Sommet de l’OTAN: « Je t’aime, moi non plus ».

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Sommet de l’OTAN Watford 2019

Alors que les assises de Watford près de Londres ont cours depuis hier mardi 03 décembre, les 29 ont saisi l’occasion de ce sommet pour laver le linge sale en famille.

Peu avant la rencontre de Watford, des voix divergentes fusaient déjà, présageant ainsi des concertations sous fond de tension. Les principaux acteurs en affront sont le Président français Emmanuel Macron, l’américain Donald Trump et le turc Recep Tayyip Erdogan.

Le Président Emmanuel Macron

Dans un entretien accordé à The Economist et publié le 07 novembre dernier, le président Emmanuel Macron a déclenché une vive polémique dans le club des 29 pays membres de l’Alliance militaire, en déclarant que du fait de la présidence de l’américain Donald Trump, l’Alliance se trouve en état de « mort cérébrale« . Macron s’appuie sans doute sur le « un pour tous, tous pour un » principe fondamental de l’OTAN, qui se trouve aujourd’hui menacé. Ce principe est menacé par la sombre volonté de Trump de dire Goodbye à l’Alliance si l’on juge par la rhétorique de ses actes. A ce propos, il s’est montré favorable à laisser la Turquie marcher sur les kurdes au Nord-Est de la Syrie, il ne cesse de vanter ostensiblement les mérites de la Russie et il condamne l’Allemagne sans relâche sur sa faible contribution financière pour faire fonctionner l’Organisation… En indexant le président Trump, Macron a touché du doigt un problème crucial. C’est pourquoi lorsqu’il lui est posé la question de savoir s’il a foi à l’article 5 de la charte portant sur les obligations de défense réciproque en cas d’attaque contre l’un de ses membres, il botte en touche en répondant « je ne sais pas« . Peu avant l’ouverture du sommet, au cours d’une conférence de presse avec Donald Trump, il réitère en disant « je maintiens » mes propos à la grande irritation de ses pairs.

Poursuivant son chapelet de critiques, Macron a déploré le fait que les deux rencontres précédentes aient été « uniquement consacrées à savoir comment on pouvait alléger le coût financier pour les Etats-Unis « , cependant « des questions stratégiques sur la paix en Europe, la relation avec la Russie, le sujet de la Turquie ou qui est l’ennemi (de l’OTAN) n’ont pas été résolues« . Il a ensuite reproché ce mardi à la Turquie de travailler « parfois avec les intermédiaires de l’Etat islamique » et de combattre les kurdes alliés de la coalition internationale en Syrie contre les islamistes. « Quand je regarde la Turquie, ils se battent à présent contre ceux qui ont combattus à nos côtés. Et parfois ils travaillent avec les intermédiaires de l’Etat Islamique » martèle-t-il devant la presse, peu avant l’ouverture du sommet qui a succédé à la vive discussion entre Recep Tayyip Erdogan et lui.

Le Président Donald Trump

Quant au président américain Donald Trump, il a dans sa première allocution signifié son intention de « punir » Macron dont le jugement critique sur l’OTAN déconcerte les dirigeants de l’Alliance. Poursuivant son propos, il répond au président Macron en affirmant que la France ne va pas bien et qu’elle a besoin plus que les autres de la protection de l’OTAN. Dans cette vague de critiques des propos du président Macron, celle du secrétaire Général de l’Organisation, le norvégien Jens Stoltenberg qui, en désaccord avec le président français, pense que l’OTAN est active, agile et s’adapte.

En plus de l’accusation de collaboration avec les intermédiaires de l’Etat Islamique, la France reproche à la Turquie d’acheter auprès des russes des systèmes de défense antimissiles S-400. Face à ces accusations le président turc Recep Tayyip Erdogan demande à Macron de faire d’abord examiner sa propre mort cérébrale. C’est dans cet ambiance conflitogène que les 29 cherchent à trouver des voies et moyens pour répondre aux menaces que représentent la Russie et la Chine pour ne citer que celles-là.

C’est donc une assise fondée sur le strict jeu d’intérêts régulé par les rapports de force pluriels qui s’entrechoquent mutuellement. Cela étant, il est important de noter que l’un des piliers de la doctrine sociale de l’Eglise est le respect de la dignité humaine. Cette dignité humaine semble bafouée tout au moins verbalement entre les membres de cette assise. Mais surtout en à la question de savoir « quelle est la raison d’être de cette organisation? » en rapport avec les relations entre ces pays et ceux dits du Sud, il ne sera pas exagéré de conclure que c’est une industrie au service de la violation des droits humains. Il serait donc utile pour l’humanité de poser l’éventualité de la suppression de cette organisation septuagénaire.