Covid19 : Ces traitements qui viennent de l’Afrique

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A photo taken on 21 April 2020 at the Agroscope (Federal Competence Centre for Agricultural Research) in Conthey shows young Artemisia annua plants which the president of Madagascar has officially launched a local herbal remedy claimed to prevent and cure the novel coronavirus. - The drink, which has been called Covid-Organics, is derived from artemisia, a plant with proven efficacy in malaria treatment, and other indigenous herbs, according to the Malagasy Institute of Applied Research (IMRA), which developed the beverage. But its safety and effectiveness have not been assessed internationally, nor has any data from trials been published in peer-reviewed studies. Mainstream scientists have warned of the potential risk from untested herbal brews. (Photo by Fabrice COFFRINI / AFP)

Les traitements du Covid19 se multiplient partout dans le monde notamment en Afrique. Hommes d’Etat, Religieux, Chercheurs et Médecins, proposent des recettes dignes d’intérêts. Tandis qu’ailleurs des idées plutôt loufoques intriguent les confinés. Nous avons fait le tour des potions antiCovid19 proposer par l’Afrique pour présenter celles qui font le plus parler d’elles.


« Naturopathe en Soutane ! »
Le 25 avril 2020, Mgr Samuel Kleda, archevêque Métropolitain de Douala au Cameroun en Afrique Centrale a annoncé avoir mis en place un « Protocole de soin » pouvant guérir les malades du Covid19. Dès le lundi 27 avril 2020, la cour de la cathédrale Saints Pierre et Paul de Douala s’est vu bondée de monde. Quelques heures plus tard, le Docteur Engelbert Kameni, coordonnateur diocésain de la santé s’est présenté aux curieux pour une confirmation de la bonne nouvelle tout en donnant quelques précisions : « Nous avons l’archevêque métropolitain de Douala qui est un naturopathe chercheur connu et reconnu depuis de longues dates qui a mis sur pied un traitement contre les infections respiratoires dont on connait les symptômes. C’est la toux, c’est la dyspnée ou difficulté respiratoire. Parfois, l’écoulement nasal. Alors, par le passé, c’était la grippe. Donc ce traitement était orienté vers la grippe. Il s’avère donc que ces dernier temps, avec l’avènement du Covid 19, le nombre de consultations ait augmenté. Et le produit n’a pas changé, c’est le même produit qui s’administre aux patients. Alors, nous-mêmes, nous sommes surpris par les messages des réseaux sociaux, mais le père archevêque continue de prendre en charge ses patients ».
C’est donc dire que ce protocole de soins curatif n’à rien avoir avec la médicine dite conventionnelle. Il est construit sur la base des plantes médicinales. Pour l’heure nous savons juste que c’est un ensemble d’huiles extraites des plantes.L’equipe du prélat refusant de donner plus de détails mais rassurant sur le caractère protocolaire, médicale et normé de l’administration du traitement. La production est artisanale et la crainte de voire la demande supérieure à l’offre est réelle nous dit-on. Mgr Samuel Kleda est un phytothérapeute de renom depuis bientôt une dizaine d’année. Homme d’Eglise ,il a choisi de ne pas nommer son remède (car qui dit nom dit propagande) mais par charité il a décidé d’administrer ce traitement gratuitement aux malades de covid19. Le Jour du 29 Avril 2020, devant la presse nationale et internationale, Mgr a affirmé que son traitement est « très efficace » et qu’il a sauvé la vie de nombreux malades notamment des médecins qui étaient déjà dans un état critique. Faisant un lien avec le pèlerinage Marial AntiCovid lancé dans son Archidiocèse, il affirme par ailleurs que c’est la main de Dieu qui a aidé : « Dieu est amour » lance-t-il. Manaouda Malachie, Ministre Camerounais de la santé publique dans une de ses récentes sorties a annoncé avoir mis à la disposition du prélat une équipe de médecins pour l’accompagner et établir une liaison et une collaboration permanente entre ses services et ceux de l’Archevêque. Il est question d’inscrire la démarche de Monseigneur dans la riposte globale que l’Etat Camerounais déploie face à cette pandémie. Rappelons qu’à ce jour du 29 Avril 2020, le Cameroun a recensé officiellement  1806 cas dont 915 guéris et 58 décès.


