l’Observatoire National sur les Changements Climatiques a un nouvel homme fort

Dans un décret présidentiel signé ce 11 juillet 2019, Monsieur ENOH Peter AYUK est nommé  Président du Conseil d’Administration de l’ONACC. Une nomination qui on l’espère vient donner un souffle nouveau à cet organisme qui peine à fournir des résultats.    

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M. ENOH Peter AYUK crédit photo: enb.iisd.org

« No Name ? »

Le nouveau patron des questions climatiques au Cameroun  est un ingénieur général des techniques. Il a longtemps piloté l’épineuse question de la suppression des emballages non biodégradables de l’écosystème marchand Camerounais. En effet en 2015 quand l’opération est lancée, ENOH Peter AYUK est Directeur de la norme  et du contrôle au Ministère de l’Environnement, de la Protection de la Nature et du Développement Durable. Il a également occupé avant sa nomination le poste de point focal national de la SAICM dans ce même ministère. Celui qui a représenté le Cameroun dans bien de nombreuses conférences internationales sur les questions d’environnement et de changement climatique est un homme discret et peu connu du grand public.

M. ENOH Peter AYUK crédit photo: enb.iisd.org

« l’ONACC »

C’est le décret N°2009/410 du 10 décembre 2009 qui créé, organise et oriente le fonctionnement de l’Observatoire National sur les Changements Climatiques au Cameroun (ONACC). Dans l’article 4 de ce décret, on peut y lire que «l’observatoire a pour mission de suivre et d’évaluer les impacts socio-économiques et environnementaux, des mesures de prévention, d’atténuation et/ou d’adaptation aux effets néfastes et risques liés à ces changements [climatiques] ». De façon concrète l’ONACC doit établir des indicateurs climatiques pertinents pour le suivi de la politique environnementale nationale, mais aussi de collecter, analyser et mettre à la disposition des décideurs des informations de référence sur les changements climatiques au Cameroun. Selon ledit décret présidentiel, l’observatoire peut initier toute action de sensibilisation et d’information préventive sur les changements climatiques mais aussi proposer au gouvernement camerounais des mesures préventives de réduction d’émission de gaz à effet de serre, ainsi que des mesures d’atténuation et/ou d’adaptation aux effets néfastes et risques liés aux changements climatiques. Telles sont entre autres les missions assignés à l’ONACC. Le décret présidentiel  N°2019/026 du 18 Janvier 2019 (dans son article 60) viendra abroger celui de 2009. Mais dans le fond le nouveau décret n’est pas différent du précédent. On soulignera simplement certaines modifications dans la réorganisation de l’organigramme de l’ONACC. Par exemple le conseil d’orientation organe suprême de la structure est muté en Conseil d’Administration. Même mutation pour la Direction qui deviendra Direction Générale. La nomination de ENOH Peter remet à jour la question du bilan de l’ONACC dix ans après sa création. La nomination d’un PCA  soulève aussi la question du bilan de l’ONACC dix ans après sa création.

décret du 11 juillet 2019 nommant le PCA de l’ONACC

 

« Les défis d’aujourd’hui… »

Dix ans après sa création, le bilan de l’ONACC reste mitigé. Aucun fait d’arme majeur issu de cet organisme aujourd’hui n’est connu. Ils sont même d’ailleurs nombreux les camerounais qui ne connaissent même pas l’existence de cette organisation. De plus l’autonomie financière dont elle jouit ne lui est pas profitable. Le budget de l’ONACC est insignifiant pour certains experts et ses initiatives et ses activités sont conditionnées par le financement des partenaires extérieurs. À titre d’illustration, en 2016, un atelier de mise au point du programme triennal de travail de l’ONACC fut organisé. Sur son site officiel, l’Ambassade de France au Cameroun nous révèle que cet atelier fut financé par l’Agence Française de Développement. Un financement mis en place dans le Cadre du Contrat de désendettement-développement (C2D) France-Cameroun. À quoi nous sert l’ONACC ? Pourrait-on s’interroger quand on sait que le 10 juin dernier le Ministre de l’Environnement  Pierre HELE assisté de l’Ambassadeur français Gilles Thibault a officiellement lancé l’outil Adapt’Action. Un outil mise au point par la France et qui a vocation d’accompagner certains pays dans l’adaptation au Changement Climatique.  Selon le Plan National d’adaptation aux changements climatiques (PNACC) publié en septembre 2014 par le Ministère de l’Environnement, de la Protection de la Nature et du Développement Durable, pas moins de 320.000 camerounais sont touchés à plusieurs niveaux par les catastrophes liées au climat.

 

Lionel K@N@