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La Revue Le Chemin Vol 1, N°1, Juillet 2021

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Revue Le Chemin Vol 1, N°1, Juillet 2021/
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Fondée le 15 août 2020, la Revue Le Chemin aborde les défis actuels des sociétés africaines dans un monde traversé par diverses mutations.

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Le sport, le cache nez des pedocriminels: l’urgence d’agir

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Nous devons tous dire non à la pédophilie et aux agressions sexuelles de tout genre.

Le scandale au Gabon, d’adolescents abusés dans une sélection de football trahit une réalité souvent masquée dans d’autres pays et organisations sociales.

Cela passe d’abord par une éducation des pupilles,des jeunes à l’âge de la puberté à sacraliser leur corps, mais également à dénoncer sans tabou ni crainte, les pervers,y compris si ces derniers et ces dernières se recrutent dans leur cercle familial,scolaire ou social le plus proche.

Une telle approche pédagogique consisterait d’une part à criminaliser au niveau des législations, les comportements tels que les attouchements sur mineurs,des harcèlements sexuels et, d’autres parts,à enseigner à toute la société, que le consentement sexuel est toujours exigible même dans les couples légalement mariés,et qu’il ne serait valable qu’entre personnes adultes.

Une telle pédagogie enseignerait aux enfants que le sexe est du domaine réservé aux adultes responsables.

Que le respect dû à une personne en position d’autorité ne confère pas à cette dernière des droits sur son corps. Qu’on ne cède pas son corps en échange de cadeaux. Qu’on ne troque pas son sexe pour obtenir des bonbons,de la nourriture ou l’amitié des gens qui nous impressionnent. Qu’on ne joue pas avec les parties intimes.

Qu’ils doivent toujours se confesser aux parents et dénoncer les adultes qui leur font des menaces,qui les appellent mon mari, ma femme… Qui leur proposent des choses en cachette.

À ne pas échanger leurs vêtements devant les adultes quand ils/elles reviennent de la salle de bain ou de l’école.

À ne pas prendre le bain avec d’autres personnes.

À ne pas faire chambre commune avec des personnes à la moralité douteuse.

À ne pas emprunter des détours,sentiers non éclairés et zones forestières, immeubles abandonnés quant ils/elles reviennent de l’école…

À cheminer avec ses camarades et des personnes identifiables au retour de la maison,de l’église ou de la salle de fête,de sport…

Cette approche devrait enseigner :

-Aux jeunes filles matures à s’habiller décemment.
À ne pas donner des réponses équivoques aux courtisans. À ne pas faire semblant de consentir aux avances. À ne pas se laisser aller dans des jeux et frottements suspects durant des danses… quant-elles ne sont pas prédisposées à avoir une relation sexuelle ou intime.
À ne pas se faire raccompagner par des inconnus et beaucoup plus quand elles ont pris un verre de trop.

Que le sexe n’est pas une monnaie d’échange pour l’acquisition des notes scolaires,des postes professionnels et des faveurs.

À garder un périmètre de sécurité avec des dragueurs violents et des hommes au langage vulgaire. À ne pas regarder des films et clips érotiques ou pornographiques avec n’importe qui.

-Aux hommes,

À ne pas toujours considérer le sourire,la gentillesse et le quitus sentimental des femmes comme une preuve d’adhésion sexuelle.

À ne pas supposer que le don d’un cadeau ou présent à une femme, sa déférence à une invitation,ou son habillement sexy lors d’un rendez-vous sont synonymes de prédisposition psychologique au rapport sexuel.

À enseigner aux hommes;

À requérir l’adhésion des femmes avant de leur faire un bisou,un baiser ou une caresse à la main.

-Aux personnes en position d’autorité comme les DG et chefs d’entreprises, que la secrétaire de bureau n’est pas notre conjointe.

  • Aux stars,musiciens et sportifs que les fans ne sont pas des objets sexuels…

-Aux militaires en zones de conflits que les femmes et les mineurs ne sont pas des esclaves sexuels.

À enseigner aux hommes et aux femmes la discipline neuro-émotionnelle, l’encadrement social,juridique et chrétien du sexe.
À leur apprendre que le sexe est sacré.

Que l’agression sexuelle produit chez la victime des traumatismes à vie. Qu’elle est source de grossesse indésirées,de conflits avec la loi et d’étiolement du lien affectif.

Que le corps humain est un temple du Saint Esprit (1 Corinthiens 3:16).

Roland Ekodo Mveng, Politiste

La chronique de Roland Ekodo: Les coach qui maitrisent…

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Je suis intellectuellement sceptique avec les affaires de coach en développement personnel,Coach en mariage et Coach en entrepreneuriat des réseaux sociaux.

En écoutant des gens comme Yvan Castanou à l’époque, et d’autres Master class sur la pensée positive, j’ai souvent décelé dans l’arrière plan de ces discours subliminaux, de l’ésotérisme masqué et une réadaptation intelligente,des saintes écritures aux lois de la physique quantique et à la psychologie.

Ces religions civiques qui ne veulent plus assumer l’existence d’un Dieu régulateur de l’ordre cosmique préfèrent flatter l’égo de l’Homme en lui racontant qu’il peut se connaître totalement et avoir la maîtrise de ses émotions ou canaliser sa pensée en observant des exercices corporels qu’on ne veut pas nommer spirituels ou en prononçant des formules abracadabrantesques chaque matin au réveil. Mais passons c’est de leur droit.

Intéressons-nous aux coaches en investissements et aux conseillers matrimoniaux qui écument les réseaux sociaux. À supposer qu’ils aient réussi eux-mêmes dans des projets de mariage ou des placements fructueux en bourse,qu’ils aient le don de transmission des connaissances et des expériences transversales ou pratiques éprouvées avant de vouloir fournir des recettes de vie aux gens.

Quel point inconfortant dans ces conseils frise l’arnaque et la prétention?

D’abord,à votre connaissance des conseils prodigués aux jeunes à l’âge de la puberté, ou aux personnes du troisième âge qui jouent leurs prolongations sentimentales( dernier amour) ,est-ce qu’il vous revient qu’on peut faire entendre raison au cœur qui a ses raisons que la raison même ignore?

Je veux dire, est-ce qu’on peut convaincre un amoureux ou une amoureuse obnubilé(e) et hyper dépendant(e) par le sexe ou envoûté(e) par la fièvre affective que son partenaire n’est pas sérieux/se? Rien n’est impossible,mais Il s’en faut d’un exorcisme en tout cas pour délivrer ce type de clients des hormones de dépendance d’un(e) conjoint qui multplie souvent des opérations de charme et de séduction pour maintenir en captivité son amant ou sa bien aimée,ou sa source de profit.

De deux,est-ce que le coach des couples après les conseils de rupture ou de surenchère, peut prévoir les réactions de l’autre conjoint ou, aider les personnes qui souffraient dans ces relations à apurer leur passé sentimental, à gérer la solitude,à façonner selon son idéal et ses attentes matérielles,comportementales et corporelles le futur candidat qui frappera à la porte de cette femme ou de cet homme ruiné par la solitude, raillé par la société ou submergé par les factures ? Laissons le cas extrême d’un conseil de divorce de partenaires ayant des enfants et soucieux de leur avenir. Il ne s’agit pas de dire que le mariage ou la relation est une fin en soi. Nous analysons les cas complexes.

Pour les conseillers en investissement. D’abord j’ai rarement vu des richissimes et opérateurs économiques prodiguer des conseils « justes » et exacts de leur parcours à tout vent, à des personnes susceptibles de les battre ultérieurement sur le marché. Ils le font dans leurs écoles supérieures de gestion et HEC. On a souvent également le livre de vie,les mémoires et interviews biographiques sommaires qui ne peuvent restituer fidèlement leur parcours, leurs cahiers comptables, leur portefeuille de fournisseurs, leurs difficultés et facilités. Et à la vérité nombreux n’ont pas connu le marketing et le icommerce. Donc ils/elles seraient en déphasage de certains outils de production et de distribution. L’autre avatar avec des conseils sur les investissements économiques ou sentimentaux,c’est qu’ils ignorent la loi des contextes et parfois tout sur la spécificité des acteurs en interaction avec leurs clients de Facebook.

Nous écrivons au-delà de notre capacité à déceler une imposture montante parfois d’entraîneurs célibataires,incapables de conduire à terme un projet traçable,parce que certaines filles nous ont confié qu’en voulant appliquer bêtement ( comme en mathématique) les ordonnances de certains conseillers de Facebook dans leur ménage,ça a produit des effets non escomptés et, parfois ça a radicalisé le/la conjoint(e) ou empiré la situation.

Roland Ékodo, Politiste

ONAPEEC: « (…) la première action est la formation du parent sur le rôle qu’il doit jouer dans la communauté éducative »

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L’actualité récente dans l’éducation catholique au Cameroun est inscrite dans les assises de la 30e assemblée générale et l’ONAPEEC et la rencontre du comité permanent des secrétaires à l’Éducation catholique. Au lendemain de ces rendez-vous important, la rédaction de votre journal est allée à la rencontre d’un acteur majeur de la sphère éducation catholique au Cameroun.

La Rédaction : Bonjour Monsieur Wilfried Ntolo , comment vous allez ?

W. Ntolo : Bonjour Lionel Kana, je vais plutôt bien, merci. Et vous ?

La Rédaction : Bien merci. Alors qui est Wilfried Ntolo ?

W.Ntolo : Tout d’abord merci à votre rédaction de me donner l’occasion de m’exprimer. Je suis Wilfried Donatien NTOLO, Président Diocésain des APECY Secondaire de l’Archidiocèse de Yaoundé. Je suis par ailleurs Secrétaire d’Administration, Promoteur et porteur de projets de développement communautaire.

La Rédaction : C’est à la faveur de l’assemblée générale l’ONAPEEC que vous vous êtes retrouvé devant les projecteurs de l’éducation catholique. Nous y arrivons. Pouvez-vous nous présenter brièvement l’ONAPEEC ?

W. Ntolo : l’Organisation Nationale des Associations des Parents Elèves de l’Enseignement Catholique  (ONAPEEC),est une organisation reconnue et légalisée par le Préfet du Mfoundi suivant le récépissé N°00188/RDA/J06/BAPP du 24 mai 1993. Le but visé est la formation intégrale de l’apprenant, la vulgarisation de l’Evangile, la visibilité des écoles et collèges, la promotion de leur action au sein de l’Eglise et dans le monde.

La rédaction : l’ONAPEEC est donc pour l’enseignement catholique ce que les APEE (Associations des Parents d’Élèves et Enseignants) sont pour l’enseignement laïc ?

W. Ntolo : C’est de çela qu’il s’agit. Néanmoins permettez-moi de préciser que l’objectif ici est de promouvoir la formation intégrale de tout l’être humain et sa visibilité ; favoriser la connaissance réciproque entre associations des parents d’élèves catholiques depuis les secteurs géographiques (écoles à la base) jusqu’au plan national en passant par les Diocèses et les Provinces Ecclésiastiques.

La rédaction : M. Ntolo quels sont les effectifs de l’ONAPPEC ?

W. Ntolo : Difficile pour nous de vous donner exactement les effectifs de l’ONAPEEC à la base. Mais nous savons que nos établissements confondus ont près de 355 000 élèves ;  pour les membres de l’Assemblée Générale, nous sommes au nombre de 80.  

La rédaction : Vous venez d’être brillement élu à la tête de l’ONAPEEC. Quelles sont les grandes lignes de votre programme qui ont certainement séduit les électeurs que sont les délégués de parents d’élèves ?

W. Ntolo : Je remercie tout d’abord les électeurs pour la confiance placée en ma modeste personne. Je ferai le maximum pour en être digne. Pour les grandes lignes de mon programme ; il y a d’abord la visibilité de l’ONAPEEC de la base (école) jusqu’au niveau national en passant par les Diocèses, sans oublier l’international. Ensuite, il sera question pour nous et les parents de mieux accompagner l’école catholique non seulement en jouant pleinement le rôle qui nous incombe mais aussi, financièrement. Pour cela, il faudra former le parent à ce concept et exercice. Enfin, il faudra se laisser former à mieux gérer les ressources financières et humaines disponibles. 

La rédaction : Nous sortons de deux rendez-vous important, notamment les assises de la 30e assemblée générale et l’ONAPEEC et la rencontre du comité permanent des secrétaires à l’Éducation catholique. Monsieur le Président,  l’école catholique se porte-elle-bien ?

W. Ntolo : Seul celui qui est de mauvaise foi qui dira que l’école catholique se porte mal. Nous savons tous au Cameroun que l’Enseignement Catholique est le meilleur donc forcément se porte bien ; Nous avons pour preuve, les différents classements aux examens officiels de l’année scolaire écoulée, les établissements catholiques occupent les premières places et s’offrent même le luxe de confisquer le top 10 desdits classements. 

La rédaction : le thème de l’année scolaire 2021/2022 dans l’enseignement catholique est : « l’école catholique au service de l’intégrité, de la citoyenneté responsable et de la santé des jeunes dans le contexte des changements globaux des dynamiques d’apprentissage ». Comment l’ONAPEEC entend-t-elle rendre vivant les idéaux contenus dans ledit thème ? Quelles sont les actions et activités que vous comptez mener ?

W. Ntolo : Tout d’abord nous sommes conscients que les enfants sont à l’image de leurs parents. Alors, il faudra d’abord former les parents aux valeurs contenues dans ce thème et par la suite, il faudra mettre à la disposition de l’école catholique les moyens nécessaires pour l’atteinte des objectifs visés par la thématique.  

La rédaction : on a toujours décrié le non implication des parents d’élève dans les projets scolaires et éducatifs de leurs enfants, comment entendez-vous traiter cette question à l’ONAPEEC ?

W. Ntolo : La nature a horreur du vide… l’absence des parents dans les activités de l’école amène le Chef d’Établissement à jouer à défaut les deux rôles.  Pour résoudre ce problème, la première action est la formation du parent sur le rôle qu’il doit jouer dans la communauté éducative ; La deuxième action, c’est le plaidoyer auprès de toutes les instances éducatives et auprès de l’Épiscopat en charge de la question éducative à la CENC, afin que l’on réanime l’application des textes sur la gestion des établissements.   

La rédaction : pour certains parents, l’enseignement catholique coûte encore chère, et demeure difficilement accessible à des familles issues de la classe moyenne ? Militer pour la réduction des couts de formation dans les collèges catholiques figure dans votre plan de bataille ?

W. Ntolo : Il n’y a pas de bataille ici, tout est dialogue. Nos enfants sont nos meilleurs investissements, et l’on ne veut que du meilleur pour son enfant. Aussi, je ne pense pas que l’école catholique soit chère, quand vous regarder tout ce qui est mis en œuvre pour un bon encadrement des élèves, vous serez même surpris des montants des scolarités. Je suis Président APECY au Collège Bilingue Jeanne ALEGUE MESSI, quand je vois toute l’énergie qui mise à disposition pour encadrer nos enfants, le montant de la scolarité amène à comprendre l’aspect social de l’Enseignement Catholique.  Pour les conditions d’accès, ce n’est que par voie de concours car, cet exercice permet d’évaluer l’apprenant qui sollicite nos établissements.     

La rédaction : un dernier mot à l’endroit des parents d’élèves qui vous liront…..

W. Ntolo : À l’endroit des parents d’élèves, je voudrais tout simplement leur demander de garder le regard fixé sur le Christ à travers la déclaration conciliaire Gravissimum Educationis, au numéro 3, qui reconnaît que les parents, co-auteurs de la vie, sont les premiers et principaux éducateurs de la foi de leurs enfants. Merci de vous intéresser à notre organisation. 

La rédaction : C’est nous qui vous remercions pour votre disponibilité. Bon vent à votre mandature.

W. Ntolo : Merci !

Un entretien réalisé par Lionel Kana

Cameroun : Monseigneur Lontsié-Keuné nommé à Bafoussam

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le Saint-Père a nommé évêque du diocèse de Bafoussam au Cameroun, Monseigneur Paul Lontsié-Keuné qui était jusqu’à cette nomination évêque de Yokadouma.

2021.11.27 Mons. Lontsié-Keuné vescovo di Bafoussam in Camerun

Le nouvel évêque de Bafoussam succède à Mgr Dieudonné Watio dont la démission a été acceptée par le Pape en mars 2021.  

Brève biographie

Paul Lontsié-Keuné est né le 25 août 1963 à Balatchi dans le diocèse de Bafoussam, région de l’Ouest du Cameroun. Après son ordination en 1991, il a poursuivi ses études à l’Institut Catholique de Paris jusqu’en 1994, où il a obtenu une licence. Outre diverses tâches pastorales en paroisse, il a été cérémoniaire et responsable de l’enseignement catholique dans son diocèse. Il a également enseigné au séminaire interdiocésain de Maroua-Mokolo, dont il est devenu le recteur en 2008. Le pape François l’avait nommé évêque de Yokadouma le 25 avril 2017. Le nonce apostolique au Cameroun, Mgr Piero Pioppo, lui avait conféré l’ordination épiscopale le 5 juillet de la même année. Les co-consécrateurs étaient l’évêque de Bafoussam, Dieudonné Watio, et son prédécesseur, Eugeniusz Juretzko OMI.

Sources : Vatican News

Enseignement Catholique : Le Nouvel Exécutif de l’ONAPEEC est connu.

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Il a été élu à la faveur de la clôture des activités de la 30ème Assemblée Générale de l’Organisation Nationale des Associations des Parents d’Elèves de l’Enseignement Catholique (ONAPEEC). Ladite assemblée Générale s’est déroulée du 24 au 25 Novembre 2021 au siège de la Conférence Episcopale Nationale du Cameroun (CENC) sis à Mvolyé. L’élection s’est déroulé dans une ambiance cordiale et de respect des textes et des consignes, notamment celui de la justification d’une assise diocésaine solide pour tout candidat et du binôme bilinguisme au sein des postes avec suppléants.   L’équipe sortie des urnes se présente ainsi :

Président : M. NTOLO Wilfried (Archidiocèse de Yaoundé)

Vice-Président M. KILO Frantz (Diocèse de Kumba)

Secrétaire Général : M. NKUMAWA André (Diocèse de Batouri)

Vice-Secrétaire : M. ATABONG Henry (Diocèse de Mamfe)

Secrétaire Financière : Mme DJEBBA TEBAYA Vanessa Epse Yaya (Diocèse de Yagoua)

Commissaire aux Comptes N°1 : M. TIEFI Victor (Diocèse de Bafang)

Commissaire aux Comptes N°2 : S.M. Mbarga Laurent (Archidiocèse de Yaoundé).

Nous souhaitons bon vent à cette nouvelle équipe dans ses fonctions pour les trois prochaines années. Lionel KANA

Enseignement Catholique : les parents d’élèves en conclave !

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Du 24 au 24 Novembre 2021, se tient à Mvolyé, au siège de la Conférence Episcopale Nationale du Cameroun (CENC), la 30ème Assemblée Générale de l’Organisation Nationale des Associations des Parents d’Elèves de l’Enseignement Catholique (ONAPEEC). La cérémonie d’ouverture des travaux a été présidée par Mgr Jervis Kebei Kewi le Secrétaire General de la CENC. Dans son discours d’ouverture, Mgr Kewi a invité les délégués diocésains parents d’élèves à plus de collaboration avec l’Eglise, au moment où l’Ecole au Cameroun est secouée par les violences et les déviances de diverses natures. Deux autres allocutions ont meublés et précédé cette du SG-CENC. Le Père Zephyrinus Yem Mbuh, Secrétaire National de l’Education Catholique au sein de la CENC a invité les participants à une prise de conscience dans leurs rôles à jouer au sein du nouvel exécutif à membre en place : « Tout leader du Bureau Exécutif qui ne se montre pas rigoureux dans la gestion des fonds n’aura rien compris quand aux objectifs à atteindre ». M. Kilo Frantz, Président sortant de l’ONAPEEC quant à lui a remercié ses pairs pour l’accompagnement démontré lors de sa mandature qui s’achève. Il les a invités à un choix raisonné, inspirés de l’Esprit Saint pour constituer la nouvelle équipe.

