« CELA VOUS SCANDALISE ? » (Jn 6, 61)

Ce n’est pas facile d’être un vrai leader !

Un bon et vrai leader n’est pas celui qui dit toujours ce que les autres veulent entendre. « Cela vous scandalise ? » (Jn 6, 61). Telle est la question que Jésus pose à certains de ses disciples qui sont choqués de l’enseignement qu’il vient de donner et qui vont alors décider de ne plus le suivre. Jésus nous donne ici une bonne leçon de leadership. Un bon leader est un homme ou une femme qui ne sacrifie pas ses convictions aux convenances collectives, mais bien celui qui est à l’écoute de l’Esprit et dit ce qu’il lui inspire, que ça plaise ou non. Car, « C’est l’esprit qui fait vivre, la chair n’est capable de rien. Les paroles que je vous ai dites sont esprit et elles sont vie » (Jn 6, 63). La foule c’est une chose, et c’est ce qu’aiment les politiciens. Les disciples, c’en est une autre ! Les politiciens aiment les foules justement parce qu’elles aiment qu’on leur dise ce qu’elles veulent entendre. Ils font donc tout pour ne pas scandaliser ou choquer quitte à sacrifier leurs convictions personnelles à la ligne d’un parti. Là nous nageons dans la chair, dans les convenances collectives. Par contre, les hommes de conviction sont des hommes de l’esprit, une espère rare aujourd’hui dans nos arènes politiques et dans nos universités. C’est pour cela que nos pays sont pleins de diplômés mais peinent à décoller. Seule l’élévation de l’esprit peut aider une personne ou une société à décoller. Un bon leader est un homme ou une femme libre qui ne se laisse pas déterminer par les mouvements d’humeur des foules. Il dit ce que lui souffle l’esprit. Heureusement qu’il y en a toujours, même si c’est une minorité, qui reconnaissent que l’esprit est l’œuvre en eux et les suivent. C’est ce que fait Pierre et les autres douze apôtres : « Seigneur, à qui irions-nous ? Tu as les paroles de la vie éternelle. Quant à nous, nous croyons, et nous savons que tu es le Saint de Dieu » (Jn 6, 68-69). Dans sa toute dernière encyclique, Fratelli Tutti, le Pape François nous met en garde contre les dérives populistes qui minent la vie politique aujourd’hui dans le monde. Le souci de plaire à tout le monde est l’un des plus gros pièges de la liberté individuelle et des libertés collectives. Il faut parfois accepter de choquer et de scandaliser par conviction quitte à perdre quelques amis qui, en réalité, n’en étaient pas. N’ayons pas peur de perdre des faux amis ou de faux disciples !

Ludovic Lado, jésuite !