Claude Abé, sociologue, enseignant à l’Université Catholique d’Afrique Centrale (UCAC)

C’était le dimanche 18 juillet 2021 sur la chaîne de télévision Cam 10, le sociologue et enseignant à l’Université catholique d’Afrique Centrale Claude Abé, dans un duo surréaliste avec l’homme politique Saint Eloi Bidoung, accusait sans aucune nuance, avec des propos sulfureux traduisant un état d’esprit qui frise l’ethnophobie obsessionnelle, les Bamiléké d’être les maitres d’œuvre d’un complot hégémonique tribal dont les récentes manifestations de Genève contre le Chef de l’État Paul Biya en sont l’une des illustrations. En pointant du doigt une communauté tribale comme responsable des agissements de certains de ses membres, et en désignant expressément les contestations de certains activistes de la Diapora comme l’expression de frustrations d’une communauté tribale spécifique, Claude Abé et Saint Eloi Bidoung ont joué à un jeu obscur, et ont glissé dans une dérive tribaliste qui soulève l’indignation tant dans les sphères médiatiques que dans la société civile camerounaise. Le Jésuite Ludovic Lado qui fût un collègue du Pr Claude Abé a servir une lettre ouverte au Recteur de l’Université Catholique d’Afrique Centrale (UCAC) pour dénoncer les propos scandaleux du sociologue.

LETTRE OUVERTE AU RECTEUR DE L’UNIVERSITÉ CATHOLIQUE D’AFRIQUE CENTRALE (UCAC)

Objet : Propos tribalistes du Pr Claude Abé

Monsieur le recteur,

Pour peu que l’université catholique d’Afrique centrale soit encore catholique et, par conséquent, encore attachée aux valeurs de fraternité et du respect de la richesse de la diversité humaine, j’estime que le prof. Claude Abe ne mérite plus d’y enseigner sauf s’il s’amende. Pourquoi ?Le dimanche 18 juillet 202, sur la chaîne de télévision Cam 10, au cours d’une émission intitulée Grand Débat, il a tenu des propos scandaleux qui visaient à stigmatiser une des multiples communautés du Cameroun. Ce type de dérapage verbal, largement relayé sur les médias sociaux, est indigne d’un enseignant permanent d’une université catholique qui est censée promouvoir une éthique de la fraternité humaine.

Je me souviens qu’il n’y a pas longtemps, vous annuliez l’intervention d’une certaine Nathalie Koah à l’UCAC, je suppose, au nom des valeurs de votre institution. Le prof. Abé, il me semble, a franchi, lui aussi, les limites du permis sur le plan éthique.Par ailleurs, au cours de la même émission, il a contribué à répandre des calomnies abjectes sur un prélat de regrettée mémoire, en lui attribuant mensongèrement des thèses de suprématie ethnique. Il s’agit de feu Mgr Albert Ndongmo. À aucun moment, ses calomniateurs n’ont cité une des publications de ce prélat pour étayer leurs propos blasphématoires. Pourquoi profaner ainsi la mémoire d’un homme d’église qui ne demande qu’à se reposer en paix? Ce n’est pas digne d’un sociologue, encore moins d’un sociologue enseignant dans une institution catholique dont la devise est : « Au service de la Vérité et de la Justice ».

Je vous prie donc d’exiger du prof. Abé de retirer ses propos scandaleux pour mériter de continuer à enseigner dans une université catholique. Il n’y a pas longtemps le Pape François publiait une belle lettre encyclique sur la Fraternité humaine et l’amitié sociale. Il s’agit de Fratelli Tutti. C’est le rôle d’une université catholique d’en être l’incarnation.

Très cordialement,

Ludovic Lado SJ