S.E. Mgr Abraham BOUALO KOME, Président nouvellement élu de la CENC le 03 mai 2019
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Du 28 avril au 04 mai 2019, s’est tenue la 44ème Assemblée Plénière des Evêques du Cameroun à Mvolyé – Yaoundé, sous la présidence de S.E. Mgr Samuel KLEDA, Archevêque de Douala et président sortant de la Conférence Épiscopale Nationale du Cameroun. Y prenaient part les Archevêques et Evêques du Cameroun, les Secrétaires et les membres des 14 Commissions Épiscopales fonctionnelles à la CENC.

A l’issue desdits travaux S.E. Mgr Léopold Sosthène BAYEMI, Évêque d’Obala, Président pour la Communication Sociale de la CENC a rendu public un communiqué portant élection d’un nouveau président et d’un nouveau vice-président de la CENC. C’est ainsi que S.E. Mgr Abraham BOUALO KOME, Évêque de Bafang et  Administrateur Apostolique de Bafia, remplace S.E. Mgr Samuel KLEDA, Archevêque de Douala arrivé en fin de mandat ; S.E. Mgr Andrew NKEA FUANYA, Évêque de Mamfe, succède à S.E. Mgr George NKUO, Évêque de Kumbo.

Il convient de noter que l’équipe sortante a dirigé la CENC pendant deux mandats, soit six années. A son actif on doit mentionner la construction d’un immeuble moderne et entièrement équipé qui a d’ailleurs permis d’accueillir  du 08 au 16 juillet 2017 à la CENC, les travaux de la 11ème Assemblée Plénière des Associations des Conférences Épiscopales des Régions de l’Afrique Centrale (ACERAC) sous le thème suivant: « Œcuménisme et dialogue interreligieux en Afrique Centrale ». S.E. Mgr Samuel KLEDA, Archevêque de Douala et président de la CENC y était en ce moment président sortant de l’ACERAC. Le bilan de son action pendant les deux mandats passés à la tête de la CENC a été consigné dans un opuscule de 126 pages commis par un groupe constitué de deux journalistes et un prêtre de la Maison Catholique de la Communication  Sociale (MACACOS) de Douala.

En dehors des travaux de la plénière, très peu d’informations ont filtré des ‘’Huis clos’’ des Évêques concernant les élections du 03 mai 2019. Selon certaines indiscrétions, deux Évêques auraient été candidats, à savoir Leurs Excellences Nosseigneurs Abraham BOUALO KOME de Bafang et Faustin AMBASSA NDJODO de Garoua. Le dépouillement du scrutin aurait donné 16 voix pour le premier et 14 pour le second. Ce score étriqué montre à la fois le caractère démocratique des élections et la constitution de deux groupes d’électeurs suffisamment homogènes et solides. Le moins qu’on puisse dire est que les deux candidats ont été largement soutenus par leurs différents électorats, sans qu’on puisse dire avec précision si ces résultats traduisent une volonté de changement ou de continuité dans la gestion de l’Eglise qui est au Cameroun.

Toutefois le profil psychologique des deux candidats, plutôt calme et tempéré, est aux antipodes de celui ‘’volcanique’’ du président sortant qui s’est illustré par ses prises de position radicales vis-à-vis du régime politique en place. On se souvient encore de ses véhémentes sorties lors des dernières élections présidentielles du 07 octobre 2018, de sa posture radicale défiant les autorités en place quant à la définition de la nature exacte du genre de mort de S.E. Mgr Jean-Marie Benoit MBALA en juin 2017. Le nouveau président de la CENC est plutôt caractérisé par le calme et la prudence. Sans être hésitant, ni craintif, il apparaît davantage comme un pasteur rassembleur, mais ferme et audacieux. On se souvient aussi que, avec des termes plus raffinés et une rhétorique moins frontale, que celle de Mgr KLEDA, il avait également pris position en faveur de l’assassinat de l’ancien Évêque de Bafia.

La CENC s’est donnée un nouveau porte-parole. Il nous reste à lui souhaiter un excellent ministère à la tête de cette structure sous la mouvance du Saint-Esprit, pour une Eglise toujours militante et engagée aux côtés des pauvres et des plus faibles de la société, pour un Épiscopat uni et fort. Son élection ne peut-elle pas être vue comme indice de la marque de Dieu quand on sait que Mgr Abraham KOME est aussi le président de la Commission Épiscopale Justice et Paix en charge des élections, des questions liées à la Doctrine Sociale de l’Eglise ? Il apparaît visiblement comme l’homme de la situation, celui par lequel Dieu voudrait aujourd’hui montrer à  l’Eglise du Cameroun l’orientation à prendre en ce moment, notamment face à la crise dite anglophone, dont l’Eglise catholique au Cameroun a placée la question de sa résolution sous la tutelle de la Commission Épiscopale Justice et Paix.

Iréné GAPING