entretien avec Bessong à Beleck, Alfred, 78 ans, devin et thérapeute…

-Entretien avec Bong à Djock, 70 ans, matriarche…

-Entretien avec Mpon à Yakan, Gidéon, 80 ans, patriarche, le10 juin 2017 à Gouifé(Bafia).

-Entretien avec Itohong, Moïse, 63 ans, sacrificateur, le 13 mai 2018 à Tchekani(Bafia).

-Edong Léopold Sédar, « Caractère sacré de l’initiation traditionnelle des garçons… », p. 167.

-Tempels Placide, La philosophie bantoue, Paris, Présence africaine, 1949, p.68.

-Entretien avec Zom, Roger, 61 ans, sacrificateur, le 12 mai 2018 à Tchekani(Bafia).

-Ibidem.

-Entretien avec Itohong, Moïse, 63 ans, sacrificateur…

-Entretien avec Mpon à Yakan, Gidéon, 80 ans, patriarche…

-Entretien avec Bessong, Alain, thérapeute et patriarche, 70 ans…

-Deschamp Hubert, Les religions de l’Afrique Noire, Que sais-je ?, Paris, P.U.F., 1965, pp.30-31. 

-Ibid. p. 32.

-Entretien avec Kpolom à Borock, 101 ans, purificatrice et matriarche…

-Entretien avec Mpon à Yakan, Gidéon, 80 ans, patriarche…

-Entretien avec Itohong, Moïse, 63 ans, sacrificateur…

-Ibidem.

[1]Ph.D en Histoire des Civilisations et  Religions, Enseignant-Chercheur au Département d’Histoire et Archéologie de l’Université de Dschang, auteur de plusieurs articles scientifiques sur les pratiques religieuses africaines.

[2]Entretien avec Mbassa à Zock, Amadou, 85 ans, patriarche, le 30 décembre 2017, au quartier résidentiel (Bafia).

[3] Entretien avec Bong à Djock, 70 ans, matriarche, le 1er janvier 2019 à Bigna (Bafia).

[4]Emog Paul, « Les pays Banen et Bafia de 1901 à 1945 : Le poids de la colonisation (essai d’étude historique) », Thèse de Doctorat 3è cycle en Histoire, Université de Yaoundé, 1987, p. 03.

[5]Edong Léopold Sédar, « La perception du temps chez les Bafia du Centre (Cameroun) », in Rhumsiki : Des savoirs locaux en Afrique, Revue scientifique de la Faculté des Arts, Lettres et Sciences Humaines de l’Université de Maroua, Hors-Série n0 01, novembre 2018, p.66.

[6]Dong Mougnol Gabriel Maxime, « Le pays bafia précolonial », mémoire de Maîtrise en Histoire, Université de Yaoundé I, 1998, p. 08.

[7]Afaga Aunel Malaury, « La chefferie traditionnelle yambassa (1889-1958) : Essai d’analyse historique », mémoire de Master en Histoire, Université de Yaoundé I, 2013, p. 32.

[8]Archives Départementales de Bafia, « Note sur l’origine de la tribu bafia », in Rapport du Chef de la Circonscription de Bafia à Monsieur le Commissaire de la République, le 02 mars 1993.

[9]Edong Léopold Sédar, « Symboliques et fonctions des chants et danses bafia (1800-1944) », Thèse de Doctorat Ph.D en Histoire, Université de Dschang, 2020, pp. 13-14.

[10]Archives Départementales de Bafia, « Note sur l’origine de la tribu bafia »…

[11]Les beyali-mefass sont les géniteurs des jumeaux

[12]Entretien avec Maboué à Lambé, Justin, 69 ans, devin et thérapeute, le 28 février 2017 à Nyamsong(Bafia).

[13]Entretien avec Besseng à Mbassa, Dagobert, 63 ans, père des jumeaux et patriarche, le décembre 2017 à Mereng(Bafia).

[14]Entretien avec Bedièh à Goura, Sylvie 80 ans, matriarche…

[15]Ibidem.

[16]Ibidem.

[17]Entretien avec Bessong, Alain, thérapeute et patriarche, 70 ans, le 20 juillet à Bigna(Bafia).

[18]Entretien avec Kpolom à Borock, 101 ans, purificatrice et matriarche, le 27 décembre 2018 à Bigna(Bafia).

[19]Entretien avec Belfeka à Diback, 66 ans, mère des jumeaux, le 02 janvier 2019 à Wandala (Bafia).

[20]Edong Léopold Sédar, « Caractère sacré de l’initiation traditionnelle des garçons à l’âge adulte chez les Ngambé-Tikar du Centre-Cameroun », in Fouéllefak Kana Célestine Colette et Nzessé Ladislas (S/Dir.), Patrimoine culturel africain : Matériau pour l’histoire, outil de développement, Paris, Harmattan, 2017, p. 168.

[21]Entretien avec Bessong à Beleck, Alfred, 78 ans, devin et thérapeute, le 12 décembre 2018 à Miogo(Bafia)

[22]Edong Léopold Sédar, « Symboliques et fonctions des chants et danses… », pp. 114-146.

[23]Entretien avec Bessong à Beleck, Alfred, 78 ans, devin et thérapeute…

[24]Entretien avec Bong à Djock, 70 ans, matriarche…

[25]Entretien avec Mpon à Yakan, Gidéon, 80 ans, patriarche, le10 juin 2017 à Gouifé(Bafia).

[26]Entretien avec Itohong, Moïse, 63 ans, sacrificateur, le 13 mai 2018 à Tchekani(Bafia).

[27]Edong Léopold Sédar, « Caractère sacré de l’initiation traditionnelle des garçons… », p. 167.

[28]Tempels Placide, La philosophie bantoue, Paris, Présence africaine, 1949, p.68.

[29]Entretien avec Zom, Roger, 61 ans, sacrificateur, le 12 mai 2018 à Tchekani(Bafia).

[30]Ibidem

[31]Entretien avec Itohong, Moïse, 63 ans, sacrificateur…

[32]Entretien avec Mpon à Yakan, Gidéon, 80 ans, patriarche…

[33]Entretien avec Bessong, Alain, thérapeute et patriarche, 70 ans…

[34]Deschamp Hubert, Les religions de l’Afrique Noire, Que sais-je ?, Paris, P.U.F., 1965, pp.30-31. 

[35]Ibid. p. 32.

[36]Entretien avec Kpolom à Borock, 101 ans, purificatrice et matriarche…

[37]Entretien avec Mpon à Yakan, Gidéon, 80 ans, patriarche…

[38]Entretien avec Itohong, Moïse, 63 ans, sacrificateur… [39]Ibidem.


[1] Entretien avec Mbassa à Zock, Amadou, 85 ans, patriarche, le 30 décembre 2017, au quartier résidentiel (Bafia).

[2] Entretien avec Bong à Djock, 70 ans, matriarche, le 1er janvier 2019 à Bigna (Bafia).

[3] Emog Paul, « Les pays Banen et Bafia de 1901 à 1945 : Le poids de la colonisation (essai d’étude historique) », Thèse de Doctorat 3è cycle en Histoire, Université de Yaoundé, 1987, p. 03.

[4] Edong Léopold Sédar, « La perception du temps chez les Bafia du Centre (Cameroun) », in Rhumsiki : Des savoirs locaux en Afrique, Revue scientifique de la Faculté des Arts, Lettres et Sciences Humaines de l’Université de Maroua, Hors-Série n0 01, novembre 2018, p.66

[5] Dong Mougnol Gabriel Maxime, « Le pays bafia précolonial », mémoire de Maîtrise en Histoire, Université de Yaoundé I, 1998, p. 08.

[6] Afaga Aunel Malaury, « La chefferie traditionnelle yambassa (1889-1958) : Essai d’analyse historique », mémoire de Master en Histoire, Université de Yaoundé I, 2013, p. 32.

[7] Archives Départementales de Bafia, « Note sur l’origine de la tribu bafia », in Rapport du Chef de la Circonscription de Bafia à Monsieur le Commissaire de la République, le 02 mars 1993.

[8] Edong Léopold Sédar, « Symboliques et fonctions des chants et danses bafia (1800-1944) », Thèse de Doctorat Ph.D en Histoire, Université de Dschang, 2020, pp. 13-14.

[9] Archives Départementales de Bafia, « Note sur l’origine de la tribu bafia »…

[10] Les beyali-mefass sont les géniteurs des jumeaux

[11] Entretien avec Maboué à Lambé, Justin, 69 ans, devin et thérapeute, le 28 février 2017 à Nyamsong(Bafia).

[12] Entretien avec Besseng à Mbassa, Dagobert, 63 ans, père des jumeaux et patriarche, le décembre 2017 à Mereng(Bafia).

[13] Entretien avec Bedièh à Goura, Sylvie 80 ans, matriarche…

[14] Ibidem.

[15] Ibidem.

[16] Entretien avec Bessong, Alain, thérapeute et patriarche, 70 ans, le 20 juillet à Bigna(Bafia).

[17] Entretien avec Kpolom à Borock, 101 ans, purificatrice et matriarche, le 27 décembre 2018 à Bigna(Bafia).

[18] Entretien avec Belfeka à Diback, 66 ans, mère des jumeaux, le 02 janvier 2019 à Wandala (Bafia).

[19] Edong Léopold Sédar, « Caractère sacré de l’initiation traditionnelle des garçons à l’âge adulte chez les Ngambé-Tikar du Centre-Cameroun », in Fouéllefak Kana Célestine Colette et Nzessé Ladislas (S/Dir.), Patrimoine culturel africain : Matériau pour l’histoire, outil de développement, Paris, Harmattan, 2017, p. 168

[20] Entretien avec Bessong à Beleck, Alfred, 78 ans, devin et thérapeute, le 12 décembre 2018 à Miogo(Bafia)

[21] Edong Léopold Sédar, « Symboliques et fonctions des chants et danses… », pp. 114-146.

[22] Entretien avec Bessong à Beleck, Alfred, 78 ans, devin et thérapeute…

[23] Entretien avec Bong à Djock, 70 ans, matriarche…

[24] Entretien avec Mpon à Yakan, Gidéon, 80 ans, patriarche, le10 juin 2017 à Gouifé(Bafia).

[25] Entretien avec Itohong, Moïse, 63 ans, sacrificateur, le 13 mai 2018 à Tchekani(Bafia).

[26] Edong Léopold Sédar, « Caractère sacré de l’initiation traditionnelle des garçons… », p. 167

[27] Tempels Placide, La philosophie bantoue, Paris, Présence africaine, 1949, p.68.

[28] Entretien avec Zom, Roger, 61 ans, sacrificateur, le 12 mai 2018 à Tchekani(Bafia).

[29] Ibidem

[30] Entretien avec Itohong, Moïse, 63 ans, sacrificateur…

[31] Entretien avec Mpon à Yakan, Gidéon, 80 ans, patriarche…

[32] Entretien avec Bessong, Alain, thérapeute et patriarche, 70 ans…

[33] Deschamp Hubert, Les religions de l’Afrique Noire, Que sais-je ?, Paris, P.U.F., 1965, pp.30-31

[34] Ibid. p. 32.

[35] Entretien avec Kpolom à Borock, 101 ans, purificatrice et matriarche…

[36] Entretien avec Mpon à Yakan, Gidéon, 80 ans, patriarche…

[37] Entretien avec Itohong, Moïse, 63 ans, sacrificateur…

[38] Ibidem.

La religion des Basaa à la lumière des travaux de l’Abbé Simon Mpékè

0

Patrick Romuald JIE JIE, PhD en histoire culturelle et religieuse

Enseignant au département d’histoire de l’Ecole Normale Supérieure de Bertoua Université de Ngaoundéré, Cameroun E-mail : jiejiepatrickromuald@yahoo.fr

Résumé

Abbé Simon Mpèkè dit « Baba Simon » à travers son ouvrage La Religion des Bakôkô, nous donne un aperçu général sur les croyances traditionnelles en vigueur chez les basaa. Cette religion traditionnelle n’est pas une religion révélée ; elle n’a pas de prophète ni de livre Saint comme la Bible ou le Coran. C’est une religion basée sur le culte des ancêtres, la vénération des esprits et des génies, et la prise en compte d’un certains nombres d’interdits, d’abstinences et de sacrifices. De même que les chrétiens croient en l’au-delà, la religion des basaa défini elle aussi un au-delà comme une cité des bons et des méchants. Cette philosophie religieuse basaa met au jour la richesse et la diversité des croyances dans les civilisations des peuples d’Afrique subsaharienne.

Mots clés : Travaux, religion, traditionnelle, Mpèkè, Basaa.

