Les communicateurs Catholiques réunis à Garoua autour de Mgr Sosthène Bayemi, Évêque du diocèse d’Obala et Président de la Commission Communication sociale de la Conférence Épiscopale Nationale du Cameroun / Crédit Photo: Lionel KANA

Du 12 au 16 octobre 2020, les communicateurs catholiques du Cameroun se sont retrouvés dans la ville de Garoua, chef-lieu de la province ecclésiastique du Nord autour de Mgr Léopold Sosthène Bayemi Matjei, évêque du diocèse d’obala et Président de la commission épiscopale pour la communication. Retour sur cette grande rencontre des communicateurs catholiques au Cameroun. Un grand reportage de nos confrères Moïse Bayi et Lionel Kana, envoyés spéciaux.

Garoua, chef-lieu de la région administrative du Nord Cameroun, avec son paysage pittoresque fait de montagnes de pierres et de vallées. La beauté de ses routes et édifices exprime l’hospitalité que ce peuple en majorité chrétien et musulman offre à tout étranger en séjour dans cette partie du Cameroun. Hospitalité aussi chaleureuse que le soleil qui brille dans le ciel de la ville ce lundi 12 Octobre 2020, lorsque nous arrivions enfin dans la ville après une vingtaine d’heures de route partant de Yaoundé.

Jabama ! c’est-à-dire bienvenu en langue local, le foufouldé, majoritairement parlé par les populations du Nord. Nous sommes chaleureusement accueilli – avec une surprise joyeuse- par les Bienvenu que nous souhaite avec grands sourires les confrères communicateurs catholiques de la province ecclésiastique de Garoua, qui depuis quelques ont l’habitude de l’exercice. Nous voici donc à Garoua, empruntant sous bonne escorte la route qui mène au Centre Jean-Paul II de Garoua, le village du forum. Les confrères responsables de l’accueil nous indique nos quartiers à la procure générale ainsi qu’à la communauté des Oblats de Marie Immaculée, il est alors 15h.

Moise Bayi média Le Chemin et abbé Jérôme Styve Djagueu Dircom Kribi au centre Jean Paul II Garoua

Après un repos bien mérité, les délégations enfin présentes sont conviées à la chapelle du centre jean paul II pour la prière des vêpres dirigée par l’abbé Gilbert Parli, coordonnateur national de la communication catholique. Le diner communautaire prendra le relai à 19 h. Un moment d’agapes qui devient l’occasion pour les communicateurs catholiques de faire davantage mutuellement connaissance. L’ambiance est toute particulière, celle des retrouvailles pour les uns, ou des premières rencontres pour les autres, notamment pour le média Le Chemin qui prenait part pour sa première fois à ces travaux. Après le diner, c’est la soirée libre.

La journéé du mardi 13 octobre débute par la prière des laudes suivie de la messe présidée par Mgr Bayemi et concélébrée par tous les prêtres en présence. Dans son homélie matinale, le patron de la communication de la conférence épiscopale nationale du Cameroun, en référence à l’évangile de Luc au chapitre 11, 37-41, invite les communicateurs à ne pas prendre en exemple les pharisiens qui s’employaient à purifier l’extérieur alors que les cœurs sont remplis de cupidité et de méchanceté. Le communicateur catholique doit s’employer à diffuser une information vraie et juste de l’Eglise. Une homélie qui prend l’allure d’une déclinaison du code de conduite éditorial du communicateur catholique.

Messe du mardi 13 octobre présidée par Mgr Leopold Sosthène Bayemi Matjei et concélébré par tous les pères communicateurs

Après le petit déjeuner, les communicateurs se sont retrouvés dans la salle des travaux pour aborder les thématiques inscrits à l’ordre du jour. A la suite des présentations des délégations, Fr. Singfred Sinior M’Sene Tata du diocèse de Bamenda et directeur du journal Cameroon Panorama, a entretenu les participants au forum sur le thème : « la mission du communicateur catholique au Cameroun ». Puisant dans son expérience de directeur de publication, il a apporté des éclairages sur le parcours de la communication catholique au Cameroun soulignant des difficultés rencontrées et contraintes persistantes. Cette présentation du Fr Singfred Sinioir M’Sene Tata sera suivi par une deuxième réflexion portant sur « la voix de la CENC dans le concert des médias : un défi de la cellule de communication », conduite par la Sœur Marceline Manga, chef de la cellule de communication de la CENC.

