COP 25 : la grande messe du climat a débuté entre enjeux, défis et espoirs.

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C’est depuis le 02 décembre 2019 que la  25 ième  Conférence des partis (cop) se déroule à Madrid en Espagne. Un rendez-vous au sommet, où tous les défis et enjeux climatiques ont été posés sur la table des discussions et durant lequel la voix de l’Eglise catholique s’est fait entendre avec une résonnance particulière.

« Rendez-vous… »
Malgré sa tenue à Madrid, la COP25 reste sous la présidence du Chili, qui a décidé de placer cet événement sous le signe de l’océan. « C’est aussi l’occasion de relier, pour la première fois, le climat et la biodiversité. On a désormais une vision claire du fait qu’une stabilisation des températures sans protection de la biodiversité n’est pas une hypothèse souhaitable, et une série d’impulsions politiques font qu’il est aujourd’hui possible de mettre la biodiversité au cœur de la discussion sur le climat » assure Sébastion Treyer, directeur du think-tank espagnol dénommé IDDRI. La COP25 qui se tient à Madrid du 2 au 15 décembre 2019 a déjà moult programmation. En effet, au sortir de la Cop24, le rendez-vous fut pris pour le Brésil. Puis récupérée par le Costa Rica et le Chili, elle a finalement été relocalisée à Madrid en Espagne après que Santiago de Chili a changé son fusil d’épaule. Le gouvernement socialiste espagnol a sauté sur l’occasion pour montrer l’engagement de son gouvernement pour le climat.
À l’occasion du deuxième jour des travaux, le 03 décembre, l’ONU a annoncé que l’année 2019 sera l’une des trois années les plus chaudes enregistrées depuis 1850, concluant une décennie de chaleur exceptionnelle. S’exprimant lors de la cérémonie d’ouverture, le Secrétaire général des Nations Unies, António Guterres, a déclaré que les impacts du changement climatique devenant de plus en plus dangereux et apparents, la COP25 se doit de transmettre au monde une ferme détermination à changer de cap. Il a déclaré en effet que : « nous devons enfin démontrer que nous sommes sérieux dans notre engagement à arrêter la guerre contre la nature, que nous avons la volonté politique d’atteindre la neutralité carbone d’ici 2050 »

« Enjeux et défis »
Un des sujets les plus sensibles qui est discuté à Madrid est la question des marchés du carbone. L’article 6 de l’accord de Paris doit voir ses règles précisées cette année. Or il avait déjà été négocié, de haute lutte le dernier jour des négociations de l’accord de Paris, en 2015. Les pays en développement avaient jusqu’alors pris l’habitude de pouvoir récupérer des fonds à bon compte grâce à des règles quelque peu laxistes du protocole de Kyoto, qui établissaient une hiérarchie claire : les pays développés payaient, les pays en voie de développement encaissaient. « C’est le sujet le plus sensible, la moitié des indices intègrent les marchés pour atteindre leurs objectifs, et la finance. Si ces règles sont mal faites, il est possible de remettre en cause la lutte contre le changement climatique » prévient d’emblée Yamide Dagnet. Un autre enjeu moins consensuel attend les participants : celui du relèvement général de l’ambition. L’Allemagne insiste déjà sur le fait que la plupart des pays ne sont pas dans la bonne trajectoire pour atteindre les objectifs actuels, ce qui décrédibiliserait l’idée de les renforcer. A l’ouverture des travaux, António Guterres a rappelé aux délégués de la COP25 que l’objectif premier de la conférence était de faire progresser les points clés, notamment l’article 6 de l’Accord de Paris relatif aux marchés du carbone et de continuer à renforcer les ambitions en vue de la préparation de nouveaux plans nationaux d’action climatiques qui doivent être révisés l’année prochaine.

« La voix de l’Eglise catholique ! »
Le pape François a lancé un appel à une réflexion sur les modèles contemporains de consommation et de production car pour le lui le monde affronte un défi civilisationnel. Cet appel est contenu dans une lettre transmis aux participants à la Conférence. Selon nos confrères de Vanticannews, dans cette lettre lue à l’ouverture des travaux par le cardinal Pietro Parolin, Secrétaire d’État du Saint-Siège, le Pape commence par saluer «l’entrée en vigueur rapide» de l’Accord sur le climat signé à Paris lors de la COP21, ainsi que les multiples réunions et débats qui ont essaimé depuis. «Les différents acteurs de la communauté internationale sont de plus en plus conscient de l’importance et de la nécessité à travailler ensemble pour construire notre Maison commune», a d’emblée fait remarqué le Pape François, avant de tempérer. Il déplore ainsi une prise de conscience «encore trop faible» pour répondre adéquatement «à ce fort sentiment d’urgence d’une action rapide que réclament les données scientifiques dont on dispose, comme celle du GIEC – le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat». Des paroles trop éloignées des actes concrets, a dénoncé le souverain pontife. « De ce point de vue, nous devons sérieusement nous demander s’il existe une volonté politique d’allouer avec honnêteté, responsabilité et courage plus de ressources humaines, financières et technologiques pour atténuer les effets négatifs du changement climatique, ainsi que pour aider les populations les plus pauvres et les plus vulnérables qui en souffrent le plus», a-t-il poursuivi. Et l’évêque de Rome de souligner dès lors le besoin «d’une volonté politique claire, clairvoyante et forte, qui s’engage dans une nouvelle voie visant à recentrer les investissements financiers et économiques sur les domaines qui garantissent réellement les conditions d’une vie digne de l’humanité sur une planète « saine » pour aujourd’hui et demain. Pour le Pape François, notre époque et ses enjeux climatiques nous place face à «un défi de civilisation». «Tout cela nous appelle à réfléchir consciencieusement sur la signification de nos modèles de consommation et de production et sur les processus d’éducation et de sensibilisation pour les rendre conformes à la dignité humaine». C’est donc la dignité qui doit être établie comme valeur centrale de l’action climatique. Le Pape a conclu en souhaitant que ce soit donc cet esprit qui anime les travaux de cette conférence mondiale. Avec la COP25 il espère qu’on se rapprochera un peu plus de l’objectif défini dans l’accord de Paris.

Lionel K@N@