Introduction

Pour plusieurs peuples africains, le monde est régi par un Dieu suprême-créateur et Maître du cosmos. Le plus souvent Dieu est considéré comme lointain pour être facilement accessible. Des études plus récentes offrent une compréhension alternative de cette représentation de l’Être Suprême : Celui-ci est aussi perçu comme un Dieu attentif aux humains, et donc proche de l’homme et de son milieu. La véritable figure de Dieu serait ainsi appréhendée dans le paradoxe même du lointain-proche, de l’absent-présent. Comme le dit René Luneau : « Il faut donc que Dieu ne soit pas
compromis, sans pourtant cesser d’être le dernier recours qui garantit à l’homme le sens de sa vie
»[1]. Les Basaa que nous avons choisis pour cette étude, croient à l’existence d’un seul Dieu qu’ils appellent Nyambè, le Très Haut. À leurs yeux, Dieu est un être incompréhensible, absolument invisible. Un Être suprême et souverain à qui on accède
difficilement. Nyambè est le Créateur et le Maître absolu de toutes choses, la Cause en dernière analyse de tous les évènements jusqu’aux plus petites choses. Il trône dans les cieux, où une multitude d’esprits, « les serviteurs du Très Haut », remplissent minutieusement ses ordres et lui rendent des honneurs indicibles. Tel est le contenu de fond de la religion traditionnelle Basaa. L’abbé Simon Mpèkè qui a beaucoup travaillé sur la religion traditionnelle des Bakoko[2], nous donne un aperçu intéressant de cette philosophie religieuse africaine en abordant la notion de Dieu chez les Basaa. Une cosmogonie constituée d’un monde peuplé par les esprits et les génies, caractérisé par l’importance des ancêtres et le rôle des fétiches. Cette étude présente les principes fondamentaux de la religion traditionnelle Basaa à la lumière des travaux de Simon Mpèkè, un prêtre catholique missionnaire originaire de ce peuple installé principalement dans les régions du centre et du littoral camerounais. L’approche analytique avec des données écrites et surtout anthropologiques du fait religieux africain a été mobilisée pour conduire la recherche.

  1. Qui est l’Abbé Simon Mpèkè ?

Simon Mpékè naît vers 1906 à Batombé (Edéa) au Cameroun, de parents cultivateurs non chrétiens. En 1914, alors qu’il fréquente l’école tenue par les Pallottins allemands, il demande le baptême. Il sera exaucé le 14 Août 1918 à Edéa après la première guerre mondiale, par les Spiritains français sous le nom de Simon. Il exerce ensuite le métier d’instituteur dans des écoles de brousse puis à la mission centrale d’Edéa. C’est là, en 1921, qu’il apprend « qu’un Noir peut devenir prêtre ». Il va rompre ses fiançailles avec la jeune fille qui lui était promise et se mettre à l’étude du latin avec un petit groupe d’amis. En août 1924, il intègre le petit séminaire de Yaoundé qui a ouvert ses portes en Juillet 1923. Le 08 Décembre 1935, il fait partie de la promotion des huit premiers prêtres Camerounais. Habité par le goût de la contemplation, il formât depuis le séminaire le projet de la fondation d’une congrégation active et contemplative. En 1936, il est nommé vicaire dans une mission de brousse où son passage a laissé le souvenir d’un prêtre très zélé, profondément spirituel, qui n’a cessé de se dépenser sans compter. Marqué par la théologie de son époque, l’abbé Mpékè s’engage fortement contre la pratique des religions traditionnelles de sa région de mission. Repéré comme un prêtre de grande valeur, il est nommé en 1947 à la grande paroisse de New-Bell à Douala. Il en deviendra le curé au bout d’un an. Il participe à l’essor de sa paroisse en développant des confréries diverses ; soutenant les mouvements d’Action Catholique, les écoles, et faisant preuve d’une disponibilité et d’une générosité totale pour ses ouailles. Son souci du dialogue permanent avec les responsables des religions traditionnelles et de la rencontre avec les musulmans en a fait un précurseur du dialogue interreligieux.

Au début des années 1950, l’installation des fraternités de Frères et de Sœurs de Jésus dans sa paroisse lui fait découvrir la spiritualité de Charles de Foucauld. En 1953, il intègre l’Institut séculier des Frères de Jésus et demande une année sabbatique pour faire son « noviciat » en Algérie. Il est l’un des fondateurs au niveau international de l’Union Sacerdotale Jésus Caritas et son premier responsable au Cameroun et en Afrique. Prêtre très aimé et très influent, il fût proposé avec deux autres de ses confrères au poste d’auxiliaire de son Évêque. Vers 1954, il ressent un appel à participer à l’évangélisation des populations dites « païennes » du Nord du Cameroun. Ayant mûrement réfléchi, prié, et porté par le dynamisme missionnaire de l’Encyclique Fidei Donum, il devient en 1959le premier prêtre séculier Camerounais missionnaire dans son propre pays. Après un bref séjour dans une communauté de Frères de Jésus, il s’installe à Tokombéré, dans l’actuel diocèse de Maroua-Mokolo. Vivant pour lui-même dans un total dénuement, Simon Mpèkè le « missionnaire aux pieds nus » passe sa vie à lutter contre la misère dans laquelle croupissent ses ouailles. Sa vie de prière intense et sa joie communicante en faisaient un témoin du message de l’évangile dans les villages les plus reculés de son territoire paroissial. Comme premier Curé, en plus d’un hôpital, l’abbé Mpékè construit une école primaire. De fait, par l’école, les structures sanitaires, l’engagement contre l’injustice sociale, l’encadrement des jeunes et l’appel à la fraternité universelle, Simon Mpékè fait une réelle promotion de populations jusque-là méprisées. Son souci du dialogue permanent avec les responsables des religions traditionnelles et de la rencontre avec les musulmans en a fait un précurseur du dialogue interreligieux. Une dynamique remise à l’honneur par Vatican II et qui lui a mérité le surnom sous lequel il est encore vénéré plus de 40 ans après sa mort tant par les chrétiens que les non-chrétiens : « Baba Simon. » (Papa Simon). Il a néanmoins affronté les incompréhensions des milieux de mission où il était considéré comme un trouble-fête. Dans le Nord Cameroun, l’Islam occupe une place influente dans la vie sociale. Aussi, les dignitaires traditionnels regardaient avec méfiance ce nouveau venu qui prétendait apporter la religion chrétienne et surtoutqui affirmait que le Kirdi est un frère à aimer, et à accueillir aussi comme fils de Dieu. Les Kirdis eux-mêmes éprouvaient une certaine méfiance envers ce prêtre venu du Sud et de ses collaborateurs. Baba Simon supporta les vexations, les abus de pouvoir, les tracasseries de toutes sortes qui surgirent pour empêcher son action. Il s’engageât activement contre les injustices commises contre des populations asservies. Le 13 Août 1975, l’abbé Mpékè s’est éteint, épuisé par une vie entièrement consacrée à Dieu et aux hommes.

  1. Les principes fondamentaux de la religion traditionnelle basaa selon Simon Mpèkè
    1. considération de la Divinité chez les Basaa

Pour le basaa, le milieu cosmique est régi par un Dieu suprême-créateur et maître du cosmos. L’importance de son rôle dans les affaires du monde, écrit H. Deschamps, est très diversement appréciée. Le plus souvent, il est considéré comme trop lointain pour être facilement accessible[1]. En prenant en compte les études de l’Abbé Simon Mpèkè sur les religions traditionnelles africaines, on peut comprendre que les Basaa ont de tout temps cru à l’existence de Dieu, et d’un seul Dieu, Nyambè, le Très Haut. À leurs yeux, Dieu est un être incompréhensible, absolument invisible à tout regard humain, un souverain difficilement accessible. Il est Créateur et Le Basaa attaché aux croyances ancestrales applique toute son attention à observer chaque jour tout ce qui se passe en lui et autour de lui. Le Maître absolu de toutes choses, la Cause en dernière analyse de tous les évènements, jusqu’aux plus petites choses. Il trône dans les cieux, où une multitude d’esprits, « les serviteurs du Très Haut », remplissent minutieusement ses ordres et lui rendent des honneurs indicibles[2]. Par ces esprits, Nyambè exerce son emprise sur les hommes par l’intermédiaire des mânes. Son action directe sur les hommes est rare. Mais du haut du ciel, il voit absolument tout, et rien, ne fût-ce qu’un vol d’oiseau, ne peut s’effectuer sans sa permission. Les ordres émanant de lui arrivent aux hommes par des intermédiaires, mais instantanément. Le Basaa attaché aux croyances ancestrales applique toute son attention à observer chaque jour tout ce qui se passe en lui et autour de lui. Il interprète ces évènements en leur donnant des sens mystiques. Cette pratique se base sur le fait que tout nous vient de la haute direction de Nyambè, le Très Haut, et que ce Très Haut ne fait rien inutilement. Les hommes assidus à scruter les signes de Nyambè ont créé le cérémonial des « rites fétichistes ». Concernant les explications des situations et des circonstances auxquelles les hommes sont ordinairement confrontés au cours de leur vie, la religion Bassa produit des explications mystiques qui permettent aux hommes de saisir le sens des signes de Nyambè[3]. D’autres, signes ou connaissances plus complexes, concernant principalement les maladies, ne sont connus que des spécialistes : les féticheurs.

Voici quelques exemples :

– se heurter le pied gauche contre une pierre peut être le présage d’un sinistre évènement, dont l’importance est déterminée par la grosseur du doigt de pied qui a immédiatement subi le choc. En conséquence, il faudrait consulter le féticheur sur les mesures à prendre pour écarter le danger imminent ;

– la rencontre d’un myriapode de couleur violette est l’augure d’un évènement heureux ;
– la présence d’un papillon dans la maison signifie l’arrivée prochaine d’un hôte dont la valeur est indiquée par la grosseur et la diversité des couleurs de l’insecte[4] ;

– On connaît également les causes immédiates de certaines maladies ;
– La nourriture donnée à contrecœur provoque les maux de ventre ;
– Avoir des abcès sous l’aisselle, ainsi que tout mal d’yeux, peut être considéré comme une punition de la curiosité des regards ; Une toux mesurable accompagnée de vomissements de sang décèle un assassin[5].

 Pour le Basaa, c’est toujours le Très Haut qui envoie ces nombreux messages pour récompenser ; Prévenir un danger imminent ; ou rappeler à l’ordre par la peine corporelle. Ce sont là quelques éléments non exhaustifs de la cosmogonie des Basaa.

  1.  Le monde des esprits et des génies

Le culte des ancêtres, avec ses rites et ses croyances, est un aspect régulier des religions traditionnelles en Afrique noire[1]. Mais à côté de ce culte permanent, il existe une extrême variété de rapports avec d’autres catégories de puissances invisibles. Ces entités spirituelles que les auteurs appellent « dieux secondaires », génies ou esprits, ont des marqueurs sociaux spécifiques à chaque ethnie. Elles sont inscrites dans une hiérarchie spirituelle ethnique qui se fonde sur la nature de leurs rapports aux hommes, à la société et à son environnement[2]. Qu’il y ait ou non, au sommet de la hiérarchie des forces intermédiaires, un premier moniteur, prototype de l’homme, l’univers invisible apparaît peuplé d’esprits ou de génies de nature très diversifiée, parfois complémentaires, parfois opposés entre eux. Ces entités peuvent être autochtones ou allogènes, c’est-à-dire d’origine étrangère, présentées comme des esprits Un esprit est un être raisonnable, en soi invisible, mais devenu quelquefois visible, grâce à une matière spirituelle qui lui est toujours inhérente. Maîtres de la transe et de la possession, elles peuvent également être des ancêtres mythiques ou des personnages historiques (rois, devins). Certains de ces esprits se déplacent, d’autres sont sédentaires, attachés à des lieux bien précis ; certains sont bénéfiques aux humains, d’autres de nature ambivalente, d’autre encore nettement hostiles à l’homme. Le champ d’action et d’influence de ces « dieux secondaires » révèle la diversité même de leur nature spirituelle et de leur position hiérarchique dans la cosmogonie Basaa. Quant aux esprits de la nature, maîtres de la terre et des eaux, ils apparaissent le plus souvent comme des entités « anonymes », c’est-à-dire qu’il n’est possible de les distinguer entre eux qu’en référence aux territoires dont ils ont la garde. Ils sont directement liés à la terre dans une relation de gérance et en rapport indirect avec tous ceux qui vivent de cette terre et sur ce territoire. Les Basaa selon les écrits de l’Abbé Mpèkè distinguent deux mondes habités par les esprits : le monde supérieur, demeure des serviteurs du Très Haut, ou Nyambè et le monde inférieur réservé aux mânes[3]. Avant de parler de chaque monde des esprits, intéressons-nous à ce que les Basaa entendent par « esprits », exception faite de l’esprit incompréhensible de Nyambè le Très Haut. Un esprit est un être raisonnable, en soi invisible, mais devenu quelquefois visible, grâce à une matière spirituelle qui lui est toujours inhérente. On entend par matière spirituelle un corps vivant parfait doté d’immortalité, d’une force « herculéenne » et d’une agilité prodigieuse. Ce corps spirituel traverse tout, peut vivre dans l’eau, dans l’air, sous terre, dans les animaux vivants ou habiter les morts. Il peut s’infiltrer dans tous les éléments de la nature[4].

– Le monde supérieur

Il désigne dans la religion traditionnelle Basaa, « l’habitat » permanent de Nyambè, le Très Haut, et de ses serviteurs. Ainsi, les serviteurs de Nyambè, le Très Haut, sont des créatures avec le plus haut niveau de perfection. Ils sont les seuls merveilleux. Mais, aussi puissant que soit leurs secours, ils ne viennent en aide qu’à ceux qui les invoquent et font face à des circonstances graves. Leur action ne se fait sentir que très rarement auprès des mortels. Dans la cosmogonie des Basaa, ce sont principalement les habitants du monde inférieur qui sont plus proches des hommes et de leurs réalités sociales[5].

 – Le monde inférieur

Il est le monde qui se trouve sous terre, c’est la demeure des mânes. De fait, la survie de l’âme après la mort est généralement admise par les Basaa. Pour la religion Basaa, au dernier souffle de l’être vivant, l’âme quitte le corps matériel pour se téléporter dans le corps spirituel. Suivant leurs mérites, les mânes iront soit dans la cité des bons (Paradis), soit dans celle des méchants (Enfer). La cité des méchants se trouve au centre même de la terre, tandis que la cité des bons est située dans les régions atmosphériques. Un fleuve mystérieux Itara qu’on ne peut traverser qu’une fois, sépare à jamais les deux cités[6].


