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« La nature décline de façon globale et à des rythmes sans précédent dans l’histoire humaine…».

Ces mots sont tirés du rapport de l’IPBES (Intergovernmental Science-Policy Platform on Biodiversity and Ecosystem Service). Les chiffres qui lui sont rattachés sont inquiétants, et interpellent fortement l’opinion publique. En effet, ledit rapport a été rédigé par un comité de 145 experts permanents, 310 experts consultants, tous issus de 50 pays du monde. Dans ce document de 1800 pages, on peut y lire qu’entre 1990 et 2015, quelques 290 millions d’hectares de forêts primaires ont disparu. De plus, 85% des zones humides existantes en 1700, n’existaient plus en 2000. Si environ 6 millions d’espèces existent dans le monde, selon ce rapport, 9% de ces espèces n’ont plus d’habitats de survie à long terme. Le même rapport souligne que 10% des insectes sont menacés, au même titre que  40% des espèces amphibiens et 33% des récifs coralliens. Ces chiffres ne sont pas loin de ceux du World Ressource Institute, qui estime que 150 à 200 espèces sauvages disparaissent tous les jours…. En somme, environ 01 million d’espèces animales et végétales sont menacées. Les causes de cette situation se retrouvent dans la surexploitation des espèces, la pollution, le réchauffement climatique, la destruction des équilibres écosystémiques souligne l’IPBES.

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« L’IPBES: de quoi s’agit-il ? »

Fondée en Avril 2012, la plate-forme intergouvernementale sur la biodiversité et les services écosystémiques en abrégé IPBES est actuellement présidé (et ce, depuis Février 2016) par le Britannique Robert WATSON. L’IPBES est un organisme rattaché au Programme des Nations Unies pour l’Environnement. Il  apparaît comme une interface de coordination à l’échelle mondiale sur la biodiversité. A ce jour, l’organisme qui a son siège à Bonn en Allemagne regroupe 130 Etats membres et mène ses études et ses évaluations sous le respect de certains principes qui fondent la crédibilité de ses rapports. L’un de ces principes est d’inclure toutes les connaissances issues des sciences du vivant et des sciences sociales. Un autre principe est l’intégration des connaissances techniques et pratiques reconnues ou non. Ceci dans le respect strict, rigoureux et cohérent des règles méthodologiques en la matière.

« Quand l’inaction coûtera plus chère que l’action… »

Les scénarios et modèles issus des travaux des experts de l’IPBS sont appelés à être de véritables outils de gestion et d’aide à la décision. Pourtant, le constat est amer, depuis la publication du rapport d’évaluation de la biodiversité à l’échelle mondiale, aucune autre voix personnelle, privée ou institutionnelle, n’a amplifié les signaux d’alertes émit par l’IPBS.

La célébration le 22 Mai 2019 de la journée de la biodiversité sous le prisme des questions alimentaires et sanitaires de seconde zone vient davantage nous conforter à l’idée que le monde poursuit inexorablement et aveuglement sa marche vers une autre extinction de masse. La convention sur la diversité biologique entrée en vigueur en 1993, ratifié à ce jour par 196 Etats a du mal à être véritablement mise en œuvre.  Pourtant, tous les experts affirment que le fonctionnement des écosystèmes terrestres repose largement sur la biodiversité. Un véritable système d’ « équilibre » qui pourrait en cas de poursuite de perturbations environnementales soutenues comme actuellement, générer un « déséquilibre » dangereux pour la survie du vivant sur la planète terre. Quelques minutes après la publication du rapport de l’IPBES au siège de l’UNESCO à Paris, Audrey Azoulay, la Directrice Générale de l’UNESCO, s’est exprimé à travers un tweet en ces termes : « après l’adoption historique à l’UNESCO de ce premier rapport intergouvernementale sur la biodiversité, personne ne pourra plus dire qu’il ne savait pas que nous sommes entrain de dilapider à une vitesse inédite le patrimoine environnemental mondial. »

Lionel K@N@

Références :

-www.ipbes.net

-www.lafondationbiodiversité.fr

-www.geo.fr/environnement