Numérique et développement durable: Entretien avec Louise Nguindani

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@HuguesNgbwa, @VO_Binyegui, Mme le Ministre @LibomMinette, Mme Louise Nguindani RDC et la délégation @My_Teachmepad
@HuguesNgbwa, @VO_Binyegui, Mme le Ministre @LibomMinette, Mme Louise Nguindani RDC et la délégation @My_Teachmepad
Durant son séjour au Cameroun, cette jeune originaire de la République Démocratique du Congo a accordé une interview au Journal Le Chemin après une audience avec madame le Ministre des Postes et Télécommunications.

Bonjour Louise NGUINDANI, pouvez-vous vous présenter à nos lecteurs?

  • Bonjour. Je suis Louise NGUINDANI chercheuse à l’université de Kinshasa en économie, experte en gestion de la politique économique, experte de l’Union Internationale de Télécommunication sur la question 5 économie circulaire, changement climatique et environnement, experte de l’Union Africaine auprès du PIDA (Programme de Développement des Infrastructures en Afrique); Présidente de l’ASBL; femme politique et trésorière de mon parti politique FONUS; conseillère honoraire du ministre des postes, des télécommunications et NTIC de la République Démocratique du Congo (RDC).

Quel est l’objet de votre visite au Cameroun ?

  • Je suis venu voir ce que j’ai apprécié il y’a quelques mois lors d’une vidéoconférence de l’AIMF organisée à Bordeaux sur le thème de ville en économie circulaire. Pendant cet événement, j’ai fait la rencontre de monsieur Kalieu Christian qui m’a invité palper l’expérience de la ville de Dschang qui utilise les déchets pour faire du compost. C’est un exemple impressionnant, raison pour laquelle j’ai décidé d’être un Thomas, question de vérifié l’effectivité de cette initiative. Et j’aimerai que ce projet quitte de son application actuelle qui est locale pour migrer vers une application nationale.

Il faut dire que le problème de la pollution est d’envergure internationale.

  • Effectivement, en dehors d’être femme politique je suis aussi fille du pays et chrétienne. J’ai pour habitude de suivre une chanson chrétienne intitulée « juste disponible ». Dans son texte, l’auteur traduit l’idée selon laquelle les héros sont ceux-là qui, pendant que les autres dorment, observent , puis se réveillent pour faire mieux. Aujourd’hui, on appelle Kinshasa « Kinshasa la poubelle » et pourtant par le passé elle était appelée « Kinshasa la belle ». Un projet pour redorer son blason a été mis sur pied par le nouveau gouverneur et a été appelée « KIN BOPETO pour l’assainissement de la ville ». Ce projet là a réussi en amont mais colporte des couacs en aval, puisqu’on enlève les immondices un peu partout dans la ville pour aller les parquer ailleurs. Ce qui ne résout pas le problème parce que des odeurs nauséabondes s’en dégagent. Raison pour laquelle, j’ai décidé de venir voir comment capitaliser l’expérience de Dschang. Puisque comme le disait le Président Fatshi (Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo) lors de sa prise de pouvoir à l’Union Africaine « aux problèmes africains, des solutions africaines »; et il faut encourager des produits faits maison. Ainsi, je suis venu à Dschang qui est une ville qui applique un programme global dans la gestion de déchets. A mon retour, je ferai un plaidoyer auprès de mes aînés dans le souci de promouvoir cette approche à KINSHASA.
  • De plus, durant mon séjour à Dschang, j’ai aussi fait de la cartographie, de l’adressage auprès de l’ONG BENKA LIFE, cette ONG aide la Mairie de BANKA à faire de la cartographie. Cette initiative découle du fait que les services d’urgence n’arrivaient pas à retrouver ceux qui avaient besoin de secours immédiats, dû au fait que les rues et les allées sont pour la plupart mal identifiées. Entre autre, durant notre audience accordée par madame le Ministre des Postes et Télécommunications, la plus haute autorité des postes a parlé du soutien qu’elle va adresser au Projet de production industrielle des tablettes numériques solaires TEACHMEPAD de monsieur ONANA BINYEGUI Vincent; elle a dit beaucoup de bien de cette initiative qu’elle a vu naître, marcher à quatre pattes et atteindre sa vitesse de croisière actuelle. Elle désire encourager tous les jeunes entrepreneurs qui ont des idées innovantes pertinentes.

Que pensez-vous de la cryptomonnaie en Afrique ?

  • Pour réussir dans la vie, il faut d’abord commencer, c’est comme avec un enfant qui commence à marcher à quatre pattes puis va crescendo; quand il tombe pour la première fois, il ne se décourage pas, il se détermine. Comme je le dis toujours à mes étudiants pendant le cour d’entrepreneuriat que je dispense à l’Institut du pétrole et du gaz de mon pays les financements ne doivent pas être un frein à la réalisation de leurs projets. D’ailleurs, on ne les forment pas pour qu’ils aillent quémander de l’emploi, mais plutôt pour qu’ils aillent en créer. A mon humble avis, je pense que les africains doivent apprendre à travailler en réseau. « Ubuntu : je suis parce que l’autre est »; et comme ledit la loi de Moundell  » a chaque instrument, il faut associer une politique adéquate pour atteindre notre objectif » . En fait, un manager, c’est celui qui travaille en réseau et c’est ce qu’il faut inculquer à la jeunesse africaine pour qu’elle soit compétitive. Comme le disait mon professeur Daniel Mulenda dans son ouvrage « La gouvernance verte et émergence de la RDC » une économie réussie peut bouleverser l’ordre mondial. Si on réussit à mettre l’homme au centre de tout avec le savoir nous pourrons faire bouger les choses et l’Afrique avancera.

Pensez-vous qu’on puisse allier économie circulaire et cryptomonnaie en Afrique?

  • Que se soit l’économie circulaire ou la cryptomonnaie, se sont des notions très peu connues en Afrique. L’économie circulaire prône le recyclage et l’utilisation rationnelle des matières premières. Durant mon séjour ici, j’ai pu rencontrer des apiculteurs, ces derniers m’ont transmis des bribes de connaissances de leur art; j’ai pu voir toutes les étapes de fabrication du miel, et découvrir qu’on faisait du cirage à partir de la cire d’abeille; et ça beaucoup de gens ne le savent pas. C’est à cette inculture qu’il faut remédier. Idem pour la cryptomonnaie, la conception que les gens en ont est biaisée à la base parce que notre environnement n’est pas ancré dans les nouvelles technologies de l’information et de la communication. Je pense qu’il faut au préalable sensibiliser les populations sur l’utilisation de ces outils avec leurs avantages et leurs inconvénients; car il faut relever que l’éducation est la charnière de toute vie en société, car quand les gens sont bien éduqués et formés, ils font le choix qui leur sied en toute connaissance de cause.

Votre mot de fin.

  • Je tiens à saluer l’hospitalité camerounaise et et rappeler aux jeunes qu’en lisant, on se forme et on repousse l’obscurantisme. Lire et relire conduisent vers la compréhension. Mieux encore, une gestion qui ne prend pas en compte l’éthique comme second déterminant sera voué à l’échec et ce peu importe les ressources mises à disposition.

Je vous remercie

  • C’est moi qui vous remercie

MBIAPPA William