– La cité des méchants

C’est un lieu où règnent les ténèbres éternelles dans un froid intense. Jamais on n’y voit une étincelle de feu pour se chauffer, encore moins un rayon de soleil. Sont condamnés à vivre dans ce milieu ténébreux, tous ceux qui pendant leur vie sur la terre, ont mené une vie marquée par des actes obscènes, et qui, avant de mourir n’ont pas offerts pour leurs forfaits des sacrifices expiatoires[7]. Cependant, des fautes graves – à moins d’être de grands crimes- ne sauraient y conduire l’âme. Aussi les adeptes de la religion traditionnelle Basaa, s’étonnaient régulièrement d’entendre les missionnaires blancs leur dire qu’un seul péché mortel précipitait l’homme en Enfer. C’est un point sur lequel les missionnaires en poste dans les régions Basaa n’insistaient pas beaucoup avons-nous appris dans nos interviews. Ce qui est l’objet principal d’effroi chez les Basaa Babimbi, au sujet de la cité des méchants, c’est le froid glacial qui y règne. Ainsi, les habitants de la cité des méchants n’ont aucune relation avec Nyambè le Très Haut, ni avec les vivants, ni même entre eux. Chacun d’eux est engourdi par le froid et recroquevillé dans son petit coin, où il restera éternellement. Ils n’ont aucun espoir de pardon. Quand ils entrent dans cette posture, on peut en toute vérité leur dire : « vous qui entrez ici, abandonnez toute espérance ! »

– La cité des bons

C’est une suite interminable de maisonnettes souterraines, ressemblant aux cases des populations Basaa. Mais ces domiciles ne sont soumis à aucune vicissitude d’altération. Tels ils sont aujourd’hui, tels ils ont toujours été, et pour toute l’éternité ils seront les mêmes. La cité des bons est ainsi éclairée par un soleil merveilleux, toujours à son zénith, et dont les rayons, plus lumineux que notre soleil lui-même, ne produisent aucune incommodité. Il y a un Roi Ngué dépendant du Très Haut Nyambè, avec ses ministres et ses agents de police, qui maintiennent dans la cité un ordre dont les mortels ne peuvent se faire une idée[8].

Les pénitents : Ce sont ceux qui ont mené une vie « passablement » honnête. Ils n’ont ni commis assez de crimes pour mériter les ténèbres éternelles, ni assez expié leurs fautes en ce monde pour être admis parmi les libres. Avant leur admission au rang des libres, on les soumet à une rude épreuve sous la direction du roi de la cité des bons,
Ngué. Les pénitents sont alors chargés de punir les hommes méchants, d’intervenir au cours de tous les évènements fâcheux. Ils sont là, au gré du Roi Ngué. Leur vie continue à s’écouler un peu comme celle des vivants, mais plus péniblement. Ils senourrissent mystérieusement de nos aliments, et se revêtent mystérieusement de nos habits. Aussi, à la mort d’un individu, les Basaa répandent copieusement des vivres sur sa tombe et la jonchent de morceaux d’étoffes, de pagnes et même de chiffons dans l’hypothèse que le défunt pourrait bien se trouver parmi les pénitents[9].

  1.  L’importance des ancêtres

Pour les Basaa, l’existence de Dieu est étroitement liée à celle des ancêtres. Les ancêtres occupent une place centrale et privilégiée dans la vie sociale. De fait, la relation avec les forces invisibles s’exprime dans les rapports entre les morts et les vivants, et plus précisément entre les ancêtres et leurs descendants[10]. La structure familiale, qu’elle soit de type clanique ou lignagère, se fonde sur une communauté qui unit les ancêtres et leurs descendants. L’influence des ancêtres sur le groupe social se traduit par ce qu’on pourrait appeler la « soudure » des vivants aux ancêtres[11]. Ainsi, la « survie » de l’action et de la présence des ancêtres se perpétue dans le « souvenir » que les vivants gardent d’eux à travers la « parole » (la tradition orale) qui permet de rappeler leur « maitrise » de l’ordre social, et la possibilité d’une « réincarnation » dans les enfants à naître dans le clan ou dans la lignée[12]. Le culte des ancêtres, avec ses rites et ses croyances est une caractéristique des civilisations d’Afrique subsaharienne. Ce n’est donc pas exagéré de dire que Nyambè
n’existe que si les ancêtres existent. L’ancêtre du clan Basaa qui est socialement représenté par le Mbombog, est le maître incontesté d’une section de l’univers. « Les menues divinités », les « émanations à demi mythologiques », « les diverses énergies perverties » ne sont pas plus importantes que l’ancêtre du clan. Rien, en dehors du Dieu suprême, créateur de tout, ne passe avant l’ancêtre. Les membres de la société sont tous les enfants de l’ancêtre ; s’ils adorent un dieu, c’est parce que l’ancêtre l’a aussi adoré. S’ils sont attachés à une réalité invisible quelconque, c’est grâce à l’ancêtre et à travers l’ancêtre[13]. Si l’ancêtre est très respecté, il faut se garder de le considérer comme une entité en soi. L’ancêtre n’est ancêtre que parce qu’il a une descendance. La parenté est la clé de voûte de toute l’existence de l’Africain en général et du Basaa en particulier. Ceci est vrai sur le plan social mais aussi sur le plan métaphysique. On peut de fait constater que « l’ancêtre a la primauté dans la vie du Basaa Babimbi ». La confiance que le clan met dans le devin guérisseur provient de ce que ce dernier est lié à l’ancêtre, capable de saisir les signes par lesquels l’ancêtre communique avec le clan. La société s’établit en deux strates : celle de l’ancêtre et de celle des membres qui viennent consulter le devin pour lui demander conseil. Le devin, participe ainsi aux deux strates. Le clan est une production de l’ancêtre, tout comme l’ancêtre existe dans le culte que le clan lui vaut. La société ne s’adresse donc jamais directement à l’ancêtre lui-même, le devin guérisseur assure la médiation par ses cultes, ses imprécations, ses prières et ses rites. Le devin guérisseur est ainsi le « prêtre » de la religion traditionnelle des Basaa. Car l’ancêtre s’adresse toujours à la société dans un langage énigmatique, et inintelligible pour les non-initiés. L’ancêtre et le devin ont des interactions régulières, entretenant un dialogue continu. Il en est de même de la relation existante entre le devin et la société dans laquelle il exerce son activité. Généralement, l’ancêtre s’adresse aux siens au cours d’une apparition, d’un songe ou par un évènement insolite. Ceux-ci pris au dépourvu rapportent au devin guérisseur ce qui leur est arrivé[14]. Le devin ayant collecté l’information, peut alors faire des imprécations et entrer en contact avec l’ancêtre par le truchement des pratiques divinatoires. Une fois qu’il a obtenu toutes les indications sur l’objet de sa requête, il revient auprès des membres du groupe ou du clan pour leur révéler ce que l’ancêtre a voulu dire. Le mécanisme des relations triangulaires ancêtre-devin-clan/groupe est déterminant pour l’harmonie sociale chez les Basaa.

 Si l’ancêtre communique avec les siens, ceux-ci sont convaincus de ne pas comprendre directement son langage. Il leur faut nécessairement un intermédiaire, pour discerner les signes donnés par l’ancêtre, et c’est le devin qui joue ce rôle[15]. De fait, le groupe social en s’adressant au devin-guérisseur ne peut pas imaginer la réponse que ce dernier lui donnera. Car la réponse doit lui être communiquée par l’ancêtre en question. Ainsi, le devin ne peut pas expliquer ce dont il n’est pas l’auteur. Il ne peut pas dire de son propre chef de quoi il était question dans le message de l’ancêtre. Si ce sur quoi l’on jure possède une certaine autorité, c’est du fait de la parole ancestrale prononcée par un groupe de personnes habilitées[16]. Le mystère reste toujours à comprendre, car l’ancêtre avant de quitter les siens est sensé avoir laissé la réponse à toutes les questions et notamment sur la question névralgique de la vie et de la mort. Pour le Basaa Babimbi, il n’existe pas d’autres solutions aux problèmes du clan en dehors des signes qu’a laissé l’ancêtre. La solution de l’ancêtre n’est pas relative, elle est absolue[17]. L’ancêtre n’est pas une simple force surnaturelle, il est donc difficile de parler de lui comme d’une réalité abstraite. On reconnait à L’ancêtre une force surnaturelle unique qui fait de lui le fondateur du clan et le garant de son existence de la vie sociale.

 Ainsi, l’intervention de l’ancêtre dans la vie du clan n’a pas pour seule finalité de faire connaître la nature et la qualité des « forces » métaphysiques qui régissent la vie du clan, mais elle a aussi pour visée de fortifier les siens ou de les affaiblir selon la situation. Les connaissances et la sagesse de la communauté puisent leurs sources dans ce que l’ancêtre a laissé, et peut transmettre depuis l’au-delà, car l’ancêtre est celui qui a laissé une descendance. Une distinction rigoureuse entre esprits, mânes, défunts et ancêtres risque d’obscurcir inutilement une bonne approche de la personnalité de l’ancêtre. Le Basaa Babimbi, désigne l’ancêtre par le terme : sôgôl[18]. Lorsqu’il s’agit d’un ancêtre très éloigné, on double le terme sôgôl, qui devient sôgôl-sôgôl. Une distinction rigoureuse entre mânes et ancêtres, nous conduirait à adopter le point de vue de Louis Vincent Thomas qui réserve le mot mânes au défunt considéré pendant la période qui sépare les « deux funérailles », et le mot « ancêtre » au défunt sublimé, transcendé et purifié[19]. Mais au lieu de la période de funérailles comme le propose L.V. Thomas, nous préférons le terme intervalle entre deux générations. Si le mot ancêtre traduit bien ce que le Basaa appelle sôgôl, l’on ne parle d’ancêtre qu’entre deux générations. Car pour le Basaa Babimbi, il est incorrect de parler de son feu père comme d’un sôgôl. Littéralement sôgôl signifie grand père. La parenté joue ainsi un rôle déterminant dans le statut d’ancêtre. En insistant sur les relations de parenté comme centre de toute étude anthropologique, Lévy Strauss ouvre certainement une voix nouvelle pour les sciences humaines. Cazeneuve écrit à ce sujet : « La conception africaine de l’homme est globale. Du mort à l’ancêtre réel et de celui-ci à l’ancêtre mythique, il y a une gradation souvent insensible où les éléments divins se chevauchent et qui situent à des niveaux diérents le sacré et les rites qui s’y rapportent. L’archétype lumineux de la condition humaine est plus ou moins proche de celle-ci, plus ou moins transcendant, mais toujours extra humain[20].« 

En mourant, le chef de famille ne laisse pas « la force » comme héritage, c’est un élément important dans la philosophie africaine. L’ancêtre ne se réduit pas à propager unhéritage sacré qui se diffuse dans la puissance vitale humaine. Aux yeux de la société, il est le « créateur » de la vie au sens du Révérend Tempels qui écrit : « le renforcement de la vie, la conservation et le respect de la vie sont par nature même de la création, l’affaire des ancêtres et des aînés vivants ou défunts »[21]. Mais ces ancêtres comme nous l’avons déjà dit, n’existent que parce que les personnes comme nous existent[22]. Levy Brühl a reconnu ce fait, mais n’a peut-être pas tiré toutes les conséquences qui paraissent en découler. Il écrit en effet que :

« D’une façon générale, les morts à des degrés divers sont partie intégrante du groupe social, et l’individu ne se sent pas entièrement séparé d’eux [23]». Si l’ancêtre conserve et renforce la vie, s’il éclaire les humains sur la nature et la qualité de la puissance vitale, s’il propage également cette puissance vitale, on pourrait dire qu’il est le donateur au second degré de la vie.

A propos de la vénération vouée à l’ancêtre qui, pour certaines populations, va jusqu’à la célébration d’un culte, M. Leenhardt fait remarquer qu’il s’agit là d’un travail d’intellection.« Désormais, écrit-il, séparé du monde qui est devenu pour lui objet, l’homme n’a souci que de l’homme. Il l’invite, il l’exalte. L’homme cherche non à se dépasser mais à se prolonger soi-même… le culte des ancêtres est une pieuse construction de la rationalité[24] ». C’est à cause de ce refus de se dépasser que l’avenir de l’homme africain et surtout du Basaa Babimbi ne se distingue pas tellement du présent. En définitive, toute forme religieuse chez les Basaa est centrée sur un ancêtre, qui révèle le sacré, c’est-à-dire l’univers extra phénoménal dont Dieu est l’âme. Mais cet ancêtre arrive parfois à résorber à la fois le sacré et le dieu dont il était originairement le « héraut ». La notion d’ancêtre devient dès lors le pivot véritable de la cosmogonie des Basaa Babimbi. Ce dernier aide les vivants en tout : « il donne des conseils en ce qui concerne les cultures, les mariages, les initiations, la pêche, il punit les coupables et récompense les membres aux actes méritoires[25] ». Compte tenu de cela, les Basaa se gardent bien de mécontenter l’ancêtre. De fait, l’ancêtre a toujours raison ; il en est de même pour son serviteur le devin-guérisseur ou « l’homme qui voit la nuit ». A cet effet, H. Deschamps écrit :

 » Les ancêtres règlent… les relations entre les membres du groupe. Tous reconnaissent ces règles. Le conformisme est total et les excès individuels condamnés d’avance. La cohésion, le bon ordre, la participation à la vie de la communauté et à ses cérémonies, une certaine égalité des conditions matérielles, le respect de chacun sont ainsi assurés sans difficultés par des puissances supérieures, toujours attentives, et dont la sagesse exprime la conformité de l’homme à l’ordre même des choses[26].

