Quatre jours après son arrestation, l’artiste gospel a été retrouvé pendu dans sa cellule lundi dernier, 17 février 2020.

L’annonce du décès du célèbre chanteur rwandais de gospel Kizito Mihigo s’est faite dans un communiqué publié par la police nationale rwandaise, nous apprends le site français lepoint.fr. Selon le communiqué, le chanteur de gospel se serait suicidé. Cause que les compatriotes n’adjugent guère. Pour ces derniers, tout porte à croire qu’il s’agit d’un meurtre bénéficiant à l’actuel Président de la République rwandaise, pour la simple raison que Kizito Mihigo n’est pas la première personnalité critique envers le gouvernement, à mourir de manière suspecte pendant une détention au Rwanda.

D’après des sources concordantes, le chanteur de gospel serait dans le viseur du Front Populaire Rwandais (FPR) au pouvoir avec à sa tête Paul Kagamé depuis le 17 avril 2000. Il aurait en début de cette année-là, composé des chansons qui remettaient en question le contrôle strict du Gouvernement sur l’héritage de la tragédie de 1994. Très rapidement, sa musique aurait été interdite. Quelques jours plus tard, il aurait été accusé de plusieurs exactions dont terrorisme, soutien aux mouvements politiques d’opposition, établissement d’une liste de « personnes à tuer », dans laquelle figurait le nom de Paul Kagamé. Il  aurait été condamné à 10 ans de prison mais contre toutes attentes, aurait été libéré en 2018 à la suite d’une grâce présidentielle. Alors la question est de savoir si sa récente arrestation n’était pas en réalité la mise en œuvre de son meurtre.

Colère au-delà des frontières

L’accusation de Paul Kagamé va jusqu’en République Démocratique du Congo (RDC) où, beaucoup rejettent la thèse du suicide. Des internautes congolais choqués par la tragédie, s’offusquent ouvertement contre le président rwandais. Un militant de la Lucha, Bienvenu Matumo, pointe explicitement le Président Paul Kagame :  » Le modèle de leadership est libre de tuer’’ écrit-il», Peut-on lire dans les lignes du site web de Radio France Internationale. « Vous voyez jusqu’où il peut aller pour faire taire des voix ? », renchérit dans un tweet, Gloria Sengha, coordonnatrice du mouvement citoyen congolais Vici.

Les hommes politiques congolais ne sont pas en marge de ce drame. Certains d’entre eux n’hésitent pas à se dresser publiquement contre le président rwandais. Patrick Muyaya, un député du Parti Lumumbiste Unifié (PALU), s’interroge : « Qui peut vraiment croire à la thèse du suicide ? Totalement inacceptable ! », Apprends-t-on sur Radio France Internationale.

Jusqu’ici, la ‘’véritable’’ cause du décès de Kizito Mihigo n’a pas encore été élucidée, mais les fans des deux frontières espèrent que la justice ferra la lumière sur cette tragédie à la mémoire de cet artiste au talent reconnu. Cependant, l’effet boomerang qu’a suscité la disparition de l’artiste, continue de se propager dans les réseaux laissant cours à toute forme de spéculations.