Mgr KEWISG-CENC (Crédit photos: Lionel KANA)
Père Yem Mbuh Secrétaire National de l’Éducation Catholique
M. Kilo Frantz, Président Sortant de l’ONAPEEC

La photo de famille qui s’en est suivi a clôturé la cérémonie d’ouverture. Les délégués se sont donc retrouver pour poursuivre leurs travaux. Ces travaux reposent entre autres sur la présentation des rapports d’activités par province ecclésiastique, les travaux en ateliers et les enseignements sur le thème de l’année scolaire 2021/2022 : «L’école catholique au service de l’intégrité, de la citoyenneté responsable et de la santé des jeunes dans le contexte des changements globaux des dynamiques d’apprentissage ».  C’est l’élection du nouvel exécutif de l’organisation qui viendra mettre fin à ce conclave.

Lionel KANA 

L’éditorial de Roland Ekodo

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Son Excellence, Jean-Yves Ledrian, Ministre des affaires étrangères de la France s’inquiète du niveau de prédation des ressources minières de l’Afrique par la Russie et la Chine et en appelle à un nouveau Deal des partenaires avec le continent. ( très bien).

Quelques questions philosophiques du reste:

1) Est-ce que le grand omnivore gaulois du diamant ( en RCA),des forêts( au Cameroun,) de l’or( Burkina et RDC),de l’uranium( du Niger) du Cacao ( de Côte d’ivoire),du pétrole (au Gabon, Tchad et au Congo Brazzaville)… lui-même est devenu végétarien,garde-écologique, ou entré en Carême de ressources entre temps. Ou alors, serait-il simplement préoccupé par l’arrivée d’autres grands félins mandarin et soviétique?

2) En jouant donc le dartagnan et le nouveau zorro qui vole au secours d’une Afrique historiquement spoliée, dépécée et pressée de son patrimoine naturel,est-ce qu’il s’est déjà un jour confessé ou, même intéressé avec angoisse,sur la boulimie insatiable et inextinguible en matières premières et de la ploutocratie des firmes multinationales,des réseaux directeurs et suppôts de la « françàfric » depuis un siècle pour nous en convaincre de sa bonne foi? Puisque trois proverbes concourants disent « qu’il faut commencer à balayer devant sa porte » ou alors « il faut d’abord enlever la paille qui est dans son œil avant de ».. ou finalement « Quand on se courbe pour guetter ceux qui sont courbés, ceux qui sont derrière vous, vous regardent également.

3) Au regard des facteurs de puissance de la Russie et de la Chine,du basculement critique des sociétés civiles et gouvernements africains vers les BRICS( Brésil,Russie,Inde,Chine) et surtout de sa politique étrangère, est-ce que la France a encore les leviers diplomatique et géopolitique pour distribuer les cartes minières à ses concurrents internationaux ou pour opérer le partage des richesses en Afrique?

4) Dans ces jérémiades et lamentations politiques, est-ce que les Livres blancs en France, leur veille stratégique et leurs analyses prospectives sur le continent africain,n’ont pas vu venir la déferlante critique du précarré par les sociétés civiles et intellectuels africains, ou encore prévu l’entrée en jeu d’autres acteurs dans le contexte de la mondialisation, ou anticipé sur la percée de l’hégémon russe et de l’empire du Milieu en changeant leur démarche sur le terrain?

Par exemple l’Afrique lui a dit de manière radicale et avec fermeté, par la voix de sa jeunesse sankariste,lumumbiste,kadhafiste et Gbagboyiste,qu’elle ne veut plus du Franc CFA et de l’imposition et support des tyrans à la tête des États. Est-ce qu’elle a alors compris ? N’est-ce pas elle croit qu’elle peut toujours se jouer de la vigilance des panafricanistes et de leur intelligence économique pour un temps ou pendant tout le temps? Le temps nous dira.

Quand on fait une analyse sémiologique du sentiment anti-français y compris sur les Murs de RFI à Facebook et dans les médias africains,on irait même à penser que certains africains pour leur consolation et leur guérison contre les traumatismes de la colonisation française préféreraient et iraient même jusqu’à céder leur continent au diable simplement pour se venger de la France.

Pour preuve: -ils sont paradoxalement moins exigeants et visiblement moins soucieux de la présence russe et chinoise qu’ils découvrent à peine-Qui n’ont pas bonne presse- Qui n’épousent même pas leurs filles comme les français-Qui discriminent les noirs chez eux( en Chine et en russie).Dont ils ne maîtrisent même pas bien la langue et les agendas politiques cachés.

Deuxième observation empirique: Les souhaits par les africains de défaites des clubs français et des bleus en compétition internationale où évoluent majoritairement leurs frères( noirs et arabes) pourtant,ou encore la stigmatisation lapidaire de tous les intellectuels africains et hommes politiques africains associés de près ou de loin aux dîners organisés par la France officielle.
Or les mêmes africains ne vouent pas la même haine aux allemands et aux anglais et aux américains,turques…( Qui sont présents sur le continent).Autrement j’aurais pensé au racisme systémique anti-blanc du continent.

Donc il faut écouter la jeunesse africaine d’en bas. Les discours et les promesses mirobolantes du changement de partenariat ne suffisent plus. Si le sommet de Montpellier n’a rien pu alterer,il faut croire que même le mercurochrome de Bruxelles en février 2022 où est prévu ce deal ne changera rien.

Encore qu’il ressemble étrangement à un nouveau congrès de Berlin ou finalement aux réunions du G5 sahel où on gronde les présidents africains comme des bambins pour avoir coupé une part de gâteau à la Russie et à la Chine.

Roland Ékodo, politiste

GOVCOIN: Le Nigéria donne le ton en Afrique, bientôt la fin des monnaies décentralisées…

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Peut être une image de 2 personnes et texte qui dit ’+ eNaira Naira. More Possibilities Same’

Au mois d’avril 2021, j’avais publié dans l’une de mes chroniques que les banques centrales pensent des cryptomonaies décentralisées, notamment le bitcoin et autres.

Je vous reprends ici juste un extrait des propos de Christine Lagarde, Présidente de la Banque Centrale Européenne (BCE) dans un article publié dans le magazine de L’ENA hors les murs le 30 novembre 2020: « Le principal risque avec ces monnaies crypto serait de se reposer entièrement sur la technologie et sur le concept imparfait de l’absence d’émetteur identifiable ou de créance. De plus, l’utilisateur ne peut pas compter sur la stabilité de la valeur de crypto-actifs hautement volatiles, illiquides et spéculatifs, qui, de ce fait, ne remplissent pas l’ensemble des fonctions d’une monnaie (unité de compte, moyen d’échange, réserve de valeur) ». J’annonçais alors que selon un rapport de la banque des règlements internationaux (ou banque des banques centrales) datant de 2019, près de 80% des banques centrales avaient entamé des études de possibilité d’émission de leurs propres monnaie sous forme numérique, ce que certains économistes ont qualifié de GOVCOIN.

Au mois de juin 2021, la Chine, l’une des principales place financières du monde, a lancé son projet de e-Yuan dont l’intention claire est d’éradiquer sur le sol chinois les cryptomonnaies apatrides, libertariennes, décentralisées et rétives à l’autorité. C’est donc sans surprise que BITCOIN A ÉTÉ DÉCLARÉ ILLÉGAL EN CHINE au mois de septembre 2021. Au début du mois de février 2021, la banque centrale du Nigéria avait prise une mesure similaire en sommant les banques commerciales de fermer tous les comptes en bitcoin dans leurs livres. Et quelques mois plus tard on annonce l’E-NAIRA. Rappelons en passant que selon la plateforme www.finder.com, le Nigéria est le pays où l’on détient le plus de cryptomonnaies au monde avec 24,42% des parts, devant la Malaisie (18%) et l’Australie (17,7%). La banque centrale du Nigeria a simplement comprise qu’elle pouvait utiliser son pouvoir d’autorité monétaire pour tirer profit d’une innovation (Blockchain), socle de la cryptommaie. Presque toutes les banques centrales se préparent donc à lancer leurs propres monnaies numériques. Cette information devrait donner un signal d’alerte à celles et ceux qui s’entêtent à spéculer sur les monnaies décentralisées. Dans l’avenir celles-ci seront simplement phagocytées par les GOVCOIN plus stables et mieux réglementées.

Just wait and see…

Dany Menguele, Analyse financier

Anniversaire : Le Christ Rédempteur de Rio a 90ans

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Nombreux parmi vous connaissent l’immense statut du Chrits Jésus, ouvrant les bras comme pour planer ou accueillir le monde en lui. Cette statue qui surplombe la ville de Rio de Janeiro a fêté ce mois d’octobre 2021, ses 90ans.

Nous sommes le 12 Octobre 1932, la ville brésilienne de Rio de Janeiro bouillonne de monde. L’épiscopat brésilien et plus de cinq cents prêtres viennent de demander la béatification du petit Français Guy de Fontgalland, mort en 1925 à l’âge de onze ans. C’est à la faveur d’une messe pontificale  marquant l’inauguration de la statue Christ Rédempteur. La célébration eucharistique du jour est faite sous la houlette du cardinal Dom Sebastiao Leme (décédé 10ans plus tard). Mgr Dom Sebastiao, fière de magnifier une œuvre pareille en terre natale dira ce jour : « Que cette image sacrée soit le symbole de votre lieu de vie, de votre protection, de votre prédilection, de votre bénédiction qui rayonne sur le Brésil et les Brésiliens ». Si la première pierre du chantier a été posée le 4 avril 1922, les travaux prendront du retard du fait d’un certains nombres de réglages techniques. Néanmoins ils démarrent effectivement en 1926 et s’achèvent en 1932. Notons qu’aucun travailleur n’a perdu la vie malgré les conditions difficiles à de telles altitudes et pendant 06 années.

travaux de construction du monument. source: lesmonumentsdumonde.com

C’est en 1922, année du centenaire de l’indépendance du pays, que l’idée de construction du monument fut émise officiellement au sein de l’église catholique locale (Archidiocèse de Rio) à l’issu d’un concours lancé et remporté par l’architecte brésilien Heitor da Silva Costa. Certains chercheurs par contre estiment que le projet est plus ancien : en 1859 le prêtre lazariste Pedro Maria Boss est le premier à suggérer l’érection d’une statue du Christ sur ce site exceptionnel. Faute d’obtenir les subventions nécessaires, le projet fut abandonné. Heitor da Silva Costa est celui qui a formalisé l’idée de construction de la  statue avec les deux bras ouverts, l’un pointant vers le nord de Rio, le second vers le sud. Avec l’aide du sculpteur français Paul Landowski, ils vont fabriquer une maquette de 4 mètres de haut. Ils réalisent également des travaux préparatoires pour la tête et les mains de la statue. Un autre français,  Albert Caquot, réalise la structure interne en béton armé. Le sculpteur roumain Gheorghe Leonida est celui qui réalisera la tête.

sources: les monumentsdumonde.com

Toute la forte équipe du projet travaille sous la coordination de Costa. En France, Landowski modèle la statue en plusieurs morceaux d’argile grandeur nature. Ces morceaux  sont ensuite transportés par voie marine jusqu’au Brésil, où ils ont été reproduits en béton. Dans le Rédempteur, l’architecture et la sculpture s’unissent en parfaite harmonie grâce à l’utilisation pionnière du ciment. Costa dira le jour de l’inauguration : «Nous avons l’habitude d’utiliser le ciment pour les travaux d’ingénierie, les piliers et les colonnes, mais j’ai pu démontrer qu’il peut également être utilisé dans l’art, même si cela reste inhabituel. Je suis convaincu que c’est le matériau de l’avenir.» Lors d’un voyage à Paris, où l’ingénieur a vu une fontaine, il a eu l’idée de recouvrir toute la surface de la statue d’une mosaïque. Il a choisi la pierre ollaire, qui est courante au Brésil et très résistante.

Le monument subit des travaux en 1980 à l’occasion de la visite du pape Jean-Paul II, puis de nouveau en 1990. D’autres travaux d’aménagement importants sont réalisés en 2003, avec la mise en service d’un escalier mécanique et d’un ascenseur panoramique, facilitant l’accès au monument. Le 16 avril 2010, des vandales non identifiés ont souillé la statue de tags et de graffitis. Cet acte qualifié de « crime contre la nation » par Eduardo Paes, le maire de la ville, a suscité un vif émoi parmi les Brésiliens.  De nouveaux travaux de restauration sont donc entrepris. On en profite pour l’installation d’un échafaudage autour de la statue. La régularité des travaux s’explique aussi par le désir de conserver aussi longtemps que possible ce symbole, mais aussi par le fait que le monument est régulièrement endommagé par la foudre qui la touche en moyenne six fois par an. Le 16 janvier 2014, la moitié du pouce de sa main droite est cassée par la foudre lors d’un orage au cours duquel, selon le service météorologique  de la ville,  plus de 40 000 éclairs sont tombés sur Rio. Un câble paratonnerre et d’autres équipements sont pourtant disposés pour éviter ce dommage mais le câble ne s’étend que sur la tête et les bras, s’arrêtant au poignet.

médias locaux jour d’inauguration. source: les monuments du monde

L’œuvre a bénéficié d’un financement sous fond propre : La «semaine des monuments» a été organisée pour réunir les fonds nécessaires, qui provenaient principalement des catholiques brésiliens. Le site à lui seul est unique. C’est le mont Corvado encore appelé le mont bossu, qui accueille l’ouvrage. Du haut de ses 704mètres, situé dans le parc national de Tijuca, le mont appartient  à un ensemble de relief issu d’une érosion différentielle qui à mit à jour un socle granitique aux allures morpho structural des inselbergs des régions arides. La statue, y compris le piédestal, mesure 38 m; dont 30 pour le Christ et 8 pour le piédestal, qui occupe une aire de 100 mla tête a une hauteur de 3,75 m et les mains une longueur de 3,20 m. Il pèse 1 100 tonnes : la masse approximative de la tête est de 30 tonnes et celle de chaque main de 8 tonnes. La tête mesure 3,75 m, chaque main 3,20 m, la largeur de la tunique est de 8,50 m. L’envergure entre les deux mains est de 28 mètres. . Avant l’irruption du Covid-19, le site accueillait près de deux millions de visiteurs par an. Il a été fermé entre mars et août 2020. Il faut désormais présenter un certificat de vaccination pour y avoir accès.

 Les catholiques du brésil (qui représentent aujourd’hui 61% de la population) ont célébré l’anniversaire du monument, malgré le contexte sanitaire difficile.  La cérémonie religieuse, initialement prévue au pied de l’immense statue, s’est finalement déroulée à la cathédrale métropolitaine, dans le centre de Rio, en raison du mauvais temps. Pour Mgr Orani Tempesta, Archevêque de Rio  « nous les cariocas (nom des habitants de Rio) avons l’habitude de regarder vers le Christ qui est souvent dissimulé dans les nuages, mais nous savons qu’il est là (…) nous traversons encore la pandémie, mais avec un regard optimiste grâce à la vaccination. Les sombres nuages de l’année dernière se dissipent ». Plus de 58% des près de sept millions d’habitants de Rio de Janeiro sont vaccinés contre le Covid-19 qui a emporté 600.000 personnes au Brésil depuis le début de la pandémie.  Passé sous la responsabilité de l’Institut du Patrimoine Historique et Artistique National en 1937, la gestion du monument est assurée aujourd’hui par l’Institut Brésilien de l’Environnement et Ressources Naturelles Renouvelables.

Les droits du Christ Rédempteur (moraux et patrimoniaux) font depuis les années 1950 l’objet d’un litige entre la Mitre Archiépiscopale de Rio de Janeiro (Mitra Arquiepiscopal do Rio de Janeiro) et Paul Landowski, puis ses héritiers. Le 7 juillet 2007, ce monument a été choisi comme l’une des sept nouvelles merveilles du monde par plus de cents millions d’internautes, suite d’un vote organisé par la New Seven Wonders Foundation, liée à la New Open World Corporation, et dont les résultats ont été dévoilés à Lisbonne.

 Lionel KANA

Grève à Hysacam : C’est qui l’ordure ?

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Les capitales politique et économique du Cameroun croupissent depuis quelques jours sous le poids des immondices, ordures et autres déchets domestiques et ménagers. Les grands carrefours urbains et périurbains montrent un spectacle désolant. La puanteur qui y envahit l’atmosphère laisse perplexe sur le sérieux, d’une réelle politique de préparation et d’accueil d’une compétition continentale dans quelques semaines. Les raisons immédiates de ce lugubre et crasseux décor sont dans la grève lancée par les employés de la société parapublique Hysacam, société détenant le monopole dans son domaine.

quelles images prises dans les cités capitales

Les employés d’Hysacam posent sur la table un chapelet de revendications : paiement de trois mois d’arriérés de salaire, paiement des primes diverses, arrêt des licenciements abusifs, application de la convention collective, délivrance de la carte professionnelle, fourniture d’équipement de travail etc… une kyrielle de revendications diffusées par leurs soins dans un pamphlet au titre ironique : C’est qui l’ordure ? Comme pour dire qu’une entreprise qui n’assure pas le minimum de condition à ses employés est-elle ordurière?

pamphlet de revendication des employés d’Hysacam

Quoi qu’il en soit, dans nos enquêtes, nous avons appris que la colère des syndicalistes est montée d’un cran après que la direction de l’entreprise ait réceptionné à grand pompe une centaine de camions neufs il y a quelques semaines. C’était au cours d’une cérémonie faste, sous une pluie de projecteurs médiatiques. Un évènement qui a laissé les employés songeurs voire dubitatifs. En effet, c’est le motif de « tension de trésorerie » qui leur a été servi pour expliquer le retard dans le paiement de leurs émoluments mensuels. Pourtant, la facture de l’achat desdits camions s’élève à 10 millirads de FCFA.  Selon des sources en interne, Les camions ont été achetés il y a fort longtemps et c’est la pandémie à COVID-19 qui a retardé la livraison. Pour Michel Ngapanoun, PDG d’Hysacam, ces camions « permettrons d’assurer la propreté des villes au moment où le Cameroun s’apprête à accueillir un évènement sportif majeur ».  

Les services internes de l’entreprise soutiennent mordicus que les tensions de trésorerie sont réelles et les lignes budgétaires rigides. Une version qui tend semble se confirmer, puisque certains journaux locaux annonçaient le matin du 29 octobre2021, que le Ministère camerounais des Finances, avait débloqué une somme de 07 milliards de franc CFA, en vue d’alléger la dette de l’Etat auprès de cette entreprise, dette estimée à 10milliard de franc CFA. Une bouffée d’oxygène pour le top management de l’entreprise et les employés; bouffée qui viendra certainement aussi dissiper la puanteur qui a pris possession de Yaoundé et Douala.

Tout compte fait, les défis Marketing et de séduction médiatique qui s’imposent au pays de Paul Biya, Samuel Eto’o et Roger Milla, à la veille d’une compétition de grande envergure comme la Coupe d’Afrique des Nations, doivent imposer une certaine rigueur dans la gestion de l’image de notre cité capitale. Pour Pierre Bruno Lontchi Amougou, habitant de Yaoundé « ce pays est très compliqué (…), on va payer deux mois de salaire à ces gens au meilleur des cas, ou  au pire des cas recruter de nouveaux employés, du moins trouver une solution pour nettoyer tout ça le temps d’accueillir la CAN (…) en Février 2021 on se retrouvera dans les mêmes travers ». Face à ce desastre de management il ne reste plus qu’a prié avec la bienheureuse Vierge Marie, Patronne du Cameroun que le temps ne lui donne pas raison…

Lionel KANA

Championnat du monde de scrabble : Le Cameroun sur le Toit du Monde!