  1. Les fétiches et les pratiques religieuses traditionnelles

Utilisé par les Portugais du XVe siècle, le terme Feitiço « chose fabriquée » désignait
les objets magiques ou religieux qu’ils rencontraient en Afrique en comparaison avec les charmes, amulettes et images de saints dont eux-mêmes faisaient usage[27]. Jusqu’au début du XXe siècle, l’Afrique fut considérée comme la terre du « fétichisme », entendu comme une forme primitive de religion qui aurait consisté à adorer directement des objets. C’est en raison de ces définitions fausses et souvent péjoratives d’une part, et de la polysémie de termes souvent galvaudés, d’autre part que de nombreux anthropologues, à la suite de Marcel Mauss, ont préconisé de les abandonner. Pourtant, à condition de le débarrasser de toute référence évolutionniste-il est difficile de se passer du mot « fétiche » pour caractériser certains objets dotés d’efficience, aux fins de protection, de concentration et de manipulation des forces dont ils sont l’instrument mobile, ils se distinguent en général des autels fixes dédiés aux ancêtres ou à d’autres puissances[28].  La plupart de ces objets fétiches sont façonnés à partir d’éléments hétérogènes, emplis ou enduits de substances végétales, minérales ou animales et sont régulièrement revivifiés par des paroles et des sacrifices. Il est des sociétés qui font un grand usage de tels objets, d’autres non, mais jamais ceux-ci n’occupent à eux seuls tout le champ religieux[29]. Les mêmes puissances peuvent tour à tour être objectivées dans un fétiche, saisir et prendre possession du corps d’une personne ; être invoquées sur un autel, ou apparaître comme signe sur une table divinatoire. Le mot fétiche n’est pas approprié dans le domaine des croyances traditionnelles africaines. En l’utilisant dans notre démarche de recherche, nous sommes d’accord avec L. V. Thomas pour n’y voir que le support ou le réceptacle d’une force, et non pas une divinité en soi[30]. En d’autres termes, les « fétiches » sont l’ensemble des pratiques qui mettent l’indigène en relation avec le monde invisible. En nous appuyant sur les écrits de l’Abbé Simon Mpèkè, on peut dire que tout le « fétichisme » dans la société Bassa repose sur ces points fondamentaux : – tout se fait par la permission expresse du Très Haut, et le Très Haut ne fait rien inutilement ; – il est établi que le Très Haut communique régulièrement par l’intermédiaire des créatures supérieures ou inférieures aux hommes ; – les hommes doivent suivre la même voie dans leurs relations avec le Très Haut, en dehors des cas exceptionnellement graves. ll est à remarquer que même s’il parle aux «fétiches», le Basaa ne les adore pas. Jamais chez le Basaa, on ne verra une statuette matérialisant les esprits. Ainsi, on peut diviser le « fétichisme » chez les Basaa en deux catégories : Le « fétichisme  » populaire et le « fétichisme « des initiés[31].

  1.  traditionnelle populaire ou fétichisme populaire

Il s’agit d’un amalgame de pratiques, de coutumes « reçues » des ancêtres et enveloppant toutes les actions de la vie sociale du Basaa[32]. L’ignorance de ces pratiques a des conséquences fâcheuses : mort prématurée, maladies incurables, stérilité, etc. Par ces coutumes, les Basaa disposent de toute une série d’interdictions, de pratiques se rapportant à toutes les circonstances de la vie, prévoyant par exemple, les mots qu’il faut ou qu’il ne faut pas dire ; les mets qu’il ne faut pas manger ; la façon dont on doit regarder le juge, l’assemblée ou bien un tel en particulier, avant de commencer un discours, etc. Quelques exemples parmi tant d’autres : Avant le repas, le Basaa traditionnel, n’oublie pas d’offrir quelque chose aux esprits dont il se croit toujours entouré. A cet effet, il répandra quelques gouttes de sa sauce sur le sol. Les libations ne sont jamais omises, même si on n’a que de l’eau. Mais quand il s’agit d’un banquet sacré, d’autres cérémonies s’ajoutent aux précédentes. La cuisine est toujours faite au milieu de la cour[33]. Le chef de la famille ou un féticheur de renom, préside en personne à la préparation des mets rituels. C’est un ragoût délicieux composé de la chair des animaux les plus estimés, et délicatement assaisonné. Une fois le mets apprêté, toute l’assistance se met à regarder le ciel, au signal de celui qui préside ; ils sont à la recherche d’un oiseau que le Très Haut fera passer au-dessus de leurs têtes. Quelquefois, l’oiseau se fait attendre durant des heures. Enfin, lorsqu’on on voit l’oiseau passer au-dessus de l’assistance, rapidement l’officiant se saisit d’une cuillère du mets sacré, qu’il jette en l’air dans la direction que suit l’oiseau, en disant « suivez-le ! »[34].

 Cette cérémonie a une double explication :

– L’oiseau est comme le bouc émissaire, qui doit emporter toutes les malédictions et les péchés des assistants ; et de même qu’il ne laisse aucune trace après lui, de même, après le banquet sacré, aucune trace de souillure ne restera dans les cœurs de ceux qui y auront pris part ;

– Fiers de la qualité de leur nourriture, les assistants sont heureux de l’offrir au Très Haut par l’intermédiaire de ses serviteurs. Après avoir fait des offrandes aux serviteurs du Très Haut pour s’attirer la bienveillance des mânes, l’on répand quatre cuillerées du mets sacré en direction des quatre points cardinaux. Une fois le repas achevé, chacun retourne chez soi, joyeux et assuré d’avoir été purifié de toute souillure. De sorte que si la mort survenait après quelques jours, l’on se retrouverait parmi les libres[35].

On voit par-là que le chemin qui conduit à la cité des bons n’est pas étroit et que le nombre des condamnés aux ténèbres éternelles doit être conséquemment très restreint. Pour ce qui est des interdictions, la religion « populaire » des Basaa contient une foule d’interdictions, les unes de nature traditionnelle, les autres exigées par les circonstances. À titre d’exemple, il est défendu aux femmes de manger la chair des carnassiers et de tous les reptiles, ainsi que la chair du verrat, de tous les animaux nocturnes et d’un grand nombre de poissons ; même dans certains clans, il est défendu aux femmes de manger tout ce qui vit dans l’eau[36]. En cas de maladie ou de circonstances graves, l’usage du vin de palme ou de certains aliments est réservé aux personnes concernées. Mais de nos jours, du fait du christianisme répandu chez les Babimbi, on observe un recul de ces pratiques, qui sont désormais considérées par certains comme une pure supercherie des féticheurs ou des « vieux » du groupe, qui s’abriteraient derrière cette religion pour donner libre cours à leur pingrerie et à leurs tendances machiste et phallocratique. Toutefois, des femmes âgées Basaa continuent de nos jours à observer ces multiples abstinences.

  •  des initiés.

Tandis que la religion « populaire » est à la portée de tout le monde, celle des initiés est le privilège exclusif d’une catégorie restreinte et considérée comme savante. Cette religion des initiés consiste essentiellement en la connaissance de nombreux savoirs en santé que le public profane ignore. Elle ouvre aux communications avec les esprits, à la maitrise des formules et des pratiques rituelles qui forment l’assemblage liturgique donnant à toutes les actions du Basaa un caractère religieux. Ainsi, un Basaa initié, peut à votre insu, vous empoisonner et vous guérir. Il arrive que de temps en temps, et pour des motifs non avoués, un initié malveillant empoisonne à son insu une personne « riche » afin d’entrainer sa ruine. A côté de ces initiés, empoisonneurs redoutés de tous, il y a des sorciers ou devins proprement dits, qui sont consultés avec confiance, par les membres du groupe lorsqu’ils font face à des situations critiques. Suivant l’objet principal employé pour leurs consultations, ces féticheurs sont classifiés en féticheurs à cornes de buffle ; à lance ; aux écailles de pangolins; à araignée mygale. Les rituels chez les Basaa étant très minutieux, la connaissance des différentes pratiques dans le moindre détail est réservée à quelques initiés appelés devin guérisseurs. De fait, le membre du groupe qui se trouve dans une position critique s’adresse à eux comme à des savants qui manient soigneusement les objets sacrés pour apaiser le courroux du Très Haut, en ayant recours à l’intermédiation des mânes. En conséquence, les oracles des fétichistes sont des oracles divins, transmis par les mânes. Cela dit, parcourons assez brièvement la manière dont se font différentes consultations divinatoires :

La consultation ou divination par les cornes de buffle

Elles ne se font qu’à minuit, dans une case à peine éclairée. La corne de buffle, l’objet sacré fermé d’un morceau de peau de panthère, contient des débris d’araignée, de chauve-souris, de libellules et de petits cailloux blancs. « L’homme qui voit la nuit » débute par une longue formule rituelle, les yeux fixés sur la corne mystérieuse, puis demande gravement et religieusement à son client d’exprimer sa demande. L’ayant entendue, le devin guérisseur la répète dans « le langage des esprits », secoue la corne à son oreille et écoute les réponses qu’il transmettra par la suite au solliciteur[37].

La consultation par les lances

Le devin opère à l’aide d’une lance ou d’une sagaie, au bout de laquelle est fixé un petit paquet renfermant de la fente de panthère, diverses herbes et des déchets d’animaux, parmi lesquels le cadavre d’une araignée. Une longue prière ouvre toujours la cérémonie. Il pose le fer de la sagaie sur une pierre et la frappe à l’aide d’un bâton. En même temps qu’il l’interroge, les mouvements et les vibrations de la sagaie sont interprétés. Si par hasard elle ne bouge pas, c’est que les esprits ne veulent pas parler ce jour-là[38].


la consultation par les écailles de pangolin

Les éléments constitutifs et obligatoires pour les consultations à écailles de Pangolin sont : une grande quantité d’écailles de pangolins, sur lesquelles sont dessinés des signes différents de morceaux de quarts ; des ossements de proie et de panthère. Le tout est renfermé dans une boîte cylindrique en écorce. Le devin guérisseur consulte alors tous ces ingrédients de la boîte et met à part les écailles dans une corbeille. Puis, il place les autres objets sacrés sur le sol en les baisant respectueusement. Tous ses gestes sont appliqués avec un air grave et assidu. Ensuite, Il pose des questions en des termes mystérieux, avec les yeux fixés sur la corbeille d’écailles, et l’agitant violemment, de façon à projeter en dehors quelques-unes de ces écailles. L’opération, accompagnée de paroles et de gestes incantatoires, est renouvelée autant de fois qu’il y a de demandes à faire. Une fois des écailles hors de la corbeille, Il ne lui reste qu’a interprété la réponse du destin, qu’il lit d’après les signes gravés sur les écailles qui sont tombées et d’après leur groupement et leur position sur le sol[39].

  • Les sacrifices

Les sacrifices dans la religion traditionnelle Basaa sont le plus souvent utilisés dans des cas de situations graves. Il arrive ainsi que, le devin guérisseur exige d’offrir des sacrifices, comme condition nécessaire pour l’efficacité du remède qu’il a prescrit. Il y a des sacrifices sanglants et des sacrifices non sanglants. Ces derniers consistent à détruire quelques objets à usage quotidienne tel que les ustensiles de cuisine, ou à répandre de la nourriture. Les immolations d’animaux ou d’oiseaux vivants, domestiques ou sauvages, constituent les sacrifices sanglants. Intéressons-nous à un exemple de cérémonie qui accompagne l’immolation d’animaux. D’abord, les membres d’une famille ou d’une tribu, selon la gravité du mal, se rendent à l’heure voulue au lieu indiqué par le devin-guérisseur. Tous les assistants forment un cercle, au milieu duquel se tient l’officiant. Debout, tenant à la main gauche une tortue, une petite baguette à la droite, il frappe trois coups sur la carapace de la tortue, en même temps qu’il dit : « Hommes du ciel, hommes de la terre, Éveillez-vous ! Écoutez-moi ! « . Il déploie alors toute son éloquence pour exprimer la raison de la réunion, et implorer les mânes libres, ses aïeux, d’appuyer sa demande auprès du Très Haut. Une fois cet acte d’entrée accompli, vient alors la confession des fautes. Celui qui est la cause principale de la réunion, avoue ses torts, en nommant individuellement les hommes de sa tribu présents ou absents qui ont été victimes de ses forfaits. Les assistants lui rappellent au besoin les fautes qu’il a oublié ou lui montrent la gravité de certaines fautes qu’il a estimé légères. La confession ainsi faite, le coupable demande pardon à tous, et chacun s’empresse de lui accorder un pardon aussi total que cordial. Le sacrificateur se lève, demande pardon au Très Haut par l’intermédiaire des mânes, pour lui et pour toute l’assistance. Alors, aidé de quelques jeunes gens, mais jamais de femmes, il égorge l’animal destiné au sacrifice. L’opération est accompagnée de paroles et de gestes rituels. Ensuite, il arrose abondamment l’assistance du sang de l’holocauste, et chacun se croit d’autant plus agréable aux mânes qu’il a été plus abondamment aspergé. L’holocauste est dépecé sur place, la tête ordinairement enfouie pour les mânes ; le reste est partagé entre les assistants. Chacun, chez lui, préparera avec soin son morceau comme il le voudra et le consommera religieusement[40].

