La question de la présence de Dieu à l’heure de la Covid-19

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Représentation du prophète Elie au Mont Horeb

Où est Dieu? Qui dois-je suivre en ces temps graves ? Que pouvons-nous apprendre de neuf des saintes écritures ? Compte tenu de l’époque où nous vivons, marquée en ces derniers mois par la crise sanitaire mondiale de la Covid-19, et largement dominée par la peur et l’incertitude, on peut dire que, c’est avec un intérêt croissant que les problèmes d’ordre cosmologique habitent les esprits de nombreuses personnes, y compris des croyants.

Dieu est-il réel ? Il semble que ce soit ces « derniers jours » ce que certains croyants se sont beaucoup posé comme question. Mais qui dois-je alors suivre? Il y a tant de religions, tant de dieux différents, de croyances différentes qui se mêlent à des syncrétismes inépuisables. Même les chrétiens sont divisés, et même au milieu de ces divisions, nous avons d’autres sous-divisions. Qui a raison ? Qui a tort? Est ce là la vraie question ? De toute les façons, chacun y va de sa propre doctrine, expliquant la même bible de différentes manières. Il semble même que les bibles ne sont pas toutes les mêmes. C’est comme si les témoins de Jéhovah ont leur bible à eux, les églises protestantes issues de la Réforme la leur, et les catholiques la leur aussi. Même si la bible Tob reste l’un des témoignage les plus visible de l’œcuménisme.

Peut-être est-il préférable de rester juste comme je suis, plutôt que de me mettre dans plus de confusion et m’enliser dans une suite complexe de problèmes. Et si au final il n’y avait pas de Dieu ? Parce que si vraiment ce Dieu existait et s’il est aussi bon qu’on le dit, pourquoi alors laisse-t-il les gens souffrir, pourquoi tous ces morts, tout ce mal ? Pourquoi laisse-t-il toutes ces choses se produire ? Aime-t-il voir les gens souffrir ?

Dieu est réel. Et ce qui peut être connu de lui est clair pour tous, parce que Dieu lui-même l’a rendu clair. Aussi, Saint Paul lance dans le ton péremptoire qu’on lui reconnait : ceux qui disent qu’il n’y a pas de Dieu n’auront aucune excuse du tout le jour du Jugement (Romains 1: 19-23).

L’homme est remis à Dieu par la foi (Romains 1:17) mais la foi sans les actes est morte (Jacques 2:26). Dans la mesure où le salut ne peut pas être  » acheté  » avec de bonnes œuvres, toute foi authentique est reflétée par ses fruits (Matthieu 7:16) et ces fruits sont la charité (amour) exprimée au prochain. Nous ne pouvons pas prétendre croire en Dieu et ne pas aimer nos voisins, notre prochain (1 Jean 4:20). Et cet amour s’exprime par des actions / œuvres (Matthieu 5: 13-14). Ce point particulier de justification (être remis aux choses avec Dieu) a amené Martin Luther, un moine augustinien à impulser la réforme protestante. Jusqu’à aujourd’hui, la théologie de la justification du salut est encore contestée et constitue l’une des principales raisons de nombreuses divisions parmi les chrétiens. Il me semble comme saint Paul, que la vérité sur ce que Dieu veut que les hommes sachent est claire, et cette vérité est donc accessible (Romains 1:19). Et comme le disait saint Augustin, Noli foras ire, en teipsum refait: dans interiore homine habitat veritas– Ne vous perdez pas, revenez à vous, à l’intérieur de vous vit dans la vérité. Celui qui croit en Dieu (qui est amour) montrera certainement sa croyance en l’amour par l’amour, et ceux qui aiment Dieu obéissent à ses commandements (Jean 14:15), et Dieu lui-même récompensera chacun et chacune selon ce qu’il a fait (Romains 2: 6).

Dieu a pitié de qui il veut et rend têtu celui qu’il veut (Romains 9:16). C’est aussi simple que cela, il est le créateur et nous sommes ses créatures. L’argile demande-t-elle au potier ce qu’il fait? Le pot se plaint-il que son créateur n’a aucune compétence? (Ésaïe 45: 9-19).

Dieu permet la souffrance et le mal pour des raisons qu’il connaît le mieux. Les écrivains sacrés, les mystiques, et les hommes de foi, nous enseignent que cela se produit pour que la gloire de Dieu et notre salut se manifestent encore plus. (Genèse 50: 20,1 Rois 12: 24, Jean 9: 3, Romains 5: 3-5, Hébreu 12: 1 -11)

Pour suivre Dieu, nous n’avons pas besoin de comprendre pour croire, mais nous croyons pour pouvoir comprendre (Credo ut intelligam-St Augustine). Croire également en Dieu est un don; une grâce de Dieu qui vient en entendant le message (Romains 10:14), cependant nous prions pour que, lorsque nous entendons le message, nos cœurs ne soient pas endurcis (Hébreux 3: 7-8), si nos cœurs sont endurcis, nous pouvons donc ne pas croire.

Confrontés au mystère et à la grandeur de Dieu, nous ne devons pas avoir peur, mais plutôt nous prosterner devant lui dans la prière d’adoration comme Pierre, Jacques et Jean dans la transfiguration de notre Seigneur (Matthieu 17: 1-8) et surtout nous devons écouter notre Seigneur, Jésus-Christ. C’est un commandement divin «Écoutez-le» – Matthieu 17: 5. Nous, les humains, nous souffrons tellement parce que nous n’écoutons pas, le plus souvent nous ne faisons même pas l’effort. Cultivons le silence et découvrons Dieu en silence, dans le désert de nos cœurs (Jean 1:23).

Baye Randolf Takor