Précieux Sang du Christ : Histoire d’une dévotion

0
820

Les fidèles catholiques font mémoire au Précieux Sang du Christ pendant le mois de Juillet, c’est une tradition parfois méconnue qui date des origines de l’Église.

 « Pourquoi le mois de juillet ? »

En juillet 1848, l’Église catholique, sous le règne du Pape Pie IX, expérimenta une des victoires les plus éclatantes. Ce fut la victoire contre la révolution romaine, manifestée par l’instauration au sein des États pontificaux de la République. Le pape s’enfui alors de Rome et se refugia à Gaète. L’Autriche et la France accoururent au secours du Souverain pontife et l’action de la France fut décisive pour restaurer l’autorité pontificale. Le Bénédictin Prosper Guéranger (1815-1875) raconte que les 28, 29 et 30 juin, sous l’égide des apôtres, la « fille aînée de l’Église » balayât les remparts de la Ville éternelle. La conquête prit fin le 2 juillet. Il s’en suivi la publication d’un double décret, qui notifiait à la ville et au monde (urbi et orbi) « la reconnaissance du pontife, et la manière dont il entendait perpétuer par la sainte Liturgie le souvenir de ces événements ». C’est ainsi que le pape Pie IX, avant d’aller reprendre le gouvernement de ses États, en confiant l’Église au Seigneur en rappelant que, pour cette Église, Il a versé son Sang, fixa la date de célébration du précieux sang le 1er juillet. Le Pape Pie IX, décida ensuite d’accorder cents jours d’indulgences à tous ceux qui célèbreraient le mois du Précieux Sang. La date du 1er juillet fut supprimée du calendrier Liturgique en 1970. Toutefois, les fidèles ont toujours été invités à perpétuer la tradition du mois de juillet, pour louer la dignité et la puissance de rédemption du précieux sang du Seigneur Jésus Christ.

« Le fondement spirituel de la dévotion au Précieux Sang »

L’histoire de l’Église c’est l’histoire du Précieux Sang. Le Sang Précieux de l’Agneau « qui enlève le péché du monde » a substitué le sang du bouc ou du taureau qui, autrefois était offert en sacrifice pour l’expiation des péchés. Le Christ a versé son sang pour affranchir l’Homme de la captivité du péché et lui donner de vivre la fin première pour laquelle il a été créé : louer, servir et adorer le Seigneur. Étant donné que le sacrifice est tout particulièrement l’élément chrétien de la sainteté, l’Église depuis ses premiers jours avec Pierre et les onze autres apôtres résume la foi dans son enseignement sur le don sacrificiel de Jésus christ en faveur de l’humanité. C’est pourquoi, Saint Paul affirme : « par son propre Sang, le Christ est entré une fois pour toute dans le saint des Saints, en répandant, non pas le sang de boucs et de jeunes taureaux, mais son propre sang. De cette manière, il a obtenu une libération définitive » (He 9, 12). Il n’est donc pas abject de dire que c’est le Sang Précieux qui est le principe vital de l’Église. Le Pape Benoît XVI dans la cathédrale du Très Précieux Sang à Westminster invitait les fidèles à ne pas oublier que « le Sang du Christ répandu est la source de la vie de l’Eglise (…) Dans les épreuves et les vicissitudes de cette vie.

« Les fruits de la dévotion au Sang Précieux »

La dévotion au Sang précieux du Christ implique d’entrer dans la dimension sacrificiel de la foi, avec le Christ, pour gagner la rédemption, la résurrection et la vie éternelle. Les dévots du Précieux Sang participent ainsi à la compassion que le Christ Jésus a éprouvé pour l’humanité en ordonnant leurs vies à celle du Christ à travers la consécration au Sang Précieux. Cette dévotion a fait plusieurs dévots et mystiques chrétiens au cours de l’histoire de l’Église. On peut citer : Sainte Catherine de Sienne qui a beaucoup contribué à propager le culte du précieux sang, comme dévotion spéciale. On peut aussi citer parmi les servantes de Dieu qui se distinguèrent par un amour plus ardent du précieux sang, Osanna de Mantoue, qui était ravie en extase chaque fois qu’elle voyait du sang ; sainte Marie-Madeleine de Pazzi ; la vénérable Marie-Françoise des Cinq Plaies, religieuse d’Alcantara; Françoise de la Mère de Dieu, carmélite de France ; la vénérable Anne de Jésus, compagne de sainte Thérèse, qui, un jour en communiant, eut la bouche remplie d’un sang délicieux qui découlait de l’hostie; la carmélite Marguerite de Beaune; Marguerite de la Passion, carmélite de Rouen, et tant d’autres. La dévotion au précieux sang est donc d’abord l’entré dans une dimension particulière de la vie mystique.