Conclusion
Nous ne pensons pas avoir décrit dans les moindres détails l’univers religieux traditionnel des Basaa. Cet article donne tout juste quelques principes fondamentaux qui structurent cette religion. L’Abbé Simon Mpèkè qui s’est profondément appesanti sur ces croyances, nous démontre à travers les réalités anthropologiques des Basaa, que la religion traditionnelle en Afrique a des canons et des liturgies qui lui sont propres. Pour comprendre ces croyances, il est nécessaire de prendre une distance critique vis-à-vis d’une lecture occidental-centrée qui considère la religion traditionnelle en Afrique comme un paganisme panthéiste, et parfois polythéiste. Cependant, Il faut déplorer le fait que ces religions traditionnelles sont dans certaines aires culturelles en pleine déperdition, sans références scripturaires et confronter aux mutations socioreligieuses survenues dans les campagnes avec la pénétration du christianisme. Ce patrimoine immatériel devait néanmoins être conservé comme un héritage de civilisation, pour servir l’enracinement et la formation culturels des générations futures.

Bibliographie

Attias, J.C et Bendassa. E., Encyclopédie des religions, Fayard, Paris, 2007.

Bayiga Bayiga, A., « L’homme qui voit la nuit et l’existence du Bassa un essai sur un aspect de l’existentialisme Africain », thèse de Doctorat en théologie, Strasbourg, 1966.

Brühl, L., La mentalité primitive, Paris, 1922.

Deschamps,  H., Les religions de l’Afrique noire, Paris, 1970.

Mpèkè, S., La Religion des Bakôkô, éd. Muséum, Genève, 1934.

Poupard, P., Dictionnaire des religions, PUF, Paris, 1984.        

Tempels, R.P., La philosophie bantoue, Présence Africaine, Paris, 1948.

Thomas, L.V., « Analyse phénoménologique des religions africaines », texte dactylographié, 1975.


[1] P. Poupard., 1984, Dictionnaire des religions, Paris, PUF, 1984, p. 17.

[2] Ibid.

[3] Mpèkè, 1934, p.10.

[4] Ibid.

[5] Ibid.

[6] Ibid.

[7] Ibid., p.11.

[8] Ibid., p.10.

[9] Ibid.p.15.

[10] Poupard. P., Dictionnaire des religions, Paris, PUF, 1984, p. 15.

[11] Ibid. p.15.

[12] Ibid.

[13] Ibid.

[14] Ibid.

[15] A. Bayiga Bayiga , « L’homme qui voit la nuit et l’existence du Bassa un essai sur un aspect de l’existentialisme Africain », thèse de Doctorat en théologie, Strasbourg, 1966, p 93.

[16] Ibid.

[17] Ibid. pp. 93-94.

[18] Ibid. p.95.

[19] L.V. Thomas, « Analyse phénoménologique des religions africaines », texte dactylographié, 1975 p.21.

[20] Cazeneuve, « Les rites et la condition humaine », cité par L.V.Thomas in Ibid. p. 21.

[21] R.P. Tempels, La philosophie bantoue, Présence Africaine, Paris, 1948, p.80.

[22] Notons que le R.P Tempels cherche toujours à relativiser l’activité de l’ancêtre. Dans une telle logique, on n’est pas surpris de lire à la fin de son livre une phrase comme celle-ci : La civilisation bantoue sera chrétienne ou elle ne le sera pas. Il ne nous appartient pas de discuter une telle déclaration, disons seulement que c’est là une opinion comme toute autre. Tout dépend du but que l’on s’est donné au départ de la recherche. L’essentiel n’est peut-être pas de savoir ce que sera la civilisation bantoue si jamais elle arrive à être, ce qui importe c’est de savoir ce qu’était cette civilisation au moment où l’on en parle. Certes il est facile de substituer aux mânes.

[23] L. Brühl, La mentalité primitive, Paris, 1922, p.73-77.

[24] M. Leenhardt, « Quelques éléments communs aux formes inférieures de la religion », Histoire des religions, sous la direction de M. Brillant et R. Aigrin p.98.

[25] P. Gordon, « Les religions des primitifs », Histoire des religions, sous la direction de M. Brillant et R. Aigrin, p.186.

[26] H. Deschamps, Les religions de l’Afrique noire, QSJ, No 632, Paris, 1970, p.186.

[27] J.C. Attias et E. Bendassa, Encyclopédie des religions, Fayard, Paris, 2007, p.587.

[28] Ibid.

[29] Ibid.

[30] L.V. Thomas, Analyses phénoménologique des religions négro- africaines, texte dactylographié, cité par Bayiga Bayiga, 1966, p.1.

[31] Mpèkè, 1934, p.18.

[32] Ibid.

[33] Ibid. p.19.

[34] Ibid.

[35] Ibid.

[36] Ibid. p.21.

[37] Ibid.

[38] Ibid.

[39] Ibid.

[40] Ibid. p.28.


[1] H. Deschamps, Les religions de l’Afrique noire, Paris, 1970, cité par P. Poupard, Dictionnaire des religions, PUF, Paris, 1984 p.15.

[2] S. Mpèkè, La Religion des Bakôkô, éd. Muséum, Genève, 1934, p.7.

[3] Ibid. p. 8.

[4] Ibid. p. 9.

[5] Ibid.


[1] R. Luneau (1984 :15)

[2] S. Mpèkè, La Religion des Bakôkô, éd. Muséum, Genève, 1934.

Coup d’Etat en Guinée : Le Président Alpha Condé toujours entre les mains de la junte militaire

0

Alors qu’Alpha Condé se satisfaisait encore, il y a quelques temps sur les antennes de France 24, de ce que son pays n’aie jamais connu de rébellion militaire, le 5 septembre dernier, celui qui se présentait encore comme la figure principale de lutte contre la dictature en Guinée, est renversée par l’armée et est perçue désormais aux yeux des citoyens comme un dictateur. Il reste détenu par les militaires malgré les tractations diplomatiques en cours pour sa libération.

Un contexte national propice au coup d’Etat?

Avant sa réélection à la magistrature suprême en Guinée, le président Alpha Condé, candidat à un troisième mandat, sous le feu des critiques, ne manquait d’occasion pour se présenter comme un démocrate. « C’est extraordinaire que moi, qui me suis battu durant quarante-cinq ans, je sois considéré comme un dictateur antidémocrate ! », s’indigne-t-il alors dans un entretien sur France 24. Au lendemain de ses deux mandats constitutionnellement disposés, le premier président démocratiquement élu de Guinée, opposant historique aux régimes dictatoriaux, se voit aujourd’hui être intégré dans la liste des « dictateurs africains » dont il a passé sa vie politique à combattre et à dénoncer. Dans la perspective de s’assurer un troisième mandat, il a fait modifier la Constitution qui fixe un maximum de deux mandats présidentiels. C’est un pari qui lui vaut d’être réélu avec près de 60 % des voix le 24 octobre 2020, lequel a toutefois détruit une réputation politique bien construite au fil des années dans l’opposition. « Alpha Condé est allergique à la critique et son modèle de gouvernance est de ne pas discuter avec l’opposition, radicale comme modérée », explique sur France 24 Doudou Sidibe, enseignant-chercheur en sciences politiques à l’université Gustave-Eiffel. « Cela a créé une crispation de la vie politique guinéenne, qui a fini par pousser les militaires à prendre le pouvoir pour assouvir les besoins de la population. » conclut l’universitaire. Par ailleurs, dans ce pays en proie à des difficultés économiques aggravées par la pandémie de la Covid-19, l’augmentation de plusieurs taxes, décrétées en juillet par le gouvernement, notamment sur l’essence, a encore accentué le sentiment d’abandon d’une partie de la population et donné lieu à des violences. Dimanche, l’annonce de l’arrestation d’Alpha Condé a été accueillie par des scènes de liesse dans plusieurs quartiers de la capitale Conakry.

L’armée saluée par les populations de Conakry après le coup de force

L’homme fort de Conakry

Jeune soldat charismatique, le colonel Mamady Doumbouya est sacré homme fort de la Guinée Conakry après avoir renversé le président octogénaire qui avait autrefois cru en lui pour l’aider à garder son emprise sur le pouvoir dans l’État turbulent d’Afrique de l’Ouest. Annonçant le coup d’État le 5 septembre, l’ancien légionnaire français de 41 ans a déclaré que l’armée n’avait d’autre choix que de s’emparer du pouvoir en raison de la corruption généralisée, du mépris des droits de l’homme et de la mauvaise gestion économique sous le président Alpha Condé, 83 ans. La prise de contrôle du colonel Doumbouya signifie qu’il est actuellement le deuxième plus jeune dirigeant d’un État africain. Seul le colonel malien Assimi Goïta, au pouvoir depuis le coup d’État de mai, est plus jeune puisqu’il est né en 1983. Promettant de former un gouvernement d’union encore attendu, le lieutenant-Colonel Doumbouya assurait alors que le président déchu se porte bien. Marié à une ressortissante française, le chef du putsch est issu de la communauté malinké, comme le Alpha Condé, et est originaire de la région orientale de Kankan, en Guinée. Jusqu’au coup d’État, il a fait profil bas, le journaliste guinéen de la BBC, Alhassan Sillah, affirmant qu’il ne l’avait vu qu’une seule fois lors d’un événement – il y a trois ans, lorsque l’ancienne colonie française fêtait ses 60 ans d’indépendance.

Le Lieutenant-Colonel Mamady Doumbouya, commanditaire du Putsch du 5 septembre

Les positions de la communauté internationale

Face à ce unième coup de force, une vague de condamnation a déferlé sur la junte au pouvoir en Guinée venant tout droit des instances internationales ainsi que des partenaires bilatéraux et multilatéraux du pays. Tout d’abord l’ONU par la voix de son Secrétaire Général Antonio Guteres qui « condamne fermement toute prise de pouvoir du gouvernement par la force du fusil et appelle à la libération immédiate du Président Alpha Condé » a-t-il fait savoir dans un tweet diffusé ce dimanche en fin de journée. Il assurait, par ailleurs, suivre « personnellement de très près la situation ». L’Union africaine (UA), quant à elle, a annoncé la suspension de la Guinée de toutes ses « activités et organes de décision ». Une mission de la Communauté Economique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) vient d’arriver dans le pays. Il est à noter que cette dernière avait condamné le même jour ce putsch et exigé la libération du président ainsi que le retour à l’ordre constitutionnel.

S. E. Antonio Guteres, SG de l’ONU

« Nous avons vu le président, il va bien », a déclaré aux journalistes le ministre burkinabé des affaires étrangères, Alpha Barry. « Nous avons vu le président ici, au quartier général de la junte », a aussi précisé le président de la commission de la Cédéao, Jean-Claude Kassi Brou, confirmant que « le président Alpha Condé [allait] bien ». La délégation de la Cédéao, composée des ministres des affaires étrangères de quatre pays et du président de la commission de la Cédéao, M. Kassi Brou, était arrivée en fin de matinée à l’aéroport de Conakry à bord d’un avion de la République du Ghana, qui assure la présidence tournante de l’organisation régionale.

La Chine a annoncé au lendemain du putsch son rejet du coup d’État militaire en Guinée et a appelé toutes les parties à opter pour le dialogue et à libérer le Président détenu Alpha Condé. C’est ce qu’a déclaré le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Wang Wenbin, lors d’une conférence de presse dans la capitale, Pékin, selon le journal chinois « Global Times ». « La Chine rejette toute tentative de prise du pouvoir par coup d’État et appelle à la libération immédiate du Président Condé. Nous appelons toutes les parties à faire preuve de retenue, à respecter les intérêts fondamentaux du pays et à résoudre les problèmes par le dialogue et la consultation », a affirmé Wenbin.

S. E. Wang Wenbin, Ministre des Affaires Etrangères de la RPC

Paris a réagit à cette situation par l’intermédiation du Quai d’Orsay, « La France se joint à l’appel de la communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), pour condamner la tentative de prise de pouvoir par la force survenue le 5 septembre, demander le retour à l’ordre constitutionnel et appeler à la libération immédiate et sans condition du Président Condé », indique une note du ministère français de l’Europe et des Affaires étrangères publiée sur son site web. « La France est en contact étroit avec ses partenaires africains et internationaux », ajoute le Quai d’Orsay.

Congrégation rogationniste du Coeur de Jésus : La communauté du Scolasticat St Hannibal M. Di Francia de Ngoya en fête

0

Une vingtaine d’enfants du père Hannibal M. Di Francia ont mobilisé la communauté chrétienne de la localité pour renouveler leur vœux temporels pour les uns et prononcer leur engagement définitif dans la congrégation pour ce qui est des autres.

Il s’agit du renouvellement des vœux temporels de quinze frères et de l’engagement définitif de cinq autres qui ont eu lieu au cours d’une célébration eucharistique, mercredi dernier 08 septembre 2021.  Ladite célébration a démarré à l’esplanade des locaux de la communauté dès 10heures et 30 minutes heure locale. « Répondre à l’appel de Dieu n’est pas un sacrifice qui détruit, c’est un appel à être davantage ce que Dieu veut que nous soyons, aussi bien pour lui que pour le monde ». Ces mots sont tirés de l’homélie de ce jour, prononcé par le célébrant principal, le  Père Eugène Ntawigenera, non moins délégué du Supérieur Majeur de la Quasi Province St Joseph. Pour le prêtre rwandais, vicaire provincial de ladite quasi province et supérieur du Scolasticat St Hannibal Marie Di Francia de Ngoya, ses confrères, ceux qui, ce jour, ont renouvelé leurs vœux et ceux qui ont fait leur profession perpétuelle, doivent rendre témoignage à Dieu : « faire voire dans votre vie, votre mission ; Dieu proche, Dieu présent qui secourt et soutient ».  

