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Tout a commencé par un regard sur le long du lac de Génésareth. En passant par-là, le Fils de l’Homme a aperçu Simon qu’il nomma plus tard « Pierre » et son frère André qui jetaient leurs filets dans la mer pour prendre du poisson. Comme la foule s’écrasait autour de lui afin de mieux l’écouter, il proposa à Simon de l’aider à s’éloigner de la rive à l’aide de sa barque question d’avoir un regard panoramique sur la foule qu’il enseignait. Ce qui fut fait, vu le nombre de personne qu’il drainait.  Après l’enseignement, il demanda à Simon de jeter les filets. La quantité de poisson que Simon et ses compagnons prirent démontrait à suffisance le caractère nouveau et complexe de celui que Simon reconnu comme le Fils du Dieu vivant, aux yeux des hommes. A ce moment là, Simon se jeta à ses pieds et l’appela Seigneur ; cet instant marqua le commencement d’une grande aventure qui allait faire de Simon, la pierre de Jésus, non plus un pêcheur de poissons, mais un pêcheur d’hommes, le premier Chef de l’Eglise de Jésus Christ, avec son caractère impulsif et colérique, c’est bien lui Simon qui fut établi comme Pierre, par ce lui qui la Pierre angulaire rejeté par les bâtisseurs .

Pendant ses nombreux périples avec le Messie, la plupart du temps à pieds, Simon devenu Pierre après sa confession de la divinité de Jésus à Césarée de Philippe, a souvent été témoin de plusieurs actes, miracles et signes qui ont contribué à murir d’avantage sa foi. Bien que les agissements du « Rabbi »  soient très souvent aux antipodes de sa propre pensée, Pierre trouvait généralement le moyen d’être un unité de cœur et de raison avec  le « Maitre », parce que soutenu et instruit progressivement par l’Esprit de Dieu. Regardons par exemple la rencontre du Messie avec Mathieu le collecteur d’impôt. Mathieu connu aussi sous le nom de Lévi, faisait partie de ses personnes considérés comme des « traitres » parce qu’ils étaient au service du colon et de  l’oppresseur Romain pour s’assujettir le peuple juif, en tout il apparaissait comme un « ennemi » pour Simon le Galiléen. Quand le Christ accepte d’aller s’assoir à sa table pour manger avec lui et ses compagnons collecteur d’impôts, Pierre qui pensait avoir trouvé en Jésus l’ami et le Seigneur est loin de pénétrer la portée mystique de cet acte que pose le Maitre, il refuse alors de se joindre à eux jusqu’au moment où il se rend compte que Jésus n’était pas venu pour les justes.(Lc 5, 32). Une belle scène qui nous montre combien la raison politique et culturelle peut l’emporter sur la raison de foi.  Pierre a connu beaucoup d’autres expériences aux cotés du Maitre, et à chaque fois, il tirait des enseignements, des leçons de sagesse capable d’affermir sa foi dans le temps de l’épreuve ultime et fatidique de la Passion. Annonçant la tragédie qui l’attend à Jérusalem Jésus met Pierre le zélé face à la réalité future, une réalité qu’il refuse d’admettre, pour la première fois apparaît dans le cœur de Pierre l’opposition au dessein du Maitre. La réplique du Christ est lourde et sans ambiguïté, et le regard lancé à Pierre en dit long sur la radicalité de Dieu à sauver l’homme. « Passe derrière moi Satan », Pierre ne s’en remettra pas d’aussi tôt, suivre le Christ passe pas la souffrance, la passion, il n’y pas de triomphe sans agonie. Et Simon avec digression verra le Messie dont il a renié par trois fois être l’un des disciples, mourir pendu sur la croix du scandale comme un vulgaire bandit. Mais ça ne sera pas encore la fin, tout ne s’arrêtera pas à ce jour de ténèbres .

Le célèbre philosophe chinois Confucius a dit un jour : « On a deux vies, et la deuxième commence quand on se rend compte qu’on n’en a qu’une ». En effet, après la mort du Christ, tous les ses disciples sont consternés, désemparés, pourchassés, puis massacrés, car il faut éradiquer toutes traces ayant des liens avec Jésus le Galiléen, qui qui s’est dit Fils de Dieu et donc  Dieu fait Homme. La peur fait oublier à tous ce qu’il avait dit au sujet de sa mort , même Pierre qui à marcher sur les eaux avec Jésus n’y croit presque plus, il faut d’abord sauver sa vie,  c’est le temps de la nuit noire, la nuit de l’épreuve, ou peur et doute font alliance contre la vérité.

Après les premières apparitions qui agitent de joie, de doute et de paix le cercle des apôtres, Simon Pierre retourne à sa première vie de pêcheur de poissons. C’est alors qu’ il fait l’expérience d’une nouvelle apparition du Christ ressuscité au bord du lac de Tibériade comme à la première rencontre,, le Maitre lui ordonne de jeter les filets à droite. Pierre reconnaît  son Maitre au signalement de Jean.  Il est alors  le témoin d’une scène à la nouveauté complexe? Le Christ ressuscité n’est pas un fantôme, il mange du poisson grillé, il lance son traditionnel regard à Pierre et dit tout en une phrase « Simon m’aimes-tu plus que ceux-ci ». Là, il n’y a plus de doute, le Christ est bel et bien ressuscité. Dès cet instant, Pierre se rendra compte que s’il faut vivre, il le faut pour le Christ , et son compagnon tardif Saint Paul le confirmera dans sa lettre aux philippiens (Ph 1,20-24).  Ses compagnons et lui, investis de la puissance de l’Esprit du Christ, acceptent à nouveau avec un zèle fortifié, de continuer l’œuvre du Christ. De ce fait, Pierre continuera a jeté les filets, pour prendre non plus du poisson, mais les hommes. Réalisant ainsi cette parole du Christ : « venez, suivez-moi , je ferai de vous des pêcheurs d’hommes » (Mc 1 ,17 ). C’est précisément dans cette capacité à tout abandonner pour suivre le sauveur du monde, que réside l’un des secrets de Simon Pierre pour cimenter une place sous le soleil de Dieu, et inscrire son nom en lettre d’or dans le registre des amis de l’Eternel.

                                                                                  Georges Tadjeuteu