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Depuis le vendredi 22 octobre 2021, le Casino de la commune urbaine d’Aix-les-Bains, située au bord du lac du Bourget, en Savoie, dans l’est de la France, accueille le championnat du monde de scrabble francophone. La compétition organisée par Fédération internationale de Scrabble francophone (FISF) et qui est sensée s’achever le 01 novembre a déjà consacré le Camerounais Éric Salvador Tchouyo champion du Monde en catégorie classique.

La médaille d’or était acquise au vert rouge jaune. En effet la finale était Camerouno-camerounaise. Eric Salvador Tchouyo, capitaine de l’équipe camerounaise affrontait son compatriote Amédée ASSOMO, le non moins Président de la Fédération Camerounaise de Scrabble. Score finale  (2-1) en la faveur d’Eric Salvador Tchouyo, joueur d’ Harmony Scrabble Club de la cité capitale Yaoundé.  L’équipe camerounaise a mérité cette victoire. Les lions indomptables des lettres, en deux équipes, ont bataillé dur tout au long du tournoi catégorie classique contre des athlètes de huit autres équipes représentant cinq nations à savoir : la Belgique (01 équipe), la cote d’ivoire (02 équipes), la France (02 équipes), la suisse (01 équipe) et le Sénégal (02 équipes). 

salle de compétition. Crédit Photo: FISF

La compétition en soi met en opposition plus de 600 joueurs au sein de quatre catégories  différentes. Le championnat du monde s’ouvre généralement avec une étape ouverte à tous qui permettent de se qualifier ou non pour le championnat du monde proprement dit dans l’une des catégories. Cette année, pas moins de 600 joueurs ont pris part à cette étape. Parmi ceux-ci de nombreux africains francophones mais aussi des suisses, québécois, français et belges. Dans la catégorie classique étaient inscrits une quarantaine de joueurs. Si Eric Salvador succède à la première estrade au Québécois Francis Desjardins et qu’Amédée Assomo s’arroge la seconde place du tournoi, la médaille de bronze quant à elle a été gagnée par le suisse Nicolas Bartholdi.

Appelé par ses pairs « le professeur »  Éric Salvador Tchouyo devient le premier joueur camerounais champion du monde de Scrabble classique à la faveur du 49e Championnat du monde de Scrabble francophone. Rappelons également que Vendredi dernier, l’actuel champion d’Afrique en catégorie blitz, Rodrigue Stephane Tchebe a conquis la médaille de bronze avec l’équipe B du Cameroun lors du championnat du monde inter nations. La délégation camerounaise, est triple champion d’Afrique (2018, 2019 et 2021) termine le tournoi mondiale avec la médaille de bronze en équipe : de quoi être fière de cette expédition olympique.

délégation camerounaise. Crédit Photo: Fecascrab

En rappel, le Scrabble, c’est ce jeu de société qui, selon la définition de la FISF, « consiste à former des mots entrecroisés sur une grille avec des lettres de valeurs différentes, les cases de couleur sur la grille permettant de multiplier la valeur des lettres ou des mots ».  Le vainqueur est le joueur qui cumule le plus grand nombre de points à l’issue de la partie. La Fédération camerounaise de scrabble compte près de 320 joueurs, dont 113 licenciés répartis dans plus 13 clubs où les pratiques s’articulent autour du scrabble duplicate comme classique (en version française et anglaise).

Lionel KANA

Saint Siege :Le jésuite Jacquineau Azétsop s’en est allé. Suivre sa messe de requiem en direct de Rome

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Le premier Camerounais Doyen de la prestigieuse Faculté des sciences sociales de l’Université grégorienne est décédé le mercredi 13 octobre 2021

Pâques du Père Jacquineau Azétsop, S.J.

Jacquineau Azétsop S.J., doyen et professeur de la faculté des sciences sociales, est retourné à la maison du Père le 13 octobre 2021 à Rome. Ses obsèques seront célébrées,le samedi 16 octobre, à 10 heures, en l’église Saint Ignace de Rome.

Service Français-Afrique

En septembre dernier, avec l’apparition de symptômes de graves problèmes de santé, le Père Père Jacquineau Azétsop a été admis à l’hôpital de Rome où il a subi une délicate opération d’urgence. «Nous avons tous été témoins de la générosité avec laquelle le Père Azétsop a dirigé la Faculté des Sciences Sociales, sans mesurer son énergie et son temps dans cette mission qu’il a vécue avec un profond engagement et un grand sens des responsabilités», a écrit le Recteur de l’Université Pontificale Grégorienne de Rome dans sa Lettre à la Communauté Universitaire. «En ce triste moment, j’adresse mes sincères condoléances aux professeurs, maîtres de conférences et étudiants de la Faculté des sciences sociales et à sa famille, ainsi qu’à tous ceux qui l’ont connu et en gardent un souvenir vivant. Nous confions le Père Azétsop au Seigneur, comme une manifestation de notre gratitude pour son service créatif à l’Eglise et pour son enseignement dans notre Université et dans diverses institutions à travers le monde».

Biographie

P. Azétsop est né à Douala (Cameroun) le 2 mars 1972. Il est entré dans la Compagnie de Jésus le 22 septembre 1993 et a été ordonné le 21 juin 2003. En 1997, il a obtenu une licence en philosophie à la Faculté de Philosophie Saint Pierre Canisius, Kinshasa (RD Congo), en 2002 une licence en théologie au Hekima University College à Nairobi (Kenya), puis une licence en théologie à la Weston Jesuit School of Theology à Cambridge (USA). En 2007, il a obtenu son doctorat en éthique sociale et religieuse de la Boston College School of Arts and Sciences (États-Unis) avec une thèse intitulée «Structural violence, population health and health equity in Africa», publiée intégralement en 2010.

A la Grégorienne

Arrivé à l’Université pontificale grégorienne en septembre 2014, où il a commencé son premier cours sur la violence structurelle et le VIH et le sida, il avait été nommé l’année suivante professeur extraordinaire à la faculté des sciences sociales. Déjà membre de la Commission mise en place pour reformuler les objectifs de la Faculté, il a été nommé doyen le 18 mai 2016 et reconduit à ce poste pour les trois années suivantes. Avec le P. Fernando de la Iglesia Viguiristi, il avait été le promoteur de l’initiative visant à développer une proposition de programme académique pour l’obtention de la Licence en Leadership et Management, parcours académique inauguré le 7 octobre dernier.

Source: Vatican News

Mali: Projet de création d’une école de guerre. L’épine de Bamako dans la chaussure de Paris?

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S.E Choguel Kokalla Maïga, Premier Ministre malien

Alors que la polémique sur la possible arrivée au Mali du groupe Wagner n’est pas dissipée, ce projet adopté par le Conseil National de Transition le jeudi 23 septembre dernier, n’est pas du goût de Paris qui procède à un repositionnement stratégique de sa présence militaire au Mali.

Pour une autonomie sécuritaire

Le Mali va se doter d’une école de guerre pour renforcer son autonomie sécuritaire, annonçait ainsi le Colonel Assimi Goïta, Président du Conseil National de Transition, dans son message à la nation, à l’occasion du 61e anniversaire de l’indépendance de son pays. Les autorités maliennes s’engagent à donner plus de pouvoir et de liberté d’action à leur armée. Par l’acquisition de la capacité de fournir lui-même une formation de haut niveau aux officiers supérieurs de la chaîne de commandement, par le biais de cette école. Le Mali disposera désormais d’un outil efficace de réflexion, de recherche et d’analyse des questions stratégiques. C’est donc une expertise indispensable pour faire face aux enjeux liés à la planification et à la « conduite des opérations sur le terrain ».

Un projet d’action ambivalente

Il est important de noter que jusqu’ici les soldats de la chaine de commandement malienne qui luttent aux côtés des français dans l’opération Barkhane sont formés à l’étranger chez leurs partenaires de l’Union Européenne, notamment la France, l’Allemagne, l’Espagne, etc. Une coopération militaire multilatérale, bien qu’utile, mais qui ne permet pas toujours d’éradiquer le terrorisme contre lequel le pays lutte depuis plus d’une décennie. Depuis 2013, le Mali a multiplié des partenariats pour endiguer ce phénomène qui, non seulement déstabilise le pays, mais s’impose aussi comme la base arrière du terrorisme islamique en Europe. Pour répondre à cette menace régionale, la France a mis sur pied l’opération Serval en janvier 2013 avec pour mission affichée d’enrayer la progression du djihadisme islamique. Face à la faiblesse de Serval, l’opération barkhane à elle est mise sur pieds en août 2014, pour des opérations menées conjointement entre les français et ses alliés dans le sahel et le sahara contre les groupes armés salafistes. Aujourd’hui, la task force multinationale Takuba sensée conseiller, assister et accompagner les forces maliennes en coordination avec les partenaires du G5 Sahel et d’autres acteurs internationaux sur le terrain, à l’instar de l’Estonie, la République tchèque, la Suède et sans doute bientôt l’Italie, prend encore son envol. Ce projet de création de l’école de guerre au Mali permettra ainsi aux autorités maliennes de maitriser leur dépenses sur la formation des soldats à l’étranger. Bien plus, elle leur permettra d’acquérir une autonomie dans l’initiation et l’implémentation des stratégies sur le terrain de l’emploi.

Un argument diplomatique

Ce projet d’école de guerre s’impose, par ailleurs, comme argument diplomatique en faveur de Bamako à la lecture des rapports pas très sains entre les deux pays. En mai dernier, à la suite du deuxième coup d’Etat effectué par le Colonel Goïta et qui met hors des manettes du pouvoir de transition le président Bah N’daw, Emmanuel Macron menaçait deja de retirer les troupes de l’opération barkhane du sol malien si le pays « allait dans le sens d’un islamisme radical ». Bien qu’étant revenu sur la décision « à la demande des pays du G5 sahel », Emmanuel Macron entendait contraindre la junte au pouvoir à revenir à l’ordre démocratique et laisser le pouvoir aux civils. Ce désamour entre Bamako et Paris est encore exprimé par le Premier Ministre de la Transition malienne Choguel Kokalla Maïga à la tribune de l’ONU. « La nouvelle situation née de la fin de l’opération Barkhane, plaçant le Mali devant le fait accompli et l’exposant à une espèce d’abandon en plein vol, nous conduit à explorer les voies et moyens pour mieux assurer la sécurité de manière autonome ou avec d’autres partenaires, de manière à combler le vide que ne manquera pas de créer la fermeture de certaines emprises de Barkhane dans le nord de notre pays », martelait avec véhémence le premier ministre.

Mme. Florence Parly, Ministre française des Armées

Tensions autour du groupe Wagner

La France n’a cessé, ces derniers jours, de mettre en garde Bamako contre les conséquences de cette possible réorientation sécuritaire. Le 20 septembre dernier, la ministre des armées, Florence Parly, s’est rendu à Bamako à la rencontre de son homologue malien, Sadio Camara, pour signifier la « grave incompatibilité » entre le recours à ces mercenaires et le soutien occidental. « Mon objectif est de parvenir à clarifier la position des autorités maliennes et de réitérer des messages », a expliqué la ministre. Eludant soigneusement la position de son pays, Choguel Maïga s’offusquait devant la presse du fait pour la France de s’immiscer dans les orientations que le Mali fait, comme Etat souverain, sur les choix de ses partenaires. Choguel justifie ainsi la position de Bamako par le retrait amorcé, depuis l’été, des forces françaises au Mali. Les emprises de la force Barkhane créeront des vides que Bamako se trouve contraint de combler en faisant appel à d’autres partenaires.

Ayant dejà perdu leur présence en République Centrafricaine au profit des troupes russes, Paris n’entend pas se faire ravir la vedette une fois de plus. Paris craint se voir reproduire sur le sol malien le scénario Centrafricain. Il convient de rappeler que la présence des forces russes en République Centrafricaine, sur l’appel du président Touadera, a permis de réduire significativement la menace terroriste, de reprendre entièrement le contrôle de Bangui ainsi que d’autres villes stratégiques. Il faut aussi dire que c’est cette même force qui assure la garde du président. Paris fait ainsi obstacle aux russes dont l’arrivée à Bamako augurerait une assise durable dans le pays.

Ibrahim Mbombo Njoya, parcours d’un homme d’Etat

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Durant la mi-journée du lundi 27 septembre 2021, une nouvelle triste envahit la toile au Cameroun : le décès du Sultan Roi des Bamoums de suite de Covid-19. Ce qui s’apparentait aux yeux de certains à un canular sera confirmé dans la soirée par des images venus du palais royal de Foumban où l’on découvre des notables entrain d’exécuter les rites traditionnelles de l’annonce du décès du roi. Ibrahim Mbombo Njoya est donc décédé. Nous vous proposons un regard rétrospectif sur le parcours du haut comis d’État qu’il a été.  

Ibrahim Mbombo Njoya était le 19ème roi des Bamoums (peuple installé dans la région des grassfields à l’ouest du Cameroun). Fils de Seidou Njimouluh Njoya, il est né le 27 octobre 1937 à Foumban et a été intronisé Roi le 09 août 1992 ; il avait alors 55ans.  Au terme d’études primaires à Foumban, il ira poursuivre ses études secondaires en métropole Française, puis reviendra les parachever au Lycée Général Leclerc de Yaoundé. Après son Baccalauréat, il poursuivra ses études supérieures au Sénégal, à l’Institut d’Etudes Administratives Africain de Dakar. Il y obtiendra un diplôme du deuxième degré. Autorité traditionnelle depuis son intronisation, Ibrahim Mbombo Njoya a eu un parcours professionnel et une très riche carrière politico-administrative. Elle débute en 1957 au poste d’Attaché au Cabinet du Haut-commissaire Français de la République du Cameroun. Après l’indépendance du Cameroun français (de 1960 à 1962), il est nommé Directeur du Cabinet du Secrétaire d’Etat chargé de l’information puis Directeur du Cabinet du Ministre des Forces Armées. Ibrahim Mbombo Njoya a ainsi fleurté avec les couloirs du pouvoir et du milieu sportif au Cameoun dépuis sa jeunesse, il a ainsi été succéssivement: Commissaire Général à la Jeunesse, au Sport et à l’Education populaire puis Vice-ministre de l’Education nationale, de la Culture, de la Jeunesse, et des Sports et président de la FECAFOOT.

Diplomate chevronné, le Sultatnt Roi des Bamouns a été Ambassadeur du Cameroun en Guinée-Equatoriale (juillet 1970), puis Ambassadeur du Cameroun en Egypte (jusqu’en 1981). Une carrière diplomatique couronnée le 4 décembre 1981, par sa nomination au poste de Vice-ministre des Affaires Etrangères du Cameroun par le président Ahidjo. Le Roi Njoya a ainsi occupé d’importants postes régaliens dans l’architecture administrative et gouvernante du pays de Paul Biya. Deux ans après la crise politique de 1990 marquée par les villes mortes, Ibrahim Mbombo Njoya intègre l’équipe gouvernementale de Paul Biya et ceci pendant 10 ans. Il sera sucessivement Ministre des Postes et Télécommunications, Ministre de la Jeunesse et des Sports à deux reprises, Ministre de l’Information et de la Culture, Ministre de l’Administration Territoriale et Ministre délégué à la Présidence de la République chargé des Relations avec les Assemblées. Le 10 août 1992, huit mois après son entrée au gouvernement, Ibrahim Mbombo Njoya est intronisé Sultan, Roi des Bamouns. Il démissionne alors du Gouvernement pour se consacrer à ses nouvelles fonctions traditionnelles. Membre du Comité central et du Bureau politique de l’UNC l’ex-parti unique depuis mai 1984, il deviendra Membre du Comité Central et du Bureau politique du RDPC à sa création en 1985. Il a ainsi occupé la fonction de chef de la délégation du comité central du RDPC pour la région de l’ouest. Depuis 2013 jusqu’à son décès, ile Sultant Roi de Bamouns siégeait au Sénat camerounais.

Père de nombreux enfants dont l’actuel Président par intérim de la Fédération Camerounaise de football, Seidou Mbombo Njoya et de l’entraîneur de l’équipe nationale féminine de Basket-ball, Ahmed Mbombo Njoya. Il est décédé dans la nuit du 26 au 27 septembre 2021 à l’hôpital américain de Paris. Avec son décès c’est un véritable monument de l’histoire politique du Cameroun qui s’effondre. Le Roi est mort, vive le roi !

Lionel KANA

BundesRepublik: retour sur les 16 ans de politique Merkel en Europe et dans le monde.

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Angela Merkel, Chancelière Allemande 2005-2021

Arrivée au pouvoir le 30 septembre 2005, Angela Merkel garde la réputation d’un leadership de rigueur. Après 16 ans à la tête de l’exécutif de son pays, la désormais ex-chancelière allemande tire sa révérence à l’issu d’une élection fédérale à laquelle elle n’a pas pris part. Flash-back sur les quatre mandats successifs d’Angela Merkel.

En 16 ans, la chancelière Angela Merkel a marqué l’opinion publique avec des décisions sur des questions épineuses, aussi bien en Allemagne qu’à l’international. C’était le 26 septembre 2005 au Bundestag à Berlin que la nouvelle chancelière prêtait serment devant le peuple. Un serment qui augurait alors un long voyage aux manettes de l’exécutif du pays de Von Bismarck. A cette occasion, Merkel déclarait: « nous voulons créer des conditions pour que l’Allemagne soit dans le top 3 en Europe et 10 dans le monde. Pari réussi ? A en croire les sites web de classement tels que le journaldunet.com ou planificateur.a-contresens.net l’Allemagne occupe le 1er et le 4ième rang respectivement en Europe et dans le monde des pays les plus économiquement avancés en 2020. Familière à son uniforme habituel: pantalon noir et toujours le même blazer décliné de différentes couleurs; son calme, sa rigueur, ses mains en losange…Angela Merkel, la femme la plus puissante au monde selon le magazine Forbes, a sans doute laissé un important héritage politique au monde et singulièrement à ses concitoyens.

Merkel victorieuse du nucléaire

Le 11 mars 2011, survint la malheureuse catastrophe nucléaire de Fukushima au Japon. Cet accident majeur avait alors contraint la Chancelière à revenir sur ses positions en matière d’atome. Un an avant ce triste événement, Angela Merkel semblait « laisser les industriels lui dicter sa politique » en matière de nucléaire. Elle avait ainsi conclu un accord nucléaire avec trois géants industriels du secteur : E. ON, RWE, Vattenfall et EnBW. Cette accord à huis-clos consistait à rallonger la durée de vie des centrales nucléaires en fonction et par ricochet renvoyer à plus tard le passage aux énergies renouvelables contrairement à la décision de Gerhard schröder en 2002 qui préconisaient l’arrêt de ces centrales à l’horizon 2022. L’avènement de la catastrophe de Fukushima permit donc à Merkel d’opérer ce rétropédalage en faveur des 80 % des écologistes en manifestation dans les rues de Berlin. Désormais opposé au lobby nucléaire, Merkel réitèrera cette position à Paris en 2015 lors de la conférence Internationale sur le Climat. Cette expérience lui a permis de gagner en popularité.

La crise financière de 2008: Merkel de l’intransigeance au compromis

La politique budgétaire d’Angela Merkel aurait pu se résumer en un seul mot: la rigueur, la rigueur et encore la rigueur. C’est par cette doctrine de la rigueur budgétaire que la chancelière allemande a, à son temps, sanctionné les mauvais élèves de la zone économique européenne (zone euro). La Grèce a ainsi fait les frais de la politique budgétaire rigoureuse de Merkel en 2012. Pendant ces années de crise grecque, alors que le Premier Ministre Alexi Tsipras proposait pour son pays une restructuration de la dette, la chancelière lui opposait une fin de non recevoir. En fait, Athènes n’avait plus qu’une alternative: soit de se conformer à cette brèche que lui ouvrait Berlin, soit se préparer à un Grexit. Même le contrepoids franco-italien n’avait rien pu faire pour faire plier cette puissance berlinoise. Toutefois, la pandémie du coronavirus aura eu raison de cette doctrine de la rigueur budgétaire. Angela Merkel a finalement été contrainte de revoir sa position pour soutenir l’idée d’une dette commune portée par Paris. « C’est vraiment un revirement de la part de l’Allemagne, certes sous pression française et européenne et avec la médiation de Von der Leyen. Merkel l’accepte par pragmatisme » affirmait Paul Maurice, spécialiste de l’Allemagne.