Après la liturgie de la parole, est venu le temps fort de la profession religieuse.  ils sont d’abord quinze frères de la communauté du Scolasticat qui vont procéder au renouvellement de leurs vœux d’engagement pour une durée d’un an. Par la suite à tour de rôle, ils vont procéder à la signature des documents de renouvellement des vœux temporels. Viendra le tour des cinq autres frères qui se consacrent définitivement à Dieu dans la Congrégation des Rogationnistes. Après les formules d’ordre liturgique et  le renouvellement des vœux temporels, nos cinq mousquetaires de la vie consacrée à savoir les frères Abeng Guy Rostand, Enama Ngondo David, Essome Jean Marie Noel, Hakizimana Védaste et Vadmi Keda Gilbert, vont dire, à tour de rôle et à genoux devant le célébrant principal, la formule de profession perpétuelle : « (…)  en toute liberté, en présence de mes frères et dans les mains du Père Eugène Ntawigenera , délégué du Supérieur Majeur, je fais vœu pour toujours de chasteté, de pauvreté, d’obéissance et de zèle pour accomplir le commandement du cœur très miséricordieux de Jésus (…). ».  Après cette phase de profession, la liturgie eucharistique va se poursuivre et cèdera place à la réjouissance populaire. Dans leurs propos de circonstances, nos cinq nouveaux profès perpétuels ont tenu à rendre un vibrant hommage et une pensée pieuse à l’endroit de leur défunt promotionnaire, le Frère Eteme Tsala Grégoire Hyacinthe décédé le 24 mars 2021 de suite de longue maladie.

La Congrégation des Rogationnistes est un institut religieux clérical et apostolique de droit pontifical, fondé à Messine (Italie) en 1897 par le Père Hannibal Marie Di Francia qui a senti la nécessité de prier pour les vocations. Il s’est penché surtout sur la rédemption morale et spirituelle des plus pauvres. Il est aujourd’hui unanimement reconnu comme « le Père des orphelins et des pauvres » et comme « maître et authentique prophète de la pastorale moderne des vocations ». Le charisme de la Congrégation est l’intelligence et zèle à la Parole de Jésus : « La moisson est abondante mais les ouvriers peu nombreux, priez donc (ROGATE ERGO) le Maître de la moisson d’envoyer des ouvriers à sa moisson. » Mt 9,37-38 ; Lc10, 2. Les Rogationnistes ont pour mission de prier quotidiennement pour les vocations, de répandre cet esprit de prière et d’être soi-même des bons ouvriers dans l’Église. C’est donc dire qu’une cérémonie de renouvellement de vœux temporels et de profession des vœux perpétuels est un temps fort dans la vie de cette communauté religieuse.  Cette cérémonie fut rehaussée en éclat, en son et en couleur, par la présence nombreuse des familles et proches des élus du jour, mais aussi par la présence de nombreux prêtres rogationnistes et d’autres prêtres des congrégations sœurs, des diocèses de Yaoundé, Obala, Sangmélima, Douala et Rome. La localité de Ngoya  est un village-rue situé dans la région du centre Cameroun, avec pour département la Lekié et pour arrondissement Okola. C’est l’un des 68 villages que compte la commune d’Okola. Terre d’accueil d’une vingtaine de congrégations religieuses, Ngoya est également connu comment la zone où loge l’École Théologique Saint Cyprien. Ce jour de célébration,  le climat a été clément part ces temps de saisons pluvieuses dans la cité capitale camerounaise.

Lionel KANA

Archidiocèse de Yaoundé : La date de la rentrée pastorale est connue!

0

Dans un communiqué signé le jeudi 09 septembre 2021 et rendu public, on apprend que « la rentrée pastorale solennelle se tiendra le Jeudi 28 Octobre dès 9 heures à la basilique Marie Reine des Apôtres de Mvolyé ». Monseigneur Daniel Ewolo, vicaire général de l’archidiocèse  de Yaoundé qui signe ledit communiqué précise que cette célébration pontificale sera l’occasion de recevoir, pour Monseigneur Jean Mbarga, Archevêque de Yaoundé, les orientations pastorales pour l’année pastorale 2021-2022.

Le communiqué souligne enfin que sont attendus ce jour à la basilique mineure les vicaires épiscopaux, les curés, les responsables de l’Économat diocésain et du secrétariat à l’éducation, les supérieurs et délégués majeurs, ainsi que tous les responsables des institutions diocésaines.

Lionel KANA

Violence sur prélat : Le Père André Sylvestre, Prêtre Haïtien, a été assassiné !

0

Un nom de plus qui s’ajoute à la liste déjà très longue de ces prélats qui, à travers le monde, ont perdu la vie des suites de violence sur leur personne, le Curé de la paroisse Notre Dame de la Miséricorde de Robillard n’a pas survécu à ses blessure lundi dernier.

Le père André Sylvestre était curé de l’église Notre-Dame de la Miséricorde à Robillard, au Cap-Haïtien. Selon Vatican news, il a été tué par balles lundi dernier 6 septembre 2021. Très connu et apprécie en terre haïtienne, le prélat de 70 ans dirigeait également un orphelinat. Selon les premiers éléments de l’enquête ouverte et les témoignages reçus, Il a été visé en pleine rue, alors qu’il venait d’effectuer une transaction dans une banque. Deux brigands lui ont tiré dessus depuis une moto avant de tenter de lui arracher  son sac. La tentative de vol a cependant échoué, la foule ayant immédiatement entouré le prêtre mortellement blessé. Le père Sylvestre a été transporté d’urgence à l’hôpital universitaire Justinien. Il est décédé en salle d’opération, peu après son admission. Ses assaillants n’ont pas pu être appréhendés selon Vatican News. L’archevêché du Cap-Haïtien, a exigé des autorités l’ouverture d’une enquête sur l’assassinat crapuleux du père André Sylvestre. Monseigneur Délince Exalus a demandé d’identifier les auteurs de cet acte crapuleux, de les juger et de les punir conformément à la loi.

Les violences sur les prélats dans le monde sont récurrentes. En Haïti en avril 2021 dernier, un groupe de cinq prêtres, deux religieuses et sept laïcs avaient été enlevés, avant d’être relâchés à la fin du mois.  L’agence vaticane d’information Fides, dépendant de la Congrégation romaine pour l’Evangélisation des Peuples donne des chiffres qui inquiètent. Ainsi, selon elle, au cours des 20 dernières années, 535 agents pastoraux ont été assassinés dans le monde, dont cinq évêques. En 2018, trente-cinq prêtres, quatre laïcs et un séminariste ont été tués dans le monde. Un chiffre bien plus élevé que l’année précédente (2017), où 23 missionnaires avaient péri. En 2019, l’agence a dénombré 29 missionnaires catholiques qui ont été tués dans toutes les régions du monde. Les victimes sont 18 prêtres, un diacre permanent, deux religieux non prêtres, deux religieuses et six laïcs. Fides dans son rapport révèle qu’en 2020, 20 missionnaires ont été tués dans le monde. Le nombre le plus élevé de ces meurtres est enregistré en Amérique latine. Au cours de cette année qui s’achève, on déjà enregistré des cas d’assassinats de religieux au Nigeria, au Cameroun, en France et aujourd’hui en Haïti. Le rapport 2021 de Fides qui est attendu en décembre nous donnera surement des sueurs froides.  

Lionel KANA

Violence sur policier : Le Ministre Atanga Nji sonne le glas!

0

Dans une déclaration rendue public ce jour devant la presse nationale et internationale, le Ministre de l’Administration territoriale, Paul Atanga Nji a condamné les actes de violences perpétrés à l’endroit des forces de maintien de l’ordre.  

« Depuis un certain temps, l’opinion publique en général et les autorités administratives en particulier, déplorent les violences parfois physiques contre des agents de Police en pleine exercice de leurs fonctions à travers le pays ». C’est par ces mots que s’ouvre la déclaration faite ce vendredi 10 septembre 2021. Pour le Ministre, «Ces comportements irresponsables et méprisants à l’endroit de la Police ont atteint des limites inacceptables et ne peuvent plus être tolérés ». L’homme d’Etat rajoute : « Provoquer une bagarre avec un agent de Police en refusant d’obtempérer à une injonction est inacceptable ». Atanga Nji a profité de la circonstance pour éclairer l’opinion public sur la conduite à tenir en cas d’abus de la part d’un agent de police : « En cas de mésentente entre un usager et un fonctionnaire de police, l’usager, devrait s’adresser à la hiérarchie de la Police, pour se plaindre. Et lorsque les récriminations contre un fonctionnaire de Police sont avérées, seule la hiérarchie de la Police est habilitée à prendre des sanctions contre l’agent incriminé selon le statut du corps et les textes en vigueur ». Il est clair que pour le ministre, un citoyen ou un usager, quel que soit son rang social, n’a pas le droit d’exercer des violences contre un agent de Police dans l’exercice de ses fonctions. « La loi de la jungle n’a pas de place au Cameroun » martèle-t-il. Au sortir de cette déclaration on retiendra que désormais aux yeux des autorités administratives, « S’en prendre publiquement à un agent de Police ou à tout autre agent des forces de sécurité en plein exercice de ses fonctions, sera désormais considéré comme un casus belli ». Dès ce jour, des instructions fermes ont été données aux Gouverneurs de Région pour gérer les cas des personnes qui s’en prennent aux agents de Police dans l’exercice de leurs fonctions. Les comportements irresponsables et désobligeants à l’endroit des agents de sécurité seront dorénavant punis conformément aux textes en vigueur. Et lesdits textes en vigueur ont été rappelés, notamment les dispositions de l’article 156 de la loi n°2016/007 du 12 juillet 2016 portant Code Pénal, modifiée et complétée par la loi n°2019/020 du 24 décembre 2019 qui énonce que : « (1)Est puni d’un emprisonnement de un (01) mois à trois (03) ans et d’une amende de cinq mille (5000) à cent mille (100 000) francs, celui qui commet des violences ou voies de fait contre un fonctionnaire. (2)La peine est un emprisonnement de cinq (05) à dix (10) ans et une amende de vingt mille (20 000) à cinq cent mille (500 000) francs, si les violences ou voies de fait sont préméditées ou si elles entraînent, même non intentionnellement, des blessures telles que prévues aux articles 277 (privation permanente de l’usage de tout ou partie d’un membre, d’un organe ou d’un sens) et 280 (maladie ou incapacité de travail supérieure à 30 jours) du présent code. (4) La juridiction peut, dans tous les cas, prononcer les déchéances de l’article 30 si les violences et voies de fait entraînent non intentionnellement la mort, la peine d’emprisonnement est à vie. (5) Si les violences et voies de fait sont commises avec l’intention de donner la mort, le coupable est puni de mort. ». Pour le ministre enfin, tout individu surpris en train d’exercer des violences ou des voies de fait contre un policier dans son travail, fera désormais face à la rigueur de la loi. Coutumier des boutades et formule intrigantes, Atanga Nji n’a pas déroger à la règle : « c’est un serpent affamé qui viendra vous chercher dans votre cachette » et donc cela ne servira à rien de tenter de fuir. Par cette sortie le Ministre de l’administration territoriale veut sifflet la fin des violences sur personnels de police.

Lionel KANA

Lions indomptables du Cameroun: l’absence remarquée de Choupo Moting

0

Certains cadres à l’instar de l’attaquant Camerounais Eric Maxime Choupo Moting sont des principaux absents des dernières sélections dans la tanière de l’équipe nationale du Cameroun. Pour certains analystes sportif, cette absence affecte de manière sensible les chances de la nation vert rouge jaune de se qualifier pour la coupe du monde Qatar 2022, et rappelle les tristes souvenirs de 2018.

Des justificatifs qui semblent ne pas convaincre le large public sportif

Pour leur deuxième match comptant pour les éliminatoires de la coupe du monde de football 2022, qui se jouera au Qatar, les lions indomptables du Cameroun se sont incliné 02 buts contre 01 face aux éléphants de la Côte d’ivoire. C’était lundi dernier 06 septembre 2021. Pour certains analystes, les coéquipiers d’Aboubacar Vincent avaient pourtant les éléments et les arguments nécessaires pour venir à bout des éléphants de Côte d’ivoire. Mais le staff technique, chapeauté par le sélectionneur Toni Conçecao a opté pour une autre approche tactique qui malheureusement ne leur a pas porté chance. La liste des onze entrants proposée par le sélectionneur a beaucoup fait coulé d’encre et de salive. Au cœur de cette polémique, l’absence d’Eric Maxime Choupo Moting, sociétaire du Bayerm Munich en Allemagne. Après trente minute de jeu la défaite était consommée via un doublé du prodige ivoirien Sébastien Haller (20ème et 29ème minute de jeu), le but Camerounais à la 61eme minute ne suffira pas pour renverser la tendance.

Durant la conférence de presse d’après match, interrogé sur ses choix techniques et tactiques notamment celui de faire jouer des joueurs dont les performances en club sont critiquées, au détriment des meilleurs, le sélectionneur Toni Conceçao a déploré la qualité de la pelouse ivoiriène, qui l’a obligé à protéger la santé de ses stars et professionnels de haut niveau qui ne sont pas habituées à jouer sur ce genre de pelouse même au risque de perdre trois points et de ne pas se qualifier pour la coupe du monde des Quatar 2022. Un argument qui n’est pas du tout du gout des nombreux supports donc les réactions sur la toile semblent liés ce choix à l’ambiance de népotisme, des règlements de comptes que nous a souvent servit la Fecafoot dans le passé. Un cas revient dans les réactions des internautes: l’absence de l’ex capitaine des lions indomptables Eric Maxime Choupo Moting, qui après avoir perdu son brassard de capitaine est entrain de perdre sa place de titulaire.

Eric Choupo Moting (à gauche) et Neymar du PSG

Évocation….