Après une matinée d’introduction bien chargée, l’après midi sera marquée par l’arrivée d’une importante délégation des autorités administratives de la ville, venu prendre par aux lancement officielle des échanges en plénière dans la salle des travaux. Alors que l’horloge indique 14h30, la cérémonie officielle d’ouverture du 3e forum national de la communication est alors lancée. Le mot de bienvenue est alors délivré par l’Archevêque métropolitain de Garoua Mgr Faustin Ambassa Djodo, l’ordinaire des lieux. Ce dernier dans un ton empreint de grande espérance exprime le vœu que les résultats de ces travaux soient utiles à l’Eglise et au Cameroun. Puis, c’est au représentant du Gouverneur de la région du Nord empêché de prendre la suite pour insister sur le bon usage de la parole, premier et principal moyen de communication. « La parole construit mais détruit également » martèle le représentant du Gouverneur. Le discours inaugural de Mgr Sosthène Bayemi, président de la commission communication de la CENC, clôture cette cérémonie dense en piste de réflexion. Dans son discours très attendu, l’Evêque d’Obala a exprimé le vœu que la communication puisse devenir un instrument au service de l’évangélisation, selon l’orientation de la récente encyclique du Pape François « Fratteli Tutti ».

Au terme de ces échanges, s’en est suivi la traditionnelle photo de famille sur la terrasse principale de la salle des travaux. La famille des communicateurs catholiques a ensuite pris congé de ses hôtes après un buffet organisé en l’honneur de ces derniers. A 17h, le forum de Garoua a échangé sur les difficultés rencontrées au sein des diocèses en rapport avec la communication. De cet échange, il s’est posée l’épineuse question du silence de l’Eglise face à la montée des idées l’anticléricales. L’Eglise, certes, doit apprécier l’opportunité de s’exprimer mais elle devrait s’exprimer bien plus souvent peut-on résumé en quelques mots le fruit des échanges.

Le mercredi 14 octobre, deuxième jour des travaux en plénière, après la traditionnelle messe et petit déjeuner, les travaux se sont poursuivis par une réflexion menée en matinée par l’Ingénieur Pascal Ahidjo, représentant pour le grand Nord de Arysta Lifescience Cameroon, sur le thème: « l’obligation pour l’Eglise de communiquer dans un monde en proie à l’anticléricalisme ». Pour cet expert, l’Eglise doit tenir compte de ce monde qui lui est de plus en plus réfractaire pour se faire entendre. C’est une réalité qu’elle ne peut ignorer, une situation qui constitue en même temps un défi à relever. A la suite de l’exposé de Pascal Ahidjo, Madame Judith Tchepayi a poursuivi par une réflexion portant sur « la mission de l’imprimerie et du livre dans la transmission du message évangélique ». La directrice des éditions Véritas de la Maison Catholique et de Communication Sociale de l’Archidiocèse de Douala (MACACOS) a dans sa réflexion recentré la place importante du livre au cœur des avancées du numérique, dont l’Eglise devrait, bien sûr, s’approprier davantage. Pour assurer la survie du livre, support principal de communication, elle a plaidé pour la mise sur pied d’un réseau national de diffusion qui relierai toute la grande famille des communicateurs catholiques nationaux.

Le 3ième forum des communicateurs catholique a été aussi ponctué par la visite des structures diocésaines de l’archidiocèse de Garoua. Les communicateurs se sont ainsi rendus tour à tour au collège Sainte Thérèse de l’enfant Jésus, où ils ont communié une quarantaine de minutes avec les tous petits ainsi que le staff administratif autour d’un mot de bienvenue prononcée par la sœur principale dudit collège, et d’un chant de bienvenue exécutée par les élèves, suivi d’un buffet et signature du livre d’or. Le cap a ensuite été mis sur la cathédrale de Garoua où nous avons été accueilli et guidé lors de notre visite des lieux par l’abbé Makon du diocèse d’Eseka et en mission à Garoua. Autour de 17h, la délégation quittât la cathédrale pour se rendre à la paroisse Our Lady of Divine Merci afin de prendre part à une célébration eucharistique présidée par Mgr Bayemi.

La matinée du jeudi 15 octobre sera marquée par une excursion des communicateurs catholiques au barrage hydroélectrique de Lagdo en compagnie de Mgr Sosthène Bayemi, pour une visite de l’ouvrage, ainsi que la découverte des environs. C’est aux environs de 18h que La délégation rejoint la ville de Garoua après un riche après midi touristique.

Le vendredi 16 octobre, dernier jour de notre séjour à Garoua, le 3ième Forum National des communicateurs catholiques du Cameroun s’est achevé par la lecture et à l’adoption du communiqué final. Avant de se séparer, rendez-vous a été pris pour octobre 2022 à Bamenda dans la région du Nord-Ouest dans l’espérance que les fils et filles du Cameroun à l’écoute de Dieu et de leur conscience, auront trouver une solution durable à la crise que connait depuis 2016 les régions anglophones de notre pays.

Grand reportage à Garoua signé Moïse Bayi et Lionel Kana

→ lire le communiqué final de ce forum sur Le Chemin Média