M. Gilbert Schlick, Président de la Commission Électorale de la Fécafoot

Alors que sur les réseaux sociaux l’on observe une forte mobilisation d’internautes appelant l’ex-goléador camerounais à se porter candidat à la tête de l’instance faitière du football camerounais, la commission électorale de la Fécafoot donnant les conditions d’éligibilités, a restreint les postes à pourvoir aux Camerounais excluant ipso facto les bi-nationaux.

« C’est une élection ouverte uniquement aux Camerounais. Nous n’allons pas permettre aux non Camerounais d’y participer » affirme ainsi Gilbert Schlick, Président de la commission électorale de la Fécafoot, lors d’une conférence de presse donnée le 30 août 2021 au siège de la fédération à Yaoundé. Cette annonce divise l’opinion nationale, car pour certain, l’ambassadeur de la coupe du monde Qatar 2022, au regard des résultats réalisés sur le terrain de jeu ainsi que les services de diplomatie sportive qu’il a rendu au Cameroun serait la meilleure personne pour diriger le football camerounais. En effet, cette mesure de la commission électorale frappe de plein fouet Samuel Eto’o qui dispose d’une double nationalité camerounaise et espagnole. Au regard de la loi du 11 juin 1968 et de son code d’application du 16 décembre 1968 portant code de la nationalité au Cameroun, une personne perd la nationalité camerounaise lorsqu’elle acquiert ou conserve une autre nationalité.

Samuel Eto’o Fils, ancien capitaine des lions indomptables du Cameroun

Pourquoi écarté Samuel Eto’o ?

Pour certains, cette sortie de Gilbert Schlick, serait à tête chercheuse et vise à mettre hors jeu l’ancien capitaine des lions indomptables dans la course à la tête de la fédération camerounaise de football. Nos confrères d’Actu Cameroun annonçaient déjà que Samuel Eto’o, Seidou Mbombo Njoya et Gérémi Sorel Njitap s’affronteront pour l’élection à la tête de la FECAFOOT. Si l’on s’en tient aux propos de l’ancien Lion indomptable Idrissou Mohamadou sur les antennes de NAJA TV, il était le seul lion indomptable à ne pas avoir de double nationalité. On ne peut donc réduire cette mesure à la seule volonté d’exclure Samuel Eto’o de la course. Bien qu’elle fasse l’objet de tous les soupçons, cette mesure affecte aussi bien l’éventuelle candidature de Samuel ‘Eto’o Fils que celle de Gérémi Sorel Njitap. L’une des explications au besoin des joueurs de l’équipe nationale d’acquérir une nationalité étrangère pendant leurs carrière professionnelle, c’est la nécessité de contourner les règles de quotas extra-communautaires pour avoir la chance de se faire recruter en club. Cependant, il est de notoriété publique que Seidou Mbombo Njoya dont l’élection à la tête de la fédération a été annulé en mai dernier par le tribunal arbitral du sport (TAS), avait été parrainé par Samuel Eto’o il y a trois ans. Ainsi, pour certains analystes sportifs, l’invalidation de la candidature de Samuel Eto’o Fils semble être un moyen visant à mettre de côté le camp Seidou Mbombo Njoya qui avait triomphé lors de l’élection précédente. Il est important de noter que jusqu’à ce jour la candidature de Samuel Eto’o à la tête de la Fécafoot n’est pas officiellement annoncée et celle de Seidou reste improbable.

L’éternel retour au point de départ ?

A la Fécafoot, tout n’est qu’éternel recommencement depuis une décennie. Cette institution continue de patauger depuis un moment dans les eaux de l’instabilité. Véritable lieu de rivalités et de tensions, où les intérêts personnels croisent le fer avec les intérêts du football camerounais, la « fecafood » comme certains la désigne aujourd’hui est devenu un espace de confrontation des égos qui minent le milieu du football camerounais. Une instabilité portée par les enjeux de pouvoirs financiers qui sapent la confiance des camerounais dans les institutions qui dirige leur sport favori. Le jeu est devenu celui des enjeux. Les différentes coalitions antagonistes sont déjà en train de préparer leurs armes. Rien ne laisse penser que cette élection sera plus consensuelle que les précédentes. Il revient à la commission électorale de travailler pour que ce consensus s’impose aux différents acteurs du football en compétition, afin que la Fécafoot libérée des affrontements de pouvoirs et d’ambitions, revienne résolument au service du football camerounais.