Dans un premier temps, la chancelière allemande s’était opposée à l’idée de la mutualisation des créances européennes. Se rapprochant ainsi de la position des « frugaux » (Autriche, Danemark, Finlande et Pays-bas). C’est au mois de mai 2020 qu’elle propose, aux côtés d’Emmanuel Macron, la création d’un fonds de solidarité européen de 500 milliards d’euros. Cette proposition sera approuvée par tous les États membres de l’Union en Juillet 2020.

Merkel humaniste sur la gestion de la crise migratoire en Europe

L’Europe des années 2010 connait un enchainement de crises. Dès 2015, le vieux continent est assiégé par un afflux de réfugiés syriens fuyant le pays alors ravagé par la guerre civile, débouchant ainsi sur une crise migratoire d’une ampleur inédite. Ces demandeurs d’asile ont été repoussés dans plusieurs États membres de l’Union Européenne. Ils ont manifestement fait l’expérience de l’hostilité de certains pays réfractaires à l’idée de leur ouvrir les portes, à l’instar de la Hongrie, la Pologne, la République tchèque et la Slovaquie. La Hongrie de Viktor Orban ira jusqu’à construire une barrière à sa frontière avec la Serbie en Juillet 2015.

Angela Merkel, avait vivement critiquée cette attitude car elle y voyait un déni des valeurs humanistes dont l’Europe se revendique. Elle va ainsi, annoncer, à la surprise générale, l’accueil massif des réfugiés syriens dans son pays. « Wir schaffen das! » (On y arrivera) affirmait-elle alors. Plus d’un million d’entre eux regagneront la terre d’asile entre 2015 et 2016. Si la décision de la chancelière est de compétence nationale, elle aura en fait une portée européenne et mondiale car ces demandeurs d’asile ont choisi en majorité l’Allemagne où ils s’y sont installés de façon durable.

A côté de cet élan d’humanisme, il importe tout autant de noter que les motivation de Merkel furent également stratégiques du point de vue économique. La population européenne en générale et allemande singulièrement est vieillissante. La main-d’œuvre, moyen important de production s’affaiblie. La forte demande d’asile en Europe par les migrants syriens est donc une aubaine pour Merkel, lui permettant de rajeunir sa main-d’œuvre.

Cette politique migratoire de Merkel reste tout de même contestée sur le fait qu’elle est temporaire. De plus, sa place centrale dans les négociations du pacte migratoire entre l’UE et la Turquie n’ont pas échappé aux cribles de la critique. Ce pacte signé le 18 mars 2016 stipule que Ankara s’engage à empêcher, du moins drastiquement diminuer, les arrivées de migrants en Europe à partir du sol turc et à accepter le renvoi en Turquie de ceux ayant franchi la frontière avec la Grèce après la conclusion du pacte migratoire. En échange, l’UE prévoit une libéralisation des visas pour les Turcs additionné à une aide de six milliards d’euros.

Un bilan riche mais mitigé

Après 16 ans passés aux manettes de la République Fédérale d’Allemagne, Angela Merkel peut se réjouir de laisser un pays en bonne santé économique avec des avancées avérées sur les questions sociales et sociétales. Son bilan n’est cependant pas sans tâche et pêche en occurrence sur les questions environnementales. Dans la « stratégie Europe 2020 » le cap de réduction des gaz à effet de serre pour l’Allemagne est fixé à 40% en 2010. A l’horizon l’Allemagne n’avait atteint que 30%. Il est donc reproché à Merkel de n’avoir pas pris des mesures à impact fort pour atteindre l’objectif recherché. Sa préoccupation était plus centrée sur la protection d’une industrie automobile déjà mis en difficulté par la crise économique des années 2010.

Pape François: « une homélie (…) ne doit pas dépasser les dix minutes »

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Le pape est actuellement en visite en terre Slovaque. Durant rencontre qu’il a eu le lundi 13 septembre 202, au sein de la cathédrale Saint-Martin de Bratislava, avec les évêques, les prêtres, les religieux et les religieuses, les séminaristes et les catéchistes slovaques, le Saint Père a saisi l’occasion pour faire une catéchèse sur la célébration eucharistique. Parlant de l’homélie, le Souverain pontife a plaidé pour qu’elle soit brève. Un enseignement qu’il avait déjà donné en terre vaticane tout d’abord dans son exhortation Evangelii gaudium, ensuite lors de l’audience générale du Mercredi 07 Février 2018. La rédaction du Média Catholique LeChemin vous propose de revivre l’intégralité de cet enseignement via le lien: Pape François, catéchèse sur la messe. ou encore en cliquant sur Evangelii gaudium, ou sur Audience Générale du Mercredi 07 Février 2018

Samuel Eto’o Fils candidat à la présidence de la Fecafoot : « je m’engage à ne percevoir aucun salaire… »

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Le goaleador camerounais a enfin annoncé sa candidature à la prochaine élection à la présidence de la Fédération Camerounaise de Football (FECAFOOT). Au-delà de la polémique que suscite la candidature du fait de sa nationalité espagnole (Ndlr. le Cameroun ne reconnaissant pas la double nationalité), il n’en demeure pas moins que le communiqué officiel de l’annonce de candidature de Samuel Eto’o contient des engagements forts qui ne peuvent laisser indifférent tout observateur du football camerounais. Notre rédaction vous propose l’intégralité de la « profession de foi » du candidat Samuel Eto’o.

Appel à candidatures: Bourses-stages du journal Le Chemin

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Le journal Le Chemin porte à l’attention des étudiantes et étudiants en fin de premier cycle universitaire l’ouverture d’un appel à candidature pour l’octroi de quatre (04) bourses de stages professionnels pour l’année académique 2021-2022.

Bourse-stage Mongo Béti en journalisme numérique

Condition d’admissibilité

  • Être étudiante/étudiant en 3ième Licence ou en 1ière année Master dans les filières suivantes : journalisme, communication, édition ou filière connexes.
  • Être âgé de 29 ans au plus au 01 octobre 2021 ;
  • Être domicilié dans la ville de Yaoundé pendant la durée du stage ;
  • Avoir un projet professionnel ou un thème de stage sur le journalisme numérique, les TIC ou le numérique, devant conduire à la rédaction d’un rapport de stage.

Compétences requises

  • Avoir des aptitudes de communication avancée ;
  • Avoir une très bonne maitrise des logiciels Word et Power point ;
  • Etre familier de word press;
  • Avoir de très bonnes capacités d’écriture;
  • Avoir de bonnes capacités de synthèse et de commentaires de textes;
  • Avoir une très bonne expression orale;
  • Avoir une bonne maitrise de l’éthique et la rédaction journalistique
  • Avoir une bonne maitrise des techniques de rédaction en langue française;
  • Être bilingue est un atout;

Votre mandat

  • Travailler 15h/semaine du Lundi au Vendredi en raison de 3h/jour;
  • Être disponible pour les heures de travail suivant au choix : 9h00-12h00 / 12h00-15h00 /15h00-18h00.
  • Produire les mini-reportages pour nos réseaux sociaux au quotidien ;
  • Produire une revue de presse quotidienne ;
  • Faire une revue des sorties en librairies une fois par semaine avec le partenariat de la librairie des peuples noires ;
  • Produire 01 article d’actualité tous les deux jours d’au moins 600 mots;
  • Participer à la production des reportages sur les évènements couverts par le journal;
  • Animer une rubrique de notre site ou tenir un blog d’actualité dans notre site;
  • Être présent lors des réunions de la Rédaction ;

Votre Bourse-stage

  • Il vous sera versé la somme de 70.000 FCFA en deux versements de 35.000 FCFA au début et à la fin de votre période de stage ;
  • Il vous sera remis une attestation de stage professionnel de 04 mois à la fin de votre stage;
  • Si votre expérience est satisfaisante, le journal Le Chemin vous proposera un contrat d’embauche selon les possibilités.

Composition du dossier

  • Une photocopie de votre carte nationale d’identité (CNI);
  • Un certificat de scolarité ou une autre preuve similaire;
  • Un relevé de note de deuxième année (pour ceux qui sont en licence) et de troisième année licence (pour ceux qui sont en 1ière année Master);
  • Un CV mis à jour;
  • Une lettre de motivation adressée au Directeur de Le Chemin Media;
  • Un texte de 600 – 800 mots traitant un sujet d’actualité de votre choix.

Délais et adresse d’envoi des dossiers de candidatures

Les dossiers de candidature doivent être envoyés à l’adresse : lecheminraccu@gmail.com avant le 31 octobre 2021 à 23h59 délais de rigueur.

Bourse-stage Éric de Rosny en communication digitale

Condition d’admissibilité

  • Être étudiante/étudiant en 3ième Licence ou en 1ière année Master dans les filières suivantes : communication, marketing, relations publiques, édition, publicité ou filière connexes.
  • Être âgé de 29 ans au plus au 01 octobre 2021 ;
  • Être domicilié dans la ville de Yaoundé pendant la durée du stage ;
  • Avoir un projet professionnel ou un thème de stage sur la communication digitale, les TIC ou le numérique, devant conduire à la rédaction d’un rapport de stage.

Compétences requises

  • Avoir des aptitudes de communication avancée ;
  • Avoir une très bonne maitrise des logiciels Word et Power point ;
  • Etre familier de word press;
  • Avoir de très bonne capacité d’écriture;
  • Avoir de bonnes capacités de synthèse et de commentaires de textes;
  • Avoir une très bonne expression orale;
  • Avoir une bonne maitrise des techniques de rédaction en langue française;
  • Être bilingue est un atout;

Votre mandat

  • Travailler 15h/semaine du Lundi au Vendredi en raison de 3h/jour;
  • Être disponible pour les heures de travail suivant au choix : 9h00-12h00 / 12h00-15h00 /15h00-18h00.
  • Produire les publications et animations pour nos réseaux sociaux au quotidien ;
  • Monter des pitchs d’actualité pour nos réseaux sociaux;
  • Produire trois chroniques thématiques par semaine entre 600 – 800 mots;
  • Animer et gérer nos espaces publicitaires avec les partenaires;
  • Gérer nos fils d’actualités sur les réseaux sociaux (Facebook, Twitter, Instagram, LinkedIn)
  • Être présent lors des réunions de la Rédaction ;

Votre Bourse-stage

  • Il vous sera versé la somme de 70.000 FCFA en deux versements de 35.000 FCFA au début et à la fin de votre période de stage ;
  • Il vous sera remis une attestation de stage professionnel de 04 mois à la fin de votre stage;
  • Si votre expérience est satisfaisante, le journal Le Chemin vous proposera un contrat d’embauche selon les possibilités.

Composition du dossier

  • Une photocopie de votre carte nationale d’identité (CNI);
  • Un certificat de scolarité ou une autre preuve similaire;
  • Un relevé de note de deuxième année (pour ceux qui sont en licence) et de troisième année licence (pour ceux qui sont en 1ière année Master);
  • Un CV mis à jour;
  • Une lettre de motivation adressée au Directeur de Le Chemin Media;
  • Un texte de 600 – 800 mots traitant un sujet d’actualité de votre choix.

Délais et adresse d’envoi des dossiers de candidatures

Les dossiers de candidature doivent être envoyés à l’adresse : lecheminraccu@gmail.com avant le 31 octobre 2021 à 23h59 délais de rigueur.

Bourse-stage Engelbert Mveng en design web et marketing digital

Condition d’admissibilité

  • Être étudiante/étudiant en 3ième Licence ou en 1ière année Master dans les filières suivantes : communication, marketing, relations publiques, édition, publicité ou filière connexes, ou encore disposer de certifications pertinentes.
  • Être âgé de 29 ans au plus au 01 octobre 2021 ;
  • Être domicilié dans la ville de Yaoundé pendant la durée du stage ;
  • Avoir un projet professionnel ou un thème de stage sur la communication digitale, les TIC ou le numérique, devant conduire à la rédaction d’un rapport de stage.

Compétences requises

  • Avoir de bonnes aptitudes de communication ;
  • Avoir une très bonne maitrise des logiciels Word et Power point ;
  • Avoir une excellente maitrise de Word Press;
  • Avoir de très bonnes capacités de design graphique ;
  • Avoir de bonnes capacités de montage d’images et photo-création;
  • Avoir une très bonne expression orale;
  • Avoir une bonne maitrise de Photoshop ;
  • Être bilingue est un atout;

Votre mandat

  • Travailler 15h/semaine du Lundi au Vendredi en raison de 3h/jour;
  • Être disponible pour les heures de travail suivant au choix : 9h00-12h00 / 12h00-15h00 /15h00-18h00.
  • Produire des photomontages pour nos publications et animations pour nos réseaux sociaux au quotidien ;
  • Faire des montages images et audiovisuel des pitchs d’actualité pour nos réseaux sociaux;
  • Assurer les mises à jour ergonomiques de nos réseaux sociaux (Facebook, Twitter, Instagram, LinkedIn);
  • Faire les mises à jour ergonomiques de notre site web ;
  • Gérer nos politiques de cookies et de référencements avec notre webmaster ;
  • Créer nos spots publicitaires et évènementiels ;
  • Aider à la production de nos produits marketing ;
  • Être présent lors des réunions de la Rédaction ;

Votre Bourse-stage

  • Il vous sera versé la somme de 80.000 FCFA en deux versements de 40.000 FCFA au début et à la fin de votre période de stage ;
  • Il vous sera remis une attestation de stage professionnel de 04 mois à la fin de votre stage;
  • Si votre expérience est satisfaisante, le journal Le Chemin vous proposera un contrat d’embauche selon les possibilités.

Composition du dossier

  • Une photocopie de votre carte nationale d’identité (CNI);
  • Un certificat de scolarité ou une autre preuve similaire;
  • Un relevé de note de deuxième année (pour ceux qui sont en licence) et de troisième année licence (pour ceux qui sont en 1ière année Master);
  • Un CV mis à jour;
  • Une lettre de motivation adressée au Directeur de Le Chemin Media;
  • Des références de travaux ou réalisations antérieurs

Délais et adresse d’envoi des dossiers de candidatures

Les dossiers de candidature doivent être envoyés à l’adresse : lecheminraccu@gmail.com avant le 31 octobre 2021 à 23h59 délais de rigueur.

Bourse-stage Meinrad Hebga en développement Web


Condition d’admissibilité
–       Être étudiante/étudiant en 3ième Licence ou en 1ière année Master, ou disposer de certifications pertinentes dans les filières suivantes : développement web, génie logiciel, webmaster, développement d’application ou filières connexes.
–       Être âgé de 29 ans au plus au 01 octobre 2021 ;
–       Être domicilié dans la ville de Yaoundé pendant la durée du stage ;
–       Avoir un projet professionnel ou un thème de stage sur le développement web, le développement d’applications, les TIC ou le numérique, devant conduire à la rédaction d’un rapport de stage.
Compétences requises
–       Avoir des aptitudes de communication avancée ;
–       Avoir une très bonne maitrise du développement d’applications ;
–       Avoir une très bonne maitrise de Word Press et autres CMS ;
–       Avoir de très bonnes capacités de coding ;
–       Avoir de bonnes capacités de gestion de site web ;
–       Avoir une très bonne expression orale;
–       Avoir de bonnes capacités de montage de vidéos;
–       Être bilingue est un atout;
Votre mandat
–       Travailler 15h/semaine du Lundi au Vendredi en raison de 3h/jour;
–       Être disponible pour les heures de travail suivant au choix : 9h00-12h00 / 12h00-15h00 /15h00-18h00.
–       Assurer la gestion technique et la mise à jour de notre site web ;
–       Prévenir et gérer les incidents techniques;
–       Distribuer et gérer notre infolettre (newsletters);
–       Assurer l’édition et la gestion graphique de notre site;
–       Assurer la gestion de nos pages de réseaux sociaux;
–       Assurer la capacitation des rédacteurs dans l’utilisation des interfaces Word Press ;
–       Gérer et optimiser le référencement de notre site web ;
–       Optimiser nos espaces publicitaires;
–       Gestion de notre application;
–       Faire le suivi du site et produire son rapport Google Analytics chaque fin de semaine;
–       Être présent lors des réunions de la Rédaction ;
 
Votre Bourse-stage
–       Il vous sera versé la somme de 100.000 FCFA en deux versements de 50.000 FCFA au début et à la fin de votre période de stage ;
–       Il vous sera remis une attestation de stage professionnel de 04 mois à la fin de votre stage;
–       Si votre expérience est satisfaisante, le journal Le Chemin vous proposera un contrat d’embauche selon les possibilités.
Composition du dossier
–       Une photocopie de votre carte nationale d’identité (CNI);
–       Une photocopie de certificat de scolarité, de certifications ou une autre preuve similaire;
–       Une photocopie de relevé de note de deuxième année (pour ceux qui sont en licence) et de troisième année licence (pour ceux qui sont en 1ière année Master);
–       Un CV mis à jour;
–       Une lettre de motivation adressée au Directeur de Le Chemin Media;
–       Des références de travaux ou réalisations antérieurs.
Délais et adresse d’envoi des dossiers de candidatures
Les dossiers de candidature doivent être envoyés à l’adresse : lecheminraccu@gmail.com avant le 31 octobre 2021 à 23h59 délais de rigueur.

La Direction Générale de Le Chemin Media

Anthroponymie gémellaire rifass et perception de l’univers religieux chez les Bafia du Mbam central (1800-1924)

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Léopold Sédar EDONG , PhD en science du patrimoine culturel acoustique négro-africain  

Enseignant-chercheur en Histoire, Université de Dschang

E-mail : edongleopoldsedar@yahoo.fr

Résumé

Le mot rifass (pl. mefass) désigne les naissances multiples chez les Bafia. Il renvoie en même temps aux forces dont disposent les gémellaires. Au vu de cela, les anciens bafia leur ont attribué des anthroponymes qui expriment à la fois leur caractère sacré et le sentiment religieux du peuple. Parmi les noms attribués aux mefass, les jumeaux figurent : Assen (celle qui est descendue des cieux) ; Gondio (la fille des cieux) ; Rim (l’insaisissable) ; Bidias (celui qui est sorti du trou) etc. En effet, ces anthroponymes gémellaires révèlent le religare que les Bafia entretenaient avec les forces célestes et les énergies chtoniennes. Le but de cet essai historique est d’étudier le caractère sacré des anthroponymes gémellaires mefass dans l’ancienne société bafia. Autrement dit, Comment est-ce que les noms attribués aux jumeaux constituent-ils une source d’expression de la pensée religieuse endogène des Bafia ? Pour répondre à cette question, plusieurs descentes ont été effectuées dans les communautés bafia pour inventorier les noms gémellaires chez les Bafia. Ensuite, nous avons mené des entretiens auprès des patriarches, des prêtres traditionnels en charge des rituels gémellaires rifass et des géniteurs des mefass, les jumeaux pour s’imprégner de la signification des noms gémellaires bafia. Au sortir de cet exercice, nous avons procédé à la transcription, à l’analyse socio-anthropologique et historique des mi-mèfass, les noms gémellaires chez les Bafia.

Mots clés : Bafia, anthroponymie, mi-mèfass, mefass, beyali-mefass, sacré.

