Martin BELINGA EBOUTOU s’en est allé !

L'ex Directeur du Cabinet civil, Martin BELINGA EBOUTOU, est décédé le 8 mai 2019 à Genève en Suisse. C'est par ce communiqué que le Cabinet Civil de la Présidence de la République du Cameroun a annoncé la nouvelle. Hommes politiques, hommes de médias, et hommes d’églises ont  abondamment réagi, avec des opinions parfois divergentes.

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Nécrologie : ces larmes qui rient ou qui pleurent

«  Le Seigneur t’a préservé, lui seul connaissait ton cœur… merci pour tout… va en paix. » C’est en ces termes que Barlev Sismondi BIDJOCKA a annoncé sur sa page Facebook, le décès de son « mentor ». La proximité entre Martin BELINGA EBOUTOU et ce journaliste, promoteur de R.I.S FM Radio est un secret de polichinelle. Ce sont des larmes de douleur et de peine qui coulent également chez Serbe Bi Mvondo, un autre journaliste qui a également relayé l’annonce du décès de l’ex baron du Rassemblement Démocratique du Peuple Camerounais (RDPC) le parti au pouvoir,  en ces termes : « La mort n’est pas une fatalité (…) Son Excellence Monsieur Martin BELINGA EBOUTOU, que ton âme repose en paix… ». Pour lui, le défunt fût de son vivant un homme vrai, au service de son prochain. Le Père Ludovic Lado n’est pas de cet avis. Il a réagi sur sa page Facebook par ces mots : « Ne comptez pas sur moi pour des larmes de crocodiles…. C’est la messe des hypocrites ». Ce prêtre jésuite, anthropologue et défenseurs de droits de l’Homme, est connu pour son franc parlé et ses critiques acerbes contre le régime de Yaoundé. Pour lui, Martin BELINGA EBOUTOU est l’un des artisans de l’effondrement de la société camerounaise toute entière. Comme lui, bon nombre d’internautes semblent accueillir à « bras ouvert » la mort de l’éminent diplomate. Cette situation  trouve également ses racines dans le fait que l’ex DCC a fortement été soupçonné dans certains milieux de la capitale, d’être  de près ou de loin impliqué dans de nombreux affaires « tordus » et sombres, notamment la retentissante affaire de l’assassinat présumé de Mgr Jean Marie  Benoît Balla, l’Evêque de Bafia, dans des circonstances restées troubles.

 » L’homme : évocation… »

Décédé à l’âge de 79 ans, Martin BELINGA EBOUTOU est un ancien séminariste d’Otélé, d’Edéa puis Akono. Né à Nkilzok dans l’arrondissement de Zoétele dans la région du Sud Cameroun. Diplomate de carrière, sorti de l’ENA de Paris, l’ex Représentant Permanent du Cameroun aux Nations Unies a été deux fois Directeur du Cabinet civil de la Présidence de la République (d’abord en 1996 puis en 2010). Ce magnat de la diplomatie camerounaise s’est toujours distingué par le souci permanant de soigner l’image de marque du couple présidentiel. Sa mort est rendue officielle par son successeur au Cabinet civil Samuel MVONDO AYOLO. Le communiqué de presse renseigne qu’il est mort ce 08 Mai 2019 à 13heures 30minutes, sans préciser le lieu ( probablement la ville helvétique de Genève probablement).

Interrogé en 2015, par nos confrères de la Radio Tiemeni Siantou, une station radio très écoutée dans la capitale,  l’Archevêque émérite de Douala, le Cardinal Christian TUMI présentait l’ex Ministre Directeur du Cabinet Civil de la Présidence de la République comme un vrai médiateur social, exceptionnel et mal connu des Camerounais. Pour le prélat à cette époque : « c’est un homme qui n’a vécu que dans la crainte de Dieu, il a même construit une petite chapelle à son domicile, où il partage ses prières avec les gens, il a construit une grande chapelle dans son village, la chapelle Jean Paul II ». Et le Cardinal ajoutait : « si vous ne l’avez pas rencontré, vous ne pouvez savoir qui il est vraiment ».

« Vanité des vanités, tout est vanité… » dit l’Ecclésiaste.

La mort est selon l’auteur de l’épitre aux Romains le salaire du péché (Rm 6,23). Pour le catéchisme de l’Eglise Catholique : « Bien que l’homme possédât une nature mortelle, Dieu le destinait à ne pas mourir. La mort fut donc contraire aux desseins de Dieu créateur  » (CEC N°1008). Si la mort est une défaite pour l’humanité, la Passion et la Résurrection de Jésus-Christ change complètement la donne. « Pour ceux qui croient en Toi, Seigneur, la vie n’est pas détruite, elle est transformée ; et lorsque prend fin leur séjour sur la terre, ils ont déjà une demeure éternelle dans les cieux  » dit la préface de la messe des défunts. Joint au téléphone, le Père Bernard DOURWE, prêtre rogationniste renchérit que « la mort est une étape de la vie. Elle est la porte d’entrée à la maison du Père. Bien qu’elle soit douloureuse, la séparation avec un être cher doit être accueillie avec foi. Le chrétien a pour devoir d’accompagner le défunt et sa famille éprouvée dans la prière et le recueillement« . Le chrétien qu’il était avait sans doute connaissance qu’un jour il aurait à rendre compte de l’espérance reçue de Jésus Christ.

Martin BELINGA EBOUTOU aura été un haut fonctionnaire controversé, avec lui s’en va aussi des secrets d’Etat dont lui seul avait le génie de la manipulation. La mort tait sa part de vérité, qu’elle soit obscure ou lumineuse, c’est le destin de tout homme.