Covid-19: bataille géostratégique ou conflit sanitaire?

0
1069
Credit photo: baaz.com

Depuis le début de sa tournée mortelle, le coronavirus dresse les institutions politiques les unes contre les autres sur son passage. La crise politique risque l’emporter sur la crise sanitaire.

La géostratégie renvoie à l’ensemble des facteurs stratégiques en rapport avec la réalité géographique. Vu sous cet angle, la question que l’on se pose en plein paroxysme de la crise sanitaire dû à la planétarisation du coronavirus est la suivante: le Covid-19 est-il un outil de guerre stratégique ou alors un objet de conflit sanitaire?

Le Covid-19: une arme de domination?

Cette thèse est appuyée par un certain nombre de faits traduisant le sentiment conflictuel entre les institutions politiques que sont les Etats, les organismes pour n’en citer que ceux là. Dans cette mouvance, le Président américain Donald Trump a menacé l’OMS de suspendre sa contribution financière le 07 avril 2020 lors du point de presse quotidien à Washington. Ce dernier accuse l’OMS d’être trop favorable à la Chine et d’avoir eu tord sur beaucoup de choses. Le patron de la Maison Blanche juge qu’il est abusé car il figure parmi les plus grands contributeurs de cette institution onusienne. Bien qu’il ait fait machine arrière dans une certaine confusion: « Je ne dis pas que je vais le faire mais nous allons étudier cette possibilité’‘, Donald Trump n’a pas caché sa préférence pour l’intérêt américain d’abord devant une crise à la dimension pan-cosmique.

Par ailleurs, il est important de se rappeler qu’aux premiers jours de l’apparition du coronavirus en Chine, Pekin accusait les Etats-Unis d’être à l’origine de cette épidémie aujourd’hui pandémie, en affirmant qu’elle est apparue d’abord dans le pays de l’oncle Sam et non à Wuhan.

Outre ce qui précède, les Ministres des finances des Etats de la zone euro réunis par visioconférence, dans la perspective d’apporter des réponses à la crise économique qu’impose le coronavirus, ne sont pas parvenus à un accord, a affirmé Mario Conteno, économiste portugais et Président de l’Eurogroup sur son compte Twitter le 08 avril dernier: « after 16h, we came close to a deal we are not there yet. » En effet, le plan initial prévoyait un prêt d’un fond de secours allant à 240 milliards d’euro, un fond de garantie pour les entreprises et un soutien au chômage partiel. Cependant les pays du Sud de l’ Europe qui sont les plus touchés par la pandémie (Italie, France, Grèce), réclament un effort financier plus important, les pays du Nord (la Finlande, les Pay-Bas, l’Autriche, la Suède) se montrent plus mesurés. Pour ces derniers, certains pays du Sud endettés sont laxistes. D’où ils se désolidarisent de l’idée d’une mutualisation des dettes.

La place de l’Afrique dans ce champ de bataille

On pourrait affirmer avec René Dumont que l’Afrique est mal partie. Au regard des propos tenus sur l’antenne de LCI par deux experts français Camille Locht Directeur de Recherche à l’institut national de la santé et de la recherche médicale (INSERM) et Jean Paul Mira Chef du service de réanimation de l’hôpital Cochin, invités à parler de l’utilisation potentiel du vaccin anti-tuberculeux BCG contre le Covid-19. Ces deux experts français ont été favorables à la réalisation d’essais cliniques contre le Covid-19 en Afrique, réduisant les africains aux simples rats de laboratoire, comme cela fut le cas selon ces mêmes experts avec le VIH/SIDA « Est-ce qu’on ne devrait pas faire cette étude en Afrique, où il n’y a pas de masque, pas de traitement, pas de réanimation?(…)Un peu comme c’est fait d’ailleurs pour certaines études sur le Sida. Chez les prostituées , on essaye des choses parce qu’on sait qu’elles sont hautement exposées et qu’elles ne se protègent pas. »

Les leçons de la bataille sanitaire contre le Covid-19

Au-delà des considérations scientifiques, le Covid-19 s’impose comme la critique à l’argument anthropocentriste qui fait de l’homme l’élément universel le plus puissant de l’ordre de la création. Le sentiment de puissance humaine nourrit par ses défenseurs par le livre de la Genèse au chapitre 1 verset 25: « Puis Dieu dit: Faisons l’homme à notre image, selon notre ressemblance et qu’il domine sur les poissons de la mer, sur les oiseaux du ciel, sur les animaux domestiques et sur toute la terre et sur les reptiles qui rampent sur la terre. » Cet homme Tout Puissant est celui qui, au fil des âges, a opposé à son alter ego sa puissance à travers les guerres les plus meurtrières, dans le cadre des occupations territoriales, psychologiques et même économiques. C’est une volonté de puissance très poussée qui s’applique même sur la nature engendrant ainsi les déséquilibres écologiques etc. Face à cela le coronavirus impose une puissance éclaire réduisant l’humanité au confinement, le confinement des Etats, des villes, des individus etc? Il a réorganisé l’ordre politique, l’économie et les rapports sociaux, prenant à son passage des vies humaines. L’homme n’est donc pas si puissant qu’il le croit, si « par la science l’homme deviendra maitre et possesseur de la nature » avec René Descartes aujourd’hui le Coronavirus nous rappelle qu’il faille plutôt vivre en symbiose avec la nature. Le Coronavirus nous invite dès lors à trois vertus: d’abord à la solidarité internationale. Il importe plus que jamais aujourd’hui de mettre fin aux clivages de race, d’origine, de nationalité, de statut social car du haut de notre puissance nous l’humanité sommes pour l’instant impuissants face le covid-19. La lutte contre cette pandémie ne peut s’obtenir que par une mondialisation d’action. Ensuite au respect de l’environnement: Cette « maison commune » (Pape François in Laudato si mi Signore) qui offre sa générosité et que nous avons le devoir de protéger. L’ouverture à Dieu, Car dans les situations qui sont au-delà des compétences humaines, il est sage de se remettre entre les mains de Dieu, qui est présent au cœur de la souffrance de ses enfants.