Introduction

L’avènement des mefass, les jumeaux était suivi avec beaucoup d’attention dans la société traditionnelle bafia. Ainsi, les ancêtres éponymes bafia s’étaient évertués à attribuer des anthroponymes sacrés à la fois aux mefass, les jumeaux et aux beyali mefass, les géniteurs. En réalité, après la naissance des gémellaires, le père portait le nom Mbassa et la mère Guébédiang. Ces anthroponymes font des géniteurs des jumeaux, les réceptacles des forces célestes et chtoniennes[1]. Par ailleurs, ceux attribués aux mefass véhiculent les énergies supérieures qu’apportent les jumeaux à la concession, à la lignée et la communauté. Les noms sacrés attribués à ces êtres sont : Assen (celle qui est descendue des cieux) ; Gondio (la fille des cieux) ; Baran (femme de grande concession, la reine) ; Bidias (celui qui est sorti du trou) ; Moudio (l’homme des cieux) et Rim (la profondeur, l’insaisissable)[2]. En clair, le répertoire des anthroponymes gémellaires constitue un support d’analyse de la perception du divin chez les anciens bafia. En quoi est-ce que les noms attribués aux mefass et aux beyali mefass reflètent les liens sacrés que les Bafia entretenaient avec les règnes célestes et chtoniens ? Nous allons d’abord présenter les origines des Bafia (1), ensuite étudier le caractère sacré des noms attribués aux géniteurs des jumeaux (2.1) et celui des êtres gémellaires (2.2)

  1. Généralités sur les origines des Bafia

Les Bafia sont situés sur la rive droite du Mbam, entre les 11015’ et 11008’ de longitude Est, et, les 4038’ et 4045’ de longitude Nord[3]. Ils partagent leurs frontières avec les Bapé à l’Ouest, les Yambassa au Nord, les Lémandé au Sud, les Deuk, les Ngoro, les Mbangassina et les Bouraka à l’Est[4]. Ce peuple est constitué des proto-et des néo-bafia.

        1.1. Les proto-Bafia (les Beké)

Les proto-bafia désignent la descendance de Mbono, un émigrant tikar qui, fuyant les raids bamoun s’était réfugié dans le Mbam-central[5]. Il eut six enfants avec sa première épouse Nké, parmi lesquels, Nyipinye et Nwaga. Ces derniers sont les ascendants des lignages mouko et kiiki. La seconde épouse de Mbono, la nommée Beleuh donna naissance à cinq enfants. Parmi ceux-ci, l’on peut citer Bitang, le fondateur du lignage qui porte son nom[6]. Les lignées nyipinye, nwaga et bitang localisées dans la partie méridionale de la plaine bafia cohabitent avec les néo-Bafia.

1.2. Les néo-Bafia (les Bekpak)

Les Bekpak désignent la descendance de Nkpak un émigrant tikar qui, fuyant les raids du roi bamoun, Nsharé avait atteint le Mbam-central. A son arrivée, Nkpak épousa une Lémandé avec qui, ils donnèrent naissance à trois fils (Zingone, Messè et Gouifé) et une fille (Ribèm). Cette dernière alla en mariage chez Lémandé à Boro. De leur union naquit un fils : Ouahia[7]. Celui-ci épousa Binkira avec qui, ils eurent cinq enfants : Seuh, Yakan, Nkam, Koro et Bessaba. En dehors du dernier (Bessaba) qui n’a pas pu enfanter, les fils de Seuh ont fondé les lignages Biamo et Dang[8]. La progéniture de Yakan a créé les communautés de Biada et Gbaram. La descendance de Nkam a donné lieu aux villages Biabezock, Rimis, Biabegoura, Biabetom et Biabegon. Les enfants de Koro ont développé les grandes familles de Goufan, Tchékani, Isséri, Lablé, Nyamsong, Dagno et Bigna.

Les fils de Zingone ont fondé les villages de Roum : Kadan, Biabeti, Boure et Bebou. Ceux de Messè ont bâti la communauté de Biamessè[9]. Les enfants de Gouifé ont créé les villages de Bep, Kek, Don, Mapwa, Kpwo et Yakamena. En vérité, les néo-Bekpak sont regroupés en cinq patriclans : les Ngam, les Yakan, Gouifé, les Koro, les Roum. Les proto et les néo-Bafia ont accordé une attention particulière à l’anthroponymie. Les noms attribués aux nouveau-nés véhiculent des messages qui peuvent exprimer les sentiments religieux. Dès lors, l’analyse porte ipso facto sur la symbolique des mi-mèfass, les anthroponymes gémellaires. Pour une bonne organisation. Nous allons étudier les anthroponymes gémellaires attribués aux beyali-mefass, les géniteurs des jumeaux et ceux des mefass, les êtres gémellaires. 

  1. La symbolique des anthroponymes des beyali-mefass [10]

Après la naissance des mefass, les jumeaux, les anciens bafia attribuaient les titres sacrés à leurs géniteurs. Le père portait le nom Mbassa et la mère Guébédiang. Nous allons nous appesantir à l’analyse du caractère sacré de ces noms attribués aux géniteurs des jumeaux.

2.1. La symbolique de l’anthroponyme Mbassa

Pour étudier la sémantique du nom Mbassa, il est important de se référer aux expressions : bassà (double) et à bassi (a doublé)[11]. Conformément à ce qui précède, Mbassa désigne ce qui est double ou doublé. Par conséquent, cet anthroponyme désigne des personnes qui incarnent des pouvoirs gémellaires capables de relier le monde terrestre à l’au-delà[12]. Dans la société traditionnelle bafia, ce nom était singulièrement attribué aux pères des jumeaux.

En effet, les Bafia conçoivent le ventre de la femme comme un espace vital dans lequel est logé un sac bàng, l’utérus[13]. Cependant, dèm, le sperme est pour les Bafia, la substance qui engendre la vie par le principe d’ovulation. Contrairement au corps de la femme qui est souvent perturbé par les souillures ibône, les menstrues, celui de l’homme est stable. En cas de fécondation, le sperme apparait être la substance qui purifie le corps de la femme en l’épargnant du saignement menstruel[14].

Sur le plan théologique, le sperme viril introduit dans l’utérus est toujours en parfaite communion avec la sphère ancestrale. Rappelons-le, chez les Bafia, les naissances gémellaires sont héréditaires et transmise d’ascendances à descendances[15]. Dès lors, l’homme à travers la qualité de son dèm, le sperme abrite en son sein plusieurs forces ancestrales susceptibles de se régénérer. Lorsqu’elles prennent possession du corps de la femme, elles se métamorphosent en gémellité pour parvenir à une nouvelle vie chez les humains[16]. À l’image des tréfonds du canari qui protègent les graines de semence, bàmbui, les testicules à travers le sperme qu’ils conservent, constituent l’habitacle des forces cosmiques.

Le double caractère sacré de l’anthroponyme Mbassa découle du fait que le géniteur abrite les forces surnaturelles qui font de lui, le relais des humains auprès des divinités[17]. Ceci étant, les Mbassa participent à la communication et à la régénération des mondes visibles et invisibles à travers la sécrétion du sperme vital. Cependant, ce dialogue ne peut avoir lieu en l’absence de l’utérus. Ainsi, les génitrices des mefass, les jumeaux, portaient l’anthroponyme Guébédiang.

2.2.  La symbolique de l’anthroponyme Guébédiang

Le terme Guébédiang attribué à la génitrice des mefass est composé du radical guéb, le nombril et du suffixe diang, le rameau du palmier à huile[18]. En effet, guéb symbolise le cordon ombilical et gôk, le placenta, les organes vitaux qui lient le fœtus et à sa mère. Ils participent à l’alimentation du fœtus, facilitent la communication entre la femme et sa progéniture. Le plus souvent, après l’accouchement, les sages-femmes coupent le cordon ombilical, les aînés de la lignée paternelle l’enterrent sous les racines de l’arbre fruitier. Ce rituel permet de rattacher le nouveau-né à la glèbe et aux forces ancestrales chtoniennes[19]. Au vus de ces éclaircissements, l’anthroponyme Guébédiang fait des génitrices des mefass des personnes qui facilitent la réincarnation et la croissance des forces gémellaires chez les Bafia. En outre, les Guébédiang peuvent être considérées comme des êtres rattachés à la glèbe. Elles peuvent communiquer avec les forces chtoniennes en toute circonstance. Le séjour des forces gémellaires chez la femme contribue à son élévation théologique[20]. Cette ascendance est symbolisée par diang di retène, le rameau du palmier à huile.

Chez les Bafia, diang, le rameau du palmier à huile est le symbole des forces sacrées ancestrales irumé[21]. En réalité, lorsque diang est attaché sur un arbre fruitier ou posé sur le chemin, les profanes ne peuvent s’y approcher, de peur d’être frappés par les sorts irumé[22]. La présence de vocable dans l’anthroponyme Guébé [diang] n’est pas anodine. Elle vient renforcer le caractère sacré des génitrices des mefass dans la société traditionnelle bafia. Nous allons procéder à l’étude de l’aspect sacré des anthroponymes mefass, les êtres gémellaires chez les Bafia.

3. La dimension sacrée des anthroponymes mefass

Lorsqu’un ménage accouchait les mefass, les jumeaux, les aînés de la concession leur attribuaient les noms en fonction de leur sexe. Les filles portaient les anthroponymes Assen (celle qui est descendue des cieux), Gondio (la fille des cieux) ou Baran (la femme de grande concession, la reine). Les garçons étaient appelés Bidias (celui qui est sorti du trou) ; Moudio (l’homme des cieux) ou Rim (la profondeur, l’insaisissable)[23].  A première vue, les noms attribués aux mefass, étaient assimilés au dio, les cieux (Gon [dio] ; Mou [dio]), aux forces chtoniennes (Bidias ; Rim) et au pouvoir royal, à la richesse (Baran). Cette étude porte sur l’analyse du caractère sacré des anthroponymes gémellaires célestes et celui des anthroponymes gémellaires chtoniens et royaux chez les Bafia.

3.1. Le caractère sacré des anthroponymes gémellaires célestes dio

Les anthroponymes gémellaires Gon [dio] et Mou [dio] symbolisent dio, l’univers céleste chez les Bafia. Ceci dit, le terme Gondio est composé de la racine gône qui signifie : jeune fille et du suffixe dio qui renvoie au ciel, à l’au-delà[24]. Toutefois, le nom Moudio est composé du radical moum, l’homme et du suffixe dio[25]. En vérité, l’attribution des noms aux enfants était un acte sacré chez les descendants tikar[26]. Au fond, les anthroponymes désignent la force intérieure qu’incarne l’être régénéré : le nouveau-né. Cette énergie vitale est rattachée aux lignées maternelles et paternelles qui soutiennent le dynamisme et l’équilibre de la descendance[27]. En ce sens, les Bafia ont attribué les noms célestes aux gémellaires pour exprimer leur caractère sacré. Ce peuple conçoit dio, les cieux comme l’univers peuplé des forces qui surpassent l’entendement des humains[28]

Ainsi, les Gondio et les Moudio sont perçus comme les envoyés de Nloé, l’Immortel[29]. Autrement dit, ce sont les ancêtres éponymes qui, par le principe de régénération conditionné par les forces transcendantales reviennent participer à la vie sous une nouvelle forme[30]. Conformément à cette philosophie religieuse, les gémellaires Gondio et Moudio sont les intercesseurs des humains auprès des ordres de dio, l’univers célestes. Pour cette raison, les êtres gémellaires étaient vénérés, il était proscrit de les offenser, de peur d’être victime des représailles du mauvais sort[31]. Le rituel rifass leur était accordé pour bénéficier de leur clémence susceptible d’apporter la prospérité à la communauté.

L’anthroponomie gémellaire montre que les anciens bafia entretenaient des liens théologiques avec dio, l’univers céleste. En effet, le ciel était diamétralement opposé à moum, l’homme. Au temps jadis, ce lieu était considéré comme la demeure de Nloé, l’Immortel et des héros sociaux : les défunts patriarches sacralisés[32]. Comme le disait Hubert Deschamp, les civilisations africaines connaissaient la notion du Dieu Créateur[33]. Il était éternel, infini et vivait « dans un ciel invisible », trop lointain pour être accessible. Il était associé aux « dieux secondaires », les ancêtres chargés de s’occuper des affaires terrestres[34]. Ces derniers pouvaient se transformer en êtres gémellaires pour accomplir leur mission auprès des humains.

Après avoir exposé le caractère sacré des anthroponymes gémellaires dio, nous allons étudier celui des anthroponymes associés au règne terrestre.

3.2. Les anthroponymes gémellaires associés aux énergies chtoniennes

Les noms relevant du règne terrestre que les aînés attribuaient aux mefass, les jumeaux sont : Bidias, Rim et Baran. De prime abord, le terme Bidias est composé du radical dias, le trou et du préfixe bi qui indique le lieu, la provenance[35]. Ainsi, Bidias signifie ce qui provient du trou d’un arbre, d’un rocher ou de la couche terrestre. Cette terminologie est proche de celle de Rim qui renvoie à la profondeur du trou. En outre, ce terme désigne ce qui est caché, difficilement visible, voire insaisissable dans un trou profond[36]. La juxtaposition de ces anthroponymes laisse penser que les gémellaires Bidias et Rim sont des règnes chtoniens, difficilement saisissables.

Cependant, le nom Baran est proche de l’adjectif râne-râne employé pour désigner les hommes de grandes concessions qui disposaient de plusieurs épouses, des enfants et des biens matériels[37]. En ce sens, les Baran désignent les femmes de la cour qui possèdent la richesse et la gloire. Dès lors, les jumelles qui portaient cet anthroponyme étaient liées à la glèbe, elles étaient fécondes, leurs productions étaient abondantes[38]. En tout état de cause, l’anthroponymie gémellaire associée aux forces chtoniennes montre que les jumeaux sont liés au règne terrestre. Par ricochet, les mefass sont investis des pouvoirs chtoniens utiles à la survie des populations locales.

Conclusion

L’anthroponymie rifass a permis de catégoriser le registre des noms attribués aux gémellaires chez les Bafia du Mbam central. Le répertoire des noms gémellaires des géniteurs comporte les anthroponymes Mbassa et Guébédiang. Ces noms découlent du principe de régénération des forces transcendantales ancestrales et font des géniteurs des mefass (les jumeaux) les centripètes des énergies célestes et chtoniennes. Le répertoire des noms attribués aux êtres gémellaires est constitué des anthroponymes célestes dio et celui des anthroponymes chtoniens. Ces registres anthroponymiques font des mefass, les intercesseurs des humains auprès des forces supérieures cosmiques. Cependant, il faut préciser que l’avènement de l’européo-christianisme à Bafia (1924) a assimilé les anthroponymes endogènes bafia.

Sources et références bibliographiques

Sources orales

– Entretien avec Alain Bessong, thérapeute et patriarche, 70 ans, le 20 juillet à Bigna(Bafia).

– Entretien avec Alfred Bessong à Beleck, 78 ans, devin et thérapeute, le 12 décembre 2018 à Miogo(Bafia)

– Entretien avec Amadou Mbassa à Zock, 85 ans, patriarche, le 30 décembre 2017, au quartier résidentiel (Bafia). 

– Entretien avec Belfeka à Diback, 66 ans, mère des jumeaux, le 02 janvier 2019 à Wandala (Bafia).

– Entretien avec Bong à Djock, 70 ans, matriarche, le 1er janvier 2019 à Bigna (Bafia).

– Entretien avec Dagobert Besseng à Mbassa, 63 ans, père des jumeaux et patriarche, le décembre 2017 à Mereng(Bafia).

– Entretien avec Gidéon Mpon à Yakan, 80 ans, patriarche, le10 juin 2017 à Gouifé(Bafia).

– Entretien avec Justin Maboué à Lambé, 69 ans, devin et thérapeute, le 28 février 2017 à Nyamsong(Bafia).

– Entretien avec Kpolom à Borock, 101 ans, purificatrice et matriarche, le 27 décembre 2018 à Bigna(Bafia).

–  Entretien avec Moïse Itohong, 63 ans, sacrificateur, le 13 mai 2018 à Tchekani(Bafia).

– Entretien avec Roger Zom, 61 ans, sacrificateur, le 12 mai 2018 à Tchekani(Bafia).

Bibliographie

Ouvrages

Hubert Deschamp, Les religions de l’Afrique Noire, Que sais-je ? P.U.F., Paris, 1965.

Placide Tempels, La philosophie bantoue, Présence africaine, Paris, 1949.

Mémoires et Thèses

Aunel Malaury Afaga, « La chefferie traditionnelle yambassa (1889-1958) : Essai d’analyse historique », mémoire de Master en Histoire, Université de Yaoundé I, 2013.

Gabriel Maxime Dong Mougnol, « Le pays bafia précolonial », mémoire de Maîtrise en Histoire, Université de Yaoundé I, 1998.

Léopold Sédar Edong, « Symboliques et fonctions des chants et danses bafia (1800-1944) », Thèse de Doctorat Ph.D en Histoire, Université de Dschang, 2020.

Paul Emog, « Les pays Banen et Bafia de 1901 à 1945 : Le poids de la colonisation (essai d’étude historique) », Thèse de Doctorat 3è cycle en Histoire, Université de Yaoundé, 1987.

Articles

Léopold Sédar Edong, « Caractère sacré de l’initiation traditionnelle des garçons à l’âge adulte chez les Ngambé-Tikar du Centre-Cameroun », in Fouéllefak Kana Célestine Colette et Nzessé Ladislas (S/Dir.), Patrimoine culturel africain : Matériau pour l’histoire, outil de développement, Harmattan, Paris, 2017, pp. 161-179.

Léopold Sédar Edong, « La perception du temps chez les Bafia du Centre (Cameroun) », in Rhumsiki : Des savoirs locaux en Afrique, Revue scientifique de la Faculté des Arts, Lettres et Sciences Humaines de l’Université de Maroua, Hors-Série n0 01, novembre 2018, pp. 65-77.

Archives

Archives Départementales de Bafia, « Note sur l’origine de la tribu bafia », in Rapport du Chef de la Circonscription de Bafia à Monsieur le Commissaire de la République, le 02 mars 1993.

Les notes de bas de page

[1]Ph.D en Histoire des Civilisations et Religions, Enseignant-Chercheur au Département d’Histoire et Archéologie de l’Université de Dschang, auteur de plusieurs articles scientifiques sur les pratiques religieuses africaines.

Entretien avec Mbassa à Zock, Amadou, 85 ans, patriarche, le 30 décembre 2017, au quartier résidentiel (Bafia).

Entretien avec Bong à Djock, 70 ans, matriarche, le 1er janvier 2019 à Bigna (Bafia).

Emog Paul, « Les pays Banen et Bafia de 1901 à 1945 : Le poids de la colonisation (essai d’étude historique) », Thèse de Doctorat 3è cycle en Histoire, Université de Yaoundé, 1987, p. 03.

-Edong Léopold Sédar, « La perception du temps chez les Bafia du Centre (Cameroun) », in Rhumsiki : Des savoirs locaux en Afrique, Revue scientifique de la Faculté des Arts, Lettres et Sciences Humaines de l’Université de Maroua, Hors-Série n0 01, novembre 2018, p.66.

-Dong Mougnol Gabriel Maxime, « Le pays bafia précolonial », mémoire de Maîtrise en Histoire, Université de Yaoundé I, 1998, p. 08.

-Afaga Aunel Malaury, « La chefferie traditionnelle yambassa (1889-1958) : Essai d’analyse historique », mémoire de Master en Histoire, Université de Yaoundé I, 2013, p. 32.

-Archives Départementales de Bafia, « Note sur l’origine de la tribu bafia », in Rapport du Chef de la Circonscription de Bafia à Monsieur le Commissaire de la République, le 02 mars 1993.

-Edong Léopold Sédar, « Symboliques et fonctions des chants et danses bafia (1800-1944) », Thèse de Doctorat Ph.D en Histoire, Université de Dschang, 2020, pp. 13-14.

-Archives Départementales de Bafia, « Note sur l’origine de la tribu bafia »…

-Les beyali-mefass sont les géniteurs des jumeaux.

-Entretien avec Maboué à Lambé, Justin, 69 ans, devin et thérapeute, le 28 février 2017 à Nyamsong(Bafia).

-Entretien avec Besseng à Mbassa, Dagobert, 63 ans, père des jumeaux et patriarche, le décembre 2017 à Mereng(Bafia).

