New Delhi, ville la plus polluée au Monde.

Des causes naturelles et anthropiques

Beaucoup de personnes ignorent que la respiration humaine est une cause de la pollution de l’air. Elle n’est d’ailleurs pas la seule source naturelle de la pollution. Dans ce registre il faut également y inscrire le volcanisme, les incendies de forêt, les feux de brousse. Ces activités « naturelles »  rejettent des quantités non négligeables de gaz carbonique dans l’atmosphère.  L’ignition est le terme chimique qui exprime l’état d’un corps en feu (chaud et lumineux), c’est la combustion. L’ignition du charbon, du pétrole, du gaz et du plastique sont les principales causes de la pollution de l’air. La combustion de ces matières premières est liée aux activités humaines dans les secteurs de l’industrie, du transport, de l’énergie, et des activités domestiques des ménages.

Le transport terrestre est le secteur polluant qui attire beaucoup l’attention des politiques dans le monde. En Espagne par exemple,  80% de la pollution atmosphérique est due au trafic routier. Ainsi, selon une étude de l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS), les espagnols utilisent près de 40% de la totalité de l’énergie consommée dans le transport.  Ce chiffre augmente jusqu’à 50% quand on  considère  le cycle productif du transport dans sa totalité. En considérant le cycle complet du transport, non seulement on comptabilise le combustible qu’utilisent les véhicules pour bouger (le coût énergétique qu’offrent les statistiques officielles), mais on prend aussi en compte l’énergie consommée pour la fabrication du véhicule, la construction des infrastructures routières, son entretien et, finalement, la destruction du véhicule. Selon la même étude, le transport routier représente 90% des différents moyens de transport, face au train qui reste à seulement  5%. Dans le transport routier, la voiture privée consomme la moitié des ressources énergétiques, tandis que le transport public seulement 3%.

Crédit Photo : un.org

Les conséquences de la pollution de l’air

Selon l’OMS, la pollution de l’air est un « killer silencieux ». On apprend que neuf personnes sur dix respirent un air pollué dans le monde. Ce chiffre montre que l’impact de la pollution de l’air ne doit en aucun cas être pris à la légère. Ce même constat avait déjà été fait  à Genève lors de la première Conférence mondiale sur la pollution de l’air et la santé, du 30 octobre au 1er novembre 2018. Les résultats d’une étude menée par des chercheurs allemands, publiés le mercredi 12 Mars 2019, révèlent que la pollution de l’air est responsable de 8,8 millions de morts par an dans le monde. Dans ce rapport publié par European Heart Journal, on y apprend également que la pollution fait perdre  à l’économie mondiale chaque année 225 milliards de dollars. Un chiffre qui a augmenté de 40% par rapport à 1990. Au niveau plus micro, les scientifiques font observer que l’air respiré par une femme enceinte peut avoir un effet néfaste sur le développement de son enfant. En effet, les chercheurs de l’Institut National de la Santé et de la Recherche Médicale (INSERM) ont publié une étude qui démontre que la pollution de l’air peut réellement nuire à la croissance du fœtus. Ils recommandent donc de limiter les déplacements des femmes enceintes lors des pics de pollution.

Crédit photo site wangyoan.canalblog.com

Une autre étude publiée dans la revue scientifique « Environmental Research Letters » montre comment la Chine est l’un des pays au monde le plus touché par la pollution de l’air. Elle affecte gravement les chiffres sur la santé publique mais aussi sur les rendements agricoles, notamment la pollution à l’ozone qui réduit la photosynthèse des plantes, affectant leur croissance. Ainsi, environ 20 millions de tonnes de riz, de blé, de maïs et de soja sont perdues chaque année en raison de l’exposition à l’ozone, indique l’étude. « Cumulés, les coûts économiques liés aux problèmes de santé publique (dépenses hospitalières, absences au travail…) et les pertes de récoltes s’élèveraient à 267 milliards de yuans, soit environ 0,66 % du PIB annuel du géant asiatique » peut-on lire dans cette revue.

« On ne peut pas accepter que plus de 3 milliards de personnes  (surtout des femmes et des enfants) continuent de respirer tous les jours des fumées mortelles émises par des fourneaux et des combustibles polluants à l’intérieur de leurs habitations », s’est ému dans un communiqué l’Ethiopien Tedros Adhanom Ghebreyesus, le Directeur Général de l’OMS. Au-delà de l’indignation et des déclarations, l’urgence est à l’action et à l’engagement politique et citoyen sur la question de la pollution. Les solutions existent et leur développement doit être encouragé, notamment la vulgarisation des mesures préventives et des bonnes pratiques pouvant permettre de réduire sensiblement  les conséquences néfastes de ce fléau environnemental à l’échelle internationale.

 

Références

www.who.int (site officiel de l’OMS)

www.futura-sciences.com

www.worldenvironmentday.global

www.mtaterre.fr
  1. www.notre-planete.info