Après le Grand Dialogue : Le silence qui ne rassure pas

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Le Grand Dialogue  National  (GDN) s’est achevé au Cameroun le vendredi 04 Octobre dernier sur une note de recommandation forte pour résorber le problème de la crise dans les zones anglophones. Sauf que six semaines plus tard, les retombées  dudit dialogue ne se font pas ressentir. Les quelques prises de Parole des officiels  sur la question, loin de rassurer, suscitent plutôt inquiétudes et indignations.

« Épilogue…»
Ouvert le 30 septembre dernier, c’est le vendredi 4 octobre 2019 qu’a finalement été adopté le rapport du Grand Dialogue National  au palais des Congrès de Yaoundé. Entre autres recommandations que contient ce document d’une vingtaine de page, on peut souligner : élaborer et mettre en œuvre un programme de cours sur la fraternité intercommunautaire, la restauration de la confiance entre communautés et l’engagement civique pour renforcer la cohésion sociale nationale. Sur le plan éducatif, il est recommandé de veiller à ce que les réformes du secteur de l’éducation intègrent la nécessité de maintenir les deux sous-systèmes éducatifs, de les rendre dynamiques et futuristes, en reconnaissant les forces et les spécificités singulières de chaque sous-système, en s’appuyant sur les forces de chacun pour des diplômés camerounais bien formés et excellents qui rayonnent partout où ils se trouvent. On recommande aussi au pouvoir en place de prendre des mesures visant à accorder une amnistie générale pour favoriser le retour des réfugiés et des personnes déplacées. Enfin on demande d’élaborer un vaste programme de rétablissement, de reconstruction et de développement des régions du Nord-Ouest et du Sud-ouest et de l’Extrême-Nord, visant à améliorer les conditions de vie des populations et à renforcer la cohésion sociale et l’unité nationale. En bref une véritable litanie de propositions visant toutes, à remettre le Cameroun sur les rails en général, mais les zones anglophones en particulier. Dès lors, on s’attendait à de grandes annonces et réformes  pour implémenter ces résolutions.
Sur sa page facebook officielle, au lendemain de la clôture, le chef de l’Etat Camerounais s’est félicité de la réussite du Grand dialogue National. Pour lui ce fut un rendez-vous historique qui a permis aux Camerounais d’exprimer une fois de plus leur attachement à la paix et à la concorde de même qu’à l’unité et au progrès . Il estime d’ailleurs que les multiples contributions furent riches, variées et utiles. Toutefois les inquiétudes des internautes naissent quand Paul Biya, Président de la République conclut ses propos en ces termes : « Je puis vous assurer que toutes feront l’objet d’un examen attentif et diligent dans la perspective de leur mise en œuvre, en tenant compte de leur opportunité et de leur faisabilité, mais aussi des capacités de notre pays ». Ces mots ont déchainé des passionnés sur ladite page. L’un d’eux n’a pas manqué de souligner que ces propos du chef de l’Etat sont les mêmes  que le régime en place a brandi pour justifier l’implémentation à pas de tortue des dispositions de notre constitution depuis janvier 1996 ; notamment dans l’inexistence des conseils régionaux et la création tardive du conseil constitutionnel pour ne citer que ces exemples.

Credit Photo : www.prc.cm

« Le temps du Président…»
Le Chef de l’Etat Camerounais Paul BIYA et son épouse sont arrivés à Lyon dans l’après-midi du Mardi 08 octobre 2019. Le couple présidentiel prenait part à la sixième conférence de reconstruction des ressources du Fonds Mondial de lutte contre le Sida, la Tuberculose et le Paludisme. Une rencontre qui s’est tenue dans la ville française les 09 et 10 Octobre 2019. En marge de ces assises, le locataire d’Etoudi a eu un tête-à-tête avec Emmanuel Macron. À la sortie de cette audience au Sommet, Paul BIYA a déclaré avoir « rendu compte » au Président Français du récent déroulement du Grand Dialogue National. Une déclaration qui est venue d’avantage ranimer l’impatience d’une partie de l’opinion publique. D’aucuns ont vu en ces mots la pérennisation du très vomis Françafrique. D’autres y trouvent la preuve de ce que le GDN ne fut qu’un bluff pour redorer son blason sur la scène internationale. Néanmoins les moins sceptiques s’interrogent : à quand les réformes ? Le régime en place donnera-t-il raison à ceux qui sont demeurés sceptiques avant, pendant et après le dialogue ? Seul le temps nous le dira. Que le temps du président tiennent compte des attentes des camerounais ! Vivement donc que des reformes systémiques soient entreprises durant la session parlementaire qui est en cours.

En attendant que les pouvoirs publics se déploient, nos Évêques montrent l’exemple en organisant des caravanes pour la paix dans le Nord-Ouest et le Sud-Ouest.  Que le Seigneur bénisse leurs œuvres.

Lion€L K@N@