-Entretien avec Bedièh à Goura, Sylvie 80 ans, matriarche…

-Ibidem.

-Ibidem.

-Entretien avec Bessong, Alain, thérapeute et patriarche, 70 ans, le 20 juillet à Bigna(Bafia).

-Entretien avec Kpolom à Borock, 101 ans, purificatrice et matriarche, le 27 décembre 2018 à Bigna(Bafia).

-Entretien avec Belfeka à Diback, 66 ans, mère des jumeaux, le 02 janvier 2019 à Wandala (Bafia).

-Edong Léopold Sédar, « Caractère sacré de l’initiation traditionnelle des garçons à l’âge adulte chez les Ngambé-Tikar du Centre-Cameroun », in Fouéllefak Kana Célestine Colette et Nzessé Ladislas (S/Dir.), Patrimoine culturel africain : Matériau pour l’histoire, outil de développement, Paris, Harmattan, 2017, p. 168.

-Entretien avec Bessong à Beleck, Alfred, 78 ans, devin et thérapeute, le 12 décembre 2018 à Miogo(Bafia).

-Edong Léopold Sédar, « Symboliques et fonctions des chants et danses… », pp. 114-146.

-Entretien avec Bessong à Beleck, Alfred, 78 ans, devin et thérapeute…

-Entretien avec Bong à Djock, 70 ans, matriarche…

-Entretien avec Mpon à Yakan, Gidéon, 80 ans, patriarche, le10 juin 2017 à Gouifé(Bafia).

-Entretien avec Itohong, Moïse, 63 ans, sacrificateur, le 13 mai 2018 à Tchekani(Bafia).

-Edong Léopold Sédar, « Caractère sacré de l’initiation traditionnelle des garçons… », p. 167.

-Tempels Placide, La philosophie bantoue, Paris, Présence africaine, 1949, p.68.

-Entretien avec Zom, Roger, 61 ans, sacrificateur, le 12 mai 2018 à Tchekani(Bafia).

-Ibidem.

-Entretien avec Itohong, Moïse, 63 ans, sacrificateur…

-Entretien avec Mpon à Yakan, Gidéon, 80 ans, patriarche…

-Entretien avec Bessong, Alain, thérapeute et patriarche, 70 ans…

-Deschamp Hubert, Les religions de l’Afrique Noire, Que sais-je ?, Paris, P.U.F., 1965, pp.30-31. 

-Ibid. p. 32.

-Entretien avec Kpolom à Borock, 101 ans, purificatrice et matriarche…

-Entretien avec Mpon à Yakan, Gidéon, 80 ans, patriarche…

-Entretien avec Itohong, Moïse, 63 ans, sacrificateur…

-Ibidem.

[1]Ph.D en Histoire des Civilisations et  Religions, Enseignant-Chercheur au Département d’Histoire et Archéologie de l’Université de Dschang, auteur de plusieurs articles scientifiques sur les pratiques religieuses africaines.

[2]Entretien avec Mbassa à Zock, Amadou, 85 ans, patriarche, le 30 décembre 2017, au quartier résidentiel (Bafia).

[3] Entretien avec Bong à Djock, 70 ans, matriarche, le 1er janvier 2019 à Bigna (Bafia).

[4]Emog Paul, « Les pays Banen et Bafia de 1901 à 1945 : Le poids de la colonisation (essai d’étude historique) », Thèse de Doctorat 3è cycle en Histoire, Université de Yaoundé, 1987, p. 03.

[5]Edong Léopold Sédar, « La perception du temps chez les Bafia du Centre (Cameroun) », in Rhumsiki : Des savoirs locaux en Afrique, Revue scientifique de la Faculté des Arts, Lettres et Sciences Humaines de l’Université de Maroua, Hors-Série n0 01, novembre 2018, p.66.

[6]Dong Mougnol Gabriel Maxime, « Le pays bafia précolonial », mémoire de Maîtrise en Histoire, Université de Yaoundé I, 1998, p. 08.

[7]Afaga Aunel Malaury, « La chefferie traditionnelle yambassa (1889-1958) : Essai d’analyse historique », mémoire de Master en Histoire, Université de Yaoundé I, 2013, p. 32.

[8]Archives Départementales de Bafia, « Note sur l’origine de la tribu bafia », in Rapport du Chef de la Circonscription de Bafia à Monsieur le Commissaire de la République, le 02 mars 1993.

[9]Edong Léopold Sédar, « Symboliques et fonctions des chants et danses bafia (1800-1944) », Thèse de Doctorat Ph.D en Histoire, Université de Dschang, 2020, pp. 13-14.

[10]Archives Départementales de Bafia, « Note sur l’origine de la tribu bafia »…

[11]Les beyali-mefass sont les géniteurs des jumeaux

[12]Entretien avec Maboué à Lambé, Justin, 69 ans, devin et thérapeute, le 28 février 2017 à Nyamsong(Bafia).

[13]Entretien avec Besseng à Mbassa, Dagobert, 63 ans, père des jumeaux et patriarche, le décembre 2017 à Mereng(Bafia).

[14]Entretien avec Bedièh à Goura, Sylvie 80 ans, matriarche…

[15]Ibidem.

[16]Ibidem.

[17]Entretien avec Bessong, Alain, thérapeute et patriarche, 70 ans, le 20 juillet à Bigna(Bafia).

[18]Entretien avec Kpolom à Borock, 101 ans, purificatrice et matriarche, le 27 décembre 2018 à Bigna(Bafia).

[19]Entretien avec Belfeka à Diback, 66 ans, mère des jumeaux, le 02 janvier 2019 à Wandala (Bafia).

[20]Edong Léopold Sédar, « Caractère sacré de l’initiation traditionnelle des garçons à l’âge adulte chez les Ngambé-Tikar du Centre-Cameroun », in Fouéllefak Kana Célestine Colette et Nzessé Ladislas (S/Dir.), Patrimoine culturel africain : Matériau pour l’histoire, outil de développement, Paris, Harmattan, 2017, p. 168.

[21]Entretien avec Bessong à Beleck, Alfred, 78 ans, devin et thérapeute, le 12 décembre 2018 à Miogo(Bafia)

[22]Edong Léopold Sédar, « Symboliques et fonctions des chants et danses… », pp. 114-146.

[23]Entretien avec Bessong à Beleck, Alfred, 78 ans, devin et thérapeute…

[24]Entretien avec Bong à Djock, 70 ans, matriarche…

[25]Entretien avec Mpon à Yakan, Gidéon, 80 ans, patriarche, le10 juin 2017 à Gouifé(Bafia).

[26]Entretien avec Itohong, Moïse, 63 ans, sacrificateur, le 13 mai 2018 à Tchekani(Bafia).

[27]Edong Léopold Sédar, « Caractère sacré de l’initiation traditionnelle des garçons… », p. 167.

[28]Tempels Placide, La philosophie bantoue, Paris, Présence africaine, 1949, p.68.

[29]Entretien avec Zom, Roger, 61 ans, sacrificateur, le 12 mai 2018 à Tchekani(Bafia).

[30]Ibidem

[31]Entretien avec Itohong, Moïse, 63 ans, sacrificateur…

[32]Entretien avec Mpon à Yakan, Gidéon, 80 ans, patriarche…

[33]Entretien avec Bessong, Alain, thérapeute et patriarche, 70 ans…

[34]Deschamp Hubert, Les religions de l’Afrique Noire, Que sais-je ?, Paris, P.U.F., 1965, pp.30-31. 

[35]Ibid. p. 32.

[36]Entretien avec Kpolom à Borock, 101 ans, purificatrice et matriarche…

[37]Entretien avec Mpon à Yakan, Gidéon, 80 ans, patriarche…

[38]Entretien avec Itohong, Moïse, 63 ans, sacrificateur… [39]Ibidem.


[1] Entretien avec Mbassa à Zock, Amadou, 85 ans, patriarche, le 30 décembre 2017, au quartier résidentiel (Bafia).

[2] Entretien avec Bong à Djock, 70 ans, matriarche, le 1er janvier 2019 à Bigna (Bafia).

[3] Emog Paul, « Les pays Banen et Bafia de 1901 à 1945 : Le poids de la colonisation (essai d’étude historique) », Thèse de Doctorat 3è cycle en Histoire, Université de Yaoundé, 1987, p. 03.

[4] Edong Léopold Sédar, « La perception du temps chez les Bafia du Centre (Cameroun) », in Rhumsiki : Des savoirs locaux en Afrique, Revue scientifique de la Faculté des Arts, Lettres et Sciences Humaines de l’Université de Maroua, Hors-Série n0 01, novembre 2018, p.66

[5] Dong Mougnol Gabriel Maxime, « Le pays bafia précolonial », mémoire de Maîtrise en Histoire, Université de Yaoundé I, 1998, p. 08.

[6] Afaga Aunel Malaury, « La chefferie traditionnelle yambassa (1889-1958) : Essai d’analyse historique », mémoire de Master en Histoire, Université de Yaoundé I, 2013, p. 32.

[7] Archives Départementales de Bafia, « Note sur l’origine de la tribu bafia », in Rapport du Chef de la Circonscription de Bafia à Monsieur le Commissaire de la République, le 02 mars 1993.

[8] Edong Léopold Sédar, « Symboliques et fonctions des chants et danses bafia (1800-1944) », Thèse de Doctorat Ph.D en Histoire, Université de Dschang, 2020, pp. 13-14.

[9] Archives Départementales de Bafia, « Note sur l’origine de la tribu bafia »…

[10] Les beyali-mefass sont les géniteurs des jumeaux

[11] Entretien avec Maboué à Lambé, Justin, 69 ans, devin et thérapeute, le 28 février 2017 à Nyamsong(Bafia).

[12] Entretien avec Besseng à Mbassa, Dagobert, 63 ans, père des jumeaux et patriarche, le décembre 2017 à Mereng(Bafia).

[13] Entretien avec Bedièh à Goura, Sylvie 80 ans, matriarche…

[14] Ibidem.

[15] Ibidem.

[16] Entretien avec Bessong, Alain, thérapeute et patriarche, 70 ans, le 20 juillet à Bigna(Bafia).

[17] Entretien avec Kpolom à Borock, 101 ans, purificatrice et matriarche, le 27 décembre 2018 à Bigna(Bafia).

[18] Entretien avec Belfeka à Diback, 66 ans, mère des jumeaux, le 02 janvier 2019 à Wandala (Bafia).

[19] Edong Léopold Sédar, « Caractère sacré de l’initiation traditionnelle des garçons à l’âge adulte chez les Ngambé-Tikar du Centre-Cameroun », in Fouéllefak Kana Célestine Colette et Nzessé Ladislas (S/Dir.), Patrimoine culturel africain : Matériau pour l’histoire, outil de développement, Paris, Harmattan, 2017, p. 168

[20] Entretien avec Bessong à Beleck, Alfred, 78 ans, devin et thérapeute, le 12 décembre 2018 à Miogo(Bafia)

[21] Edong Léopold Sédar, « Symboliques et fonctions des chants et danses… », pp. 114-146.

[22] Entretien avec Bessong à Beleck, Alfred, 78 ans, devin et thérapeute…

[23] Entretien avec Bong à Djock, 70 ans, matriarche…

[24] Entretien avec Mpon à Yakan, Gidéon, 80 ans, patriarche, le10 juin 2017 à Gouifé(Bafia).

[25] Entretien avec Itohong, Moïse, 63 ans, sacrificateur, le 13 mai 2018 à Tchekani(Bafia).

[26] Edong Léopold Sédar, « Caractère sacré de l’initiation traditionnelle des garçons… », p. 167

[27] Tempels Placide, La philosophie bantoue, Paris, Présence africaine, 1949, p.68.

[28] Entretien avec Zom, Roger, 61 ans, sacrificateur, le 12 mai 2018 à Tchekani(Bafia).

[29] Ibidem

[30] Entretien avec Itohong, Moïse, 63 ans, sacrificateur…

[31] Entretien avec Mpon à Yakan, Gidéon, 80 ans, patriarche…

[32] Entretien avec Bessong, Alain, thérapeute et patriarche, 70 ans…

[33] Deschamp Hubert, Les religions de l’Afrique Noire, Que sais-je ?, Paris, P.U.F., 1965, pp.30-31

[34] Ibid. p. 32.

[35] Entretien avec Kpolom à Borock, 101 ans, purificatrice et matriarche…

[36] Entretien avec Mpon à Yakan, Gidéon, 80 ans, patriarche…

[37] Entretien avec Itohong, Moïse, 63 ans, sacrificateur…

[38] Ibidem.

La religion des Basaa à la lumière des travaux de l’Abbé Simon Mpékè

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Patrick Romuald JIE JIE, PhD en histoire culturelle et religieuse

Enseignant au département d’histoire de l’Ecole Normale Supérieure de Bertoua Université de Ngaoundéré, Cameroun E-mail : jiejiepatrickromuald@yahoo.fr

Résumé

Abbé Simon Mpèkè dit « Baba Simon » à travers son ouvrage La Religion des Bakôkô, nous donne un aperçu général sur les croyances traditionnelles en vigueur chez les basaa. Cette religion traditionnelle n’est pas une religion révélée ; elle n’a pas de prophète ni de livre Saint comme la Bible ou le Coran. C’est une religion basée sur le culte des ancêtres, la vénération des esprits et des génies, et la prise en compte d’un certains nombres d’interdits, d’abstinences et de sacrifices. De même que les chrétiens croient en l’au-delà, la religion des basaa défini elle aussi un au-delà comme une cité des bons et des méchants. Cette philosophie religieuse basaa met au jour la richesse et la diversité des croyances dans les civilisations des peuples d’Afrique subsaharienne.

Mots clés : Travaux, religion, traditionnelle, Mpèkè, Basaa.

Introduction

Pour plusieurs peuples africains, le monde est régi par un Dieu suprême-créateur et Maître du cosmos. Le plus souvent Dieu est considéré comme lointain pour être facilement accessible. Des études plus récentes offrent une compréhension alternative de cette représentation de l’Être Suprême : Celui-ci est aussi perçu comme un Dieu attentif aux humains, et donc proche de l’homme et de son milieu. La véritable figure de Dieu serait ainsi appréhendée dans le paradoxe même du lointain-proche, de l’absent-présent. Comme le dit René Luneau : « Il faut donc que Dieu ne soit pas
compromis, sans pourtant cesser d’être le dernier recours qui garantit à l’homme le sens de sa vie
»[1]. Les Basaa que nous avons choisis pour cette étude, croient à l’existence d’un seul Dieu qu’ils appellent Nyambè, le Très Haut. À leurs yeux, Dieu est un être incompréhensible, absolument invisible. Un Être suprême et souverain à qui on accède
difficilement. Nyambè est le Créateur et le Maître absolu de toutes choses, la Cause en dernière analyse de tous les évènements jusqu’aux plus petites choses. Il trône dans les cieux, où une multitude d’esprits, « les serviteurs du Très Haut », remplissent minutieusement ses ordres et lui rendent des honneurs indicibles. Tel est le contenu de fond de la religion traditionnelle Basaa. L’abbé Simon Mpèkè qui a beaucoup travaillé sur la religion traditionnelle des Bakoko[2], nous donne un aperçu intéressant de cette philosophie religieuse africaine en abordant la notion de Dieu chez les Basaa. Une cosmogonie constituée d’un monde peuplé par les esprits et les génies, caractérisé par l’importance des ancêtres et le rôle des fétiches. Cette étude présente les principes fondamentaux de la religion traditionnelle Basaa à la lumière des travaux de Simon Mpèkè, un prêtre catholique missionnaire originaire de ce peuple installé principalement dans les régions du centre et du littoral camerounais. L’approche analytique avec des données écrites et surtout anthropologiques du fait religieux africain a été mobilisée pour conduire la recherche.

  1. Qui est l’Abbé Simon Mpèkè ?

Simon Mpékè naît vers 1906 à Batombé (Edéa) au Cameroun, de parents cultivateurs non chrétiens. En 1914, alors qu’il fréquente l’école tenue par les Pallottins allemands, il demande le baptême. Il sera exaucé le 14 Août 1918 à Edéa après la première guerre mondiale, par les Spiritains français sous le nom de Simon. Il exerce ensuite le métier d’instituteur dans des écoles de brousse puis à la mission centrale d’Edéa. C’est là, en 1921, qu’il apprend « qu’un Noir peut devenir prêtre ». Il va rompre ses fiançailles avec la jeune fille qui lui était promise et se mettre à l’étude du latin avec un petit groupe d’amis. En août 1924, il intègre le petit séminaire de Yaoundé qui a ouvert ses portes en Juillet 1923. Le 08 Décembre 1935, il fait partie de la promotion des huit premiers prêtres Camerounais. Habité par le goût de la contemplation, il formât depuis le séminaire le projet de la fondation d’une congrégation active et contemplative. En 1936, il est nommé vicaire dans une mission de brousse où son passage a laissé le souvenir d’un prêtre très zélé, profondément spirituel, qui n’a cessé de se dépenser sans compter. Marqué par la théologie de son époque, l’abbé Mpékè s’engage fortement contre la pratique des religions traditionnelles de sa région de mission. Repéré comme un prêtre de grande valeur, il est nommé en 1947 à la grande paroisse de New-Bell à Douala. Il en deviendra le curé au bout d’un an. Il participe à l’essor de sa paroisse en développant des confréries diverses ; soutenant les mouvements d’Action Catholique, les écoles, et faisant preuve d’une disponibilité et d’une générosité totale pour ses ouailles. Son souci du dialogue permanent avec les responsables des religions traditionnelles et de la rencontre avec les musulmans en a fait un précurseur du dialogue interreligieux.

Au début des années 1950, l’installation des fraternités de Frères et de Sœurs de Jésus dans sa paroisse lui fait découvrir la spiritualité de Charles de Foucauld. En 1953, il intègre l’Institut séculier des Frères de Jésus et demande une année sabbatique pour faire son « noviciat » en Algérie. Il est l’un des fondateurs au niveau international de l’Union Sacerdotale Jésus Caritas et son premier responsable au Cameroun et en Afrique. Prêtre très aimé et très influent, il fût proposé avec deux autres de ses confrères au poste d’auxiliaire de son Évêque. Vers 1954, il ressent un appel à participer à l’évangélisation des populations dites « païennes » du Nord du Cameroun. Ayant mûrement réfléchi, prié, et porté par le dynamisme missionnaire de l’Encyclique Fidei Donum, il devient en 1959le premier prêtre séculier Camerounais missionnaire dans son propre pays. Après un bref séjour dans une communauté de Frères de Jésus, il s’installe à Tokombéré, dans l’actuel diocèse de Maroua-Mokolo. Vivant pour lui-même dans un total dénuement, Simon Mpèkè le « missionnaire aux pieds nus » passe sa vie à lutter contre la misère dans laquelle croupissent ses ouailles. Sa vie de prière intense et sa joie communicante en faisaient un témoin du message de l’évangile dans les villages les plus reculés de son territoire paroissial. Comme premier Curé, en plus d’un hôpital, l’abbé Mpékè construit une école primaire. De fait, par l’école, les structures sanitaires, l’engagement contre l’injustice sociale, l’encadrement des jeunes et l’appel à la fraternité universelle, Simon Mpékè fait une réelle promotion de populations jusque-là méprisées. Son souci du dialogue permanent avec les responsables des religions traditionnelles et de la rencontre avec les musulmans en a fait un précurseur du dialogue interreligieux. Une dynamique remise à l’honneur par Vatican II et qui lui a mérité le surnom sous lequel il est encore vénéré plus de 40 ans après sa mort tant par les chrétiens que les non-chrétiens : « Baba Simon. » (Papa Simon). Il a néanmoins affronté les incompréhensions des milieux de mission où il était considéré comme un trouble-fête. Dans le Nord Cameroun, l’Islam occupe une place influente dans la vie sociale. Aussi, les dignitaires traditionnels regardaient avec méfiance ce nouveau venu qui prétendait apporter la religion chrétienne et surtoutqui affirmait que le Kirdi est un frère à aimer, et à accueillir aussi comme fils de Dieu. Les Kirdis eux-mêmes éprouvaient une certaine méfiance envers ce prêtre venu du Sud et de ses collaborateurs. Baba Simon supporta les vexations, les abus de pouvoir, les tracasseries de toutes sortes qui surgirent pour empêcher son action. Il s’engageât activement contre les injustices commises contre des populations asservies. Le 13 Août 1975, l’abbé Mpékè s’est éteint, épuisé par une vie entièrement consacrée à Dieu et aux hommes.

