PORT AUTONOME DE DOUALA: BOLLORE-APM OUT DU TERMINAL A CONTENEURS (TAC).

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Le 16 septembre dernier, le Directeur Général du Port Autonome de Douala (PAD) a dans un communiqué, dévoilé le nouveau gestionnaire du terminal à conteneurs de la structure dont il a la charge.

C’est lundi dernier que le DG du PAD M. Cyrus NGO’O a rendu public le communiqué portant résultat à l’appel à consultation internationale restreinte n°2019/003/ACIR/CIPC-TAC/PAD du 21 mars 2019. Ledit communiqué a fait de la Terminal Investment Limited (TIL) le gestionnaire provisoire du TAC à compter de Janvier 2019, en attendant la finalisation des discussions autour de ce contrat de concession.

Ce changement d’adjudicataire est consécutif aux nombreux écueils auxquels fait face le Tac jusqu’à ce jour, notamment: le caractère long des délais de passage portuaire, la dégradation très avancée des installations portuaires, l’ensemble du chenal d’accès qui réduit sa profondeur et sa largeur, le dragage permanent et onéreux de ce chenal pour ne citer que celles là.

Le challenge à relever n’est donc pas des moindres pour la TIL. Cette dernière appartient au grand groupe suisse d’armement MSC et est liée directement à la filiale luxembourgeoise. Déja présente en Afrique de l’Ouest, elle contrôle notamment le Terminal de San Pedro en Côte d’Ivoire et de Lomé au Togo. Le Groupe a réussi à introduire le port togolais dans le clan des ports millionnaires en 2018 à la suite des travaux et des efforts de modernisation de ce Terminal en Hub (ports et corridors.com).

Il est par ailleurs important de rappeler que la TIL remporte ce contrat dans une compétition qui l’a opposée à la CMA Terminal basée à Marseille en France, la Dubai Port Word société émiratie, la Hutchison Port Investment Ltd entreprise immatriculée aux Iles Caïman et la Saudian Red Sea Gateway Terminal.

Cette concession n’est qu’une saison d’une série qui, semble-t-il, est loin de se terminer. La gestion du TAC est attribuée depuis 2005 à l’entreprise franco-danoise Bolloré-APM, dont le contrat en 2017 a connu une prorogation jusqu’en 2023 date d’échéance. Ecartée de la course en phase de présélection en janvier dernier, Bolloré-APM a saisi le Tribunal de Grande Instance de Douala. Ce dernier a émis une ordonnance suspendant le processus de désignation d’un nouveau concessionnaire à Douala. En réaction, le PAD a formé un pourvoi à partir duquel le consortium Bolloré-APM s’est trouvé contraint d’engager une procédure internationale d’arbitrage. C’est une affaire pendante dans la cour d’arbitrage de Paris. Affaire à suivre!