Alors que la pandémie mondiale du Covid-19 s’installe progressivement au Cameroun, la compagnie nationale de production et de distribution de l’électricité , Energy Of Cameroon (ENEO CAMEROON), est accusée de ne pas fournir les efforts à la hauteur du besoin, pour aider les populations confinées à mieux vivre cette épreuve difficile.

Un mois déjà que le Cameroun connait un confinement partiel, imposé par la pandémie du Covid-19. Plus d’écoles, plus de regroupements de plus de 50 personnes, plus de réunions de plus de 9 personnes, plus de loisirs après 18h ; pour ne citer que ceci. Plus récemment encore, les autorités publiques conseillaient de rester chez soi et de ne sortir qu’en cas d’extrême nécessité. « Restez chez vous », c’est la phrase vedette qui parcourt les différentes plateformes web au Cameroun en ce moment. Dans certaines grandes métropoles du pays, des marchés restent fermés deux à trois jours sur sept. L’idéal serait alors de rester à la maison, pour tout citoyen voulant aider à la limitation de la pandémie. Pourtant, les coupures d’électricité perdurent. Si c’est un problème auquel les camerounais font fréquemment face ils espéraient voire la situation s’améliorer compte tenu du Covid-19. « On a coupé le courent hier vers 23h. Voici déjà 18h, on est toujours dans le noir, alors qu’on ne nous a pas prévenu », explique Calvin Bikaté, un habitant du quartier PK 11 à Douala. « J’ai bien vérifié le programme de coupure hier et mon quartier n’y figurait pas », affirme-t-il, le visage consterné. Les ménagères se plaignent de voir leur réserve de nourriture pourrir au frigidaire par manque d’électricité. « Que ENEO comprennent aussi. Le marché est devenu très difficile à faire ici à Douala. Tu arrives parfois c’est fermé et quand c’est ouvert, et que tu profites pour te ravitailler pour la semaine, la nourriture pourrit au frigo. Il faut qu’on fasse quelque chose pour remédier », explique une mère de famille exaspérée. Les coupures intempestives ne sont pas l’apanage des grandes métropoles. L’arrière-pays en souffre encore plus. Jointe par téléphone, Vanessa Ndouanlà, habitante de Magba (commune du Cameroun située dans le département du Noun, région de l’Ouest), raconte : « nous avons fait quatre jours sans lumière. Même mon téléphone était éteint par manque de batterie. Or, on nous demande d’appeler le 1510 en cas de problème ». Qu’auraient-ils fait « si on avait détecté un cas suspect de coronavirus ? », s’interroge la dame.  

Le télé-enseignement  en danger

Malgré les efforts du gouvernement pour sauver les années scolaire et académiques en cours à travers le e-learning et le télé-enseignement ENEO constitue encore un frein. Une décision prise par le Premier Ministre, Chef du gouvernement Joseph Dion Ngute depuis deux semaines environ, à la suite d’une concertation interministérielle avec les différents ministres de l’éducation au Cameroun. Il s’agit notamment du ministre de l’enseignement  supérieur Jacques Fame Ndongo, du ministre des enseignements secondaires, Nalova Lyonga Egbe, et celui de l’éducation de base, Laurent Serge Etoundi Ngoa.  Cette décision consistait à dispenser des cours par internet pour les étudiants, et en direct de la télévision pour les élèves. Mais seulement, ces enfants qui cherchent encore à s’adapter à cette nouvelle technique d’enseignement, sont à plusieurs reprises privés des cours à cause des coupures d’électricité.  Les parents se révoltent. « On a demandé aux enfants de suivre les cours à la télévision. Ce n’est  déjà pas facile. Ils ne sont pas habitués. Je suis obligé de suivre mon fils avec le fouet pour qu’il se concentre. Mais qu’ils ne nous coupent pas encore la lumière pour empêcher ces cours », déclare un parent d’élève en classe de CM2. « Vous avez dit cours à la télé on a accepté. Maintenant vous couper le courant on va suivre comment ? On n’a pas de groupe », S’offusque un autre parent. Des colères raisonnables, mais qui semble bien être sans issues. Cependant sans sombrer dans le résignation, les populations des quatre coins du pays, vivent dans l’attente des mesures d’accompagnement attendues du gouvernement, dans le cadre de sa stratégie de riposte contre le Covid-19. .