La démocratie économique, l’instrument de la justice sociale.

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Du 24 au 27 octobre 2019, à la demande des Amis des Pèlerins de St Michel, section de Yaoundé, s’est tenue une session d’étude à la Conférence Épiscopale Nationale du Cameroun (CENC), à l’effet d’aguerrir les participants à la question de crédit social, principe de la démocratie économique.

Cette formation a été initiée par les Pèlerins de Saint Michel de Rougemont au Canada. C’est une communauté fondée par Louis Even (1885-1974) pour faire connaitre et mettre en œuvre l’enseignement social de l’Eglise. Dans cette perspective, la démocratie économique, avec ses propositions financières élaborées par l’ingénieur écossais Clifford Hugh Douglas (1879-1952) en 1917, offre la solution technique qui applique merveilleusement l’enseignement social en matière de justice sociale. Ainsi, sous le système économique du crédit social ou de la démocratie économique, la croissance économique et la masse monétaire seront en rapport avec les besoins de la consommation nationale de façon à éviter toute inflation ainsi que toute production non nécessaire. Dès lors la totalité de l’argent entre les mains de tous les citoyens-consommateurs serait égale au total des coûts de production. Cette doctrine est admise par l’Eglise pour rétablir la justice sociale et combattre la pauvreté accentuée dans les pays écrasés par la dette publique créée par le système monétaire capitaliste actuel.

La session a réuni une centaine de participants dans la salle Saint Paul de la CENC à Yaoundé autour des formateurs nationaux et internationaux, tant laïcs que religieux, parmi lesquels le togolais Lare Bidobe Jean ; les camerounais, Père Jean Emmanuel Abega, Père Thaddée, Père François Ndzana, Dr Stéphane Nguidjol, Sakouma Philémon et bien d’autres. Ces formateurs de qualité ont entraîné les participants à scruter les notions de la Doctrine Sociale de l’Eglise, de l’économie sociale et solidaire, de l’argent-dette, et surtout les propositions financières de la démocratie économique suivantes : la souveraineté financière, le dividende social national pour tous, l’escompte compensé etc.

Pourquoi une session d’étude sur la démocratie économique?

Cette session d’étude de Yaoundé, après celle de Douala, visait à faire prendre conscience du scandale que constitue le cycle infernal de la dette, du chômage et de la pauvreté infligés à nos pays, en l’occurrence aux africains d’une part, et d’autre part à vulgariser les travaux de Douglas sur le crédit social et sur l’économie sociale et solidaire comme palliatifs à la domination de la finance internationale qui paupérise les peuples par le truchement de l’argent-dette. La pertinence du crédit social réside dans la capacité qu’il offre aux pays endettés de mettre fin au cycle infernal de l’endettement des pays et à offrir aux citoyens un pouvoir d’achat suffisant pour satisfaire leurs besoins essentiels. La Doctrine sociale de l’église n’enseigne-t-elle pas que l’économie doit être mise au service du bien-être de l’homme et non pas de ruiner ce dernier pour l’enrichissement d’un petit nombre de banquiers ?

En effet, l’économie mondiale est prise en otage par les puissances de l’argent dont la recherche effrénée du profit finit par créer une fracture sociale entre les consommateurs endettés et les détenteurs du capital financier, nous rapportent les formateurs de ladite session. Le Magistère de l’Eglise, depuis le XIXème siècle avec l’encyclique Rerum Novarum, s’est attaqué à la condition ouvrière de ce temps et continue de le faire aujourd’hui afin que soit restaurée la dignité de l’homme et de tous les hommes dans sa totalité. Il est grand temps que le capitalisme prenne un visage humain. Le crédit social humaniserait donc le capitalisme vicié par le système de l’argent-dette.

Quelques écrits de l’Eglise face à l’oubli de l’homme

L’Eglise catholique romaine a pris acte de la marginalisation de l’humain dans la production depuis la révolution industrielle avec l’Encyclique du Pape Léon XIII Rorum Novarum publié le 15 mai 1891. Le Pape Léon XIII condamne déjà la misère et la pauvreté qui pèsent indûment sur la majeure partie de la classe ouvrière. D’autres textes pontificaux s’en sont suivis notamment: Quadragesimo Anno, publié par le Pape Pie XI le 15 mai 1931, Mater et Magistra du Pape Jean XXIII, du 15 mai 1961, Gaudium et Spes du Pape Paul VI du 07 décembre 1965.

L’événement a été clôturé le dimanche 27 octobre 2019 au cours d’une célébration eucharistique pendant laquelle formateurs et participants ont rendu grâce au Seigneur pour cette expérience et ont surtout imploré la grâce de devenir des défenseurs de la justice sociale dans le monde. Cette célébration eucharistique a aussi été l’occasion pour les participants de recevoir leurs attestations de fin de formation des mains du Père Curé de la Paroisse Saint Pierre Apôtre de Messamendongo. La joie était à son paroxysme et le prochain rendez-vous a été pris pour l’an 2020.