AVORTEMENT AUX ETATS UNIS : L’Alabama durcit le ton

LA LOI ANTI-IVG DE L'ALABAMA RAVIVE UNE RUDE GUERRE JURIDIQUE INTERNE AU PAYS DE L'ONCLE SAM.

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Les mouvements anti-avortements veulent conquérir les 52 Etats américains.

Depuis trois jours déjà, on assiste à un face à face très tendu entre les élus conservateurs républicains en majorité issus des mouvements religieux  néo-pentecôtistes et les progressistes libéraux, ardents défenseurs du droit de la femme à disposer de son corps. Le mercredi 15 Mai dernier, l’Etat de l’ALABAMA a voté et adopté une loi anti-IVG, sans doute la plus répressive en matière d’avortement aux Etats Unis, sous la houlette de la Sénatrice républicaine de cet Etat Terri Collins.
Pour les mouvements anti-avortement, c’est une bataille gagnée mais la guerre est loin d’être achevée. Il faut rappeler que le 22 Janvier 1973, dans un arrêt historique dit « Roe v. Wade », la Cour Suprême américaine reconnaissait aux femmes le droit de disposer de leur corps en vertu du 14ième amendement de la constitution. L’adoption d’une loi anti-avortement dans l’Alabama s’impose ainsi comme une restriction à l’application dudit amendement. Par ailleurs, la Sénatrice républicaine assure par ces propos rapportés par nos confrères du quotidien Le Monde que « Mon objectif est de revenir sur Roe v. Wade, et que les décisions en la matière relèvent des Etats ». La stratégie est donc ainsi tracée: « il faut renverser cette loi au niveau de l’instance juridictionnelle la plus haute du pays afin de donner une nouvelle orientation quant au fait de disposer de son corps aux Etats -Unis en ce qui concerne les femmes ».

Dans l’Amérique de Donald Trump les militants et élus pro-vie ont le vent en poupe. Un regain de l’influence des conservateurs sur les questions sociétales qui ne va pas sans résistances et controverses.
Dans le camp des élus démocrates cette manœuvre offensive des républicains  a suscité plusieurs réactions. Ainsi, le candidat à l’investiture démocrate pour la présidentielle de 2020,  Joe Biden, ancien vice-Président de Barack Obama, y voit le torpillage de l’arrêt de 1973, affirmant que le choix d’avorter « devait rester entre une femme et son médecin » (source HuffPost). l’ex Secrétaire d’Etat Hillary Clinton, battue par Donald Trump à la présidentielle de 2016  quant à elle affirme selon le HuffPost qu’ « aucune de nous ne devait accepter un avenir dans lequel nos filles et nos petites-filles auront moins de droit que nous n’en avons eu ».

Cette polémique autour du droit à l’avortement présage encore d’intenses débats sur la question. Dans une Amérique de plus en plus fracturée par les débats de sociétés rien ne ferra sans une « conversion politique et citoyenne » pour la cause de la Vie. Aussi longtemps que les luttes idéologiques avec leur dose d’hypocrisie domineront les causes politiques, la question du droit de l’innocent à la vie sera toujours l’objet de tous les divisions. Si avec l’adoption de la loi anti-IVG, l’Alabama ouvre la voie à la reconnaissance universelle du droit à la vie de l’enfant innocent en pleine formation, rien n’est encore définitivement acquis. Bien que la voie parait déblayer pour les mouvements anti-avortement, du fait de la solide base politique conservatrice du Président  Trump, et surtout de l’influence du Juge en Chef de la Cour Suprême Brett Kavanaugh, lui même issu du parti républicain, rien n’indique d’avance avec certitude l’orientation que prendra cette bataille idéologique sur la scène politique dans les prochains jours.