Cameroun: l’entraineur d’exception ou de déception?

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S’il est vrai qu’on reconnait le maçon au pied du mur, il n’en demeure pas moins vrai que le mur ne soit jamais tombé sur le maçon. Le Ministre des sports et de l’éducation physique (Minsep) de concert avec la fécafoot, viennent de dénicher l’oiseaux rare, l’entraineur d’exception qui présidera aux destinées de l’équipe nationale fanion A du Cameroun pour une période et un salaire toujours inconnu, pourtant payer aux frais du contribuable Camerounais.

“Antonio Conceiçao da Silva Oliveira, nationalité Portugaise, né le  6 décembre 1961 à Maximinos au Poturgal“.

Ceci aurait pu être des informations contenues sur une carte d’identité égaré et retrouvé dans les poubelles de la fédération Camerounaise de Football (Fécafoot), que non. C’est celui de la surprise que nous réservait l’intérieur du chapeau de notre fameux ministre des sports l’universitaire Narcisse Mouelle Kombi.

Depuis le limogeage de l’ex sélectionneur des lions indomptables du Cameroun, le très charismatique Clarence Seedorf dit “il professore“ , suite à la sortie précoce du Cameroun lors de la  C A N Egypte 2019, les autorités Camerounaises ont lancé un appel à candidature pour le remplacer. L’une des qualités requise – peut-être la plus importante – au regard de l’évolution actuelle du monde du football, était pour l’entraineur, sa capacité à pouvoir contenir dans un ensemble compact et solidaire, tous ces talents de l’équipe nationale du Cameroun, aux profils aussi impressionnant que varié. Sur la trentaine des candidatures enregistrées, une seule a été retenu comme entraineur principale : Toni Conceca. Totalement inconnu du public Camerounais, et n’ayant que des connaissances livresques au sujet du Football camerounais, le nouveau coach national  va devoir faire une navigation à vue dans ces eaux troubles, profondes et ténébreuses qu’est devenue la tanière des lions indomptables, afin de la faire sortir de l’eau . Devra t-il compter sur la chance pour faire de bons résultats, ou alors a-t’il le niveau pour mener à bien les missions qui lui sont assignées ?

        Profil d’un homme chanceux ?

Il fait ses premiers pas dans le monde du football  en 1974 à l’âge de 14 ans, il est alors sous contrat pour une période de 5 ans avec l’équipe junior de SC Braga au Portugal. Ensuite, entre 1981 et 1991 , il a le privilège de se retrouver dans les clubs comme : GD Riopele, FC Vizela, SC Braga et le FC Porto. Tous des équipes portugaises, pays d’Europe où le championnat et le style de jeu ne pouvaient pas encore être cité comme référence, en comparaison aux grands pays de football comme l’Angleterre, l’Espagne , l’Italie…Pendant ces 10 années d’exercice du métier de footballer, il n’a été qu’une fois champion du Portugal en 1990 et vainqueur de la coupe du Portugal en 1991 avec le FC Porto. Qu’en est- il de ça carrière d’entraineur ?

  Son CV  d’entraineur passé au scanner

Entre 1991 et 2001 il quitte les feux de rampes, certainement pour se consacrer à autre chose. Il réapparait d’après nos confrères de transfermarket.fr en 2002 où il est recruté comme entraineur assistant au SC Braga B(Portugal) pour une période de 11 mois entre juillet 2002 et juin 2003. Par la suite, il dépose ses valises à Naval 1 Maio (Portugal) de juillet 2003 à Février 2004, soit pendant 7 mois. Arrivé à Estrela de Amadora (Portugal) en juillet 2004, où il y passe beaucoup de temps, il finira par s’en aller en mai 2006. Quelques temps après, il se retrouve du coté de Vitoria Setubal (Portugal) pour un contrat qui n’a duré que 3 mois ,entre septembre 2006 et décembre 2006.

Après avoir passé 6 mois sans club, il est recruté en juillet 2007 du coté de CD Trofense (Portugal) pour une durée de 14 mois. Estimant qu’il avait passé assez de temps dans son pays, il décide de s’essayer à l’international, notamment au CFR Cluj en Roumanie en avril 2009 après avoir encore passé 6 mois sans club. Son contrat s’étalant sur une période de 7 mois ( avril 2009 -nov 2009). Entre décembre 2009 et mai 2010, il revient au Portugal pour être le manager de CF Belenenses (Portugal). Puis en 2010, il retourne à nouveau en Roumanie au FC Brasov où il reste jusqu’en juillet 2011. En 2012 il est à Astra Ploiesti où il ne fait que 3 mois, puis reviens de nouveau au Portugal, pour être à la tête du SC Braga B pendant une saison. Après un temps d’inactivité il prendra les rênes de Morirense FC (Portugal) pendant 3 mois, avant de tenter sa chance chez les arabes au Al Faisaly (Arabie Saodite) entre mars 2015 et juin 2015, soit 3 mois.

De decembre2 015 à juin 2016, il est à nouveau au CFR Cluj. Puis en mars 2017, il se rend à Chypre, au Nea Salamis pour un contrat de 2 mois (mars 2017- mai 2017). Il retournera au Portugal en juillet 2017 , prendre la tête de Penafiel, et à parti de  juillet 2018, il sera de nouveau avec le CFR Cluj jusqu’à son départ pour le Cameroun.

Au regard de tout ceci, force est de constater que la confiance que lui ont souvent accordé ses dirigeants n’a jamais dépassé  2 ans. Sa plus longue durée passée à la tête d’une équipe est de 22 mois, entre juillet 2004 et mai 2006 à Estrela Amadora au Portugal. Et sa plus courte durée est de 2 mois. Il a également à son actif 4 contrats d’environ 3 mois chacun, on dirait que s’est un spécialiste des contrats de 3 mois.

Il se pourrait que de toute sa carrière sportive, entend que joueur ou alors entraineur, le « sorcier blanc » comme le qualifie ses détracteurs, n’a jamais été retenu pour participer à une compétition « moyenne ». Pas d’Europa league, pas de ligue de champion, pas de coupe d’Europe, pas de coupe du monde. Qu’il n’ait jamais été aux cotés des joueurs ou entraineurs de renom tel, Louiz Figo, Zinedine Zidane, Christiano Ronaldo, Capelo…

Qu’est ce qui a bien pu convaincre monsieur le ministre camerounais des sports de le placer à la tête d’une équipe de la stature du Cameroun, cinq fois champion d’Afrique, grand habitué de la coupe du monde ? Comment va-t-il se comporter devant les joueurs d’envergure internationale , actuellement en ligue des champions pour certains , et en Europa league pour d’autres ? Des joueurs dont la renommée ne souffre d’aucune contestation. Quels autres surprises nous réservent le ministre des sports et la Fécafoot ? Au Cameroun, pays du football africain, l’heure est aux spéculations.

                                                                           Georges Guiderand Tadjeuteu