French Environment and Energy Minister Segolene Royal leaves the Elysee palace on April 23, 2014, in Paris, after the weekly cabinet meeting. AFP PHOTO/ ALAIN JOCARD

« Manifeste pour la justice climatique… »

C’est à 10h25, heure de Yaoundé, sous une animation tambour battant des artistes du ballais universitaire, que l’ex Ministre française de l’Ecologie, du Développement Durable et de l’Energie foule le sol de l’esplanade principale de l’Ecole Normale Supérieure de Yaoundé (l’ENS). Elle est reçue à son arrivée par le Pr Jacques FAME NDONGO, Ministre d’Etat camerounais , Ministre de l’Enseignement Supérieur, en présence de Gilles Thibaud, Ambassadeur extraordinaire et plénipotentiaire de France au Cameroun, du Pr Maurice Aurélien SOSSO, Recteur de l’Université de Yaoundé I et du Pr Barnabe MBALA ZE, Directeur de l’Ecole Normale Supérieure de Yaoundé. Un excellent rendez-vous du donner et du recevoir, auquel a visiblement pris part la quasi-totalité du corps enseignant et une bonne brochette des étudiants dudit établissement.

« La justice climatique et l’impact du réchauffement climatique des pôles en Afrique », tel est en substance le thème de la conférence qu’a donné Madame l’Ambassadrice française en charge de la négociation internationale pour les pôles arctique et antarctique, dans le mythique Amphithéâtre 300 de cette auguste institution en charge de la formation des professeurs des enseignements secondaires au Cameroun. Ce thème s’inscrit dans le sillage du livre : « Manifeste pour une justice climatique », ouvrage dont Ségolène Royal est l’auteure, paru le 06 avril 2017 aux éditions PLON. Pour la Présidente de la COP 21, le combat pour le climat et la préservation de la biodiversité, et ce qu’il porte en lui de mutations positives, est le combat du siècle qui ne doit épargner la mobilisation d’aucune intelligence. C’est celui de la paix, de la prospérité et de la justice climatique. La fonte des glaces a des conséquences au niveau des zones intertropicales. On peut le constater de façon concrète avec la dégradation des côtes et littoraux marins, l’engloutissement de certaines îles dans la mer et dans les océans, la rareté des ressources halieutiques. Pour celle qui a fondé l’ONG « Désir d’avenir pour la planète« , le concept de « dérèglement climatique » rend plus compte des changements climatiques que  celui de «réchauffement climatique ». Le dérèglement est plus global, il exprime l’idée d’une anomalie qui à divers degrés affecte tous le monde .

« Les chiffres qui interpellent…»
Les Etats membres de la conférence des partis se sont engagés à maintenir le taux d’émission des gaz à effet de serre à moins de 2%. Cependant, de la conférence donnée par Mme Royal, on apprend que 75% des terres et 45% des mers sont dégradés ; des millions d’espèces animale et végétale sont en danger. En outre l’Afrique contribue à moins de 7% du quota de pollution à l’échelle mondiale, pourtant subit le plus les frasques et conséquences des changements climatiques. Par ailleurs d’ici 2050, la population du continent noir devrait dépasser les 2 milliards d’habitants. Il faudra par conséquent d’avantage de ressources pour la nourrir. La cohabitation entre le droit légitime au développement et l’impératif de protection de l’environnement s’annonce épineuse. Pour l’ex Ministre française de l’Environnement, les solutions existent. Elles ont déjà été testées et implémentées ailleurs. À titre d’illustration le cas de l’Islande. Ce pays a réussi un double pari : se relever économiquement tout  en investissant dans les énergies vertes. En effet, aujourd’hui, 90% de l’énergie produite en Islande est de l’énergie renouvelable. La géothermie (énergie produite à partir des volcans) y contribue à hauteur de 70%. Le pays de Guoni Th. Johannesson s’est fixé pour objectif de devenir le premier pays au monde à consommation énergétique 100% vert à l’horizon 2050. Pour Ségolène Royal, l’Afrique qui est une terre de volcanisme a une opportunité d’être avant-gardiste par rapport au reste du monde. Elle doit saisi la portée du rôle qu’elle a à jouer dans les négociations internationales sur les questions environnementales. C’est par cette interpellation lancée à l’Afrique, à sa jeunesse, et plus encore aux femmes africaines, que Ségolène Royal a conclu sa présentation, avec un hommage appuyé à Wangari Maathai , Prix Nobel de la Paix et véritable figure africaine de la lutte pour la sauvegarde de l’environnement.

« Vous êtes venu, vous avez vu et vous avez convaincu » c’est par ces mots inspirés de Jules César,  que le Pr Jacques FAME NDONGO, Ministre d’Etat, Ministre de l’Enseignement Supérieur, a clôturé cette conférence qui restera graver dans la mémoire des  enseignants et futurs enseignants camerounais.