« Le changement climatique est une question qui nous concerne toutes et tous. Il affecte la vie de la planète tout entière. La terre et tous ses écosystèmes sont un don précieux que nous avons reçu de Dieu(…) »

C’est en ces termes que s’ouvrent la lettre commune de la conférence des églises européennes (KEK) et du conseil des conférences d’évêque de d’Europe (CCEE) publié le 06 novembre 2009. Cette sortie de la plus haute autorité catholique en Europe s’est faite en prélude au sommet des nations unies sur le climat qui devait se tenir à Copenhague en décembre 2009. Dix ans plus tard on est en droit de faire le bilan de l’action de l’église catholique en matière de lutte contre le changement climatique.

« Loué sois-tu »

Au-delà des prières et autres neuvaines que prescrivent le Père Duarte Da Cunhat et le Vénérable Colin Williams qui cosignèrent ce communiqué, il semble difficile aujourd’hui d’illustrer l’engagement de l’église dans cette lutte. Pourtant il faut souligner dans ce registre l’encyclique du Pape François parut en juin 2015 : « Laudato Si ». Le Pape  y  appelait les 1,2 milliard de de catholique dans le monde à se joindre à la lutte contre le changement climatique dans le monde. En effet, le mal de la crise écologique est profond, la situation est de plus en plus critique, et les engagements politiques tardent à voir résolument le jour. A l’issue de la COP 21 à Paris,  la porte de tous les espoirs politiques  s’ouvrait pour la cause climatique et environnementale. L’effervescence était sans compter  l’arrivée de Donald Trump ou encore de Jair Bolsonaro au pouvoir aux Etats Unis en 2016 et au Brésil en 2019. Deux pays importants dans la lutte contre les changements climatiques. L’un est le premier pollueur mondial et l’autre est le premier poumon écologique mondial.

Les climatosceptiques au pouvoir

Donald Trump est clairement climatosceptique, tandis que les ravages du changement climatique sont sans précédent, à l’instar du cyclone Kennet qui  a  causé  des milliers de sans-abris au Mozambique, des sites archéologiques en Alaska sont menacés, les îles Fidji s’enfoncent davantage dans l’océan pacifique… Et l’on s’achemine graduellement vers la multiplication des désordres écologiques et des crises environnementales.

Le secrétaire général de l’ONU Ban Ki-moon, saluant la publication de l’encyclique « Loué sois-tu » traitant de la question du changement climatique. Crédit Photo Nations Unies

« Au-delà des prières …. Agir ! »

Jérémie 5 : 20-21 : « Annoncez ceci à la maison de Jacob, faites-le entendre en Juda, Ecoute, je te prie (…) » L’appel du Pape François a raisonné dans les cœurs des autorités religieuses, comme raisonnent ces paroles du prophète Jérémie. Les réactions n’ont pas tardé. Le webjournal cathobel.be s’en fait l’écho notamment en ce qui concerne le Mouvement Catholique Mondial pour le Climat. Il s’agit d’une organisation internationale qui rassemble plus de 650 organisations membres et des milliers de catholiques. En décembre 2018, la Caritas Internationalis, trois grandes banques catholiques avec un bilan cumulé d’environ 7.5 milliards d’euros, deux institutions françaises dont le Secours Catholique et six institutions Catholiques en Afrique, entre autres, ont annoncé leur désengagement des énergies fossiles. Cette annonce que relaye le site nos confrères de awhidinfo.com illustre l’engagement du Mouvement Catholique Mondial pour le Climat. Pour S.E. Le cardinal Luis Tagle, président de la Caritas Internationalis : « Les pauvres souffrent beaucoup de la crise climatique et les énergies fossiles sont parmi les principaux moteurs de cette injustice. C’est pourquoi Caritas International a décidé de ne plus investir dans les énergies fossiles »

L’Eglise Catholique prie , mais elle agit aussi pour que les consciences des croyants et de tous les hommes de bonne volonté  s’ouvre résolument  sur  la réalité de la menace des changements climatiques et l’urgence de l’action notamment politique. Pour que l’appel du Pape François ne reste pas qu’un bel enseignement théologique sur l’écologie, il est nécessaire qu’une réelle pastorale d’évangélisation environnementale se développe et se communique dans les paroisses, les diocèses et les milieux d’action catholique. Elle pourrait à bien des égard devenir  un axe fort de la nouvelle évangélisation si nécessaire à nos sociétés contemporaines.