le président F. Tshisekedi et son predecesseur J. Kabila

Les élections de 2018 ont mis le pays dans une situation exceptionnelle depuis son accession à l’indépendance en 1960. Le Président élu Félix Tshisekedi avait alors formé  une coalition avec le camp de son prédécesseur et son adversaire farouche de jadis, joseph Kabila, dont la parti est majoritaire au parlement. Depuis l’avènement de cette alliance de circonstance, on assiste aux incriminations permanentes des uns contre les autres, si bien que les questions essentielles telle que la sécurité dans l’est du pays sont éclipsées.

La politique politicienne anime la vie politique de la RDC depuis quelques temps. Le peuple est victime de batailles entre  politiciens qui, au lieu d’œuvrer pour exécuter un programme qui sauverait le pays du gouffre où il est plongé depuis plus de deux décennies : l’insécurité à l’Est, la pauvreté de la population, etc., les acteurs politiques cherchent à baliser leurs chemins pour les présidentielles de 2023. Des tensions au sein du FCC-Cach (le front Commun pour le Congo de l’ancien président Joseph Kabila, et le Cap pour le changement de l’actuel président), la coalition au pouvoir fait montre de conflits latents dont l’issu pourrait être la victoire d’un camp sur l’autre sans lendemain prometteur pour les institutions congolaises. Alors que le Président de la république Félix Tshisékédi avait menacé, il y a quelques mois devant la diaspora congolaise de Londres de dissoudre l’assemblée nationale (acquise au camp Kabila, [Ndlr]) si jamais on l’empêchait de réaliser sa mission, aujourd’hui les voix se lèvent du côté de son allié le FCC et  d’une partie des membres de l’opposition Lamuka pour mettre en accusation le Président de la république. Il lui est reproché d’avoir intentionnellement violé la constitution en nommant deux juges de la  Cour constitutionnelle à la Cour de cassations alors que leurs mandats étaient encore en cours.

C’est a se demande qui coalise avec qui ?

Les leaders de l’opposition qui soutienne la mise en accusation du Chef de l’État sont accusés par d’autres leaders de l’opposition de jouer le jeu de « disputes politiciennes » du FCC. Le décor est planté pour que Lamuka vole en éclat lorsque l’on se rend compte que  certains de ses membres, comme Moïse Katumbi, optent pour une opposition républicaine et semblent plus proches de Tshisekedi que de l’aile radicale de Lamuka, entrainée par Martin Fayulu, le candidat malheureux à la présidentielle passée, qui continue à revendiquer la vérité des urnes. Les résultats de ce théâtre des politiciens est l’entrave du bon fonctionnement des institutions, la misère de la population et les meurtres en continue de plusieurs citoyens dans le  pays de Lumumba.

VERS UNE REPUBLIQUE D’EXPERTS ?

Depuis son accession au pouvoir, le président congolais Félix Tshisekedi a signé des ordonnances qui ont suscité des débats intenses dans l’opinion publique congolaise. Le dernier en mémoire, est la nomination des juges de la Cours constitutionnelle à la cour de cassation il y a deux mois. Cette décision du Chef de l’État  a provoqué un tôlé chez les acteurs politiques, le citoyen  lambda et dans les milieux universitaires.

Les experts s’invitent de plus en plus dans les débats politiques et prennent de l’ampleur. Tous les camps se servent de plus en plus d’arguments d’autorité, en faisant recours aux experts du droit pour juger de la légalité -ou non- des questions politico-juridiques. L’attention est détourée de l’essentiel. Le pays a pourtant subi les incursions d’au moins six armées étrangères depuis le début de l’année selon les informations que diffusent les activistes, ONG et centres de recherches et fait face aux groupes armés locaux. Rien ni fait, ce sont les tensions politiques internes qui défrayent la chronique avec, comme le mythe d’Aristote, des propos des éminents professeurs de droit se prononçant sur les ordonnances du président et cherchant à donner raison à tel ou tel autre camp. D’un côte « Mbala l’a dit » ou de l’autre « Nyabirungu l’a dit ».

Toutes ces agitations des acteurs politiques congolais qui détourne l’attention de l’opinion publique de leurs échecs, et empêchent le bon fonctionnement des institutions laissent la population à la merci de la crise de la Covid-19, de l’insécurité et de la pauvreté, avait été rappelé avec virulence par le cardinal Fridolin Ambongo, dans le discours prononcé le jour de sa création comme Cardinal de l’Église Catholique Romaine par le Pape François. L’éminent prélat résume la cause du malheur qui frappe le peuple congolais depuis plusieurs années par : « le mauvais cœur de l’homme ». L’on constate malheureusement pour mieux le regretter, que la classe politique actuelle de la RDC n’est pas prête de mettre les préoccupations du peuple et de la nation congolaise au dessus des intérêts égoïstes et des luttes partisanes.