Crise anglophone : l’ONU demande au Cameroun une enquête indépendante et impartiale

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Suite aux massacres de 23 civiles le vendredi 14 février 2020, dans le Nord-Ouest du pays, l’Organisation des Nations Unies s’est prononcée le mardi 18 février en réclamant au gouvernement camerounais une investigation indépendante, impartiale et complète.

Dans un communiqué rendu public hier mardi 18 février 2020, l’Organisation des Nations Unies (ONU) félicite l’enquête qui a été ouverte par le gouvernement camerounais et confiée à la gendarmerie et à la sécurité militaire. Enquête ouverte au lendemain des affrontements entre forces rebelles et forces de l’ordre ayant causé la mort de plusieurs civiles vendredi dernier 14 février 2020 à Ngarbuh, un village dans le Nord-Ouest du Cameroun. Toutefois, l’Organisation réclame une investigation indépendante sur ce qu’elle qualifie d’épisode choquant de la crise anglophone. « Nous demandons aux autorités de veiller à ce que l’enquête soit indépendante impartiale et complète », a déclaré M. Ruppert Colville, le porte-parole du Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme (HCDR), lors d’un point de presse donné à Genève la semaine dernière. Par ailleurs, le HCDR fait pression sur le Cameroun afin de s’assurer que les responsables de ces exactions répondent de leurs actes.

Circonstances et bilan controversés du drame

Dans son communiqué, l’organisation affirme que selon ses responsables sur le terrain, 23 civils auraient été tués parmi lesquels deux femmes enceintes et 15 enfants. Aussi, des témoins cités dans le même communiqué des Nations Unies indiquent que ce vendredi-là, une quarantaine d’hommes armés ont attaqué le village Ngarbuh en tirant sur des civiles et en brulant des habitations. Version que conteste Cyrille Atonfack Nguemo, porte-parole de l’armée camerounaise.Pour lui, les forces armées ont été prises à partie par des séparatistes armés durant une opération, les échanges de tirs ont provoqué un incendie qui aurait causé la mort d’une femme et de quatre enfants. Pour l’heure, seul le résultat de l’enquête en cours, fera la lumière sur le dilemme.

Pour rappel, la crise anglophone dite crise du NOSO, naît des revendications corporatistes mises sur pied en 2016 par des avocats et enseignants des deux régions anglophones du Cameroun.  Ces acteurs se sont mobilisés par des séries de grèves pour revendiquer à l’Etat camerounais, le respect du referendum de 1961 qui stipulait une véritable parité entre les deux systèmes du pays (francophone et anglophone).Grèves qui très vite se sont transformées en guerre asymétrique. A nos jours, des milliers de personnes y ont laissé leurs vies.