En effet, en prélude à la rencontre du 12 novembre 2020 passée opposant le Cameroun au Mozambique, un match comptant pour la 3e journée des éliminatoires CAN 2022, une convocation avait été adressée par la Fécafoot à l’international Camerounais Eric Maxime Choupo Moting qui à cette époque était sociétaire du Paris Saint-Germain. En réponse à cette convocation, le capitaine de l’équipe nationale du Cameroun avait opposé une fin de non-recevoir. Une réaction qui à cette période avait fait les choux gras de la presse locale et internationale. Au cour des regroupements qui on suivi, il n’a plus été appelé. La version officielle pour expliquer son absence a été donnée à la presse par l’agent de liaison de l’équipe nationale du Cameroun Ferdinand Mokota. Choupo n’avait pas rejoint le groupe parce que son billet d’avion n’était pas arrivé à temps. Joueur privilégié du public grâce à ses distinguées compétences, Eric Maxime Choupo Moting a déjà vécu une expérience similaire lors des éliminatoires de la CAN Gabon- Guinée 2012, au stade Amadou Ahidjo de Yaoundé, l’entraineur de cette époque, l’Espagnol Javier Clemente avait alors demandé son remplacement. Une décision peu apprécié par les supporters qui avait enrainé une indignation générale dans le public présent au stade conduisant Samuel Eto’o alors capitaine à l’époque, a s’interposer en médiateur pour calmer la foule de fans. Son absence au moment ou la sélection nationale à le plus besoin de tous ses talentueux fils intérroge le public sportif camerounais sur l’atmosphère ambiant au sein de la tanière. Toutefois, les camerounais déjà habitués aux incidents à rebondissements dans leur équipe nationale espèrent revoir Eric Maxime Choupo Moting dans les stades aux couleurs nationales dans les prochaines confrontations.

Diocèse de Garoua: les Oblats de Marie Immaculée fêtent leur 75 ans de présence dans la région du Nord-Cameroun et au Tchad

0

Ce soixante-quinzième anniversaire célébrée en grande pompe dans la communauté des Oblats de Marie Immaculée a été l’occasion de faire de nouveaux missionnaires à travers les professions religieuses et les ordinations sacerdotales.

Comme annoncé, le programme du Jubilé prévoie deux grandes célébrations en deux journées : Les professions religieuses, ce jour, et les ordinations presbytérales, le samedi 11 septembre 2021. C’est donc une trentaine de jeunes qui se sont engagés temporellement et définitivement dans la Congrégation des Oblats de Marie Immaculée. Une Vingtaine de candidats aux premiers vœux demandent et reçoivent d’être admis comme membres de la Congrégation des Oblats de Marie Immaculée. Sept autres candidats, en faisant les vœux perpétuels, demande la grâce de servir Dieu tout au long de leur vie dans cette famille des Oblats de Marie Immaculée. Tout ceci s’est passé en présence des pères provinciaux du Cameroun, de France, de la délégation du Sénégal et d’une centaine de prêtres Oblats et des prêtres diocésains de l’archidiocèse de Garoua. Les fidèles laïcs, nomment les familles des jeunes professes n’ont pas manqué le rendez-vous.

Dans son homélie de circonstance, le père Vincent, provincial de France disait : « En faisant les voeux, les missionnaires de Marie Immaculée font une Oblations. Ils se rendent disponibles pour suivre le Christ dans la liberté et la chasteté ». Il ajoute: « Être pauvre de cœur, c’est être capable de voir les autres comme des frères à aimer et non comme des sujets de possession. Car c’est à Dieu qu’appartient le Règne et la gloire ». Le prédicateur renchérir en disant: Pauvre, c’est être sain, c’est pouvoir gérer l’argent en communauté. La pauvreté renvoie donc à l’interdépendance ». Voulant tout dire des conseils évangéliques, le père Vincent conclue  » L’obéissance, c’est reconnaître les talents que j’ai reçu et obéir aux évêques. Et tout cela n’est possible qu’en priant le Esprit-Saint.

La messe, après les rites de professions religieuses ( l’appel des candidats, la profession religieuse, la signature des documents, la réception de la croix oblate, de l’habit et de la constitution), va suivre son cours comme d’habitude. Les réjouissances populaires suivront dans les quartiers et dans la cours de Eglise.

La prochaine et dernière articulation de ce Jubilé de la présence des Oblats de Marie Immaculée au Cameroun et au Tchad est prévue pour le samedi 11 Septembre 2021 à 10h, toujours à la paroisse Saint-Pierre de Garoua. D’ici là, porter vous bien et vivez dans la paix.

« Ce que tu es est un cadeau de Dieu et ce que tu deviens est ton cadeau à Dieu ».

Nouveaux délais: Appel à contribution Revue Le Chemin N°2

0

Pandémies, crises sanitaires, vaccins: les solutions africaines aux enjeux de santé

A l’occasion de la publication du second numéro de la Revue Le Chemin, un appel à contribution est ouvert à l’intention des chercheurs, enseignants, journalistes, étudiants, intellectuels, leaders d’opinion et clercs, sur la thématique :

« Pandémies, crises sanitaires, vaccins : les solutions africaines aux enjeux de santé »

Les contributions écrites devront être d’un minimum de 1000 mots et d’un maximum de 6000 mots par article. Les publications dans la Revue Le Chemin sont rémunérées entre 10.000 et 50 000 FCFA l’article, selon sa pertinence, son style, son niveau de langue, son accessibilité linguistique aux lecteurs, sa qualité grammaticale et orthographique, sa méthodologie, sa longueur et son appréciation par nos comités scientifique et éditorial.

Les contributions peuvent être soumises sous les formes suivantes :

  • Articles scientifiques
  • Article d’investigation
  • Chroniques d’opinion
  • Essai
  • Interview
  • Grand reportage
  • Regards d’expert
  • Recension d’ouvrage
  • Caricature, dessin satirique ou BD
  • Photo reportage

ATTENTION : Les supports écrits, audio, image et vidéo sont acceptés. Toutefois les propositions sur support non écrit devront être joint au fichier texte et non intégrées à l’intérieur.

Notre mission : La Revue Le Chemin a pour mission d’offrir des réflexions et de publier les études des intellectuels, chercheurs, et des leaders d’opinion africains sur différentes thématiques de société.

Les soumissions de textes doivent impérativement respecter les normes et les délais tels que précisés ci-dessous.

Revue Le Chemin Vol 1, N°2, décembre 2021

THÉMATIQUE DU NUMÉRO:

Pandémies, crises sanitaires, vaccins : les solutions africaines aux enjeux de santé

PROPOSITIONS SELON LES RUBRIQUES

Focus de la rédaction (02 articles au maximum 1000-2500 mots par article )

  • Traite d’une personnalité ou d’un fait d’actualité pertinent ayant marqué l’Afrique durant l’année 2021
  • Le Covid-19 à Madagascar avec le Covid Organics

Dossier spécial (04 articles au maximum entre 2500 – 6000 mots par article

Les articles doivent traiter un thème qui est relatif au thème du numéro de la revue : Pandémies, crises sanitaires, vaccins : les solutions africaines aux enjeux de santé. (Covid-19, Ébola, Choléra, VIH-SIDA, paludisme, poliomyélite, Cancer, recherche médicale en Afrique ou autres enjeux de santé en Afrique)

Culture et civilisation (02 articles au maximum entre 2000-6000 mots par article)

  • Culture, traditions et médecine en Afrique
  • Médecine traditionnelle en Afrique
  • Naturopathes, tradipraticiens, et le phénomène des marabouts en Afrique

Études (05 articles au maximum entre 2500-6000 mots par article)

  • Pluralisme médical en Afrique
  • Travaux d’Éric Rosny sur la médecine des plantes
  • Travaux de Meinrad Hebga sur la parapsychologie
  • Médecine et religion traditionnelle en Afrique
  • Cultures, plantes et pharmacopée en Afrique
  • Travaux sur la médecine traditionnelle en pays pygmées
  • Les vaccins, expériences et défis de la vaccination en Afrique
  • La recherche médicale et médicinale en Afrique
  • L’industrie pharmaceutique en Afrique
  • Les médicaments en Afrique
  • Les systèmes de santé en Afrique
  • Le Covid-19 en Afrique

L’Essai politique (02 articles au maximum de 2000-4000 mots par article)

  • Politique publique de santé en Afrique
  • L’enjeu politique de la santé en Afrique
  • Autre thème ayant marqué de manière saillante l’année 2021

Fait religieux (03 articles de 1500-6000 mots par article)

  • Les églises comme acteur de la santé en Afrique
  • Les systèmes de santé confessionnels (hôpitaux catholiques, protestants etc.)
  • Exorcisme, spiritisme et enjeux de santé

Biographie (02 articles de 1500- 3000 mots par article)

  • Un grand acteur africain de la recherche médicale ou du milieu de la santé
  • Mongo Béti

Récension d’ouvrages (04 articles au maximum de 1000-2500 par article)

  • Achille Mbembé
  • Aimé Césaire
  • Amadou Hampâté Bâ
  • Jean marc Ela
  • Ou une autre proposition d’auteur africain pertinent.

Rappel des normes obligatoires de rédaction à respecter scrupuleusement

NB : le non-respect de ces normes entrainera le rejet de la proposition de publication. Compte tenu du nombre élevé de propositions que nous recevons à chaque appel à contribution, nous invitons les contributeurs et contributrices à s’assurer du respect des normes de rédaction ci-dessous pour éviter que leur proposition ne soit rejetée dès le début du processus de sélection.

Les principes suivants s’appliquent aux articles soumis à la Revue Le Chemin :

·        Les textes proposés doivent avoir :

–      un titre en une seule phrase ;

–      une titraille qui est le titre chapeau (facultatif) ;

–      un résumé introductif de moins de 100 mots de l’article

–      le nom de l’auteur et son titre académique, professionnel, son institution universitaire de rattachement, son centre d’études, de recherche ou laboratoire d’affiliation)

Les auteurs doivent corriger avec rigueur leurs textes afin d’extirper toute faute d’orthographe, de grammaire ou de style.

NB : Les textes qui dépasseront la moyenne tolérée de 02 coquilles par page seront purement et simplement rejetées sans mention à leurs auteurs. (Bien vouloir bien relire et corriger votre texte avant soumission, ceci est très important)

Les textes qui seront aussi tenus pour plagiat seront rejetées sans mention à leurs auteurs. Bien vouloir passer vos textes au logiciel anti-plagiat avant de nous les transmettre pour éviter toute surprise.

–      une longueur maximum de neuf (09) pages (format A4) en écriture Times New Roman, taille 11, interligne 1.15 ;

–      des notes de bas de pages s’il y a lieu (taille 9) ;

–      des photos d’illustration de l’article doivent être joints à celui-ci s’il y a lieu (en fichier à part et non dans l’article);

–      l’article doit être écrit de manière cohérente et continue en évitant les digressions massives ;

–      les auteurs peuvent proposer des encadrés s’il y a lieu (l’encadré doit être accompagné de la source ou de la référence de sa première publication) ;

·        Les références bibliographiques doivent clôturées l’article et doivent respecter les normes suivantes de citations des auteurs ou des travaux ayant inspiré l’auteur de l’article :

–      Pour les ouvrages : Prénom (Roland) Nom de l’auteur (Kengne), « titre de l’ouvrage », Edition, ville de publication, année de publication, page.

–      Pour les articles de journaux en ligne ou de rapport : « titre de l’article », nom du journal ou de la revue, date de publication, site internet de publication, date de dernière consultation.

–      Pour article de presse : « titre de l’article », titre du journal, date de publication.

·        Les textes proposés ne doivent pas avoir déjà été publiés.

·        Les auteurs sont responsables de l’exactitude de leurs références et citations

·        les auteurs dont les articles ou rubriques ont été acceptés en cèdent les droits de façon permanente à la Revue Le Chemin, notamment pour la constitution des archives internet de la revue. Ces auteurs peuvent librement republier ces travaux (sous forme imprimée ou électronique dans la mesure où ils indiquent clairement les références à la publication originale dans la Revue Le Chemin.

Les propositions d’articles doivent parvenir au plus tard le 01 Octobre 2021 à 23h59 (délai de rigueur) à l’adresse suivante : lecheminraccu@gmail.com, mettre en objet du courriel Revue vol 1 numéro 2 décembre 2021.

!!! Les propositions d’articles comportent :

  • Un titre provisoire ou définitif
  • Un résumé de 300 mots maximum
  • Le type de format de la contribution qui sera proposée (article, reportage, interview, bande dessinée)
  • L’identifiant de l’auteur ou des auteurs (Noms, adresse, email, titre, institution, diplomation ou titre professionnel)

Calendrier de parution de la revue

  1. Le 01 octobre 2021 : Clôture de la réception des propositions de contribution.
  2. Le 10 octobre 2021 : Publication des propositions retenues et contacts des contributeurs pour production des montures provisoires
  3. Le 25 octobre 2021 : Clôture de la réception des montures provisoires des contributions.
  4. Le 01 Novembre 2021 : Publication des montures provisoires retenues par le Sous-comité langue, grammaire et style et le Sous-comité bibliographie.
  5. Le 15 novembre 2021 : Clôture de la réception des montures provisoires corrigées
  6. Le 17 novembre 2021 : Tests anti-plagiat des montures provisoires
  7. Le 17 décembre 2021 : Publication des propositions retenues par le Comité scientifique et transmission des montures avec commentaires aux auteurs.
  8. Le 27 décembre 2021 : Clôture de la réception des montures définitives des contributions

Le 31 décembre 2021 : Publication de la Revue Le Chemin Vol 1, N°2 sous le thème: « Pandémies, crises sanitaires, vaccins : les solutions africaines aux enjeux »

Consultez le premier numéro de la revue en cliquant sur lien suivant :

La Revue Le Chemin Vol 1, N°1, Juillet 2021 | Le Chemin RACCU (lechemin-raccu.com)

Elections Fécafoot 2021: Samuel Eto’o au centre des intérêts

0
M. Gilbert Schlick, Président de la Commission Électorale de la Fécafoot

Alors que sur les réseaux sociaux l’on observe une forte mobilisation d’internautes appelant l’ex-goléador camerounais à se porter candidat à la tête de l’instance faitière du football camerounais, la commission électorale de la Fécafoot donnant les conditions d’éligibilités, a restreint les postes à pourvoir aux Camerounais excluant ipso facto les bi-nationaux.

