EMPLOI JEUNE AU CAMEROUN: LA JEUNESSE CAMEROUNAISE EXPOSÉE A L’HÉGÉMONIE DES JEUX DE HASARD.

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Ces trois dernières années au Cameroun ont été marquées par la montée en puissance des jeux de hasard, sacrifiant ainsi la dynamique créative d’une jeunesse en perte de repère sur l’autel de la facilité.

« Hier le libanais a encore bouffé mon argent » s’exclamait le jeune lycéen Brandon, qui digérait mal son échec dans un jeu de pari. Comme Brandon, ils sont nombreux ces jeunes qui chaque jour se ruent vers les points de jeux de hasard avec l’ambition illusoire de multiplier leurs revenus. Travailleurs, étudiants, chômeurs et même élèves, toutes ces catégories de jeunes sont des clients fidèles des entreprises de jeu de hasard en nette croissance au Cameroun. Premier Bet, Roi Bet, X-Bet, Grand pari, PMUC, les différentes formes de loterie pour n’en citer que celles-là, prenne de plus en plus de place dans les habitudes de dépenses des jeunes.

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Le développement de cette industrie dans le pays de Paul Biya, suscite décidément l’inquiétude et notamment chez les parents et les éducateurs. Comment comprendre ce phénomène? Qu’est ce qui stimule cet intérêt grandissant des jeunes pour ces jeux de l’incertitude et de la facilité ? Quel pourrait être la raison de l’indifférence des pouvoirs publics face à ce phénomène qui, affecte l’épanouissement social des jeunes ? Quelles est son impact à court et à long terme sur la Société ? Quelles solutions adopter autant chez les pouvoirs publics que chez les jeunes dans l’optique d’éradiquer les jeux de hasard du chantier de construction d’un Cameroun prospère?

Au le micro de nos confrères de Camer.be, le Pr. Claude ABE indexe la crise économique qui a pris place depuis quelques années déjà au Cameroun et en général sur le territoire économique sous-régional. Le Sociologue recours à trois clés pour faire état de cette situation alarmante. D’abord une société en crise, révélatrice d’une confiance affirmée au hasard par les jeunes qui ne veulent que produire leur existence, dans un contexte où les possibilités d’emploi sont de moins en moins évidentes. Ensuite, le désespoir qui habite les jeunes. Il n’y a plus de moyens pour s’en sortir, alors le jeu reste le moyen ultime qui permettrait d’avoir ce que la société ne permet plus d’avoir. Enfin, La culture du défaitisme qui plonge la société camerounaise dans la facilité, parce que : » finalement, jouer aux jeux de hasard et arriver à produire sa vie à partir de ces jeux est une manière d’abdiquer en face de la difficulté que constitue le travail.« (https:Camer.be/51220). Pour l’universitaire, la pauvreté, le désespoir et la facilité explique l’émergence des jeux de hasard dans notre milieu.

Les pouvoirs publics s’étaient déjà penchés sur la question le jeudi 30 Avril 2015 au cours d’un Conseil de Cabinet présidée par le Premier Ministre d’alors, M. Philémon Yang. Des résolutions avaient été prises à cette époque, visant à assainir le milieu des jeux de hazard, notamment une révision du cadre juridique mis en place en 1989 et 1992. Malgré cela, ce phénomène a gagné les esprits des jeunes et affecte cruellement leur sens de l’effort. Dès lors, pourquoi le Gouvernement semble-t-il garder le silence devant cette situation grave? Pourquoi semble-t-il impuissant devant ces entreprises qui ne font rien de plus que dépraver les mœurs de nos jeunes enfants pour le gain?

En Gambie par exemple les autorités de Banjul ont interdits depuis mars 2015 les jeux de hasard. En s’appuyant sur l’Islam et le Christianisme. Le gouvernement justifie sa décision par sa volonté de lutter contre les effets d’addiction. Décision courageuse! Il serait opportun pour nos pouvoirs publics de s’inspirer de cet exemple, d’autant plus que le Cameroun a besoin d’une jeunesse dynamique pour relever le défi de son émergence économique.

A la jeunesse victimes des conséquences liées aux politiques inappropriées: chômage, sous emploie, etc. il est nécessaire de comprendre que sur elle repose son avenir et celui de son pays tout entier. Il importe d’entrer dans la profondeur des valeurs du Christ pour trouver la force spirituelle nécessaire pour transformer son environnement. « Ceux qui sèment dans les larmes récolteront dans la joie » nous dit le psaume 126, 5. La facilité du hasard est un instrument de dégradation spirituelle impropre autant au développement subjectif qu’objectif.