Lionnes indomptables : Gaëlle Enganamouit siffle la fin.

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Gaelle enganamouit. Crédits photo/actucameroun.cm

Il y a quelques heures seulement sur son compte Instagram, la star camerounaise Enganamouit, âgée de 28 ans a décidé de mettre un terme à sa carrière de footballeuse, afin de véritablement prendre soin d’elle et d’assurer pleinement son rôle de mère.

« Tout ce qui a un début a une fin, mais chaque fin est le début d’un nouveau départ ». C’est dans ce paradigme que semble s’inscrire le ballon d’or africain 2015, Gaëlle Déborah Enganamouit.
Née le 9 juin 1992 à Yaoundé, à quelques encablures du stade Ahmadou Ahidjo, elle se découvre en grandissant, une passion pour le football. Son amour débordant pour ce sport à connotation masculine, va l’amener à côtoyer dès l’âge de onze ans les stades de son quartier, dans une atmosphère loin d’être favorable pour une jeune fille, à cause du caractère embryonnaire du football féminin à cette époque. Cependant, sa témérité va lui permettre de surmonter presque tous les obstacles, notamment les préjugés que se font la plus part du temps, des personnes, à l’égard des femmes qui paraissent s’écarter de la norme.


Gaëlle fait ses premiers pas à Lorema, un club de football féminin de Yaoundé où entre 2004 et 2012. Elle acquière alors tous ceux dont elle a besoin pour devenir une véritable lionne. Après avoir dominé grâce à son talent incontesté tout l’espace Camerounais, elle décide de parcourir le monde. Entre 2012 et 2019, elle est tour à tour à : Spartak Subotica (Serbie), Eskilstuna United et FC Rosengard en Suède, Dalian Quanjian en Chine, Avaldnes IL en Norvège et enfin Malaga CF en Espagne.
Elle rejoins l’ équipe nationale du Cameroun en 2010, où elle joue plus de quarante matchs de hauts voltiges, à l’exemple de cette fabuleuse rencontre comptant pour la coupe du monde 2015, entre le Cameroun et l’Equateur, où elle inscrit trois buts. Quelques mois après, elle devient la nouvelle reine du football féminin Africain, attirant sur elle le respect de ses consœurs et même celui des hommes qui l’entourent.


Le sport féminin en général est particulier dans ce sens qu’il est difficilement soluble dans la vie sociale et notamment familiale. Surtout quand il s’agit pour des personnes très impliquées dans leur vie de foi, de vivre selon la volonté de Dieu. Contrairement aux hommes qui n’ont pas besoin d’une interruption continue de l’activité sportive de 9 à 12 mois en raison de la naissance d’un enfant, les femmes on des contraintes d’ordre naturel, et cela n’est pas toujours reconnu à sa juste valeur. Pour des raisons de grosses ou de naissance, elles doivent renoncer à environ 18 mois (presque le temps de deux saisons) avant de prétendre revenir sur les stades. Il faut donc être très astucieux, et trouver le juste milieu. Il se trouve que Gaëlle, la fille des rails comme elle est affectueusement appelée, jusqu’ici sans enfant, l’a bien comprit. Voilà pourquoi à 28 ans, elle décide de raccrocher les crampons, nonobstant toute l’expérience acquise qu’elle aurait pu mettre au profit de ses coéquipières et de la nation toute entière.
Son départ des stades semble être prématuré pour plusieurs personnes, mais pas pour ceux de NDIKINIMEKI dans le département du Mbam-et-Inoubou, région du centre Cameroun dont elle est originaire. Ils attendent impatiemment la voir embrasser sa carrière matrimoniale et, se déployer dans l’humanitaire d’après un reportage de nos confrères de la chaine Canal 2.


Très pondéré, c’est une passionaria. Cette dame de fer, avait déjà partagé avec le public son goût de l’humanitaire en 2019, en mettant sur pied la FONDATION ENFANT DES RAILS (F.E.R), qui s’occupe du développement et de la promotion du football féminin. C’est dire qu’à ce sujet, les futures égéries du football féminin au Cameroun, peuvent s’estimer écouter et désormais disposer d’un espace pour développer leurs talents, sans oublier de faire de leur vie de foi une force, afin que le meilleur reste à venir.