Effets Covid19 sur le secteur Privé : le GICAM tire la sonnette d’alarme !

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Dans un rapport rendu public en cette fin de Mois d’Avril 2020, le Groupement Inter-patronal du Cameroun fait le point de la température du secteur privé en ces temps de pandémie de corona virus. Il en ressort que les grandes industries toussent, les moyens industries sont grippées, les sociétés de service éternuent, les PME sont sous assistance respiratoire, les activités agricoles ont une température anormale pour les termo-flash : en bref les voyants du secteur privé sont au rouge.


« Enquête et cible »
Le rapport produit par le GICAM est le fruit d’une enquête menée du 13 au 21 avril 2020 auprès des entreprises du secteur privé au Cameroun. Cette enquête fut menée par la Cellule de veille mise en place au GICAM pour coordonner l’action de la structure face aux effets de la pandémie Covid-19. L’enquête a ciblé 100 patrons d’entreprises privées installées sur le territoire National. Il s’agit d’entreprises qui se déploient dans l’agriculture, le commerce du gros et détail, les assurances, les télécommunications, l’informatique, le transport et l’hôtellerie. Sur les 100 entreprises ayant répondues à l’enquête, 31 sont industrielles et 69 sont de services. D’un point de vue de la taille 73 sont des PME et 27 sont de Grandes Entreprises. Rappelons que selon le GICAM, est considérée comme Grande entreprise, une entreprise dont le Chiffre d’Affaire est supérieur à 3 milliards de FCFA et a un effectif d’employés supérieur à 100 personnes. 17% des PME cibles ont un capital de moins d’un milliard et 36,2% ont un capital de moins de 250millions. Ce sont donc des jeunes entreprises dont la fébrilité économique n’est plus à démontrer.

« Covid19 : impacts sur les entreprises au Cameroun »
C’est le titre principal de ce rapport d’enquête rendu publique par le GICAM le 22 Avril 2020. Et au regard des chiffres avancés il est sans appel : le secteur privé va mal en cette période. Ainsi, on apprend que 92% des entreprises enquêtées déclarent que la pandémie du Covid-19 a un impact très négatif (52%) ou négatif (40%) sur leurs activités. Il s’agit des grandes entreprises industrielles, des entreprises de services, des PME. Toutefois, les PME et les entreprises de services sont les plus affectées. La proportion des PME ayant déclaré être impactées très négativement est plus élevée (61%) que celle des grandes entreprises (27%). De même, 58% des entreprises de services ont déclaré subir « très négativement » les effets de la pandémie contre 38% chez les entreprises industrielles. Le secteur privé affirme broyer du noir depuis que le virus a fait son apparition en terre camerounaise et que les mesures barrières ont été édictées. 69% des entreprises industrielles affirment que leur production est directement affectée contre 26% seulement des entreprises de services. Les grandes entreprises déclarent à 50% que leur production est directement affectée contre 36% chez les PME. Le rapport précise que si la production est affectée, la vente l’est également. Ainsi, 85% des entreprises moyennes et les plus petites estiment que leur chiffre d’affaires est touché. Par contre chez les grandes entreprises le chiffres est de 92%.
Presque toutes les entreprises ayant participé à l’enquête ont pris des mesures pour limiter la propagation du COVID-19. Les grandes entreprises sont les plus résilientes. Selon les éléments contenus dans ce rapport, on note que toutes les entreprises, indépendamment de leurs secteurs et de leurs tailles, subissent à court terme les tensions de trésoreries du fait de l’impact du COVID-19. 65% des entreprises ont déclaré que les commandes des clients sont directement affectées. Cette proportion est presque égale selon les deux grands secteurs considérés et selon la taille de l’entreprise. 44% des entreprises ont déclaré que leurs achats / approvisionnements sont directement affectés. Toutefois les entreprises industrielles et les grandes entreprises semblent être plus concernées que les entreprises de services et les PME. En effet, 62% des grandes entreprises affirment que leurs achats / approvisionnement sont affectées contre 38% chez les PME. De même 56% des entreprises industrielles indiquent que leurs achats / approvisionnements sont affectés contre 38% chez les entreprises de services. La pandémie « touche » aussi le personnel du secteur privé : 87% des entreprises ont procédé à des mises au chômage ou à des réductions des effectifs. La réduction des effectifs est plus prononcée chez les PME que chez les grandes entreprises. 12% des entreprises enquêtées ont déjà eu de cas de personnels testés positifs au Covid-19. Soit 30,8% de ce chiffre dans les grandes entreprises contre 5,6% dans les PME. La quasi-totalité des entreprises interrogées (83,2%) a procédé au report des investissements. Dans le contexte actuel marqué par la pandémie 50% des grandes entreprises estiment qu’elles ne peuvent tenir au-delà de 3 mois de confinement car leurs unités de production ne pourront pas tenir au-delà. 13% des répondants envisagent des fermetures ou dépôts de bilan.


« Que faire ? »
La question a tout son sens quand on ne veut pas paraitre alarmiste. Un plan de riposte global et massif du gouvernement est attendus, pour amplifier les mesures déjà annoncées pour soutenir le secteur privé. Le décaissement récent de 135 milliards de FCFA par le Fmi pour soutenir le Cameroun donne de l’esploir. La recession sera inévitable, c’est sur son ampleur que le gouvernement et le secteur privé devront se pencher. Au-delà de la reponse de l’intelligence humaine à cette situation grave, et face à l’ampleur annoncée des degats du Covid-19, les ressources de la foi seront incontournables pour surmonter la pandémie.  Il faudra aussi se confier à l’Eternel. C’est de lui que nous vient le secours dit le psalmiste et Saint Paul de renchérir : « en lui nous avons la vie, le mouvement et l’être » (Actes 17 :28). Pour tous les Chrétiens du monde notamment ceux qui sont des patrons d’entreprises, c’est un préalable en ces temps difficiles. Ces paroles du Christ doivent raisonner continuellement en eux : « Vous aurez des tribulations dans le monde, mais prenez courage, j’ai vaincu le monde » (Jean 16 :33). C’est cette foi inébranlable en Dieu qui est gage d’ouvrir l’intelligence humaine a la créativité et de fournir des solutions idoines devant les situations les plus difficiles que l’on peut connaitre en ce temps de pandémie. Et il est clair que si rien n’est fait, le secteur privé au Cameroun risque de s’écrouler. Dans le Rapport, le GICAM mentionne que des requêtes ont été formulées par les entreprises pour les aider à sortir du gouffre. Les principales requêtes des entreprises vis-à-vis des pouvoirs publics, issues de l’enquête sont formulées comme suit : report des charges sociales et fiscales ; financement de trésorerie à taux d’intérêt réduit ; mise à disposition des masques à des prix abordables voire gratuitement ; mise à disposition des tests à des prix abordables voire gratuitement ; communication permanente sur la crise sanitaire ; réduction des délais de paiement ; report du paiement des loyers et factures ; réduction des délais de paiement des factures. Au Gicam les entreprises ont formulé les requêtes suivantes : plaidoyer pour mesures d’accompagnement fiscal et multiforme ; promotion de l’économie circulaire, réduction des délais de paiement interentreprises, organisation d’un système pour faciliter l’accès des patrons aux soins ; sensibilisation de l’entreprise ENEO pour la fourniture continuellement en électricité ; sensibilisation de l’Etat à payer les fournisseurs de masques comptant à la livraison ; renégociation des taux de crédit. Le rapport a été transmis à qui de droit. Vivement que les prochains jours oxygènent le secteur privé qui suffoque.


Lionel K@N@