Retour sur la commémoration ultime du génocide rwandais 25 ans après le drame

Le 7 avril 2019 à KIGALI au Rwanda, s’est tenu la commémoration du génocide tutsi et hutus modérés qui s’est déroulé un quart de siècle plus tôt

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commémoration rwandaise sous fond de tension avec la France
Commémoration du génocide rwandais sous de renouveau des relations avec le France

Le président Paul Kagamé a célébré ce souvenir en grande pompe en prononçant un discours au Centre des congrès de Kigalien présence d’un parterre de personnalités diplomatiques notamment le président de la commission de l’union africaine Moussa Faki , le président de l’union européenne Jean-Claude Juncker, et les Chefs d’Etats du Tchad, Idriss Déby, du Congo, Denis Sassou Nguesso, de Djibouti, Ismaïl Omar Guelleh, du Niger, Mahamadou Issoufou, ainsi que le Premier ministre éthiopien Abiy Ahmed. Seul Chef d’Etat non-Africain présent le Premier ministre belge Charles Michel est venu exprimer le soutien de l’ancienne puissance coloniale. Plusieurs activités ont marqué cette journée, notamment l’allumage de la flamme du souvenir et la publication d’un décret de 100 jours de deuil ; la pose de la gerbe de fleurs au mémorial créé pour la circonstance ; des activités commémoratives vont se dérouler pendant une semaine, au mémorial où environ 250 000 victimes auraient été enterrées.
« Nous, les Rwandais, nous nous sommes donné un nouveau départ. Nous existons dans un état de commémoration permanente, chaque jour, dans tout ce que nous faisons, afin de rester fidèles à ce choix », a déclaré M. Kagame au début des cérémonies ; d’où l’importance de la promotion d’initiatives visant à consolider la cicatrisation des victimes et la réconciliation avec leurs bourreaux. Ceci dans le but de soigner les séquelles issues de cette tragédie. L’ONU dénombre plusieurs enfants nés de viols commis lors d’exactions, des mutilés et des familles entières disparues. En effet, à la suite de la mort du président rwandais Juvénal Habyarimana, un hutu, le 6 avril 1994 ; une propagande anti tutsi se fît ressentir par tous les moyens de dissémination possible, en l’occurrence la Radio milles collines. La suite ignoble des évènements a été le massacre de plus de 800 000 citoyens rwandais pendant près de 100 jours, constitué en majeur partie des tutsi désignés comme coupables de l’assassinat du président Habyarimana par les Hutu.
En effet, le 6 avril 1994, l’avion transportant le président hutu de l’époque, Juvénal Habyarimana, a été abattu. Tous ceux qui étaient à bord sont morts.
Les extrémistes hutus accusèrent alors le Front patriotique rwandais (FPR), un groupe rebelle tutsi, d’être responsable de la mort du Chef de l’État et de ceux qui voyageaient en sa compagnie. Mais le FPR décline toute responsabilité.
La France, proche alliée de ce gouvernement Hutu est soupçonnée d’avoir minimisé les signes avant-coureurs des massacres et d’avoir formé des milices qui ont pris part au génocide. Elle sera représentée aux cérémonies de commémoration par Hervé Berville, un député d’origine rwandaise. A cette la communauté internationale était restée très passive pour mettre fin aux massacres. L’ONU et la Belgique avaient des forces au Rwanda, mais la mission de l’ONU n’avait pas reçu de mandat pour intervenir. Les Belges et la plupart des casques bleus de l’ONU se sont retirés des zones des massacres abandonnant les populations civiles aux escadrons de la mort.
Le FPR, soutenu par l’Ouganda, a ensuite gagné du terrain en faisant mouvement vers Kigali. Quelque deux millions de réfugiés hutus ont été dénombrés, fuyant pour la plupart vers la République Démocratique du Congo (RDC). Le FPR est accusé d’avoir tué des milliers de Hutus lors de sa prise du pouvoir, ce qu’il le nie pas.

25 ans après cette tragédie nationale, le pays s’est redressé sur le plan économique, la politique menée par le Président Kagame à favoriser une croissance rapide et le progrès technologique avec le soutien des Etats Unis. La croissance reste bonne  autour de  7,2% en 2018, selon la Banque africaine de développement. Au niveau politique, l’alternance n’est pas à l’ordre du jour. Paul Kagame  qui jouit d’une importance popularité a obtenu un troisième mandat à la dernière élection présidentielle de 2017, avec 98,63 % des voix. Ses détracteurs disent qu’il est trop autoritaire et ne tolère aucune dissidence, Lui dit poursuivre la marche du Rwanda vers une véritable émergence.