Cameroun: Les retombées du Conseil Supérieur de la Magistrature se font ressentir dans artères des palais de justice

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Le Chef de l'Etat camerounais Paul Biya, présidant le Conseil Supérieur de la Magistrature le 11 août 2020.

Initialement prévu le jeudi 06 août 2020, le rendez-vous discrétionnaire du Président de la République et des seize autres membres du conseil de la magistrature avec le pouvoir législatif camerounais s’est finalement tenu le lundi 10 août dernier.

Le Chef de l’État, président du Conseil Supérieur de la Magistrature avait décidé du report au lundi 10 août 2020 à 12h, dans la salle des conseils de la Présidence de la République, de la réunion du conseil supérieur de la magistrature initialement convoquée pour le jeudi 6 juillet 2020. Cela fasait 3 ans qu’il ne s’était pas tenu depuis le 7 juin 2017, et pourtant les textes prévoient un minimum de deux sessions par an, respectivement en juin et décembre. Les rumeurs annonçaient sa tenue au soir des élections législatives du 09 février 2020 dernier. Il ne manquait plus que la carte politique des 180 députés, représentants le triangle national soit établie pour que le Président de la République redéfinisse l’échiquier juridictionnel et judiciaire du Cameroun.

De plus en plus décrié comme étant un corps d’élite colportant des cas d’indiscipline, de corruption de magistrats et d’abus de fonction, on a pu écouter et fait circuler ça et là des déclarations d’usagers et sur les réseaux sociaux sollicitant le départ de certains membres de ce corps du fait de leur manquement à l’éthique que leur noble mission exige. Par ailleurs, le milieu carcéral dont les problèmes demeurent particulièrement préoccupants espère que les nouveaux responsables de leurs dossiers auront un regard dépoussiéré de toutes les éventuelles altérations connues avec leurs prédécesseurs. Toutefois, il faudrait aussi souligner que la récente session du Conseil Supérieur de la Magistrature a été marquée par l’intégration dans le corps judiciaire des auditeurs de justice de la section Commonn Law récemment crée à l’ENAM. En évoquant cette décision, le Président de la République a rappelé que les nouveaux magistrats sont issus du recrutement spécial des personnels judiciaires anglophones afin d’appliquer, dans les ressorts des Cours d’Appel du Nord-Ouest et du Sud-Ouest la Commonn Law. Une mesure qui s’inscrit dans la continuité des réponses aux revendications corporatistes des hommes de droits d’expression anglaise au tout début de ce qui allait se muter en crise politique et sécuritaire dans les régions du Nord Ouest et du Sud Ouest. Ainsi, par la promotion et la nomination des magistrats du siège et ceux du parquet ainsi que de la chancellerie le Conseil à procéder à la mise en retraite de certains magistrats.