« C’est une élection ouverte uniquement aux Camerounais. Nous n’allons pas permettre aux non Camerounais d’y participer » affirme ainsi Gilbert Schlick, Président de la commission électorale de la Fécafoot, lors d’une conférence de presse donnée le 30 août 2021 au siège de la fédération à Yaoundé. Cette annonce divise l’opinion nationale, car pour certain, l’ambassadeur de la coupe du monde Qatar 2022, au regard des résultats réalisés sur le terrain de jeu ainsi que les services de diplomatie sportive qu’il a rendu au Cameroun serait la meilleure personne pour diriger le football camerounais. En effet, cette mesure de la commission électorale frappe de plein fouet Samuel Eto’o qui dispose d’une double nationalité camerounaise et espagnole. Au regard de la loi du 11 juin 1968 et de son code d’application du 16 décembre 1968 portant code de la nationalité au Cameroun, une personne perd la nationalité camerounaise lorsqu’elle acquiert ou conserve une autre nationalité.

Samuel Eto’o Fils, ancien capitaine des lions indomptables du Cameroun

Pourquoi écarté Samuel Eto’o ?

Pour certains, cette sortie de Gilbert Schlick, serait à tête chercheuse et vise à mettre hors jeu l’ancien capitaine des lions indomptables dans la course à la tête de la fédération camerounaise de football. Nos confrères d’Actu Cameroun annonçaient déjà que Samuel Eto’o, Seidou Mbombo Njoya et Gérémi Sorel Njitap s’affronteront pour l’élection à la tête de la FECAFOOT. Si l’on s’en tient aux propos de l’ancien Lion indomptable Idrissou Mohamadou sur les antennes de NAJA TV, il était le seul lion indomptable à ne pas avoir de double nationalité. On ne peut donc réduire cette mesure à la seule volonté d’exclure Samuel Eto’o de la course. Bien qu’elle fasse l’objet de tous les soupçons, cette mesure affecte aussi bien l’éventuelle candidature de Samuel ‘Eto’o Fils que celle de Gérémi Sorel Njitap. L’une des explications au besoin des joueurs de l’équipe nationale d’acquérir une nationalité étrangère pendant leurs carrière professionnelle, c’est la nécessité de contourner les règles de quotas extra-communautaires pour avoir la chance de se faire recruter en club. Cependant, il est de notoriété publique que Seidou Mbombo Njoya dont l’élection à la tête de la fédération a été annulé en mai dernier par le tribunal arbitral du sport (TAS), avait été parrainé par Samuel Eto’o il y a trois ans. Ainsi, pour certains analystes sportifs, l’invalidation de la candidature de Samuel Eto’o Fils semble être un moyen visant à mettre de côté le camp Seidou Mbombo Njoya qui avait triomphé lors de l’élection précédente. Il est important de noter que jusqu’à ce jour la candidature de Samuel Eto’o à la tête de la Fécafoot n’est pas officiellement annoncée et celle de Seidou reste improbable.

L’éternel retour au point de départ ?

A la Fécafoot, tout n’est qu’éternel recommencement depuis une décennie. Cette institution continue de patauger depuis un moment dans les eaux de l’instabilité. Véritable lieu de rivalités et de tensions, où les intérêts personnels croisent le fer avec les intérêts du football camerounais, la « fecafood » comme certains la désigne aujourd’hui est devenu un espace de confrontation des égos qui minent le milieu du football camerounais. Une instabilité portée par les enjeux de pouvoirs financiers qui sapent la confiance des camerounais dans les institutions qui dirige leur sport favori. Le jeu est devenu celui des enjeux. Les différentes coalitions antagonistes sont déjà en train de préparer leurs armes. Rien ne laisse penser que cette élection sera plus consensuelle que les précédentes. Il revient à la commission électorale de travailler pour que ce consensus s’impose aux différents acteurs du football en compétition, afin que la Fécafoot libérée des affrontements de pouvoirs et d’ambitions, revienne résolument au service du football camerounais.

NOLLYWOOD, IROKO TV: Des preuves que le made in Africa a du potentiel…

0

Selon un récent rapport de l’Organisation des Nations Unies pour l’éducation, la science et la culture (UNESCO), l’industrie cinématographique nigériane (Nollywood) est la deuxième plus importante au monde en termes de nombre de films produits, derrière Bollywood en Inde. L’importance du cinéma au Nigeria, le pays le plus peuplé d’Afrique, était déjà visible il y a trois ans lorsque The Wedding Party, une comédie romantique réalisée par Kemi Adetiba, a engrangé 1,5 million de dollars, un record pour un film nigérian.

Le succès de cette comédie a conduit au tournage d’une suite, The Wedding Party II. Les retours financiers de cette partie ont largement dépassé ceux de la première partie et ont attiré l’attention de Netflix, qui a acquis les deux films pour diffusion depuis leur plateforme.

Sur un autre front, le groupe français Vivendi Canal Plus a également décidé d’investir dans cette industrie et, en 2019, a acquis Iroko TV, la plus grande société d’internet et de divertissement au Nigeria, où elle diffuse des séries télévisées dans le monde entier.

Aujourd’hui, l’industrie cinématographique emploie au moins un million de travailleurs et constitue une part essentielle du secteur du divertissement qui, selon les données du consultant international PwC, a contribué à 2,3 % (660 millions de dollars) au produit intérieur brut (PIB) du Nigeria. Pour cette année, PwC prévoit une augmentation des revenus de cette industrie à un milliard de dollars, tous provenant des exportations.

La particularité de Nollywood est qu’elle offre aux cinéphiles africains des films plus adaptés à leurs réalités, à leur vécu et au contexte africain. La diversité des modes de vie et des traditions culturelles du Nigéria (201 millions d’habitants, 300 tribus et quelque 500 langues) offre aux réalisateurs du pays une profusion d’éléments dont ils peuvent habilement s’inspirer pour raconter des histoires simples de la vie quotidienne, susceptibles de trouver des résonances auprès des Nigérians ainsi que d’autres publics ayant une culture et un patrimoine similaires, tant en Afrique que parmi la diaspora africaine. Colorées et divertissantes, ces histoires captivent l’imagination des spectateurs; elles font écho à leur expérience de vie, sont fortement moralisatrices et traitent aussi – il faut le dire – de “juju” (sorcellerie).

Les nouvelles générations de cinéastes s’intéressent toutefois à des questions sociales plus délicates telles que le viol (Tango with Me), la violence familiale (Ije) et le cancer (Living Funeral). C’est un fait reconnu que Nollywood exprime à la fois la profondeur et l’étendue de la diversité culturelle de l’Afrique. Les Africains y trouvent un lieu pour raconter leur propre histoire.

SI l’on peut aujourd’hui saluer ces prouesses de Nollywood qui font la fierté de l’Afrique, il faut tout de même noter que le chemin vers ce couronnement n’a pas été sans embûches. En effet, c’est dans les années 1990 que Nollywood prend son envol, notamment avec les comédies vidéos des peuples Yoruba (Ouest du Nigéria). Sauf qu’à cette époque la qualité des films était très basse, normal vu que les producteurs disposaient de peu de moyens. Ce n’est qu’à partir des années 2000 que les films de Nollywood ont commencé à s’exporter sur le continent, grâce à la télévision numérique (communément appelée câble), mais ce qui a véritablement déclenché l’expansion internationale de cette industrie est l’arrivée des diffuseurs sur internet dont le plus emblématique est Iroko Tv, une entreprise fondée en 2011 par Jason Njoku et son associé britannique Bastian Gotter, rencontré lors de ses études à l’Université de Manchester.

L’histoire consultable sur le site Wikipedia raconte que Jason Njoku a fait plusieurs tentatives pour créer ses propres entreprises dans les années qui ont suivi l’université, mais a échoué à chaque tentative. Njoku a été inspiré pour créer Iroko TV lorsqu’il a eu du mal à obtenir des films de Nollywood en ligne pour sa mère, avec qui il vivait à l’époque en Angleterre. Après avoir fait des recherches sur l’industrie de Nollywood et notant le manque d’infrastructure en place pour la distribution internationale des films, Njoku s’est envolé pour Lagos, au Nigeria, et a acheté les licences en ligne des films de Nollywood directement auprès des producteurs. Après avoir conclu un accord avec YouTube en Allemagne, il a utilisé la plate-forme appartenant à Google pour diffuser gratuitement les films sous licence de Nollywood sur sa chaîne, Nollywoodlove. La chaîne est devenue extrêmement populaire et rentable en peu de temps et a fait l’objet d’un certain nombre de reportages dans la presse internationale, notamment CNBC , CNN et Techcrunch.

Le succès de Nollywoodlove a conduit à un investissement réussi du fonds spéculatif américain Tiger Global Management , qui a dirigé un investissement en deux tours totalisant 8 millions de dollars US, ce qui en fait l’un des investissements les plus importants dans une entreprise Dot-com (entreprise numérique) ouest-africaine.

Aujourd’hui, Irokotv travaille avec la plupart des meilleures maisons de production cinématographique de Nollywood et achète les licences en ligne exclusives de leurs films, dans le but de distribuer les films de Nollywood à un public mondial. L’audience de la société se situe principalement dans la diaspora, avec les cinq premiers pays dont les États-Unis, le Royaume-Uni, le Canada (Allemagne) et l’Italie.

Le Cas d’Iroko TV en particulier et de l’industrie Nollywood en général, montrent que l’Afrique a des possibilités de réaliser des merveilles en s’inspirant de sa propre réalité; cela montre que nous devons penser notre développement en fonction de notre réalité anthropologique et sociologique et pas simplement en copiant-collant les modèles de développement appliqués dans les pays les plus avancés.

Il me semble pense que le modèle du capitalisme/libéralisme n’est pas adapté à la «culture économique» de l’africain et c’est l’une des raisons à mon sens pour lesquelles on tarde à se développer.

Dany Menguele

Analyste économique,

Université du Québec à Trois-Rivières

Cameroun : inauguration du Centre National de production des passeports biométriques

0
Photo de famille

La cérémonie d’inauguration présidée en lieu et place du Président de la République par le Ministre d’État, Secrétaire Général de la présidence de la République, Ferdinand Ngoh Ngoh s’est déroulée ce 25 août 2021 à Yaoundé.

C’est un bâtiment à la façade en verre gris et blanc situé dans le premier arrondissement de Yaoundé, près du Palais de l’unité, qui a réuni ce jour quelques officiels Camerounais. Ce bâtiment doté d’une technologie de pointe symbolise la volonté gouvernementale de moderniser son administration, tel que l’affirme d’ailleurs le Secrétaire Général de la Présidence de la République dans son discours inaugural. Ce cacique du pouvoir de Yaoundé a ajouté dans la même mouvance que le processus de modernisation se poursuivra avec d’autres documents, notamment les documents d’état civil, les titres de séjour, les cartes nationales d’identité.

A l’occasion de cette cérémonie, le SGPR Ferdinand Ngoh Ngoh a reçu son passeport ordinaire produit en 20 minutes seulement. Le document lui a été remis par la Délégué Général à la Sûreté Nationale (DGSN) Martin Mbarga Nguele, pour marquer le début de la cérémonie officielle.  Le centre national de production des passeports biométriques met ainsi fin au calvaire qu’on connu les camerounais durant des décennies.  Tracasseries, lourdeurs administratives, délai très long, restent des tristes souvenirs appartenant au passé, car désormais la célérité est au rendez-vous de la production.

Le Ministre d’Etat, SGPR présente au public son passeport biométrique

A ce sujet, le DGSN a rappelé que le gouvernement a tout mis en œuvre pour offrir aux camerounais un service de qualité. « La technologie du nouveau système favorise un traitement diligent de production des passeports. Il n’est plus besoin de partir de sa ville pour la capitale, tout devient automatique » indique Mbarga Nguele. Pour Labinot Carreti, responsable technique du système de production « Le Cameroun est devenu un exemple technologique de la production des passeports » grâce à la technologie Uncm-Augentic (lien). Le représentant du Chef de l’Etat, quant à lui, a relevé que « cet édifice futuriste participe de la vision du Chef de l’Etat. Ce système innovant offre d’importantes garanties en matière de la protection de la nationalité camerounaise ». Cette opération de production rapide de passeports sera étendue aux dix régions du pays et des représentations diplomatiques du pays à l’étranger.

Ferdinand Ngoh Ngoh, avant de prendre congé de ses collaborateurs, a dévoilé la stèle et coupé le ruban inaugural marquant l’ouverture officiel du Centre National de Production des Passeports Biométriques au grand public. Opérationnel depuis le 1er juillet 2021, cette institution a déjà enregistrée plus de 35 000 demandes d’enrôlement en ligne, soit plus de 1000 demandes par jour. S’imposant sur près de 1000 m2, l’édifice a une capacité de production de 1500 à 2000 passeports par jour.