«Artemesia Malgache, Côte d’Ivoire, Burkina, Benin etc.…. »
Le lundi 20 avril 2020, le président malgache Andry Rajoelina a présenté un traitement à base de plantes médicinales pour lutter contre le coronavirus. Il est baptisé «Covid-Organics». C’est une tisane préparée à partir d’herbes médicinales locales, dont l’Artemisia annua. Cette plante stimule le système immunitaire. Connue sous le nom d’armoise annuelle, ou d’absinthe chinoise, elle contient de l’artémisinine, une substance dont les dérivés sont indiqués dans le traitement du paludisme comme l’ont montré les travaux de la chinoise Tu Youyou du prix Nobel de Médecine 2015. D’origine chinoise, cette plante a été introduite à Madagascar en 1995. Les chercheurs de l’IMRA (Institut Malgache des Recherches Appliquées) affirment avoir isolé son principe actif et l’ont combiné à d’autres molécules de plantes médicinales malgaches dont ils n’ont pas communiqué le nom ni la formule utilisée. En terre malgache, le « Covid-Organics » est mis en vente depuis le mercredi 22 avril 2020 dans les pharmacies et les supermarchés de la Grande île au prix dérisoire de 235Fcfa la bouteille de 33cl. Les revenus de cette commercialisation serviront à financer l’IMRA a précisé le Président Malgache. Ce traitement aide ainsi le pays à sortir progressivement d’un mois de confinement dans la capitale Antananarivo, à Toamasina (est), et Fianarantsoa (centre). Selon les indications du président malgache, la tisane doit en particulier être prise obligatoirement par les élèves et étudiants qui reprennent les cours et doit être distribuée gratuitement aux personnes les plus vulnérables. Pour l’heure, seules 121 personnes ont été détectées positives au Covid-19 sur l’île, aucun cas mortel n’a été enregistré et 39 patients sont considérés comme guéris.

Par ailleurs en Côte d’Ivoire des efforts sont remarqués à entendre ceci :
« Nos chercheurs sont à l’œuvre depuis la détection du premier cas de Covid-19 dans notre pays et les résultats de ce travail acharné porte déjà leurs fruits. Ainsi, le prototype de respirateur conçu par les chercheurs de l’INP-HB sera disponible dans le courant du mois de mai ». Ces mots sont ceux du Docteur Abdallah Toikeusse Mabri. Il est le ministre ivoirien de l’Enseignement supérieur et de la recherche scientifique. Ils sont dits sur sa page facebook officielle. A l’en croire, des recettes de boissons enrichies en vitamines «  C « et antioxydants pour booster les défenses immunitaires, afin de se protéger contre la maladie, sont également prêtes. En plus il rassure que la production de masques, de gels et solutions hydro alcooliques enrichis par des essences de plantes, peut se faire dans les institutions de recherches de son pays. Outre ces annonces, les scientifiques ivoiriens apprend-t-on sont très avancés sur la fabrication d’une tisane dotée de principes actifs antioxydants et antiviraux et un autre produit, dont l’utilisation pourrait être intéressante pour contrer la Covid-19, précise le ministre de Ouattara. Plus au sud de son pays, au Benin et au Burkina Faso, Des essais cliniques sont en cours pour évaluer les effets d’un médicament sur des candidats pour le traitement de la maladie coronavirus 2019. Baptisé « Chloraz » et dirigé par Halidou Tinto, directeur de recherche à l’unité de recherche clinique de Nanoro (centre-ouest du Burkina Faso), le premier essai est fait en collaboration avec le Centre Muraz de Bobo-Dioulasso et les Centres hospitaliers universitaires (CHU) de Ouagadougou et de Bobo-Dioulasso, deux villes qui sont les principaux foyers de l’infection au Burkina Faso. Le second essai clinique, dénommé API-COVID-19, est mené à la fois au Burkina Faso et au Bénin. Il consiste à évaluer l’efficacité clinique et virologique chez les patients atteints de la COVID-19 d’un médicament à base de plantes (phytomédicament) appelé Apivirine. Cet essai est mené par une équipe de chercheurs de l’Institut de recherche en sciences de la santé (IRSS) dirigée par Sylvin Ouédraogo, chercheur en pharmacologie et directeur de l’IRSS. Tandis que Martial Ouédraogo, coordinateur du comité national de réponse à la pandémie de la COVID-19, en sera l’investigateur principal au Burkina Faso.
Au regard de tout ceci l’Afrique est en passe de devenir leader dans le traitement de cette pandémie mondiale. Fils et filles du continent berceau de l’humanité travaillent d’arrache pieds pour sauver l’Homme. Les recettes qui pour certains sont d’ors et déjà efficaces ,pour d’autres sont porteuses d’espoir et sont très loin des injections de gel hydro alcoolique ou du traitement à l’ivresse de Vodka .


Lionel K@N@