Exploitation minière dans les cours d’eau: Les OSC exigent des sanctions

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Les exploitants en pleine extraction

Les organisations de la société civile (OSC) critiquent la décision du 28 août 2019 et demandent que les responsables de l’extraction anarchique des minerais dans les cours d’eau au Cameroun soient punis conformément au code pénal en vigueur.

Les OSC prennent le contre-pied de la décision du Ministre des Mines, de l’industrie et du développement Technologique (Minmidt) Gabriel Dodo Ndoke, du 28 août 2019 portant «interdiction de toutes activités d’exploitation minière artisanale semi-mécanisée sur les lits de cours d’eau du Cameroun par l’usage de moyens mécaniques de quelque nature que ce soit ». Les organisations qui scrutent de près l’activité minière au Cameroun pensent que ce texte est un coup d’épée de plus dans la mer.

Pour Éric Etoga de Dynamique mondiale des jeunes (DMJ) la décision du 28 août, «n’est qu’une redite» des arrêtés N°000592 du MINMIDT Art1 du 01er juillet 2016 et N°000554 du MINMIDT, Art2 du 16 juin 2016, portant  règlementation de l’exploitation minière au Cameroun. D’ailleurs, poursuit-il, la loi cadre de «1996 sur la gestion de l’environnement, en son article 31 interdisait déjà tout déversement, immersion et incinération dans les eaux maritimes sous juridiction camerounaise, de substances de toute nature, néfaste pour l’homme et l’environnement.» Et d’ajouter que le texte du 28 août n’a pas de « plus-value par rapport aux précédents».

Michel Noedje de l’ONG Fusion nature, (basée à Moloundou dans la Boumba-et-Ngoko), explique dans les lignes du journal Repères, que Gabriel Dodo Ndoke a tout simplement perpétué une tradition administrative de son département ministériel. « Chaque fois qu’un ministre des Mines descend sur le terrain, à son retour, il décide d’une interdiction…Bien avant lui, en 2013, Emmanuel Bondé interdisait la délivrance des autorisations d’exploitation artisanale (AEA) », lit-on dans les colonnes du journal Repères, édition N°766 du 4 septembre 2019.

C’est ce qui fait dire à Éric Etoga, responsable du programme industrie extractives à DMJ que la décision du Minmidt sera de nul effet. « Comme je l’ai fait remarquer, cette interdiction n’est pas nouvelle. Ce qui ne garantit donc pas la fin de ces pratiques», observe-t-il.

Application de la loi

Par ailleurs, le défenseur de l’environnement revendique l’application pure et simple de la loi. « La première chose à faire est d’abord de respecter nos propres textes car nous en avons de bons qui sont d’ailleurs continuellement améliorés. Ensuite, il faut prendre des mesures de sanctions car les responsables de ces infractions sont connus ». Et d’ajouter que « les sanctions sont certes actualisées dans le nouveau [code pénal], mais pour ma part, cela ne suffit pas à la situation actuelle ». Il conclut en expliquant que, l’exploitation minière dans les cours d’eau relève des «actes de pollution [qui] constituent des atteintes à l’intégrité physique (empoisonnement de la terre, de l’eau, et autres ressources consommées par les populations et leurs animaux) des individus qui vivent dans ces localités ».