Que peut-on attendre de l’issue des européennes 2019 ?

Les élections européennes se sont déroulées entre le 23 et le 26 mai 2019 dans les vingt-huit Etats membres afin d’élire les députés européens qui pour une durée de cinq ans seront les  représentants des vingt-sept Etats membres de l’Union Européenne, si le Brexit est acté.

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Pour élire les 751 députés nécessaire au bon fonctionnement du Parlement Européen, les partis politique ont dû glaner des voix en dehors de leur électorat traditionnel, pendant la campagne électorale qui  s’est étendue du  17 avril au 15 mai 2019. Au final, on décompte environ 404  007  765 inscrits avec 50,94 % de taux de participation, soit une hausse de 8,3 %. Pour les élections européennes,  le scrutin est obligatoirement proportionnel dans chacun des Etats, et cette proportionnalité est relative à chaque circonscription. Les députés élus vont être les porte-paroles des citoyens de l’Union Européenne et vont jouer un rôle crucial dans le processus du Brexit, l’accord de sorti du  Royaume-Uni de l’Union Européenne.

En siégeant au Parlement européen, les nouveaux élus seront appelés à choisir l’orientation que prendra l’Union Européenne pour les cinq prochaines années. Une charge qui ne saurait être pris à la légère quand on sait que les députés du Parlement Européen sont regroupés non par nationalité mais par affinité politique. D’où son rôle d’institution distributrice des cartes politiques au niveau continental, en donnant la possibilité aux partis d’opposition d’exercer un contrepoids face à certaines positions du pouvoir exécutif en place au sein de leurs Etats respectifs. Aussi, les répercussions des élections européennes sont toujours suivies de près, étant donné qu’elles donnent toujours lieu à d’intenses tractations politiques et à un jeu puissant des lobbys pour conserver ou élargir les sphères d’influence acquis.  Mais l’Europe est aussi le symbole de l’incarnation institutionnelle d’une fraternité des peuples, d’une solidarité des nations, d’une unité supérieure des souverainetés pour le servir du bien commun.

Même si l’Union Européenne souffre de biens des déformations encore à corriger, l’intégration européenne est un exemple d’aboutissement d’une volonté politique de construire au-delà des blessures de l’histoire. Mais rien n’est définitivement acquis, et des risques de division et de radicalisation subsistent encore notamment sur les questions de gestion budgétaire, d’immigration, de climat, de commerce etc.  L’Union Européenne ne doit pas devenir une immense bureaucratie éloignée des préoccupations des citoyens et secouée par les jeux des clans d’influences et les lobbies. Le Président du Conseil italien l’a précisé dans ses prises de parole lorsqu’il affirme avoir une aversion pour les manipulateurs du marché bancaire qui n’ont de cessent de maintenir Alexis Tsipras de la Grèce en difficulté.

Les élections européennes sont aussi l’occasion de prendre le baromètre de la démocratie politique au sein des 27 Etats membres et de peser le poids européen des familles politiques.

SOURCE LE PARISIEN

Selon les résultats provisoires communiqués, on note une montée en puissance des écologistes, une forte résilience des conservateurs, une percée de l’extrême droite et une nette avancée des centristes.  En effet,  le PPE ( Groupe du Parti populaire européen (Démocrates-Chrétiens) à 180 sièges ; suivi du S&D (Démocrates-Chrétiens) qui a 146 sièges, ADLE&R (Groupe Alliance des démocrates et des libéraux pour l’Europe + Renaissance + USR Plus qui a 109 députés ; les verts/ALE (Groupe des Verts/ Alliance libre européenne) avec ses 70 places et tous les autres.

Cette répartition représentative aura à coup sûr un impact sur la diplomatie internationale et redéfinit  d’ores et déjà les positions des uns et des autres, ce qui laisse supposer des alliances ou des divorces économiques et stratégiques sur des questions cruciales telles que le Brexit, les rapports d’influence que l’Union Européenne entretiennent avec Donald Trump et Xi Jin Ping, la question des refugiés, les immigrations voulues ou subies.

Depuis le lundi 27 mai 2019, se sont de grandes tractations entre dirigeants européens dans les coulisses. Les grands postes des institutions européennes font l’objet de toutes les convoitises et négociations: la Présidence de la Commission, la Présidence du Conseil Européen, la Présidence du Parlement européen sont en tête des tractations.