Produits forestiers non ligneux : La difficile équation de la commercialisation de l’okok

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Régie par le ministère des Forêts et de la Faune (Minfof), la nouvelle réglementation de la commercialisation des feuilles d’okok sur l’étendue du territoire est étoffée d’une contrainte majeure pour la femme rurale.

Autrefois, la commercialisation des feuilles d’okok était simple. Il suffisait alors à un individu de cueillir cette plante et de l’écouler dans un marché pour obtenir un peu d’argent. Mais aujourd’hui, la vente de cette denrée alimentaire très appréciée est conditionnée. À l’hôtel Hilton de Yaoundé, le 29 octobre 2019, lors de l’Atelier de valorisation des Produits forestiers non ligneux (PFNL) qui s’est tenu, Nadège Sol nous livre les contours de la commercialisation des feuilles de “Eru”.

Produit spécial

Selon ce sous-directeur de la Promotion et de la Transformation des PFNL au Minfof, “l’okok est un produit spécial; il est différent des autres produits à cause de sa haute valeur économique”. C’est précisément la raison pour laquelle, explique-t-elle, la commercialisation du “gnetum spp” (nom scientifique de l’okok) au Cameroun est encadrée par le département ministériel en charge des Forêts et de la Faune. En effet, de cette plante, sont issus plusieurs produits: pommade, whisky, huile de beauté, sans oublier la consommation dans les restaurants.

Ainsi, pour la commercialiser de nos jours, “il faut être agréé à la protection forestière, c’est-à-dire, posséder un permis d’exploitation” dixit Nadège Sol. Et cette mesure n’épargne pas les femmes rurales. Si jusqu’ici elle vendait ce précieux sésame dans les marchés pour obtenir des moyens de subsistance, elles sont désormais tenues de se conformer à la nouvelle réglementation. “Les mamans du village ne peuvent pas directement vendre l’okok en ville elles-mêmes. Elles doivent s’organiser pour faire des ventes bouclées pour que ceux qui sont détenteurs de permis, puissent arriver et trouver une certaine organisation à la base qui va leur permettre de vendre leurs produits à un prix acceptable”, explique le haut cadre au Minfof.

À première vue, cette nouvelle donne regorge des avantages. Mais, elle cache une tare longtemps décriée dans un secteur voisin. “La femme rurale court le risque de se faire berner par les acheteurs/revendeurs, parce que généralement, les acheteurs vont proposer un prix au rabais dans les zones reculées, sous le fallacieux prétexte de l’enclavement, comme on l’a connu dans le secteur du cacao”, souffle une source.

Tolérance

Toutefois, reconnait Nadège Sol, “l’on observe encore une tolérance administrative” dans les marchés. C’est cela qui fait que l’okok soit vendu dans n’importe quel marché, par n’importe qui. Cela, explique madame Sol, est dû au manque d’information de plusieurs compatriotes exerçant dans ce secteur, les femmes rurales en premier. Pour remettre les pendules à l’heure, le Minfof, nous apprend le haut cadre, compte sensibiliser les acteurs sur la question, afin que nul n’en ignore.

La décision n° 209/D/Minfof/CB du 24 avril 2019 portant classification des produits forestiers, stipule que l’okok est un produit spécial appartenant à la catégorie B des PFNL.