ALLASANE DRAMANE OUATARA, le président ivoirien

La mort du premier ministre Amadou Gon Coulibaly survenue le 08 juillet 2020 tient en haleine les partisans du RHDP sur le successeur du Président ivoirien Alassane Dramane Ouatara à l’élection d’octobre prochain. Le défunt, dont la loyauté à l’actuel président était  notoirement connue, avait été choisi comme candidat du parti présidentiel à l’issue d’un congrès il y a quatre mois, après le renoncement de l’actuel président ivoirien à briquer un troisième mandat.

Un boulevard s’ouvre pour le président ivoirien qui tenter de poser de nouveau sa candidature pour pouvoir succéder à lui-même dans un troisième mandat. Le décès de celui qui était son dauphin désigné au sein de son parti lui aura ouvert une brèche qui pourra, dans une certaine mesure passer outre le propos qu’il avait tenu dans le passé : « il est temps de passer le pouvoir à la nouvelle génération. » avait-il indiqué devant le parlement de son pays parce qu’il s’estimait alors vieux pour continuer à diriger la Cote d’ivoire.

Il est courant d’affirmer que la démocratie moderne implique la limitation de mandat présidentiel à deux. Même si les hommes politiques en Afrique se prêtent de plus en plus au discours imputant à la population la responsabilité de leur décision, il est de plus en plus courant que plusieurs pays se retrouvent à faire au dilemme d’un troisième mandat pour le président sortant. On se souvient des propos du feu Président burundais Pierre Nkurunziza en 2017 qui affirmait qu’il se représenterait si la population le lui demandait ; ou encore les retraits de leurs signatures à l’accord de Genève (accord qui  avait désigné Martin Fayulu comme candidat unique de l’opposition congolaise à l’élection présidentielle de 2018 en RDC) par le Président congolais Félix Tshisekedi et son colistier d’alors Vital Kamere, sous prétexte que leurs bases respectives le leur avaient demandé. Le même son de cloche se fait déjà entendre en Côte d’Ivoire chez certains partisans du président Alassane Ouattara : « On doit écouter sa base.» Les élus de la majorité présidentielle (députes et sénateurs du RHDP ), au nom du peuple dont ils prétendent porter la voix, ont clairement formulé à ADO le mercredi 22 juillet lors d’une rencontre avec la direction exécutive du parti, leur souci de le voir candidat pour un troisième mandat afin de consolider les avancées qu’a connues les pays depuis la grave crise postélectorale de 2010 qui s’était solder par l’arrivée d’ADO au pouvoir avec l’appui de l’armée française.

La candidature d’Henri Konan Bédié, un argument de plus !

Le Rassemblement des Houphouetistes pour la Démocratie et la Paix (RHDP) d’ADO aura en face un adversaire de taille. Il s’appelle Henri konan Bédié, l’ex Président de la République ivoirienne, qui  malgré ses 85 ans, installe la panique dans le camp du parti présidentiel, si bien que certaines opinions  imagent  de faire recours à leur ancien allié Guillaume Soro, exilé en France et condamné à 20 ans de prison ferme par contumace.  Cette hypothèse qui semble inimaginable sous-entend qu’à défaut d’Ouatarra, l’ex Président de l’Assemblée Nationale ivoirienne en froid avec ADO serait le meilleur risque à prendre pour conserver le pouvoir. En d’autres termes, ADO n’a pas deux alternatives mais une seule : se représenter pour garder les commande du pays ; lui qui avait indiqué qu’il se représentera si Gbagbo ou Bédié sont candidats. Bédié s’est déjà déclaré candidat.

On constate que les politiciens se préoccupent plus de leur survie politique que de la vraie stabilité et de la réconciliation nationale dont la Côte d’Ivoire a tant besoin après les violences postélectorales de 2010 dont les séquelles sont encore présentes dans la société ivoirienne. Alors que plusieurs voix indiquaient qu’après l’inhumation de Amadou Gon Coulibaly, son remplaçant ne tarderait pas à être désigné, on constate plutôt que le suspens est entretenu sur cette affaire, même si la principale question n’est plus de savoir celui pourrait le nouveau dauphin après la mort de Coulibaly, mais plutôt quand ADO va t-il déposer sa candidature  dont la date limite est fixée au 30/08/2020, et si cette candidature ne présage pas la préparation d’une nouvelle crise politique majeure en Côte d’ivoire ?