Padré Alpha nous parle « d’avec toi » son premier album Gospel

Padre Alpha de son vrai nom Père Alphonse OWOUDOU est le provincial des pères salésiens de DON BOSCO de la zone Afrique Tropicale et Équatoriale . Le petit frère de Donny Elwood nous confie le message qui y est contenu.

0
204

Mbiappa William: Bonjour Padré, s’il vous plaît, pouvez-vous vous présenter à nos lecteurs?

Padré Alpha: Je suis padre Alpha de mon nom normal, Père Alphonse OWOUDOU, je suis salésien de Don Bosco de nationalité camerounaise, je suis né à Ebolowa, je suis le petit frère de Donny Elwood, un artiste que les camerounais connaissent bien et je suis en ce moment celui qui coordonne un peu les salésiens de Don Bosco de l’Afrique Tropicale et Équatoriale. Et je fais partie de cette grande famille salésienne.

MW: D’où vous est venu votre vocation, à quel moment avez-vous su que vous serez homme de Dieu?

PA: Un homme de Dieu, c’est une mauvaise expression, parce qu’en réalité, nous sommes tous hommes de Dieu, fils et filles de Dieu. Mais vous parlez certainement de la vocation comme prêtre ou bien comme religieux? A vrai dire je parlais de mon frère tout à l’heure Donny Elwood, son vrai prénom c’est Dieudonné. Parceque, comme nos parents sont restés longtemps sans avoir des enfants, alors ils ont promis à Dieu que s’ils ont un fils, il s’appellerait Dieudonné et il serait prêtre. Et justement, il a été au séminaire et moi je l’ai suivi mais après Dieu l’a appelé à une autre forme de sacerdoce. Et moi qui étais là juste pour avoir un bon encadrement, finalement c’est à moi que Dieu à montré le chemin du sacerdoce dans l’église. Et comme je résistais, je croyais que quitter le séminaire suffisait pour échapper à Dieu, mais je suis tombé dans ses filets à travers la congrégation salésienne. Et c’est en 1990 que je suis devenu salésien de Don Bosco, c’est pourquoi je suis sur le point de faire 30 ans comme religieux.

MW: De religieux à artiste, de religieux à avoir produit cet album, avez-vous quelque chose à souligner?

PA: Ce que je veux souligner c’est que en plus de la musique qu’on apprend à la maison comme maman était choriste et le papa catéchiste , on priait tous les matins et tous les soirs à la maison. C’est-à-dire de façon incontournable,les enfants apprennent à chanter et pas à chanter n’importe quoi, puisqu’ils chantent devant les parents. C’est d’ailleurs ce qui est arrivé à mon grand frère, il ne peut pas chanter n’importe quoi, il faut toujours des messages. Mais j’ai l’impression que chez Don Bosco, cela est boosté, parce que comme lui même était un pasteur de jeunes , il disait « un centre des jeunes, une aumônerie universitaire ou une paroisse sans musique; c’est comme un corps sans âme ». Alors il est très important d’utiliser cet outil là si ‘l’on veut vraiment toucher les jeunes. Mais je crois que ce n’est pas seulement les jeunes , il y’a des catégories dans notre société, des sensibilités qu’on ne touche que si on utilise des choses comme l’informatique,la musique, l’art, le sport. Et je crois que c’est ce que le pape nous a demandé de faire dernièrement à l’issu du synode sur les jeunes en 2018.

MW: Quels sont les messages que votre oeuvre traduit ?

PA: L’oeuvre traduit d’abord un message qui est surtout vocationnel. En fait si on me demande ce que j’essaie de dire aux jeunes dans cet album, le mot « Avec Toi » est le contraire du mot « Emmanuel » parce qu’ Emmanuel c’est « Dieu avec nous », et donc il faut que nous aussi on soit avec Jésus. Donc, en fait c’est chacun de nous qui doit dire à Jésus comme toi tu es Dieu avec nous, moi aussi je veux vivre avec toi. Je suis étudiant avec toi, fonctionnaire avec toi, parent d’élève avec toi, jeune , adulte, enfant avec toi. Donc c’est vraiment un album vocationnel, mais le titre phare c’est « soit un ami, une chance ». Donc, le message que je veux donner , je m’adresse à chaque jeune pour lui dire qu’il est unique, il est une chance, et qu’il faudrait que chaque soir, les autres soient heureux de l’avoir rencontré . Qu’on puisse dire, j’ai eu la chance de rencontrer tel aujourd’hui.

MW: A travers ce message, quel est l’impact que vous escomptez ?

PA: L’impact, c’est justement d’abord d’intérioriser cela, mais j’aimerais que le public change d’attitude envers les jeunes. On pense souvent que si un prêtre parle des jeunes, il va dire qu’ils ne viennent pas à la messe, il y’a une dichotomie entre les sacrements qu’ils reçoivent et leur vie de chaque jour. J’aimerais que cela change et qu’on cesse d’être négatif et qu’on puisse dire aux jeunes que de toutes les façons on n’a pas le choix et qu’on doit croire en eux. Soit parce qu’ils sont les citoyens d’aujourd’hui et de demain et on espère qu’ils vont faire la différence,Soit parce que nous pensons que nos Églises, et je parle au pluriel, pas seulement de l’Eglise catholique, manqueraient de pierres vivantes peut-être même de pierres angulaires si les jeunes ne croyaient plus en Dieu. Donc c’est très important qu’on change de langage et qu’on parle en positif aux jeunes pour qu’ils sachent qu’on croit en eux.

MW: Votre mot de fin

PA: Mon message de fin c’est justement comme dit la première chanson, de demander à chaque jeune d’être une chance pour les autres, mais j’ai voulu mettre aussi un chant qui a été écrit par une de mes élèves au Togo qui dit ceci : « si l’amour est possible, alors unissons nous pour faire de notre pays, de notre continent un pays ou un continent de paix et de prospérité ».

MW: Merci.

PA: Merci à vous et que Dieu vous bénisse.

MW: Amen.