  1. Les principes fondamentaux de la religion traditionnelle basaa selon Simon Mpèkè
    1. considération de la Divinité chez les Basaa

Pour le basaa, le milieu cosmique est régi par un Dieu suprême-créateur et maître du cosmos. L’importance de son rôle dans les affaires du monde, écrit H. Deschamps, est très diversement appréciée. Le plus souvent, il est considéré comme trop lointain pour être facilement accessible[1]. En prenant en compte les études de l’Abbé Simon Mpèkè sur les religions traditionnelles africaines, on peut comprendre que les Basaa ont de tout temps cru à l’existence de Dieu, et d’un seul Dieu, Nyambè, le Très Haut. À leurs yeux, Dieu est un être incompréhensible, absolument invisible à tout regard humain, un souverain difficilement accessible. Il est Créateur et Le Basaa attaché aux croyances ancestrales applique toute son attention à observer chaque jour tout ce qui se passe en lui et autour de lui. Le Maître absolu de toutes choses, la Cause en dernière analyse de tous les évènements, jusqu’aux plus petites choses. Il trône dans les cieux, où une multitude d’esprits, « les serviteurs du Très Haut », remplissent minutieusement ses ordres et lui rendent des honneurs indicibles[2]. Par ces esprits, Nyambè exerce son emprise sur les hommes par l’intermédiaire des mânes. Son action directe sur les hommes est rare. Mais du haut du ciel, il voit absolument tout, et rien, ne fût-ce qu’un vol d’oiseau, ne peut s’effectuer sans sa permission. Les ordres émanant de lui arrivent aux hommes par des intermédiaires, mais instantanément. Le Basaa attaché aux croyances ancestrales applique toute son attention à observer chaque jour tout ce qui se passe en lui et autour de lui. Il interprète ces évènements en leur donnant des sens mystiques. Cette pratique se base sur le fait que tout nous vient de la haute direction de Nyambè, le Très Haut, et que ce Très Haut ne fait rien inutilement. Les hommes assidus à scruter les signes de Nyambè ont créé le cérémonial des « rites fétichistes ». Concernant les explications des situations et des circonstances auxquelles les hommes sont ordinairement confrontés au cours de leur vie, la religion Bassa produit des explications mystiques qui permettent aux hommes de saisir le sens des signes de Nyambè[3]. D’autres, signes ou connaissances plus complexes, concernant principalement les maladies, ne sont connus que des spécialistes : les féticheurs.

Voici quelques exemples :

– se heurter le pied gauche contre une pierre peut être le présage d’un sinistre évènement, dont l’importance est déterminée par la grosseur du doigt de pied qui a immédiatement subi le choc. En conséquence, il faudrait consulter le féticheur sur les mesures à prendre pour écarter le danger imminent ;

– la rencontre d’un myriapode de couleur violette est l’augure d’un évènement heureux ;
– la présence d’un papillon dans la maison signifie l’arrivée prochaine d’un hôte dont la valeur est indiquée par la grosseur et la diversité des couleurs de l’insecte[4] ;

– On connaît également les causes immédiates de certaines maladies ;
– La nourriture donnée à contrecœur provoque les maux de ventre ;
– Avoir des abcès sous l’aisselle, ainsi que tout mal d’yeux, peut être considéré comme une punition de la curiosité des regards ; Une toux mesurable accompagnée de vomissements de sang décèle un assassin[5].

 Pour le Basaa, c’est toujours le Très Haut qui envoie ces nombreux messages pour récompenser ; Prévenir un danger imminent ; ou rappeler à l’ordre par la peine corporelle. Ce sont là quelques éléments non exhaustifs de la cosmogonie des Basaa.

  1.  Le monde des esprits et des génies

Le culte des ancêtres, avec ses rites et ses croyances, est un aspect régulier des religions traditionnelles en Afrique noire[1]. Mais à côté de ce culte permanent, il existe une extrême variété de rapports avec d’autres catégories de puissances invisibles. Ces entités spirituelles que les auteurs appellent « dieux secondaires », génies ou esprits, ont des marqueurs sociaux spécifiques à chaque ethnie. Elles sont inscrites dans une hiérarchie spirituelle ethnique qui se fonde sur la nature de leurs rapports aux hommes, à la société et à son environnement[2]. Qu’il y ait ou non, au sommet de la hiérarchie des forces intermédiaires, un premier moniteur, prototype de l’homme, l’univers invisible apparaît peuplé d’esprits ou de génies de nature très diversifiée, parfois complémentaires, parfois opposés entre eux. Ces entités peuvent être autochtones ou allogènes, c’est-à-dire d’origine étrangère, présentées comme des esprits Un esprit est un être raisonnable, en soi invisible, mais devenu quelquefois visible, grâce à une matière spirituelle qui lui est toujours inhérente. Maîtres de la transe et de la possession, elles peuvent également être des ancêtres mythiques ou des personnages historiques (rois, devins). Certains de ces esprits se déplacent, d’autres sont sédentaires, attachés à des lieux bien précis ; certains sont bénéfiques aux humains, d’autres de nature ambivalente, d’autre encore nettement hostiles à l’homme. Le champ d’action et d’influence de ces « dieux secondaires » révèle la diversité même de leur nature spirituelle et de leur position hiérarchique dans la cosmogonie Basaa. Quant aux esprits de la nature, maîtres de la terre et des eaux, ils apparaissent le plus souvent comme des entités « anonymes », c’est-à-dire qu’il n’est possible de les distinguer entre eux qu’en référence aux territoires dont ils ont la garde. Ils sont directement liés à la terre dans une relation de gérance et en rapport indirect avec tous ceux qui vivent de cette terre et sur ce territoire. Les Basaa selon les écrits de l’Abbé Mpèkè distinguent deux mondes habités par les esprits : le monde supérieur, demeure des serviteurs du Très Haut, ou Nyambè et le monde inférieur réservé aux mânes[3]. Avant de parler de chaque monde des esprits, intéressons-nous à ce que les Basaa entendent par « esprits », exception faite de l’esprit incompréhensible de Nyambè le Très Haut. Un esprit est un être raisonnable, en soi invisible, mais devenu quelquefois visible, grâce à une matière spirituelle qui lui est toujours inhérente. On entend par matière spirituelle un corps vivant parfait doté d’immortalité, d’une force « herculéenne » et d’une agilité prodigieuse. Ce corps spirituel traverse tout, peut vivre dans l’eau, dans l’air, sous terre, dans les animaux vivants ou habiter les morts. Il peut s’infiltrer dans tous les éléments de la nature[4].

– Le monde supérieur

Il désigne dans la religion traditionnelle Basaa, « l’habitat » permanent de Nyambè, le Très Haut, et de ses serviteurs. Ainsi, les serviteurs de Nyambè, le Très Haut, sont des créatures avec le plus haut niveau de perfection. Ils sont les seuls merveilleux. Mais, aussi puissant que soit leurs secours, ils ne viennent en aide qu’à ceux qui les invoquent et font face à des circonstances graves. Leur action ne se fait sentir que très rarement auprès des mortels. Dans la cosmogonie des Basaa, ce sont principalement les habitants du monde inférieur qui sont plus proches des hommes et de leurs réalités sociales[5].

 – Le monde inférieur

Il est le monde qui se trouve sous terre, c’est la demeure des mânes. De fait, la survie de l’âme après la mort est généralement admise par les Basaa. Pour la religion Basaa, au dernier souffle de l’être vivant, l’âme quitte le corps matériel pour se téléporter dans le corps spirituel. Suivant leurs mérites, les mânes iront soit dans la cité des bons (Paradis), soit dans celle des méchants (Enfer). La cité des méchants se trouve au centre même de la terre, tandis que la cité des bons est située dans les régions atmosphériques. Un fleuve mystérieux Itara qu’on ne peut traverser qu’une fois, sépare à jamais les deux cités[6].


– La cité des méchants

C’est un lieu où règnent les ténèbres éternelles dans un froid intense. Jamais on n’y voit une étincelle de feu pour se chauffer, encore moins un rayon de soleil. Sont condamnés à vivre dans ce milieu ténébreux, tous ceux qui pendant leur vie sur la terre, ont mené une vie marquée par des actes obscènes, et qui, avant de mourir n’ont pas offerts pour leurs forfaits des sacrifices expiatoires[7]. Cependant, des fautes graves – à moins d’être de grands crimes- ne sauraient y conduire l’âme. Aussi les adeptes de la religion traditionnelle Basaa, s’étonnaient régulièrement d’entendre les missionnaires blancs leur dire qu’un seul péché mortel précipitait l’homme en Enfer. C’est un point sur lequel les missionnaires en poste dans les régions Basaa n’insistaient pas beaucoup avons-nous appris dans nos interviews. Ce qui est l’objet principal d’effroi chez les Basaa Babimbi, au sujet de la cité des méchants, c’est le froid glacial qui y règne. Ainsi, les habitants de la cité des méchants n’ont aucune relation avec Nyambè le Très Haut, ni avec les vivants, ni même entre eux. Chacun d’eux est engourdi par le froid et recroquevillé dans son petit coin, où il restera éternellement. Ils n’ont aucun espoir de pardon. Quand ils entrent dans cette posture, on peut en toute vérité leur dire : « vous qui entrez ici, abandonnez toute espérance ! »

– La cité des bons

C’est une suite interminable de maisonnettes souterraines, ressemblant aux cases des populations Basaa. Mais ces domiciles ne sont soumis à aucune vicissitude d’altération. Tels ils sont aujourd’hui, tels ils ont toujours été, et pour toute l’éternité ils seront les mêmes. La cité des bons est ainsi éclairée par un soleil merveilleux, toujours à son zénith, et dont les rayons, plus lumineux que notre soleil lui-même, ne produisent aucune incommodité. Il y a un Roi Ngué dépendant du Très Haut Nyambè, avec ses ministres et ses agents de police, qui maintiennent dans la cité un ordre dont les mortels ne peuvent se faire une idée[8].

Les pénitents : Ce sont ceux qui ont mené une vie « passablement » honnête. Ils n’ont ni commis assez de crimes pour mériter les ténèbres éternelles, ni assez expié leurs fautes en ce monde pour être admis parmi les libres. Avant leur admission au rang des libres, on les soumet à une rude épreuve sous la direction du roi de la cité des bons,
Ngué. Les pénitents sont alors chargés de punir les hommes méchants, d’intervenir au cours de tous les évènements fâcheux. Ils sont là, au gré du Roi Ngué. Leur vie continue à s’écouler un peu comme celle des vivants, mais plus péniblement. Ils senourrissent mystérieusement de nos aliments, et se revêtent mystérieusement de nos habits. Aussi, à la mort d’un individu, les Basaa répandent copieusement des vivres sur sa tombe et la jonchent de morceaux d’étoffes, de pagnes et même de chiffons dans l’hypothèse que le défunt pourrait bien se trouver parmi les pénitents[9].

  1.  L’importance des ancêtres

Pour les Basaa, l’existence de Dieu est étroitement liée à celle des ancêtres. Les ancêtres occupent une place centrale et privilégiée dans la vie sociale. De fait, la relation avec les forces invisibles s’exprime dans les rapports entre les morts et les vivants, et plus précisément entre les ancêtres et leurs descendants[10]. La structure familiale, qu’elle soit de type clanique ou lignagère, se fonde sur une communauté qui unit les ancêtres et leurs descendants. L’influence des ancêtres sur le groupe social se traduit par ce qu’on pourrait appeler la « soudure » des vivants aux ancêtres[11]. Ainsi, la « survie » de l’action et de la présence des ancêtres se perpétue dans le « souvenir » que les vivants gardent d’eux à travers la « parole » (la tradition orale) qui permet de rappeler leur « maitrise » de l’ordre social, et la possibilité d’une « réincarnation » dans les enfants à naître dans le clan ou dans la lignée[12]. Le culte des ancêtres, avec ses rites et ses croyances est une caractéristique des civilisations d’Afrique subsaharienne. Ce n’est donc pas exagéré de dire que Nyambè
n’existe que si les ancêtres existent. L’ancêtre du clan Basaa qui est socialement représenté par le Mbombog, est le maître incontesté d’une section de l’univers. « Les menues divinités », les « émanations à demi mythologiques », « les diverses énergies perverties » ne sont pas plus importantes que l’ancêtre du clan. Rien, en dehors du Dieu suprême, créateur de tout, ne passe avant l’ancêtre. Les membres de la société sont tous les enfants de l’ancêtre ; s’ils adorent un dieu, c’est parce que l’ancêtre l’a aussi adoré. S’ils sont attachés à une réalité invisible quelconque, c’est grâce à l’ancêtre et à travers l’ancêtre[13]. Si l’ancêtre est très respecté, il faut se garder de le considérer comme une entité en soi. L’ancêtre n’est ancêtre que parce qu’il a une descendance. La parenté est la clé de voûte de toute l’existence de l’Africain en général et du Basaa en particulier. Ceci est vrai sur le plan social mais aussi sur le plan métaphysique. On peut de fait constater que « l’ancêtre a la primauté dans la vie du Basaa Babimbi ». La confiance que le clan met dans le devin guérisseur provient de ce que ce dernier est lié à l’ancêtre, capable de saisir les signes par lesquels l’ancêtre communique avec le clan. La société s’établit en deux strates : celle de l’ancêtre et de celle des membres qui viennent consulter le devin pour lui demander conseil. Le devin, participe ainsi aux deux strates. Le clan est une production de l’ancêtre, tout comme l’ancêtre existe dans le culte que le clan lui vaut. La société ne s’adresse donc jamais directement à l’ancêtre lui-même, le devin guérisseur assure la médiation par ses cultes, ses imprécations, ses prières et ses rites. Le devin guérisseur est ainsi le « prêtre » de la religion traditionnelle des Basaa. Car l’ancêtre s’adresse toujours à la société dans un langage énigmatique, et inintelligible pour les non-initiés. L’ancêtre et le devin ont des interactions régulières, entretenant un dialogue continu. Il en est de même de la relation existante entre le devin et la société dans laquelle il exerce son activité. Généralement, l’ancêtre s’adresse aux siens au cours d’une apparition, d’un songe ou par un évènement insolite. Ceux-ci pris au dépourvu rapportent au devin guérisseur ce qui leur est arrivé[14]. Le devin ayant collecté l’information, peut alors faire des imprécations et entrer en contact avec l’ancêtre par le truchement des pratiques divinatoires. Une fois qu’il a obtenu toutes les indications sur l’objet de sa requête, il revient auprès des membres du groupe ou du clan pour leur révéler ce que l’ancêtre a voulu dire. Le mécanisme des relations triangulaires ancêtre-devin-clan/groupe est déterminant pour l’harmonie sociale chez les Basaa.

 Si l’ancêtre communique avec les siens, ceux-ci sont convaincus de ne pas comprendre directement son langage. Il leur faut nécessairement un intermédiaire, pour discerner les signes donnés par l’ancêtre, et c’est le devin qui joue ce rôle[15]. De fait, le groupe social en s’adressant au devin-guérisseur ne peut pas imaginer la réponse que ce dernier lui donnera. Car la réponse doit lui être communiquée par l’ancêtre en question. Ainsi, le devin ne peut pas expliquer ce dont il n’est pas l’auteur. Il ne peut pas dire de son propre chef de quoi il était question dans le message de l’ancêtre. Si ce sur quoi l’on jure possède une certaine autorité, c’est du fait de la parole ancestrale prononcée par un groupe de personnes habilitées[16]. Le mystère reste toujours à comprendre, car l’ancêtre avant de quitter les siens est sensé avoir laissé la réponse à toutes les questions et notamment sur la question névralgique de la vie et de la mort. Pour le Basaa Babimbi, il n’existe pas d’autres solutions aux problèmes du clan en dehors des signes qu’a laissé l’ancêtre. La solution de l’ancêtre n’est pas relative, elle est absolue[17]. L’ancêtre n’est pas une simple force surnaturelle, il est donc difficile de parler de lui comme d’une réalité abstraite. On reconnait à L’ancêtre une force surnaturelle unique qui fait de lui le fondateur du clan et le garant de son existence de la vie sociale.

 Ainsi, l’intervention de l’ancêtre dans la vie du clan n’a pas pour seule finalité de faire connaître la nature et la qualité des « forces » métaphysiques qui régissent la vie du clan, mais elle a aussi pour visée de fortifier les siens ou de les affaiblir selon la situation. Les connaissances et la sagesse de la communauté puisent leurs sources dans ce que l’ancêtre a laissé, et peut transmettre depuis l’au-delà, car l’ancêtre est celui qui a laissé une descendance. Une distinction rigoureuse entre esprits, mânes, défunts et ancêtres risque d’obscurcir inutilement une bonne approche de la personnalité de l’ancêtre. Le Basaa Babimbi, désigne l’ancêtre par le terme : sôgôl[18]. Lorsqu’il s’agit d’un ancêtre très éloigné, on double le terme sôgôl, qui devient sôgôl-sôgôl. Une distinction rigoureuse entre mânes et ancêtres, nous conduirait à adopter le point de vue de Louis Vincent Thomas qui réserve le mot mânes au défunt considéré pendant la période qui sépare les « deux funérailles », et le mot « ancêtre » au défunt sublimé, transcendé et purifié[19]. Mais au lieu de la période de funérailles comme le propose L.V. Thomas, nous préférons le terme intervalle entre deux générations. Si le mot ancêtre traduit bien ce que le Basaa appelle sôgôl, l’on ne parle d’ancêtre qu’entre deux générations. Car pour le Basaa Babimbi, il est incorrect de parler de son feu père comme d’un sôgôl. Littéralement sôgôl signifie grand père. La parenté joue ainsi un rôle déterminant dans le statut d’ancêtre. En insistant sur les relations de parenté comme centre de toute étude anthropologique, Lévy Strauss ouvre certainement une voix nouvelle pour les sciences humaines. Cazeneuve écrit à ce sujet : « La conception africaine de l’homme est globale. Du mort à l’ancêtre réel et de celui-ci à l’ancêtre mythique, il y a une gradation souvent insensible où les éléments divins se chevauchent et qui situent à des niveaux diérents le sacré et les rites qui s’y rapportent. L’archétype lumineux de la condition humaine est plus ou moins proche de celle-ci, plus ou moins transcendant, mais toujours extra humain[20].« 

En mourant, le chef de famille ne laisse pas « la force » comme héritage, c’est un élément important dans la philosophie africaine. L’ancêtre ne se réduit pas à propager unhéritage sacré qui se diffuse dans la puissance vitale humaine. Aux yeux de la société, il est le « créateur » de la vie au sens du Révérend Tempels qui écrit : « le renforcement de la vie, la conservation et le respect de la vie sont par nature même de la création, l’affaire des ancêtres et des aînés vivants ou défunts »[21]. Mais ces ancêtres comme nous l’avons déjà dit, n’existent que parce que les personnes comme nous existent[22]. Levy Brühl a reconnu ce fait, mais n’a peut-être pas tiré toutes les conséquences qui paraissent en découler. Il écrit en effet que :

« D’une façon générale, les morts à des degrés divers sont partie intégrante du groupe social, et l’individu ne se sent pas entièrement séparé d’eux [23]». Si l’ancêtre conserve et renforce la vie, s’il éclaire les humains sur la nature et la qualité de la puissance vitale, s’il propage également cette puissance vitale, on pourrait dire qu’il est le donateur au second degré de la vie.

