Cette courbe qui décroit…

C’est depuis 1979 que se tiennent  les élections européennes.  Ce premier rendez-vous avait alors donné lieu au plus grand taux de participation jamais enregistré jusqu’ici à une election européenne, soit 61,99%.  Ces élections se déroulant tous les 05 ans, il a fallu attendre la 5ème édition pour enregistrer le premier taux de participation en dessous de la barre des 50%.  C’était en 1999, soit un taux de 49,51% alors au la nouvelle monnaie l’Euro entrait en vigueur. La dernière élection des eurodéputés date de 2014, seulement 42,61% des européens se sont rendus aux urnes pour élire leurs représentants au Parlement européen. Actuellement, ce Parlement de type monocaméral est composé de 750 sièges. Cette 8ième législature a à sa tête l’homme politique italien Antonio Tajani, journaliste, membre fondateur de « Forza italia », ex officier de l’armée de l’air italienne, et proche du très sulfureux Silvio Berlusconi. Antonio Tajani est Membre du PPE (Parti Populaire européen) qui regroupe à l’échelle du continent européen des partis de droit et du centre droit d’inspiration démocrate chrétienne et libérale conservatrice qui détient à lui seul 216 sièges. Cette année environ 427 millions d’électeurs issus des 28 Etats membres sont massivement attendus aux urnes. Quel faut-il espérer du taux de participation au regard du climat politique ambiant en Europe ?

Comprendre l’abstention

Depuis une dizaine d’année, l’Europe subit une véritable crise de la représentation. En France par exemple, le Baromètre de la confiance politique publié en Décembre 2018 par le Cevipof, le centre de recherches politiques de Sciences PO, a révélé que 67% de français estiment que la démocratie ne fonctionne « pas très bien » ou « pas bien du tout ». Toujours selon le Cevipof, seulement 42% des citoyens européens disent avoir confiance en l’UE et 35% en leur gouvernement national. Pour Olivier Costa, directeur de recherches au centre national pour la recherche scientifique : « il y a un contexte politique auquel les élections européennes n’échappent pas ». Les citoyens français ont perdu leur enthousiasme délirant des premières heures de l’UE. Par ailleurs, il y a une véritable méconnaissance du rôle véritable des institutions européennes. Certains les jugeant d’ailleurs complexes et opaques. On ne va à l’urne que quand on a compris les enjeux de l’élection mais surtout quand on se sent concerné par ce qui s’y joue. Loin d’être propre  à la France, l’abstention touche la quasi-totalité des Etats membres. Elle est plus perceptible en Europe de l’Est. La faible participation trouve également ses origines dans l’incapacité de l’UE à résoudre efficacement les problèmes réels du citoyen européen, problèmes touchant au logement, à la fiscalité, à l’éducation, à la protection sociale et à l’ordre public etc… La crise financière de 2008 et 2010, le brexit, la crise migratoire sont autant d’éléments qui ne jouent pas en faveur de l’image de l’Union Européenne.

« Pourtant Chaque voix compte.»

La principale crainte de cette élection européenne demeure l’ampleur de l’abstention. Comme dans les élections précédentes, elle sera certes au rendez-vous. Mais la faible participation qui est annoncée risque être sans égale, car certains citoyens européens envisagent de ne pas aller voter. Selon l’enquête Ipsos-Game Changers publiée chez nos confrères du journal Le Monde, moins d’un électeur sur deux est prêt à se déplacer pour élire les eurodéputés. Pourtant, dans un scrutin proportionnel à un tour chaque voix compte. La palme d’or de l’abstention aux dernières élections est tenue par la Slovaquie. En effet, 76,95% de l’électorat slovaque a clairement manifesté son indifférence au scrutin de 2014. Cette situation est générale car seulement 07 pays sur les 28 que compte l’Union Européenne ont enregistré une participation supérieure à 50%. Parmi ceux-ci, trois pays où le vote est obligatoire : la Belgique (90%), le Luxembourg (86%) et la Grèce (60%).  L’abstention s’amplifie encore davantage les fameux « indécis ». Selon le baromètre Harris interactive-Epoka, pas moins de 28% de l’électorat,  se disent pas certains de leurs décisions. Cette situation n’est pas nouvelle car les électeurs européens ont tendance à prendre leurs décisions définitives particulièrement tard. Chez les « indécis » précisément, on peut décider de ne pas aller voter !

Lionel K@N@