défilé militaire du 20 mai au Cameroun. crédits photos cameroun24.net

Depuis cette matinée du 18 mai,  Yaoundé la cité capitale vit au rythme des préparatifs de la fête de l’unité nationale. Les répétitions pour la parade militaire tiennent leur promesse en faste et solennité, alors que « l’Afrique en miniature » cherche toujours à suturer les plaies infligées à l’unité nationale par la crise sécuritaire et politique dans les régions anglophones du Nord-Ouest et du Sud-Ouest.

Le centre ville de Yaoundé, précisément le boulevard de la réunification, partant de la poste centrale au carrefour CETIC de Ngoa Ekélé, est pris d’assaut depuis ce matin par les bérets rouges, verts, bleus, noirs ainsi que des véhicules de combat aux couleurs des différents corps d’armée et de services de sécurité. une ambiance de bonnes fêtes qui ne laisse transparaître aucune velléité de crise. Un déploiement impressionnant et fière de l’arsenal militaire des forces de défense et de sécurité camerounaises, qui présagerait une parade militaire du 20 Mai comme on n’en a jamais.

La crise sécessionniste continue à créer de la misère dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest. les différentes composantes de la société camerounaise, l’Etat, la société civile et les partis politiques ne sont pas encore parvenus à une orientation consensuelle à l’effet d’éradiquer ce mal qui a déjà fait tant de victimes civiles et militaires. Des actions allant dans le sens d’une résolution pacifique ont été menées par le Gouvernement, bien que pour les autres protagonistes (partis politiques et société civile) les opinions divergent sur l’intention liée à ces actions, leur effectivité et leur efficacité.
Pour apaiser les tensions et satisfaire dans l’urgence certaines revendications, le Gouvernement a procédé à la création d’une section de common law à la cour suprême en 2017, d’un département de common law à l’Ecole Nationale d’Administration et de Magistrature (ENAM) la même année. Il a aussi procédé à la mise sur pied de la Commission de désarmement, de démobilisation et de réinsertion, dont les travaux ont été confié à un ex gouverneur originaire du Nord Ouest, Faï YENGO Francis; la Commission du bilinguisme et du multiculturalisme, le plan d’urgence humanitaire pour n’en citer que ces actions là. Selon le Gouvernement ces actions constituent une main tendue aux séparatistes en vue d’une sortie de crise. La récente visite du Premier Ministre Dion NGUTE dans les régions en crise visait par ailleurs à montrer que le Gouvernement est à la manœuvre, après avoir été sur les feux des critiques ces derniers mois. En revanche pour les partis politiques et la société civile, le préalable c’est de créer des conditions pour un dialogue inclusif. Ils ont eu l’occasion de mieux l’exprimer lors du récent séjour de Madame Michel BACHELET, la Haut Commissaire aux droits de l’Homme des Nations Unis. Ce dialogue inclusif et véridique ne va pas sans revendications et préalables. Pour nombre d’activistes de la société civile camerounaise, de la diaspora ou des militants de l’opposition, il implique la libération immédiate de toutes les personnes incarcérées pour des faits relatifs à cette crise, et notamment des leaders syndicalistes et le chef de file de l’opposition Maurice KAMTO, leader du Mouvement pour la Renaissance du Cameroun (MRC).  Pour ouvrir les voies au dialogue, un « cessez le feu » immédiat entre les deux camps en conflit est exigé, mais face aux impératifs de souveraineté l’Etat peut-il déposé les armes ?  Sur l’ensemble de ces exigences parfois contraignantes pour l’exercice de la puissance publique, le gouvernement ne s’est pas encore officiellement prononcé. La soif de paix et de tranquillité des camerounais est tout aussi forte que leur besoin de justice, de vérité et de liberté.
Les camerounais rêvent d’un retour à une véritable unité nationale, c’est au cœur de l’identité nationale du Cameroun. L’unité nationale fait le Cameroun, et pour ce 20 mai 2019, au nom de cette unité nationale, les catholiques de Yaoundé célèbreront ce dimanche 19 mai la Messe de la Nation au sein de la Basilique Notre Dame des victoires de Mvolye. Le Cameroun le sait, l’unité dans la diversité est son atout majeur dans sa marche résolue vers l’émergence.