A propos de la vénération vouée à l’ancêtre qui, pour certaines populations, va jusqu’à la célébration d’un culte, M. Leenhardt fait remarquer qu’il s’agit là d’un travail d’intellection.« Désormais, écrit-il, séparé du monde qui est devenu pour lui objet, l’homme n’a souci que de l’homme. Il l’invite, il l’exalte. L’homme cherche non à se dépasser mais à se prolonger soi-même… le culte des ancêtres est une pieuse construction de la rationalité[24] ». C’est à cause de ce refus de se dépasser que l’avenir de l’homme africain et surtout du Basaa Babimbi ne se distingue pas tellement du présent. En définitive, toute forme religieuse chez les Basaa est centrée sur un ancêtre, qui révèle le sacré, c’est-à-dire l’univers extra phénoménal dont Dieu est l’âme. Mais cet ancêtre arrive parfois à résorber à la fois le sacré et le dieu dont il était originairement le « héraut ». La notion d’ancêtre devient dès lors le pivot véritable de la cosmogonie des Basaa Babimbi. Ce dernier aide les vivants en tout : « il donne des conseils en ce qui concerne les cultures, les mariages, les initiations, la pêche, il punit les coupables et récompense les membres aux actes méritoires[25] ». Compte tenu de cela, les Basaa se gardent bien de mécontenter l’ancêtre. De fait, l’ancêtre a toujours raison ; il en est de même pour son serviteur le devin-guérisseur ou « l’homme qui voit la nuit ». A cet effet, H. Deschamps écrit :

 » Les ancêtres règlent… les relations entre les membres du groupe. Tous reconnaissent ces règles. Le conformisme est total et les excès individuels condamnés d’avance. La cohésion, le bon ordre, la participation à la vie de la communauté et à ses cérémonies, une certaine égalité des conditions matérielles, le respect de chacun sont ainsi assurés sans difficultés par des puissances supérieures, toujours attentives, et dont la sagesse exprime la conformité de l’homme à l’ordre même des choses[26].

  1. Les fétiches et les pratiques religieuses traditionnelles

Utilisé par les Portugais du XVe siècle, le terme Feitiço « chose fabriquée » désignait
les objets magiques ou religieux qu’ils rencontraient en Afrique en comparaison avec les charmes, amulettes et images de saints dont eux-mêmes faisaient usage[27]. Jusqu’au début du XXe siècle, l’Afrique fut considérée comme la terre du « fétichisme », entendu comme une forme primitive de religion qui aurait consisté à adorer directement des objets. C’est en raison de ces définitions fausses et souvent péjoratives d’une part, et de la polysémie de termes souvent galvaudés, d’autre part que de nombreux anthropologues, à la suite de Marcel Mauss, ont préconisé de les abandonner. Pourtant, à condition de le débarrasser de toute référence évolutionniste-il est difficile de se passer du mot « fétiche » pour caractériser certains objets dotés d’efficience, aux fins de protection, de concentration et de manipulation des forces dont ils sont l’instrument mobile, ils se distinguent en général des autels fixes dédiés aux ancêtres ou à d’autres puissances[28].  La plupart de ces objets fétiches sont façonnés à partir d’éléments hétérogènes, emplis ou enduits de substances végétales, minérales ou animales et sont régulièrement revivifiés par des paroles et des sacrifices. Il est des sociétés qui font un grand usage de tels objets, d’autres non, mais jamais ceux-ci n’occupent à eux seuls tout le champ religieux[29]. Les mêmes puissances peuvent tour à tour être objectivées dans un fétiche, saisir et prendre possession du corps d’une personne ; être invoquées sur un autel, ou apparaître comme signe sur une table divinatoire. Le mot fétiche n’est pas approprié dans le domaine des croyances traditionnelles africaines. En l’utilisant dans notre démarche de recherche, nous sommes d’accord avec L. V. Thomas pour n’y voir que le support ou le réceptacle d’une force, et non pas une divinité en soi[30]. En d’autres termes, les « fétiches » sont l’ensemble des pratiques qui mettent l’indigène en relation avec le monde invisible. En nous appuyant sur les écrits de l’Abbé Simon Mpèkè, on peut dire que tout le « fétichisme » dans la société Bassa repose sur ces points fondamentaux : – tout se fait par la permission expresse du Très Haut, et le Très Haut ne fait rien inutilement ; – il est établi que le Très Haut communique régulièrement par l’intermédiaire des créatures supérieures ou inférieures aux hommes ; – les hommes doivent suivre la même voie dans leurs relations avec le Très Haut, en dehors des cas exceptionnellement graves. ll est à remarquer que même s’il parle aux «fétiches», le Basaa ne les adore pas. Jamais chez le Basaa, on ne verra une statuette matérialisant les esprits. Ainsi, on peut diviser le « fétichisme » chez les Basaa en deux catégories : Le « fétichisme  » populaire et le « fétichisme « des initiés[31].

  1.  traditionnelle populaire ou fétichisme populaire

Il s’agit d’un amalgame de pratiques, de coutumes « reçues » des ancêtres et enveloppant toutes les actions de la vie sociale du Basaa[32]. L’ignorance de ces pratiques a des conséquences fâcheuses : mort prématurée, maladies incurables, stérilité, etc. Par ces coutumes, les Basaa disposent de toute une série d’interdictions, de pratiques se rapportant à toutes les circonstances de la vie, prévoyant par exemple, les mots qu’il faut ou qu’il ne faut pas dire ; les mets qu’il ne faut pas manger ; la façon dont on doit regarder le juge, l’assemblée ou bien un tel en particulier, avant de commencer un discours, etc. Quelques exemples parmi tant d’autres : Avant le repas, le Basaa traditionnel, n’oublie pas d’offrir quelque chose aux esprits dont il se croit toujours entouré. A cet effet, il répandra quelques gouttes de sa sauce sur le sol. Les libations ne sont jamais omises, même si on n’a que de l’eau. Mais quand il s’agit d’un banquet sacré, d’autres cérémonies s’ajoutent aux précédentes. La cuisine est toujours faite au milieu de la cour[33]. Le chef de la famille ou un féticheur de renom, préside en personne à la préparation des mets rituels. C’est un ragoût délicieux composé de la chair des animaux les plus estimés, et délicatement assaisonné. Une fois le mets apprêté, toute l’assistance se met à regarder le ciel, au signal de celui qui préside ; ils sont à la recherche d’un oiseau que le Très Haut fera passer au-dessus de leurs têtes. Quelquefois, l’oiseau se fait attendre durant des heures. Enfin, lorsqu’on on voit l’oiseau passer au-dessus de l’assistance, rapidement l’officiant se saisit d’une cuillère du mets sacré, qu’il jette en l’air dans la direction que suit l’oiseau, en disant « suivez-le ! »[34].

 Cette cérémonie a une double explication :

– L’oiseau est comme le bouc émissaire, qui doit emporter toutes les malédictions et les péchés des assistants ; et de même qu’il ne laisse aucune trace après lui, de même, après le banquet sacré, aucune trace de souillure ne restera dans les cœurs de ceux qui y auront pris part ;

– Fiers de la qualité de leur nourriture, les assistants sont heureux de l’offrir au Très Haut par l’intermédiaire de ses serviteurs. Après avoir fait des offrandes aux serviteurs du Très Haut pour s’attirer la bienveillance des mânes, l’on répand quatre cuillerées du mets sacré en direction des quatre points cardinaux. Une fois le repas achevé, chacun retourne chez soi, joyeux et assuré d’avoir été purifié de toute souillure. De sorte que si la mort survenait après quelques jours, l’on se retrouverait parmi les libres[35].

On voit par-là que le chemin qui conduit à la cité des bons n’est pas étroit et que le nombre des condamnés aux ténèbres éternelles doit être conséquemment très restreint. Pour ce qui est des interdictions, la religion « populaire » des Basaa contient une foule d’interdictions, les unes de nature traditionnelle, les autres exigées par les circonstances. À titre d’exemple, il est défendu aux femmes de manger la chair des carnassiers et de tous les reptiles, ainsi que la chair du verrat, de tous les animaux nocturnes et d’un grand nombre de poissons ; même dans certains clans, il est défendu aux femmes de manger tout ce qui vit dans l’eau[36]. En cas de maladie ou de circonstances graves, l’usage du vin de palme ou de certains aliments est réservé aux personnes concernées. Mais de nos jours, du fait du christianisme répandu chez les Babimbi, on observe un recul de ces pratiques, qui sont désormais considérées par certains comme une pure supercherie des féticheurs ou des « vieux » du groupe, qui s’abriteraient derrière cette religion pour donner libre cours à leur pingrerie et à leurs tendances machiste et phallocratique. Toutefois, des femmes âgées Basaa continuent de nos jours à observer ces multiples abstinences.

  •  des initiés.

Tandis que la religion « populaire » est à la portée de tout le monde, celle des initiés est le privilège exclusif d’une catégorie restreinte et considérée comme savante. Cette religion des initiés consiste essentiellement en la connaissance de nombreux savoirs en santé que le public profane ignore. Elle ouvre aux communications avec les esprits, à la maitrise des formules et des pratiques rituelles qui forment l’assemblage liturgique donnant à toutes les actions du Basaa un caractère religieux. Ainsi, un Basaa initié, peut à votre insu, vous empoisonner et vous guérir. Il arrive que de temps en temps, et pour des motifs non avoués, un initié malveillant empoisonne à son insu une personne « riche » afin d’entrainer sa ruine. A côté de ces initiés, empoisonneurs redoutés de tous, il y a des sorciers ou devins proprement dits, qui sont consultés avec confiance, par les membres du groupe lorsqu’ils font face à des situations critiques. Suivant l’objet principal employé pour leurs consultations, ces féticheurs sont classifiés en féticheurs à cornes de buffle ; à lance ; aux écailles de pangolins; à araignée mygale. Les rituels chez les Basaa étant très minutieux, la connaissance des différentes pratiques dans le moindre détail est réservée à quelques initiés appelés devin guérisseurs. De fait, le membre du groupe qui se trouve dans une position critique s’adresse à eux comme à des savants qui manient soigneusement les objets sacrés pour apaiser le courroux du Très Haut, en ayant recours à l’intermédiation des mânes. En conséquence, les oracles des fétichistes sont des oracles divins, transmis par les mânes. Cela dit, parcourons assez brièvement la manière dont se font différentes consultations divinatoires :

La consultation ou divination par les cornes de buffle

Elles ne se font qu’à minuit, dans une case à peine éclairée. La corne de buffle, l’objet sacré fermé d’un morceau de peau de panthère, contient des débris d’araignée, de chauve-souris, de libellules et de petits cailloux blancs. « L’homme qui voit la nuit » débute par une longue formule rituelle, les yeux fixés sur la corne mystérieuse, puis demande gravement et religieusement à son client d’exprimer sa demande. L’ayant entendue, le devin guérisseur la répète dans « le langage des esprits », secoue la corne à son oreille et écoute les réponses qu’il transmettra par la suite au solliciteur[37].

La consultation par les lances

Le devin opère à l’aide d’une lance ou d’une sagaie, au bout de laquelle est fixé un petit paquet renfermant de la fente de panthère, diverses herbes et des déchets d’animaux, parmi lesquels le cadavre d’une araignée. Une longue prière ouvre toujours la cérémonie. Il pose le fer de la sagaie sur une pierre et la frappe à l’aide d’un bâton. En même temps qu’il l’interroge, les mouvements et les vibrations de la sagaie sont interprétés. Si par hasard elle ne bouge pas, c’est que les esprits ne veulent pas parler ce jour-là[38].


la consultation par les écailles de pangolin

Les éléments constitutifs et obligatoires pour les consultations à écailles de Pangolin sont : une grande quantité d’écailles de pangolins, sur lesquelles sont dessinés des signes différents de morceaux de quarts ; des ossements de proie et de panthère. Le tout est renfermé dans une boîte cylindrique en écorce. Le devin guérisseur consulte alors tous ces ingrédients de la boîte et met à part les écailles dans une corbeille. Puis, il place les autres objets sacrés sur le sol en les baisant respectueusement. Tous ses gestes sont appliqués avec un air grave et assidu. Ensuite, Il pose des questions en des termes mystérieux, avec les yeux fixés sur la corbeille d’écailles, et l’agitant violemment, de façon à projeter en dehors quelques-unes de ces écailles. L’opération, accompagnée de paroles et de gestes incantatoires, est renouvelée autant de fois qu’il y a de demandes à faire. Une fois des écailles hors de la corbeille, Il ne lui reste qu’a interprété la réponse du destin, qu’il lit d’après les signes gravés sur les écailles qui sont tombées et d’après leur groupement et leur position sur le sol[39].

  • Les sacrifices

Les sacrifices dans la religion traditionnelle Basaa sont le plus souvent utilisés dans des cas de situations graves. Il arrive ainsi que, le devin guérisseur exige d’offrir des sacrifices, comme condition nécessaire pour l’efficacité du remède qu’il a prescrit. Il y a des sacrifices sanglants et des sacrifices non sanglants. Ces derniers consistent à détruire quelques objets à usage quotidienne tel que les ustensiles de cuisine, ou à répandre de la nourriture. Les immolations d’animaux ou d’oiseaux vivants, domestiques ou sauvages, constituent les sacrifices sanglants. Intéressons-nous à un exemple de cérémonie qui accompagne l’immolation d’animaux. D’abord, les membres d’une famille ou d’une tribu, selon la gravité du mal, se rendent à l’heure voulue au lieu indiqué par le devin-guérisseur. Tous les assistants forment un cercle, au milieu duquel se tient l’officiant. Debout, tenant à la main gauche une tortue, une petite baguette à la droite, il frappe trois coups sur la carapace de la tortue, en même temps qu’il dit : « Hommes du ciel, hommes de la terre, Éveillez-vous ! Écoutez-moi ! « . Il déploie alors toute son éloquence pour exprimer la raison de la réunion, et implorer les mânes libres, ses aïeux, d’appuyer sa demande auprès du Très Haut. Une fois cet acte d’entrée accompli, vient alors la confession des fautes. Celui qui est la cause principale de la réunion, avoue ses torts, en nommant individuellement les hommes de sa tribu présents ou absents qui ont été victimes de ses forfaits. Les assistants lui rappellent au besoin les fautes qu’il a oublié ou lui montrent la gravité de certaines fautes qu’il a estimé légères. La confession ainsi faite, le coupable demande pardon à tous, et chacun s’empresse de lui accorder un pardon aussi total que cordial. Le sacrificateur se lève, demande pardon au Très Haut par l’intermédiaire des mânes, pour lui et pour toute l’assistance. Alors, aidé de quelques jeunes gens, mais jamais de femmes, il égorge l’animal destiné au sacrifice. L’opération est accompagnée de paroles et de gestes rituels. Ensuite, il arrose abondamment l’assistance du sang de l’holocauste, et chacun se croit d’autant plus agréable aux mânes qu’il a été plus abondamment aspergé. L’holocauste est dépecé sur place, la tête ordinairement enfouie pour les mânes ; le reste est partagé entre les assistants. Chacun, chez lui, préparera avec soin son morceau comme il le voudra et le consommera religieusement[40].

Conclusion
Nous ne pensons pas avoir décrit dans les moindres détails l’univers religieux traditionnel des Basaa. Cet article donne tout juste quelques principes fondamentaux qui structurent cette religion. L’Abbé Simon Mpèkè qui s’est profondément appesanti sur ces croyances, nous démontre à travers les réalités anthropologiques des Basaa, que la religion traditionnelle en Afrique a des canons et des liturgies qui lui sont propres. Pour comprendre ces croyances, il est nécessaire de prendre une distance critique vis-à-vis d’une lecture occidental-centrée qui considère la religion traditionnelle en Afrique comme un paganisme panthéiste, et parfois polythéiste. Cependant, Il faut déplorer le fait que ces religions traditionnelles sont dans certaines aires culturelles en pleine déperdition, sans références scripturaires et confronter aux mutations socioreligieuses survenues dans les campagnes avec la pénétration du christianisme. Ce patrimoine immatériel devait néanmoins être conservé comme un héritage de civilisation, pour servir l’enracinement et la formation culturels des générations futures.

Bibliographie

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Bayiga Bayiga, A., « L’homme qui voit la nuit et l’existence du Bassa un essai sur un aspect de l’existentialisme Africain », thèse de Doctorat en théologie, Strasbourg, 1966.

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Tempels, R.P., La philosophie bantoue, Présence Africaine, Paris, 1948.

Thomas, L.V., « Analyse phénoménologique des religions africaines », texte dactylographié, 1975.


[1] P. Poupard., 1984, Dictionnaire des religions, Paris, PUF, 1984, p. 17.

[2] Ibid.

[3] Mpèkè, 1934, p.10.

[4] Ibid.

[5] Ibid.

[6] Ibid.

[7] Ibid., p.11.

[8] Ibid., p.10.

[9] Ibid.p.15.

[10] Poupard. P., Dictionnaire des religions, Paris, PUF, 1984, p. 15.

[11] Ibid. p.15.

[12] Ibid.

[13] Ibid.

[14] Ibid.

[15] A. Bayiga Bayiga , « L’homme qui voit la nuit et l’existence du Bassa un essai sur un aspect de l’existentialisme Africain », thèse de Doctorat en théologie, Strasbourg, 1966, p 93.

[16] Ibid.

[17] Ibid. pp. 93-94.

[18] Ibid. p.95.

[19] L.V. Thomas, « Analyse phénoménologique des religions africaines », texte dactylographié, 1975 p.21.

[20] Cazeneuve, « Les rites et la condition humaine », cité par L.V.Thomas in Ibid. p. 21.

[21] R.P. Tempels, La philosophie bantoue, Présence Africaine, Paris, 1948, p.80.

[22] Notons que le R.P Tempels cherche toujours à relativiser l’activité de l’ancêtre. Dans une telle logique, on n’est pas surpris de lire à la fin de son livre une phrase comme celle-ci : La civilisation bantoue sera chrétienne ou elle ne le sera pas. Il ne nous appartient pas de discuter une telle déclaration, disons seulement que c’est là une opinion comme toute autre. Tout dépend du but que l’on s’est donné au départ de la recherche. L’essentiel n’est peut-être pas de savoir ce que sera la civilisation bantoue si jamais elle arrive à être, ce qui importe c’est de savoir ce qu’était cette civilisation au moment où l’on en parle. Certes il est facile de substituer aux mânes.

[23] L. Brühl, La mentalité primitive, Paris, 1922, p.73-77.

[24] M. Leenhardt, « Quelques éléments communs aux formes inférieures de la religion », Histoire des religions, sous la direction de M. Brillant et R. Aigrin p.98.

[25] P. Gordon, « Les religions des primitifs », Histoire des religions, sous la direction de M. Brillant et R. Aigrin, p.186.

[26] H. Deschamps, Les religions de l’Afrique noire, QSJ, No 632, Paris, 1970, p.186.

[27] J.C. Attias et E. Bendassa, Encyclopédie des religions, Fayard, Paris, 2007, p.587.

[28] Ibid.

[29] Ibid.

[30] L.V. Thomas, Analyses phénoménologique des religions négro- africaines, texte dactylographié, cité par Bayiga Bayiga, 1966, p.1.

[31] Mpèkè, 1934, p.18.

[32] Ibid.

[33] Ibid. p.19.

[34] Ibid.

[35] Ibid.

[36] Ibid. p.21.

[37] Ibid.

[38] Ibid.

[39] Ibid.

[40] Ibid. p.28.


[1] H. Deschamps, Les religions de l’Afrique noire, Paris, 1970, cité par P. Poupard, Dictionnaire des religions, PUF, Paris, 1984 p.15.

[2] S. Mpèkè, La Religion des Bakôkô, éd. Muséum, Genève, 1934, p.7.

[3] Ibid. p. 8.

[4] Ibid. p. 9.

[5] Ibid.


[1] R. Luneau (1984 :15)

[2] S. Mpèkè, La Religion des Bakôkô, éd. Muséum, Genève, 1934.