De retour de sa tournée internationale, le Président du Mouvement Pour la Renaissance du Cameroun (MRC) a été reçu en triomphe par de milliers de camerounais dans les rues de Douala et de Yaoundé.

Comme dans le récit de l’arrestation de Pierre et de Paul dans le livre des Actes des Apôtres (4. 1-31), Maurice Kamto, dès sa sortie de la Prison Principale de Nkodengui, sans le moindre temps de répit, s’est envolé pour une tournée internationale dans le cadre de ce qu’il a appelé, « la troisième phase du moment de résistance ». Le « Président élu » tel qu’il se fait appeler par ses partisans a déposé ses valises tour à tour en France, au Canada et aux Etats-Unis, dans l’optique d’entretenir ses concitoyens sur les enjeux des différentes crises politiques au Cameroun.

« Au delà du triangle national »

En France, sur la place de la République à Paris, Maurice Kamto a réussi l’exploit de réunir, à la faveur d’une géante manifestation, des milliers de sympathisants de la diaspora, les chiffres annoncés par la police française font état de 3000 camerounais. L’ambiance sur les lieux étaient bien différentes de celle malheureusement dénoncée sur le triangle national. Maurice Kamto a eu l’occasion de communier avec ceux qui voient en lui l’incarnation du courage politique et le symbole de la renaissance d’un Cameroun « en train de piquer du nez ».

Après l’étape de Paris, le Juriste international a déposé ses valises au Canada. D’abord à Montréal où il a donné une grande conférence le vendredi 07 février 2020. Elle s’est tenue dans la salle J-2805 (Boiseries) du pavillon Judith Jasmin de l’Université du Quebec A Montréal. En éminent juriste, il s’est entretenu avec sa grande assistance sur le thème « Le droit international et la décolonisation inachevée« . Un peu plus tard dans la journée, il a rencontré ses compatriotes, à l’occasion d’un grand meeting tenu au palais des congrès de Montréal dans la salle 638 et 517 A. Ensuite, il s’est envolé pour Torronto, où il a communié avec les camerounais dans le Town Hall Meeting dans le Mississauga Convention Center, le samedi 8 février 2020. Ayant achevé son agenda très chargé au Canada, Maurice Kamto a pris la direction du pays de l’oncle Sam où la diaspora camerounaise l’attendait avec un enthousiasme rare.

Sur le bas de la passerelle de l’aéronef qui avait alors à son bord le président du MRC, le comité d’accueille escorte ce dernier par un impressionnant cortège de véhicules de l’aéroport international de Washington Dulles à son hôtel, il était 10h dans la capitale américaine ce dimanche 09 février. Deux heures plus tard, dans le Hight Point Auditorium 3601 Powder Mill RD, l’on pouvait alors entendre de partout clamer « Kamto notre président ».

« Le retour triomphant à Jérusalem? »

Alors qu’annoncé pour le jeudi 27 février dernier, Maurice Kamto foule le sol camerounais deux jours avant soit le mardi 25 février. Un réajustement de programme ignoré par ses partisans, d’où sa présence à l’aéroport international de Douala était pareil à celle d’un citoyen lamda. Le lendemain, il se fait surprendre à bord de son véhicule par les « ben skin », nom communément attribué aux chauffeurs de moto taxi au Cameroun. Ceux-ci affluaient alors vers lui en klaxon. Quelques minutes après, toute la ville de Douala étaient en alerte. Les Directs sur les réseaux sociaux tels que facebook ont alors très vite relayé l’information sur tout le triangle national et même à l’international. En quelques minutes, le leader du MRC avait autour de lui toute une marée humaine, des personnes qui scandaient à l’unisson « au revoir Paul Biya, Kamto arrive » on dirait le messie venu les libérer du joug de l’esclavage. La « Jérusalem camerounaise » a célébré son leader au sommet de sa gloire, et pour elle, pour cette Jérusalem, le retour triomphant de son leader n’est que le présage d’un long chapitre qui n’a pas encore commencé à s’écrire.

« Faut-il voir dans le phénomène Kamto un nouveau paradigme en science politique?« 

Thomas S. Kuhn, dans son célèbre ouvrage de 1962 The structure of scientific revolutions publié aux University of Chicago Press, indique que lorsqu’une théorie scientifique ne parvient plus à répondre aux problématiques de l’heure, alors le paradigme le plus efficace prend le relais: c’est la révolution scientifique. Cette démarche, pour certain incohérente du leader du MRC, ne donne-t-elle pas lieu à une révolution scientifique à la Thomas Kuhn, au regard de la force de sa popularité aujourd’hui, aussi bien au Cameroun qu’à l’international ? Une question que nous laissons aux soins des spécialistes des sciences politiques. Toutefois, il convient de se souvenir que le MRC est la seule formation politique à avoir opposée au parti au pouvoir une contestation électorale malgré les décisions du Conseil constitutionnel dont il a fortement contesté la composition et la proximité de ses juges avec le parti au pouvoir. De la prison principale de Nkodengui au boycott des législatives et municipales, il est resté logique et cohérent dans son combat politique à l’intérieur comme à l’extérieur du triangle national. Cependant, ses confrères de l’opposition, qui au départ, criaient de concert à la fraude, ont renoué avec le silence devenu trompeur pour les citoyens camerounais. Lorsque, Nicholas Machiavel, dans Le Prince définit les paramètres de ce qui est devenu la politique moderne, Maurice Kamto semble les substituer en apportant à l’acte politique l’élément qui humanise l’organisation sociétale: la résistance des convictions ! « Rendez donc à César ce qui est à César et à Dieu ce qui est à Dieu » (Lc 20. 25). Ira-t-il jusqu’au bout? C’est le moins que ses partisans lui souhaitent. Maurice Kamto est devenu un symbole de la résistance mais surtout de la résilience politique au Cameroun, la mesure du courage et la figure même de l’intrépidité.